initial commit
This commit is contained in:
commit
db7f1c6278
1820 changed files with 17492 additions and 0 deletions
14
true_content/posts/2022/01/change-me-402.md
Normal file
14
true_content/posts/2022/01/change-me-402.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,14 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-31T13:32:13'
|
||||
li-id: 6893908772478087168
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_opinion-comment-rendre-le-num%C3%A9rique-compatible-activity-6893908772478087168-Z2Rn
|
||||
title: CHANGE_ME 402
|
||||
---
|
||||
|
||||
Dans le cadre de la reprise quotidienne de propositions du Plan de Transformation de l'Economie Française, le site des Echos évoque aujourd'hui le numérique.
|
||||
|
||||
L'occasion de rappeler que l'apparition du digital n'a pas permis de faire reculer les émissions planétaires, qui ont continué à croître comme avant après qu'aient été créés Internet, les vidéos en ligne et les univers "virtuels".
|
||||
|
||||
Dans une vidéo disponible sur la page, Maxime Efoui-Hess, qui a largement contribué aux travaux du Shift Project sur le numérique, rappelle les enjeux et surtout plaide pour que le déploiement du numérique se fasse désormais avec une gouvernance modifiée, pour que la société n'ait pas en permanence un train de retard sur les concepteurs de dispositifs techniques.
|
||||
|
||||
De fait, tant que nous sommes (collectivement) passifs et que la société ne donne pas de limite aux fournisseurs de matériels et de services, leur logique intrinsèque sera toujours d'essayer d'empiler (sans gain) et non de substituer.
|
||||
16
true_content/posts/2022/01/change-me-403.md
Normal file
16
true_content/posts/2022/01/change-me-403.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,16 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-31T08:17:02'
|
||||
li-id: 6893829451382091776
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_changement-climatique-en-quoi-lagriculture-activity-6893829451382091776-7fA7
|
||||
title: CHANGE_ME 403
|
||||
---
|
||||
|
||||
Il est question d'un tiers des émissions humaines de gaz à effet de serre quand on parle d'agriculture. Cela valait donc la peine d'en faire 4 minutes d'antenne, pour rappeler les processus qui sont en jeu, et qui ne sont pas concernés (ou très peu) par la "transition énergétique".
|
||||
|
||||
A la différence des combustibles fossiles, où il est possible de "monter très haut" dans l'empreinte carbone d'un individu s'il lui prend l'envie de se doter de gadgets particulièrement énergivores (un palace de milliers de m2 chauffé au fioul ou climatisé à l'électricité au charbon, une fusée pour aller faire joujou à quelques dizaines de km de la terre, un gros Airbus transformé en avion privé...), les émissions par personne pour l'alimentation peuvent moins facilement monter jusqu'au ciel (sans mauvais jeu de mots), car, comme le disait Dassault, "on ne peut pas manger 6 poulets par jour".
|
||||
|
||||
Riche ou pauvre, la taille de l'estomac est à peu près la même, et le métabolisme de base d'un individu aussi. Ce qui fait beaucoup varier l'empreinte carbone de l'alimentation, c'est la part de viande et de produits animaux, qu'il est donc sage de baisser significativement si nous voulons limiter la pression sur l'environnement.
|
||||
|
||||
La "mauvaise nouvelle" est donc que les émissions dans ce secteur sont plus dépendantes de la taille de la population que celles liées aux combustibles fossiles. La "moins mauvaise", cependant, est que le méthane, un des deux gaz à effet de serre qui dominent dans le secteur agricole (l'autre est le protoxyde d'azote), est le seul qui s'épure dans l'atmosphère par un processus chimique. L'effet sur le réchauffement - ou plus exactement son ralentissement - est donc bien plus rapide quand on baisse les émissions de méthane que lorsque nous baissons les émissions de CO2.
|
||||
|
||||
Rappelons qu'il y a 1,5 milliards de bovins sur terre et que, selon les pays, 50% à 80% de la surface agricole (pâturages inclus) sert à nourrir des animaux : diminuer les tailles de cheptel est donc une marge de manoeuvre importante pour baisser la pression environnementale, qu'il s'agisse de climat ou de biodiversité.
|
||||
18
true_content/posts/2022/01/change-me-404.md
Normal file
18
true_content/posts/2022/01/change-me-404.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,18 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-30T15:56:12'
|
||||
li-id: 6893582617564770304
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_gaz-%C3%A9lectricit%C3%A9-t%C3%A9l%C3%A9coms-repensons-les-activity-6893582617564770304-yiWA
|
||||
title: CHANGE_ME 404
|
||||
---
|
||||
|
||||
Il nous faut un plan (dans les infrastructures essentielles) : c'est en gros le message de cette chronique d'Eric Le Boucher parue Vendredi dernier dans Les Echos.
|
||||
|
||||
L'auteur fut pendant longtemps un grand défenseur d'une version très "libérale" de l'économie. Il est donc d'autant plus intéressant de noter que dans ce texte il conclut que cela ne fonctionne pas pour certains services essentiels.
|
||||
|
||||
On pourrait se dire que c'est évident que cela ne marche pas et qu'il faut procéder autrement. Mais cette évidence n'est toujours pas parvenue aux oreilles de la DG Concurrence à la Commission qui, pour les échos (sans mauvais jeu de mots) que j'en ai, continue à penser que c'est la bonne direction à prendre.
|
||||
|
||||
Il y a en effet une partie des régulateurs de l'économie pour lesquels un système qui ne fonctionne pas n'est pas une preuve que la théorie n'est pas fondée, mais juste une preuve du fait qu'elle est mal appliquée. Et puis, comme toujours à la Commission, les intérêts nationaux (dont ceux des pays antinucléaires) sont ravis que le cadre "casse" (avec la complicité active des opposants français au nucléaire) un système nucléaire intégré français qui était en pratique supérieur aux autres.
|
||||
|
||||
Nous avons le choix : attendre je ne sais quel miracle qui remettra le système d'aplomb à l'avenir, en imaginant que l'on aura toujours un EDF sectoriel à qui faire les poches en cas d'incendie (ce qui est évidemment un leurre). Ou bien, comme le suggère opportunément Eric Le Boucher, repartir des objectifs et repenser le système en conséquence.
|
||||
|
||||
La deuxième option suppose de sortir de notre adoration pour le "Dieu Marché" (voir à ce propos https://lnkd.in/d-vx4tP ) et de réfléchir à la manière de renationaliser peu ou prou la colonne vertébrale du système. Dépêchons nous de le faire pendant que nous en avons encore la possibilité.
|
||||
12
true_content/posts/2022/01/change-me-405.md
Normal file
12
true_content/posts/2022/01/change-me-405.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,12 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-29T17:27:15'
|
||||
li-id: 6893243141164462080
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_comment-adapter-l%C3%A9conomie-aux-enjeux-climatiques-activity-6893243141164462080-qxOi
|
||||
title: CHANGE_ME 405
|
||||
---
|
||||
|
||||
Au tour de France Inter dans le "parcours médiatique" associé au plan de transformation de l'économie française : j'ai été (pas méchamment) "passé sur le gril" du "Grand Face à Face" à l'occasion de la sortie du livre qui résume ce plan.
|
||||
|
||||
L'émission étant en 2 parties, celle qui me concerne (enfin concerne surtout le PTEF !) démarre à 22 minutes et 22 secondes.
|
||||
|
||||
Bonne audition ! (c'est juste du son et plus ne serait pas nécessaire)
|
||||
14
true_content/posts/2022/01/change-me-406.md
Normal file
14
true_content/posts/2022/01/change-me-406.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,14 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-28T07:36:28'
|
||||
li-id: 6892732077515567104
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_les-voies-%C3%A9conomiques-de-l%C3%A9cologie-avec-activity-6892732077515567104-WZk5
|
||||
title: CHANGE_ME 406
|
||||
---
|
||||
|
||||
A l'occasion de la sortie du livre qui le résume, le plan de transformation de l'économie française (dit PTEF) du Shift Project était hier matin sur France Culture, sous la forme d'une invitation de votre serviteur dans la matinale de Guillaume Erner.
|
||||
|
||||
Autant le dire tout de suite : l'illustration ci-dessous est un peu trompeuse puisque, probablement pour compenser la première fois où nous étions ensemble dans le même studio de la même radio, il n'a été question de nucléaire que quelques très courts instants et tout à la fin de l'émission :)
|
||||
|
||||
Par contre, nous avons parlé rôle de l'énergie dans le monde, décarbonation de l'agriculture, hausse du prix des carburants et de l'électricité, ampleur du défi climatique, nécessité d'un plan cohérent ; bref en l'espace de 40 minutes nous avons fait un tour d'horizon nécessairement partiel par rapport à la complexité du sujet, mais dans un temps limité (même si 40 minutes c'est très très long à la radio !) il n'est évidemment pas possible de parler de tout.
|
||||
|
||||
Le Monde sans Fin a aussi été évoqué, ce qui est assez logique puisque, "vu du profane", les deux ouvrages se complètent : la BD pose le cadre puis le défi, et le PTEF propose la manière de s'y attaquer.
|
||||
12
true_content/posts/2022/01/change-me-407.md
Normal file
12
true_content/posts/2022/01/change-me-407.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,12 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-27T09:58:46'
|
||||
li-id: 6892405502085537792
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-monde-sans-fin-quand-les-auteurs-de-activity-6892405502085537792-zXmh
|
||||
title: CHANGE_ME 407
|
||||
---
|
||||
|
||||
Il n'était que temps (et ce n'était que justice) : pour une fois c'est Christophe Blain qui est à l'honneur dans un sujet médiatique sur Le Monde sans Fin, dans ce reportage de France Info sur la BD "d'actualité".
|
||||
|
||||
Le lecteur interrogé dit exactement ce que nous avions en tête en faisant cet ouvrage (désormais de nouveau disponible !) : que c'est "plus pédagogique" qu'un essai ordinaire, et du reste le nombre d'exemplaires déjà mis en circulation ne lui donne pas tort, puisqu'un "essai qui marche très bien" avec "juste du texte" diffuse plutôt à 50.000 exemplaires.
|
||||
|
||||
Cet ouvrage reste très complémentaire du "plan de transformation de l'économie française" qui vient de sortir chez Odile Jacob (https://lnkd.in/ekHwBzqi ). L'idéal est de lire la BD puis le plan !
|
||||
22
true_content/posts/2022/01/change-me-408.md
Normal file
22
true_content/posts/2022/01/change-me-408.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,22 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-26T06:59:04'
|
||||
li-id: 6891997890286276608
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_opinion-il-nous-faut-un-plan-pour-d%C3%A9carboner-activity-6891997890286276608-DN9d
|
||||
title: CHANGE_ME 408
|
||||
---
|
||||
|
||||
Au moment du premier confinement du au covid, en mars 2020, The Shift Project a fait le constat que, en cas d'imprévu significatif, il n'tait pas possible au gouvernement d'en profiter pour faire repartir l'activité du pays sur des bases beaucoup plus "décarbonantes", parce que le jeu de mesures opérationnelles permettant de le faire n'existait pas.
|
||||
|
||||
Nous nous sommes alors lancés dans une aventure qui est celle de beaucoup d'entrepreneurs : concevoir le produit que nous aurions aimé trouver sur étagères à ce moment là, à savoir un plan opérationnel complet permettant de cadrer et enclencher une décarbonation systémique et cohérente de notre économie.
|
||||
|
||||
Et, plus précisément, l'enjeu était de proposer au/à la prochain(e) locataire de l'Elysée les mesures à prendre pour que, à la fin de son mandat, les émissions du pays (et son empreinte carbone) aient baissé d'environ 25%, c'est-à-dire en ligne avec le rythme de baisse qui est "physiquement" demandé par l'accord de Paris.
|
||||
|
||||
Après 2 ans de travail ayant mobilisé des centaines de personnes, cela prend forme. Plus exactement cela prend la forme d'un ouvrage publié chez Odile Jacob (https://lnkd.in/ekHwBzqi ), et d'un site web intitulé "il nous faut un plan" (https://lnkd.in/esiqHkbf ) reprenant toutes les propositions mais aussi des éléments additionnels, comme des interviews vidéo des chefs de projet ou des infographies que nous espérons didactiques.
|
||||
|
||||
Les Echos ont accepté de reprendre, dans la rubrique idées, les "bonnes feuilles" de notre livre pour nous aider à mettre nos propositions en avant : https://lnkd.in/eeAuS8hn Cette reprise s'étalera sur plusieurs jours, avec un thème par jour.
|
||||
|
||||
Nos propositions ne sont probablement pas parfaites, mais représentent tout aussi probablement le travail le plus exhaustif réalisé à ce jour dans notre pays (et probablement ailleurs, puisque nous avons déjà des demandes de pays étrangers pour reproduire la méthode) sur les mesures opérationnelles permettant la décarbonation du pays tout en préservant l'emploi. Nous souhaitons donc que tous les décideurs économiques, syndicaux et et politiques en prennent connaissance, et nous serons heureux de répondre à leurs questions.
|
||||
|
||||
Je rappelle qu'un événement de présentation en ligne aura lieu le 7 février prochain ; inscriptions et renseignements sur https://lnkd.in/e8m9JS_S
|
||||
|
||||
Bonne lecture !
|
||||
28
true_content/posts/2022/01/change-me-409.md
Normal file
28
true_content/posts/2022/01/change-me-409.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,28 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-25T07:33:57'
|
||||
li-id: 6891644280977330176
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_apr%C3%A8s-le-gaz-apr%C3%A8s-l%C3%A9lectricit%C3%A9-revoici-activity-6891644280977330176-aGrZ
|
||||
title: CHANGE_ME 409
|
||||
---
|
||||
|
||||
Après le gaz, après l'électricité, (re)voici les carburants !
|
||||
|
||||
Dès la crise du covid, ce qui est en train de se passer était pour partie écrit. Reprenons : début 2020, la demande de pétrole plonge. Du coup les prix aussi. Conséquence, les investissements dans l'exploration-production pétrolière (et gazière, c'est la même) sont divisés par 2. Conséquence un peu plus tard : la production d'or noir n'arrive pas à suivre le regain de la demande, et les prix augmentent.
|
||||
|
||||
Pour autant, un baril à 85 dollars - c'est haut mais loin du maximum à 130 en moyenne sur 2011 - ne suffit pas à expliquer que le prix à la pompe atteigne des records. Deux autres éléments ont contribué :
|
||||
|
||||
- l'euro a eu tendance à s'affaiblir face au dollar. Cela renchérit les importations de pétrole (qui s'achète en dollars) à cout du baril constant,
|
||||
|
||||
- la fiscalité spécifique sur les carburants a augmenté, en particulier celle sur le gazole qui a cru de 50% environ de 2014 à 2018, dans le cadre d'un rattrapage essence-gazole.
|
||||
|
||||
Notons qu'une partie des taxes spécifiques sur les carburants finance de manière affectée le développement des ENR électriques, qui ne contribuent pourtant pas directement à diminuer la dépendance aux carburants (il eut été plus pertinent, peut-être, de financer le développement du vélo ou des pompes à chaleur - qui n'évitent pas de carburant mais évitent du fioul - avec le même argent...).
|
||||
|
||||
Si les carburants sont trop chers à cause du prix du pétrole, à bref délai nous ne pouvons rien faire d'autre que subir. De même, le taux de change euro-dollar n'est pas tellement modifiable par le gouvernement français au moment où le pétrole vaut trop cher.
|
||||
|
||||
Enfin dans le domaine du pétrole il n'y a pas de société publique dont le gouvernement puisse faire les poches, comme cela vient d'être le cas avec EDF.
|
||||
|
||||
Ne reste donc qu'une baisse de la fiscalité. Mais la TICPE est devenue un impôt de rendement, c'est-à-dire qu'elle est structurellement nécessaire à l'équilibre des finances publiques. Tout baisse, même modeste, se chiffre immédiatement en beaucoup de milliards en moins. Notons au passage que cela signifie que la suppression des combustibles fossiles dans les transports obligera l'Etat à trouver d'autres impôts en remplacement, et pas pour 3 centimes. C'est un des inconvénients d'une fiscalité dissuasive (la taxe carbone) quand son produit devient nécessaire au budget : faire disparaître la nuisance pose un problème aux finances publiques !
|
||||
|
||||
En outre, une telle baisse (de la fiscalité) fait désordre face à un discours de "neutralité carbone" dont la traduction en actes est déjà faiblarde.
|
||||
|
||||
Nous sommes donc un peu coincés. Comme pour l'électricité et le gaz, ce n'est pas au moment où se déclare l'incendie que l'on construit le plan d'évacuation. Ce dernier demande... un plan, et des décennies d'efforts continus ensuite. A défaut, la baisse subie de la production de pétrole engendrera de plus en plus d'épisodes de cette nature, sans remède évident à court terme.
|
||||
18
true_content/posts/2022/01/change-me-410.md
Normal file
18
true_content/posts/2022/01/change-me-410.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,18 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-24T07:55:56'
|
||||
li-id: 6891287427730739201
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_energie-transport-p%C3%A9trochimie-les-d%C3%A9fis-activity-6891287427730739201-IzvS
|
||||
title: CHANGE_ME 410
|
||||
---
|
||||
|
||||
Une fois n'est pas coutume : Le Monde publie un long article sur l'énergie... où il n'est pas question de nucléaire ni d'éolien. Il y est question uniquement de pétrole, dont le quotidien rappelle, à raison, qu'il reste la première source de "croquettes pour machines" (ou plutôt de bibine pour machines !) sur la planète Terre.
|
||||
|
||||
Cet article cite explicitement le "rapport de l'AIE" (en fait le World Energy Outlook) de 2008 qui indiquait que le pic de production du pétrole conventionnel a été franchi en 2008, ceci expliquant peut-être cela, à savoir que certains pays de l'OPEP n'arrivent plus, dès à présent, à produire au niveau de leur quota, et que le prix de l'or noir va désormais se mettre à "faire n'importe quoi" de plus en plus souvent.
|
||||
|
||||
Cet article rappelle aussi que, outre qu'il représente l'énergie la plus commode à utiliser (dense par unité de volume et liquide), le pétrole est aussi une matière première que l'on va retrouver dans une quantité considérable d'objets du quotidien, du plastique des ustensiles de cuisine à celui des châssis de fenêtre, des gaines de câbles électriques aux chaussures de sport et aux brosses à dent, des capots de tondeuse aux cosmétiques et au bitume des routes, des pales d'éoliennes aux montures de lunettes et aux bougies pour souper en amoureux....
|
||||
|
||||
Par quoi le remplacer ? Par de l'électricité dans la mobilité, certes, mais avec la quantité de moteurs à explosion que nous avons en circulation (1 milliard de voitures particulières d'une tonne ou plus sont en circulation dans le monde, par exemple, sans parler des camions, bateaux, avions...) nous allons buter sur un problème d'ordre de grandeur pour déployer des batteries, des bornes de recharge et des moyens de production électrique bas carbone dans les délais.
|
||||
|
||||
Par de la chimie à partir de biomasse pour les plastiques, certes, mais cette biomasse va entrer en compétition avec celle requise pour les matériaux de structure devant remplacer acier et ciment (eux aussi produits avec des combustibles fossiles !), avec la production de nourriture (devenant moins facile avec moins de combustibles fossiles qui produisent engrais, mécanisation, et phytosanitaires), et avec la biodiversité (qui suppose de ne rien cultiver du tout).
|
||||
|
||||
L'article ne le dit pas explicitement, mais le suggère néanmoins, et d'autant plus qu'il parle de pouvoir d'achat : une partie sera remplacée par... rien. Cela s'appellera, selon la manière dont nous le gèrerons, de la sobriété ou de la pauvreté.
|
||||
22
true_content/posts/2022/01/change-me-411.md
Normal file
22
true_content/posts/2022/01/change-me-411.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,22 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-23T10:40:09'
|
||||
li-id: 6890966365772017664
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_net-zero-insurers-uncovernew-climate-adversary-activity-6890966365772017664-uCb6
|
||||
title: CHANGE_ME 411
|
||||
---
|
||||
|
||||
Une partie significative des investisseurs - les fameux qui placent leur argent via les marchés financiers - sont des assureurs. Ces entreprises ont deux activités :
|
||||
- elles couvrent les assurés contre les risques "d'accidents de la vie" (ce qui s'appelle en français l'IARD : Incendies Accidents Risques Divers). C'est dans cette catégorie que l'on va trouver les assurances habitation, automobile, responsabilité civile des individus et des entreprises, risques liés à la pratique d'un sport, l'assurance décès, etc.
|
||||
- elles gèrent l'épargne des assurés (on utilise le même terme).
|
||||
|
||||
L'argent placé par ces entreprises d'assurance correspond aux primes perçues dans le premier cas (argent qui sera pour partie reversé aux personnes ayant eu un sinistre), et à l'épargne dans le second (par exemple quand vous souscrivez une assurance vie, en pratique c'est la constitution d'une épargne et l'assureur gère cette dernière pour vous ; vous devenez donc un rouage des "marchés financiers" !).
|
||||
|
||||
Dans les mesures qui ont été imaginées par le monde financier pour décourager les activités qui nuisent par trop au climat, il y a la question du désinvestissement (ne plus utiliser les sommes investies pour acheter des actions ou obligations de sociétés qui ont des activités par trop "nuisibles"). Cette action est parfois mise en avant par les assureurs pour justifier de la compatibilité de leurs placements avec la question climatique.
|
||||
|
||||
Mais une deuxième action qui est à la main des mêmes entités est de refuser d'assurer des activités qui leurs semblent créer trop de risques pour la collectivité. L'assureur a en effet cette possibilité - même si elle est encadrée par la loi - de refuser d'assurer : on le voit par exemple pour l'assurance auto des très mauvais conducteurs.
|
||||
|
||||
De même, il est possible de ne pas assurer en responsabilité civile une entreprise qui nuit par trop au climat, auquel cas cette entreprise pourra se retrouver en situation de ne plus pouvoir exercer. C'est donc potentiellement une arme puissante. Mais cette action n'est efficace que si les assureurs se mettent d'accord entre eux pour cela. Or, aux USA au moins, il semblerait que cela contrevienne aux lois antitrust de créer une alliance qui aille en ce sens. C'est de l'entente sur le dos de la libre concurrence !
|
||||
|
||||
Ce ne serait malheureusement pas le seul cas de figure où le dispositif légal en vigueur empêche de lutter efficacement contre le changement climatique. De nombreuses dispositions de protection des investissements ou de la liberté de commercer ou de s'établir protègent de fait des activités qui ne sont pas compatibles avec la baisse rapide des pressions environnementales.
|
||||
|
||||
Au fond ce n'est pas très étonnant : l'économie n'etant qu'un vaste système physique de transformation des ressources naturelles avec l'aide d'énergie (laquelle pose problème), tout cadre légal qui "favorise l'économie" rend difficile de limiter dans le même temps les nuisances liées à l'énergie...
|
||||
14
true_content/posts/2022/01/change-me-412.md
Normal file
14
true_content/posts/2022/01/change-me-412.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,14 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-21T16:04:40'
|
||||
li-id: 6890323258114138112
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-shift-publie-son-nouveau-rapport-sur-la-activity-6890323258114138112-Etpb
|
||||
title: CHANGE_ME 412
|
||||
---
|
||||
|
||||
Dans un monde qui doit devenir neutre en carbone, aurons nous encore de l'acier, dont la production émet actuellement 2 tonnes de CO2 par tonne de métal (la production d'acier utilise environ 15% du charbon mondial) ?
|
||||
|
||||
Aurons nous encore du ciment, dont la production émet actuellement environ 0,7 tonne de CO2 par tonne de ciment ? Aurons nous du plastique (de 1 à 2 tonnes de CO2 par tonne de plastique en ordre de grandeur) ? Des engrais ? (ils sont actuellement faits à partir d'hydrogène lui-même obtenu à partir de gaz ou d'autres combustibles fossiles, avec 10 tonnes de CO2 par tonne d'hydrogène au minimum). Aurons nous encore des robots ménagers, des chaussettes, des pots de yaourt ?
|
||||
|
||||
C'est à ces questions que répond le rapport sur l'industrie que The Shift Project vient de publier dans le cadre de son "plan de transformation de l'économie française". Si on la fait courte mais bonne, et sans spoiler les 91 pages du rapport, la réponse est que nous pouvons faire beaucoup avec la technique, mais il faudra aussi user de la sobriété, dit autrement une baisse de la consommation. Mais si nous considérons que nous sommes devenus des "obèses matériels" ce n'est peut-être pas un drame si on s'organise bien.
|
||||
|
||||
En particulier sur le plan de l'emploi on peut imaginer compenser les pertes dans la production initiale par des gains dans la réparation, le réemploi, et le recyclage, et un peu dans la relocalisation de certaines productions, ce qui conjugue un intérêt pour l'emploi avec un intérêt sur les émissions.
|
||||
18
true_content/posts/2022/01/change-me-413.md
Normal file
18
true_content/posts/2022/01/change-me-413.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,18 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-20T16:05:16'
|
||||
li-id: 6889961018739494912
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_environnement-activity-6889961018739494912-YTSv
|
||||
title: CHANGE_ME 413
|
||||
---
|
||||
|
||||
L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (ARCEP) et l'Ademe viennent de publier une note sur l'impact environnemental du numérique. L'essentiel des éléments contenus dans cette note n'est pas inédit mais il est bon de les rappeler.
|
||||
|
||||
Sur le plan des émissions de gaz à effet de serre, la note donne une valeur de 253 kg CO2 eq. par an et par Français pour l'empreinte carbone du numérique, soit 2,5% de l'empreinte du pays.
|
||||
|
||||
La consommation électrique annuelle induite par les biens et services numériques en France est de 48,7 TWh, soit l’équivalent d’environ 10 % de la consommation électrique annuelle française (car toute cette consommation n'a pas lieu en France).
|
||||
|
||||
L’empreinte carbone du numérique est majoritairement liée aux terminaux (79 % de l’empreinte), suivis par les centres de données (plus de 16 %) puis les réseaux (autour de 5 %). La phase de fabrication des équipements (terminaux, serveurs, box,...) représente 78 % du total alors que la phase d’utilisation représente 21 % (mais dans un pays à l'électricité plus carbonée ces proportions seraient différentes).
|
||||
|
||||
Mais cette note présente aussi l'impact sur d'autres indicateurs. Les terminaux mobilisent par exemple plus de 90% des métaux et minéraux utilisés pour fabriquer et faire fonctionner le système numérique (et 62,5 millions de tonnes de ressources sont utilisées par an pour produire et utiliser les équipements numériques), et au sein de cet ensemble ce sont les écrans (les télés) qui représentent la plus grande part.
|
||||
|
||||
L'idéal, ce serait que ce travail soit une première étape pour conditionner l'autorisation d'exercer des opérateurs de télécoms à une baisse de leur empreinte carbone tous les ans. Si nous étions cohérents, c'est ce que nous souhaiterions tou(te)s !
|
||||
20
true_content/posts/2022/01/change-me-414.md
Normal file
20
true_content/posts/2022/01/change-me-414.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,20 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-19T09:32:44'
|
||||
li-id: 6889499849637584896
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-charbon-nouvel-eldorado-des-fonds-dinvestissement-activity-6889499849637584896-SWHE
|
||||
title: CHANGE_ME 414
|
||||
---
|
||||
|
||||
Depuis que le climat est devenu un sujet pour les acteurs financiers, une des manières qu'ils ont de répondre au problème est de désinvestir des secteurs vus comme les plus problématiques, au premier rang desquels le charbon.
|
||||
|
||||
Admettons qu'un gestionnaire d'actif ou un investisseur détienne des actions ou des obligations d'une société qui est présente dans le secteur charbonnier (exploitant de mines, exploitant de centrales électriques, voire constructeur de ces centrales ou d'engins utilisés dans les mines...).
|
||||
|
||||
La façon de résoudre le problème actuellement est de vendre ces actions ou obligations à des tiers. Les titres ne sont alors plus pris en compte dans l'empreinte carbone de l'acteur financier... qui peut considérer avoir contribué à la résolution du problème.
|
||||
|
||||
Sauf qu'il n'en est rien : la "vraie" résolution du problème est la disparition "physique" de la mine ou de la centrale en activité, et la vente à un tiers ne garantit pas du tout cela. Pire : comme l'explique cet article, la cession de ces actifs crée des opportunités pour des investisseurs privés, qui prennent le relais des structures cotées qui sont mises sous pression parce qu'elles doivent publier des informations et donc donner des gages.
|
||||
|
||||
La seule manière que es acteurs financiers pourraient avoir de résoudre le problème par eux-mêmes serait de garder la propriété de la mine ou de la centrale... et de créer des coalitions majoritaires en AG pour voter la cessation de l'activité charbonnière, en encaissant la moins value correspondante au passage, ce qu'ils ne feront jamais, parce que c'est contraire à leur devoir fiduciaire, qui les oblige à mettre la préservation des intérêts financiers de leur mandants avant toute autre considération.
|
||||
|
||||
La taxonomie européenne laissera ce problème entier. En fait, il n'y a que la puissance publique qui puisse résoudre le problème, en interdisant progressivement l'activité charbonnière. Les investisseurs ne le pourront pas.
|
||||
|
||||
Ils peuvent par contre avoir une approche "risque individuel", c'est à dire sortir le charbon de leurs portefeuilles pour ne pas encaisser de moins values quand et si la puissance publique décide(ra) de pénaliser cette activité (ou les épargnants, au détriment du rendement, mais c'est peu probable que ce soit massif), ou si elle se "pénalise toute seule" pour des raisons physiques (manque de ressources, impossibilité physique d'opérer pour des raisons diverses). Cela correspond à une vision "secteur", qui a sa pertinence, mais pas à une vision sociétale.
|
||||
14
true_content/posts/2022/01/change-me-415.md
Normal file
14
true_content/posts/2022/01/change-me-415.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,14 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-18T18:26:20'
|
||||
li-id: 6889271744029356032
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_la-rechute-de-l%C3%A9conomie-allemande-complique-activity-6889271744029356032-jhwX
|
||||
title: CHANGE_ME 415
|
||||
---
|
||||
|
||||
Au 4è trimestre 2021, le PIB allemand s'est légèrement contracté. Pourquoi est-ce un fait intéressant ? Parce que ce tassement du PIB est du, selon cet article des Echos, à une impossibilité de produire assez à cause de la pénurie de composants et matières premières.
|
||||
|
||||
Un PIB qui se tasse de 0,1%, ce n'est pas une pénurie massive. Le secteur automobile français s'en serait surement contenté, lui qui a vu ses ventes chuter de 25% par rapport à 2019 pour des raisons identiques.
|
||||
|
||||
En Allemagne, la nouvelle coalition a clairement un programme de "croissance verte". Sur le plan énergétique, le déploiement de modes physiquement peu concentrés (solaire et éolien) et très gourmands en ressources physiques n'est paradoxalement facile à faire que dans un univers en croissance. Question : que va-t-il se passer quand la croissance deviendra l'exception et non la règle, ce qui a toutes les chances d'arriver bien avant 2050 ?
|
||||
|
||||
La question vaut aussi pour nous...
|
||||
20
true_content/posts/2022/01/change-me-416.md
Normal file
20
true_content/posts/2022/01/change-me-416.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,20 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-18T09:03:05'
|
||||
li-id: 6889129997471158272
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-shift-project-publie-son-livre-issu-des-activity-6889129997471158272-aGUA
|
||||
title: CHANGE_ME 416
|
||||
---
|
||||
|
||||
Le 7 février prochain, à partir de 18h, The Shift Project organise un événement pour la parution, chez Odile Jacob, d'un livre reprenant les propositions du plan de transformation de l'économie française (https://lnkd.in/exB5gsqS ).
|
||||
|
||||
Cet événement sera l'occasion de parcourir - ou découvrir ! - les conclusions de nos travaux initiés il y a presque 2 ans maintenant, et qui ont conduit à formuler des propositions dans 15 secteurs d'activité, pour rendre notre avenir économie compatible avec la baisse au bon rythme des émissions de gaz à effet de serre planétaires.
|
||||
|
||||
Nous aurons le plaisir d'accueillir à cet événement le nouveau directeur de Sciences Po, le secrétaire général de la CFDT, le président délégué du MEDEF, mais aussi - et surtout ! - de nombreux chef(fe)s de projet qui ont piloté les travaux conduisant aux propositions.
|
||||
|
||||
Ce travail - le "plan de transformation de l'économie française" - est notre façon à nous de faire de la politique sans se présenter à une élection. Ce n'est pas un hasard que ce livre sorte au début de la campagne électorale, mais notre premier public est l'électorat plus que les candidat(e)s, pour une raison très simple : le plus souvent, les candidat(e)s se calent sur les souhaits de leurs électeurs potentiels avant de se caler sur les "constats scientifiques".
|
||||
|
||||
Si nous voulons convaincre une fraction significative de la classe politique du bien fondé de notre approche, cela passe nécessairement par le fait d'en convaincre une bonne fraction de la société civile, à commencer par les organismes qui souhaitent les représenter ou les inspirer (syndicats de salariés et patronaux ; monde académique).
|
||||
|
||||
Cet événement s'inscrit pleinement dans ce cadre puisque nous n'aurons pas d'intervenant issu du monde politique. Rappelons que The Shift Project est a-partisan et n'a pas vocation à soutenir un(e) candidat(e) particulier(e).
|
||||
|
||||
L'inscription pour assister à la retransmission en ligne est gratuite ; tous les détails dans le lien ci-dessous !
|
||||
14
true_content/posts/2022/01/change-me-417.md
Normal file
14
true_content/posts/2022/01/change-me-417.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,14 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-16T17:53:31'
|
||||
li-id: 6888538708820209664
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_2020-report-on-the-food-beverage-sector-activity-6888538708820209664-q6nH
|
||||
title: CHANGE_ME 417
|
||||
---
|
||||
|
||||
L'agriculture au sens large, c'est un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Dans cet ensemble, on va trouver les émissions directes des pratiques agricoles (méthane des ruminants et des rizières, protoxyde d'azote émis par les engrais après épandage dans les champs), les émissions des machines agricoles, et la déforestation amont. Pour obtenir les émissions associées à notre alimentation, il faut y rajouter les émissions de l'agroalimentaire (chaleur, électricité, et production d'emballages) et des transports associés (un camion sur trois en France transporte quelque chose qui se mange).
|
||||
|
||||
Il était donc normal que la méthode Carbon Impact Analytics (qui est destinée à évaluer le "risque de transition" d'entreprises face à la contrainte climatique) développe un module sectoriel portant sur les industries du secteur "nourriture et boissons".
|
||||
|
||||
Le premier rapport sur ce secteur vient d'être publié. Il décrit la méthode utilisée pour évaluer les entreprises, les limites bien sur (par exemple pour le moment nous ne différencions pas encore les qualités nutritionnelles dans les notes accordées, alors qu'il serait à l'évidence pertinent de le faire), et les résultats obtenus.
|
||||
|
||||
Un des enseignements importants est que ce secteur étant peu sur l'écran radar pour le sujet climat (par contre il l'est pour la déforestation et des sujets biodiversité), il reporte peu sur ses émissions (et encore moins sur celles de sa chaine de valeur, le fameux "scope 3"). Mais il pèse plus lourd en émissions que le secteur électrique : il serait temps de le scruter d'un peu plus près !
|
||||
18
true_content/posts/2022/01/change-me-418.md
Normal file
18
true_content/posts/2022/01/change-me-418.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,18 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-15T16:39:09'
|
||||
li-id: 6888157606695776256
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_les-syndicats-dedf-scandalis%C3%A9s-exigent-activity-6888157606695776256-cV2o
|
||||
title: CHANGE_ME 418
|
||||
---
|
||||
|
||||
Peut-on, dans un marché concurrentiel, demander à un des "concurrents" de mettre la main à la poche pour renflouer les autres ?
|
||||
|
||||
Pour soutenir le tarif de l'électricité pour les consommateurs finaux (une décision politique), l'Etat peut-il demander à un des "concurrents" de porter l'effort qui incombe normalement aux finances publiques ?
|
||||
|
||||
A l'évidence la réponse est deux fois oui. Cela n'est pas du gout des administrateurs salariés d'EDF (on les comprend) qui ont écrit que "Nous refusons que ce soit le Groupe EDF qui assume, seul, encore et toujours, les risques de marché alors que c'est aussi lui seul qui assume tous les risques industriels".
|
||||
|
||||
De fait, ce qui vient de se passer est une remarquable confusion des genres. Imagine-t-on l'Etat demander à Renault de perdre 8 milliards pour vendre à perte des voitures à ses concurrents pour que les voitures coutent moins cher au consommateur final ?
|
||||
|
||||
Si au moins l'Etat en avait profité pour expliquer que le système actuel dysfonctionne (et va le faire de plus en plus), et qu'il est urgent de revenir à un monopole ou un oligipole encadré, on y aurait au moins gagné quelque chose. Mais il ne semble pas que ce soit le cas : les mêmes causes produiront les mêmes effets, et attendez vous donc à d'autres épisodes d'inflation énergétique tant que le système actuel restera en place...
|
||||
|
||||
Petite observation en passant : c'est à Agnès Pannier-Runacher qu'a échu la désagréable tâche d'évoquer sur ce réseau social la ponction opérée par l'Etat sur les comptes d'EDF en la présentant comme un succès (https://lnkd.in/e6VSHiDt ). Les fils linkedin d'Emmanuel Macron, Jean Castex, Bruno Le Maire et Barbara Pompili (à savoir ceux qui ont vraiment pris la décision, et ceux qui ont la tutelle sur le secteur énergétique/économique) sont restés muets sur le sujet. Intéressant...
|
||||
19
true_content/posts/2022/01/change-me-419.md
Normal file
19
true_content/posts/2022/01/change-me-419.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,19 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-14T15:34:12'
|
||||
li-id: 6887778873388408833
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_edf-plonge-en-bourse-apr%C3%A8s-lannonce-de-mesures-activity-6887778873388408833-Ynpc
|
||||
title: CHANGE_ME 419
|
||||
---
|
||||
|
||||
|
||||
S'il s'agissait de détruire un système qui fonctionnait bien, la "concurrence" dans le marché de l'électricité vient de remporter une nouvelle victoire. Rappelons que les "concurrents" d'EDF sont en fait plutôt des "dépendants" que des concurrents. La concurrence, c'est la faculté de s'établir à ses risques et périls. Un nouveau constructeur auto a le droit de se créer pour vendre des voitures comme concurrent des vendeurs existants. Et en pareil cas, si un vendeur historique fait défaut, ca ne gêne pas le nouvel entrant, au contraire.
|
||||
|
||||
Dans le domaine de l'électricité, le système est plutôt celui d'une extorsion encadrée. EDF est obligé de vendre à perte (c'est l'ARENH) une partie de sa production à des entités tierces qui sont donc en situation de dépendance et non de concurrence : si les centrales d'EDF disparaissent, les "concurrents" font de même !
|
||||
|
||||
Les "concurrents" n'ont pas construit de moyens de production. Pour l'essentiel ce sont des structures avec des fonds propres très faibles, bien incapables de porter les investissements nécessaires pour construire des unités de puissance. Ce sont en fait de purs distributeurs, vendant l'électricité produite par d'autres (en France essentiellement EDF).
|
||||
|
||||
Arrive une situation ou les prix de gros s'envolent (parce que les prix de gros sont calés sur le moyen le plus cher du moment ; c'est un fait bien connu dans le domaine de l'électricité, même si le régulateur européen et le pouvoir politique français ne l'avaient pas compris). Les fournisseurs "dépendants" ont désormais plus de clients à fournir que d'électricité achetée à des prix bradés à EDF. Ils sont coincés.
|
||||
|
||||
Le gouvernement a choisi de sauver les concurrents (il n'était pas obligé) et de "sauver le consommateur" avant l'élection (ben voyons). Mais il n'y a pas de repas gratuit : le contribuable devra passer à la caisse après l'élection.
|
||||
|
||||
Rappelons que ce problème n'a rien à voir avec le nucléaire. Il est lié à l'existence d'une concurrence à l'aval dans l'électricité et au fait que la production électrique repose sur des moyens dont soit la quantité (éolien) soit le prix (gaz) est peu prévisible. Tant qu'une partie de la production électrique sera faite au gaz (dont le prix sera volatil) et que le système sera "concurrentiel" il y aura des embardées sur les prix. Sacrifier EDF n'y changera rien. Ce qu'il faut, c'est revenir au système régulé d'avant.
|
||||
20
true_content/posts/2022/01/change-me-420.md
Normal file
20
true_content/posts/2022/01/change-me-420.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,20 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-14T08:56:27'
|
||||
li-id: 6887678776524771328
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-march%C3%A9-des-green-bonds-face-aux-accusations-activity-6887678776524771328-ZVVU
|
||||
title: CHANGE_ME 420
|
||||
---
|
||||
|
||||
La finance "verte" est censée fournir des moyens à des projets qui améliorent l'état de la planète. Mais il n'est pas rare qu'un projet soit qualifié de "vert" simplement s'il est "pas vert mais mieux que si c'était pire".
|
||||
|
||||
C'est ainsi que vient d'être qualifiée "d'obligation verte" une obligation servant à financer une nouvelle piste à l'aéroport de Hong-Kong, au motif, selon Les Echos, que l'aéroport va "faire la promotion des transports bas carbone". Parce qu'ils encourageront les passagers à marcher plutôt que d'utiliser des taxis une fois dans Hong Kong :) ?
|
||||
|
||||
L'article souligne le "point dur" dans cette histoire : l'absence de norme pertinente, ce qui conduit chaque émetteur à utiliser son propre cadre pour définir le "vert", avec à l'évidence le risque que de temps en temps on aboutisse à des absurdités, comme avec cet aéroport.
|
||||
|
||||
Il n'y a qu'à faire une norme diront certain(e)s. Certes, mais deux écueils (au moins !) se présentent alors :
|
||||
- le premier est que la norme soit faite par ceux qui y seront soumis. La tentation sera alors très forte de la définir de façon suffisamment faible pour que l'essentiel des opérations habituelles "passe la rampe" : il est rare que des acteurs bénéficiant d'une rente construisent une norme qui les empêche de continuer à le faire.
|
||||
- le second est que cette norme soit faite par le régulateur (qui lui n'est pas censé être "capturé" par les régulés, encore que cela soit souvent le cas malheureusement) sans un recul, une expérience et une formation suffisants. A ce moment la norme "tape à côté" et demande de respecter des critères qui ne correspondent pas, en pratique, au problème physique à résoudre (par exemple une norme qui ne porte pas sur un périmètre suffisant des impacts pris en compte).
|
||||
|
||||
Quand nous sommes dans une course contre la montre, la moins mauvaise manière d'éviter ces deux écueils est que le régulateur investisse massivement et rapidement dans la formation de ses propres effectifs, pour comprendre le problème à traiter, passer beaucoup de temps à soupeser les différentes approches qui existent pour y répondre, et édicte ensuite une norme qui corresponde bien à la question, avec pour conséquence évidente qu'une large partie de ce qui est fait "habituellement" ne passera plus la rampe (c'est normal : on ne peut pas "changer le monde" en conservant les mêmes référentiels !).
|
||||
|
||||
Hélas, ce n'est que très rarement le cas.
|
||||
18
true_content/posts/2022/01/change-me-421.md
Normal file
18
true_content/posts/2022/01/change-me-421.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,18 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-13T09:19:27'
|
||||
li-id: 6887322176152764416
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-d%C3%A9lire-du-charbon-activity-6887322176152764416-S6Cz
|
||||
title: CHANGE_ME 421
|
||||
---
|
||||
|
||||
Comment va votre meilleur ennemi climatique ? Très bien merci ! Ainsi pourrait se résumer cette chronique que Jean-Marc Vittori consacre au charbon dans Les Echos. Il y constate - à regret - que ce combustible occupe la même part dans la production électrique mondiale en 2019 qu'en 1973.
|
||||
|
||||
Par contre, ce n'est pas au même endroit que ca se passe. En 1973, la première zone de consommation au monde était... l'Europe, avec 30% du total mondial. En 2020 ce n'est plus que 4%, et la "résistance" transitoire de l'Allemagne sur le sujet est en fait l'arbre qui cache la forêt, même si on peut regretter (et je le regrette) que notre voisin du nord ait fait le mauvais arbitrage entre charbon et nucléaire.
|
||||
|
||||
Incidemment, mais à plus petite échelle, la France connaît une situation proche : les plafonds réglementaires de fonctionnement des centrales à charbon vont être relevés.... à cause d'un nucléaire insuffisamment disponible, pour partie fortuitement (centrales arrêtées à la demande de l'ASN pour remplacement de pièces dans les dispositifs de secours ; maintenance décalée à cause de la baisse de production due au covid) et pour partie délibérément (fermeture de Fessenheim). Mon homonyme de prénom se permet incidemment de rappeler un tweet d'Emmanuel Macron qui en 2017 annonçait que le charbon dans l'électricité serait supprimé pendant son mandat :).
|
||||
|
||||
Le climat n'est en fait pas du tout la cause première de cette diminution en Europe : elle est due à la baisse des ressources minières du Vieux Continent, qui a démarré l'exploitation de ce combustible solide il y a plus 2 siècles. Le pic de production, il s'est très bien matérialisé dans le charbon européen ! Et la raison première pour laquelle l'Hexagone a fait du nucléaire et non du charbon n'est pas par "vertu climatique", mais tout simplement parce que notre sous-sol ne contenait déjà plus beaucoup de houille (ou de lignite) au moment des chocs pétroliers.
|
||||
|
||||
Cette baisse a aussi eu lieu ailleurs dans les "vieux pays industrialisés" : les USA étaient à 21% du total mondial en 1973 ; ils sont descendus à 6%. Là, c'est l'économie qui a chassé le charbon (et pas non plus la vertu climatique) : le gaz est devenu moins cher. L'URSS était à 22% ; les pays de l'ex-bloc soviétique sont collectivement descendus à 4% en 2020. A nouveau peu de vertu dans l'affaire, mais surtout l'arrivée d'un gaz domestique disponible en abondance (en valeur absolue le charbon n'a pas tant baissé que cela mais en part relative oui).
|
||||
|
||||
Le charbon, aujourd'hui, c'est à notre Est lointain que cela se passe : la Chine utilise 50% du total mondial, puis arrive l'Inde avec 12%, l'Asie au total faisant 80%. La question qui n'est pas posée dans la chronique, mais qui est bien celle qui compte, est : que pouvons nous y faire ?
|
||||
22
true_content/posts/2022/01/change-me-422.md
Normal file
22
true_content/posts/2022/01/change-me-422.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,22 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-12T11:58:19'
|
||||
li-id: 6886999770863337473
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_myco2-pr%C3%A9sente-un-nouveau-calcul-de-lempreinte-activity-6886999770863337473-ZxZy
|
||||
title: CHANGE_ME 422
|
||||
---
|
||||
|
||||
9,9 tonnes équivalent CO2 : c'est la valeur à laquelle aboutit l'équipe de MYCO2 (version revisitée du bilan carbone personnel dont votre serviteur avait tenté une version préhistorique il y a 15 ans :) ) pour l'empreinte carbone d'un(e) français(e) en 2019.
|
||||
|
||||
L'empreinte carbone d'un individu, c'est la totalité des émissions qui ont eu lieu, en France et hors de France, pour que l'individu en question puisse disposer de l'ensemble des produits et services qu'il "consomme". Sont inclus à la fois les produits et services marchands (ceux que vous payez en direct) et les "non marchands" (en pratique payés par vos impôts : la défense, l'essentiel de la santé ou de l'éducation).
|
||||
|
||||
C'est très différent des émissions territoriales, qui n'incluent pas les émissions n'ayant pas lieu sur le territoire mais permettant la fabrication des biens intermédiaires ou finaux qui sont importés, ni les émissions qui "n'appartiennent à aucun pays", à savoir celles du transport maritime et aérien internationaux (environ 4% des émissions planétaires à eux deux). Et, symétriquement, les émissions territoriales incluent ce qui est associé aux exportations, qui iront alimenter la consommation de personnes ou d'entreprises hors du pays.
|
||||
|
||||
Il y a plusieurs manières de faire ce calcul. Dans une version datée de 2011, en utilisant une méthode basée sur des flux physiques reconstitués et des facteurs d'émission "physiques", Carbone 4 avait obtenu une valeur de 10,5 tonnes équivalent CO2 : https://lnkd.in/emVVEc-9
|
||||
|
||||
La méthode utilisée par MyCO2 (qui fait partie de Carbone 4) se base sur des facteurs monétaires et des tableaux entrée-sortie, avec un complément ad hoc pour quelques postes spécifiques (voir https://lnkd.in/eKegc6pz ). Le total est proche (9,9 tonnes) mais la répartition un peu différente de ce qui avait été publié en 2010.
|
||||
|
||||
Les scientifiques qui étudient le système climatique nous disent que pour stabiliser ce dernier il faut commencer par stabiliser la quantité de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, ce qui signifie que les émissions humaines doivent devenir quasi-nulles.
|
||||
|
||||
Pour que les émissions planétaires deviennent nulles (ce qui finira par arriver un jour de toute façon !), ces 9,9 tonnes doivent donc devenir... pas loin de zéro, et c'est aussi ce résultat qu'il faut viser pour l'empreinte carbone de tout autre habitant de la planète, quelle que soit la valeur de départ. Avec des engagements de neutralité à 2050, cela doit se produire en l'espace de 30 ans.
|
||||
|
||||
La bonne question est alors de regarder comment, poste par poste, nous allons/pouvons faire pour amener les émissions du poste à zéro en 30 ans. A chaque fois nous devrons arbitrer entre baisser la consommation du poste (sobriété) et produire le résiduel plus efficacement.
|
||||
20
true_content/posts/2022/01/change-me-423.md
Normal file
20
true_content/posts/2022/01/change-me-423.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,20 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-12T07:35:59'
|
||||
li-id: 6886933750400249856
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_global-risks-report-2022-what-you-need-to-activity-6886933750400249856-QpHT
|
||||
title: CHANGE_ME 423
|
||||
---
|
||||
|
||||
Chaque année (au moins depuis quelques années !), le World Economic Forum (l'organisateur du forum de Davos entre autres choses) effectue une enquête auprès de "leaders globaux" des domaines économique, politique, et de la société civile, sur leur perception des principaux facteurs de risque dans le monde.
|
||||
|
||||
Cela fait désormais plusieurs éditions que le changement climatique arrive en tête de liste, et il est suivi (de peu) cette année par l'atteinte à la biodiversité.
|
||||
|
||||
Au vu de ce résultat, une personne "normale" se dira que si le changement climatique est identifié comme un élément susceptible de fortement porter atteinte à l'économie mondiale, alors la lutte contre le changement climatique devrait arriver en tête des actions des entreprises, ce qui signifie que les personnes en charge du climat ont à la fois beaucoup d'audience et beaucoup de moyens dans les activités économiques.
|
||||
|
||||
Ca, c'est la théorie. En pratique, il semblerait bien que le premier risque contre lequel les dirigeants économiques souhaitent se couvrir est celui... de la baisse du cours de bourse. Les dividendes mondiaux vont peut-être établir un nouveau record en 2021 (ils ont plus que doublé depuis la "crise financière" de 2008 : https://lnkd.in/eRSKbH-Y ), tout comme les rachats d'actions (https://lnkd.in/eEp4-fyN ).
|
||||
|
||||
Ces deux opérations conjuguées vont représenter en 2021 (dans le monde) plus que le PIB français... et 25 fois les montants qui devraient être allouées au climat au titre du "Fonds Vert" prévu dans le cadre de la Convention Climat.
|
||||
|
||||
Cet actionnaire qui a tant besoin d'être rassuré, il s'appelle souvent un épargnant. Les "investisseurs", ce sont avant tout les particuliers de la terre entière qui ont de l'épargne financière, pour capitaliser en vue de leur retraite (les fameux "fonds de pension"), ou pour placer leurs économies (l'assurance vie par exemple).
|
||||
|
||||
Toute personne qui est à la fois "citoyen(ne) engagé(e)" et épargnante a donc un dilemme à résoudre : que privilégier quand rendement et climat ne sont pas compatibles, ce qui sera très souvent le cas avec la convention économique ignorant la contribution des ressources naturelles ? Tant que l'épargnant dira "rendement" il ne faut pas s'attendre à ce que les dirigeants répondent "climat". Le difficile problème de la cohérence nous concerne tous...
|
||||
16
true_content/posts/2022/01/change-me-424.md
Normal file
16
true_content/posts/2022/01/change-me-424.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,16 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-11T11:17:10'
|
||||
li-id: 6886627026086739968
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_bourse-la-finance-durable-principale-priorit%C3%A9-activity-6886627026086739968-jKie
|
||||
title: CHANGE_ME 424
|
||||
---
|
||||
|
||||
L'Autorité des Marchés Financiers a inscrit à son agenda de 2022 de "se mobiliser pour faire avancer la finance durable". Dans le document directement publié par l'AMF (https://lnkd.in/eyyYBCUk ) on peut lire qu'un des objectifs est "l'action de supervision de l’AMF s’intensifie, notamment pour prévenir le risque de greenwashing" et "portera une attention particulière aux enjeux climatiques".
|
||||
|
||||
Il est heureux que l'AMF note dans son document que "La transition vers une finance durable dépend (...) de la montée en expertise de l’ensemble de l’écosystème financier et de l’appropriation par les épargnants des concepts clés. C’est pourquoi, l’AMF a mis en place, en concertation avec le Haut conseil certificateur de Place, un nouveau module de vérification des connaissances des professionnels portant sur la finance durable."
|
||||
|
||||
Le Diable étant dans les détails, il faudrait bien évidemment aller regarder d'un peu près en quoi consistent les connaissances qui seront vérifiées, et notamment si elles incluent d'être capable de comprendre le fonctionnement "physique" de l'économie (détaillé là par exemple, malgré le titre : https://lnkd.in/gPsGK-F ), la différence entre responsabilité et dépendance (sachant que le risque de transition est porté par les émissions dont on dépend - le fameux scope 3 : https://lnkd.in/eVSer7fm - et non les seules émissions dont on est juridiquement responsable), ou encore ce que signifie un "alignement" d'une entreprise avec une baisse globale des émissions planétaires (problème qui n'est pas résolu par une exclusion des portefeuilles d'investissement).
|
||||
|
||||
La question de savoir si la finance peut d'elle-même réorienter l'économie vers du décarboné est un long débat, avec de bons arguments du côté de ceux qui doutent que cela soit aussi simple que de le vouloir (https://lnkd.in/dRS9vNZ ). Mais il est par contre évident que la finance doit mieux comprendre ce qu'elle fait, et que, plus important encore, le régulateur doit comprendre quel est l'impact climatique des régulés pour agir en conséquence.
|
||||
|
||||
Je rêve du jour où l'AMF suspendra la cotation d'une entreprise parce que ses documents de référence ne sont pas au bon niveau sur les obligations de reporting ou les actions pour se dérisquer en matière d'émissions de gaz à effet de serre, ou retirera son agrément pour un véhicule d'investissement pour les mêmes raisons. C'est probablement le prix à payer pour faire monter d'un cran le sérieux apporté au sujet climat parmi les "obligés".
|
||||
16
true_content/posts/2022/01/change-me-425.md
Normal file
16
true_content/posts/2022/01/change-me-425.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,16 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-10T07:59:56'
|
||||
li-id: 6886215002915713024
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_une-interview-sur-le-site-du-jdd-sur-la-taxonomie-activity-6886215002915713024-OH_T
|
||||
title: CHANGE_ME 425
|
||||
---
|
||||
|
||||
C'est un des sujets du moment, alors j'y suis aussi allé de mon petit couplet sur la fameuse "taxonomie européenne", dans cette interview publiée sur le site du JDD, que je me suis permis de reproduire sur mon site maintenant que nous ne sommes plus Dimanche.
|
||||
|
||||
Et comme la question qui a agité tout le monde était de savoir si le nucléaire était vert ou pas vert, l'interview comporte aussi quelques questions qui portent sur cette énergie, puis par extension sur les "politiques électriques" qui peuvent aider à la décarbonation.
|
||||
|
||||
La question n'a pas été posée, donc je me la pose à moi-même avant d'y répondre :) : la question de la décarbonation se résume-t-elle à la question du nucléaire ? A l'approche d'élections présidentielles, où il sera peut-être question des deux, la réponse est évidemment non. La décarbonation est un enjeu sociétal ; le nucléaire un sujet technique.
|
||||
|
||||
La décarbonation suppose de changer notre logiciel économique, notre rapport à la limite (voir par exemple cette préface que j'avais rédigée pour la traduction en français de "The Thirty Year Update", qui actualisait "The Limits to Growth" : https://lnkd.in/dc4MX67T ), nos régimes alimentaires, l'aménagement de l'espace (avec le rapport ville/campagne mais aussi la taille des logements), l'équilibre entre individualisme et collectif, le rapport au temps et à la vitesse, la manière de faire de la géopolitique...
|
||||
|
||||
Le nucléaire, c'est une partie facile dans l'affaire. C'est pour cela que de ne pas en faire est se compliquer inutilement la vie, mais en faire c'est résoudre 5% du problème.
|
||||
14
true_content/posts/2022/01/change-me-426.md
Normal file
14
true_content/posts/2022/01/change-me-426.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,14 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-09T10:43:37'
|
||||
li-id: 6885893809478152192
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_dont-look-up-un-film-r%C3%A9aliste-qui-fait-activity-6885893809478152192-5M5D
|
||||
title: CHANGE_ME 426
|
||||
---
|
||||
|
||||
Encore un petit coup de "Don't Look Up", à destination des matinaux du Samedi qui écoutent RTL. Je remercie (quand même) la radio qui m'a laissé évoquer à l'antenne la "frivolité des media" (due au besoin de ne pas faire fuir l'audience, c'est-à-dire les recettes de la publicité), qui, dans le film, est identifiée comme une des causes de l'échec des scientifiques à faire passer leur message.
|
||||
|
||||
En 3 minutes il n'était évidemment pas question de faire une analyse sociologique complète de la situation évoquée dans ce film (ni du monde réel confronté au changement climatique), mais juste de rappeler que, pour cette oeuvre, la fameuse maxime "Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite" ne s'applique pas vraiment.
|
||||
|
||||
Il convient évidement de ne pas s'attarder sur le doigt du sage qui montre la Lune, ce qui signifierait écarter le fond du message parce que la qualité artistique du film ne semble pas au rendez-vous, ou parce que les acteurs principaux ont par ailleurs un mode de vie en total décalage avec ce qui est souhaitable pour limiter le réchauffement climatique (remarque valable pour à peu près toutes les "stars" de cinéma, et qui explique peut-être pourquoi elles sont si peu nombreuses à se mobiliser pour des causes environnementales).
|
||||
|
||||
L'intérêt premier de ce film est bien de nous alerter sur notre "somnambulisme", et notre extraordinaire capacité collective à mobiliser une très large fraction de notre jus de cerveau à améliorer des gadgets anecdotiques alors que nous négligeons une partie de l'essentiel.
|
||||
20
true_content/posts/2022/01/change-me-427.md
Normal file
20
true_content/posts/2022/01/change-me-427.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,20 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-08T11:01:35'
|
||||
li-id: 6885535941310627840
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_hausse-des-prix-de-l%C3%A9lectricit%C3%A9-comment-activity-6885535941310627840-mtaV
|
||||
title: CHANGE_ME 427
|
||||
---
|
||||
|
||||
Après avoir créé un "marché de l'électricité" qui n'avait aucune espèce de pertinence, les pouvoirs publics, mais aussi les consommateurs, se rendent compte que "pas de marché" est plus simple pour avoir des prix stables quand les facteurs de production font du yoyo (quelle découverte !).
|
||||
|
||||
Dans un système intégré et régulé, si le gaz se met à valoir beaucoup plus cher, cela augmente le cout de production d'un peu moins de 5% de la production électrique française (celle qui est faite au gaz). 5% de la production qui passe de 40 à 400 euros le MWh, c'est 20 euros de plus en moyenne par MWh livré au consommateur, soit beaucoup moins que ce que le gouvernement a mis à la charge des mêmes consommateurs avec les augmentations de prix dues au déploiement du solaire et de l'éolien (la fameuse CSPE). Pas de quoi en faire un fromage.
|
||||
|
||||
Mais dans un marché ouvert, le prix de l'ensemble de ce qui est vendu s'ajuste sur le cout de production le plus élevé du moment. Et là cela signifie que l'ensemble de ce qui est produit se vend beaucoup plus cher, la hausse allant dans la poche des producteurs et des intermédiaires.
|
||||
|
||||
On en revient alors à cette demande éternelle des acteurs du privé : privatiser les profits (quand tout va bien) et socialiser les pertes (quand tout va mal). Le beurre et l'argent du beurre....
|
||||
|
||||
Dans les demandes du privé (particuliers inclus) arrive l'idée d'augmenter la part de l'électricité que EDF produit et est obligé de vendre à perte (je dis bien à perte) à ses concurrents et aux gros consommateurs industriels, l'ARENH (accès régulé à l'électricité nucléaire historique). Ce tarif est une invention des adorateurs du marché qui a conduit, quand "tout allait bien", à transférer de la rente d'EDF à des acteurs privés (qui n'ont rien investi du tout avec cet argent qui leur est tombé du ciel) parce que ca allait censément être mieux pour tout le monde.
|
||||
|
||||
Pour tenter de "réparer" les conséquences de cette erreur (avoir créé un système éclaté et complexe) on va en faire une deuxième : faire les poches du gestionnaire des centrales pour tenter de corriger à la volée des prix excessifs nés du système défaillant. Ca ne supprimera pas la volatilité mais appauvrira l'opérateur à qui on demande par ailleurs de garantir un système stable et fiable (et, en plus, il n'est pas du tout sur que les "concurrents" qui ont accès à plus d'arenh répercutent à leurs clients la totalité du gain pour eux !).
|
||||
|
||||
Il y aurait beaucoup plus simple : constater que, dans un monde volatil parce que physiquement contraint (rappelons que la Mer du Nord a entamé sa descente terminale sur sa production de gaz, et que les russes ne nous en fourniront pas éternellement car leurs gisements s'épuiseront aussi), le marché à l'aval n'a pas d'utilité, et revenir au système intégré d'avant (ce qui suppose évidemment de faire accepter à la Commission que le marché n'est pas l'alpha et l'oméga en toutes circonstances). Une ambition pour la présidence française de l'Union ?
|
||||
8
true_content/posts/2022/01/change-me-428.md
Normal file
8
true_content/posts/2022/01/change-me-428.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,8 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-07T16:00:14'
|
||||
li-id: 6885248709349691392
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_carbone-4-nous-rejoindre-activity-6885248709349691392-efLS
|
||||
title: CHANGE_ME 428
|
||||
---
|
||||
|
||||
Carbone 4 propose actuellement 12 offres d'emploi pour la branche conseil et 1 pour MyCO2. 4 sont détaillées ci-dessous et les autres sont disponibles sur https://lnkd.in/dxzysp75 (où se trouvent l'ensemble des descriptions détaillées)
|
||||
18
true_content/posts/2022/01/change-me-429.md
Normal file
18
true_content/posts/2022/01/change-me-429.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,18 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-07T07:50:24'
|
||||
li-id: 6885125442265763840
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_r%C3%A9chauffement-climatique-lavenir-d%C3%A9pendra-activity-6885125442265763840-z8MX
|
||||
title: CHANGE_ME 429
|
||||
---
|
||||
|
||||
Un éditorial publié début janvier dans Le Monde invoque Le Monde sans Fin et la leçon inaugurale de Christian Gollier au Collège de France (que je confesse ne pas avoir regardée mais c'est là : https://lnkd.in/eaG73nHk ) pour souligner que notre avenir ne peut pas se concevoir comme une simple continuation du passé.
|
||||
|
||||
Le propos n'a rien de révolutionnaire en soi. Ce qui est déjà plus intéressant, c'est que cet éditorial rappelle que l'économie mondiale s'est formidablement développée sur les deux derniers siècles grâce à une très forte augmentation du parc de machines en service, permise par l'essor des combustibles fossiles.
|
||||
|
||||
L'auteur fait donc sienne une lecture avant tout physique de nos activités productives, et mentionne même au passage le nombre "d'équivalent esclave" dont dispose un français moyen (grâce aux machines), issu de la BD précitée. Il en tire logiquement la conclusion qu'un monde qui se décarbone - volontairement ou pas - est un monde plus sobre.
|
||||
|
||||
Il conclut en écrivant : "Gérer ce basculement inévitable vers un monde plus cher, car plus économe, mais aussi plus instable, devrait figurer en tête des préoccupations des politiques en ce début 2022. Un plan à dix ans. En auront-ils le courage ?".
|
||||
|
||||
Je ne sais pas si les politiques en auront le courage (je le souhaite, mais c'est une autre histoire !). Mais un plan, c'est très exactement ce que nous allons essayer de leur fournir au travers du "plan de transformation de l'économie française", qui marie sobriété et avancées techniques réalistes : https://lnkd.in/dNARPrU
|
||||
|
||||
Car en démocratie le courage politique est rarement une affaire de génération spontanée. Il doit être porté par le "courage" des demandes de la société civile.
|
||||
22
true_content/posts/2022/01/change-me-430.md
Normal file
22
true_content/posts/2022/01/change-me-430.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,22 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-06T08:25:44'
|
||||
li-id: 6884771945993273344
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_en-trois-d%C3%A9cennies-nous-allons-consommer-activity-6884771945993273344-Xeaa
|
||||
title: CHANGE_ME 430
|
||||
---
|
||||
|
||||
A quelques nuances près, cette interview - parue dans Les Echos - de "quelqu'un" à l'IFPEN (il semble manquer le chapô, de telle sorte que l'on ne sait pas qui exactement est interrogé !) aurait pu émaner du Shift Project.
|
||||
|
||||
Il y est question de la disponibilité des métaux pour assurer la transition vers un monde bas carbone dans un contexte d'opulence matérielle préservée (parce que sinon passer à un monde bas carbone sans aucune production industrielle est assez facile :) )., et surtout de ce qui pourrait venir contrarier nos jolis plans de croissance verte.
|
||||
|
||||
La tension la plus importante ne viendra pas des terres rares, qui sont en fait des métaux "rarement utilisés", pour lesquels le problème à court ou moyen terme est plus géopolitique (la Chine concentre une très large partie des capacités de production actuelles, mais il y a des ressources ailleurs) que physique.
|
||||
|
||||
Ce sont les métaux non ferreux "ordinaires" qui risquent d'être le plus limitants : cuivre, nickel, éventuellement aluminium... Ces éléments sont bien sur disponibles en abondance dans la croûte terrestre, mais pour pouvoir les exploiter il faut une concentration locale minimale (sinon l'énergie d'extraction est trop élevée, car au bout du bout c'est toujours une question d'énergie), et cela s'appelle alors... une mine.
|
||||
|
||||
A titre d'exemple, les mines de cuivre actuellement en exploitation ont une teneur moyenne en métal de 0,5% en poids (sur le minerai), alors qu'il y a quelques siècles les filons les plus riches pouvaient contenir plus de 10% en poids (il y a même eu du cuivre natif exploité dans l'antiquité). Plus la teneur baisse, plus il faut d'énergie pour extraire le métal... qui doit justement servir au système énergétique.
|
||||
|
||||
Aujourd'hui, le raisonnement sur la disponibilité future est avant tout basé sur les prix. Si les prix ont baissé dans le passé, ce qui est le cas, alors cela signifie que cette tendance va se poursuivre, ce que nous traduisons tous par "il n'y aura pas de problème de disponibilité". Malheureusement l'histoire récente montre qu'il y a de plus en plus de cas de figure où la baisse des prix d'hier n'a pas été prédictive de la disponibilité pour le lendemain. L'exemple le plus récent est celui des semi-conducteurs.
|
||||
|
||||
Il est donc impératif de ne pas raisonner uniquement à partir de données économiques quand on s'interroge sur la faisabilité "physique" d'un plan "physique" (et l'énergie c'est physique !) pour l'avenir. Il faut à ce titre saluer l'exercice que RTE a effectué dans ses derniers scénarii, en consacrant 80 pages à l'analyse "environnementale" des avenirs possibles, et en regardant justement la question des métaux et matériaux nécessaires, de l'espace, etc.
|
||||
|
||||
Dit autrement, les euros d'hier seront de moins en moins prédictifs de l'économie de demain. Il faudra systématiquement revenir aux flux physiques sous-jacents pour tenir un raisonnement opposable.
|
||||
12
true_content/posts/2022/01/change-me-431.md
Normal file
12
true_content/posts/2022/01/change-me-431.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,12 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-05T09:36:30'
|
||||
li-id: 6884427364365864960
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_r%C3%A9chauffement-climatique-jean-marc-jancovici-activity-6884427364365864960-MgcA
|
||||
title: CHANGE_ME 431
|
||||
---
|
||||
|
||||
Ce qu'il y a de bien avec les media, c'est le sens de la nuance dont ils font parfois preuve :). A l'occasion de la sortie du Monde sans Fin (réapprovisionné à partir de mi-janvier) Konbini a souhaité faire une vidéo dont le titre est, en toute simplicité, "sommes nous foutus ?".
|
||||
|
||||
Si l'on veut éviter la réponse à la sauce Keynes (qui serait donc "ce n'est qu'une question de temps"), le but du jeu était d'essayer d'apporter, en 4 minutes et demie, un peu de nuance et de temporalité derrière le oui ou non.
|
||||
|
||||
Rien de neuf sous le soleil pour celles et ceux qui ont lu la BD ou regardé une vidéo plus longue de votre serviteur. Mais ce clip peut servir de "teaser" pour envoyer à des gens pressés, qui, jusqu'à maintenant, n'ont pas été très réceptifs sur ces sujets, avec l'espoir que cela servira à quelque chose !
|
||||
22
true_content/posts/2022/01/change-me-432.md
Normal file
22
true_content/posts/2022/01/change-me-432.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,22 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-04T17:50:02'
|
||||
li-id: 6884189180335857664
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_nucl%C3%A9aire-gaz-bruxelles-l%C3%A8ve-enfin-le-activity-6884189180335857664-tume
|
||||
title: CHANGE_ME 432
|
||||
---
|
||||
|
||||
Il y a quelques années, la Commission européenne a décidé de créer une nomenclature des "investissements verts". Cela s'appelle la "taxonomie" et est destiné à aider les financiers à orienter leurs investissements en faveur d'une économie plus durable.
|
||||
|
||||
Depuis le début cette initiative souffre de quelques faiblesses, notamment en voulant un peu trop marier les contraires. D'un côté il est question de favoriser la révolution (car contribuer à une baisse de moitié des émissions de CO2 en 30 ans à "niveau de vie" constant, c'est en pratique participer à la révolution), et de l'autre de ne pas créer une contrainte trop forte - y compris en matière de reporting - pour le monde financier. Pas évident !
|
||||
|
||||
Cette initiative a aussi choisi une approche normative des activités éligibles. On comprend ce que cela peut signifier d'être "vert" - ou pas - quand on parle d'un camion ou d'une installation de traitement des déchets organiques, mais c'est moins évident pour d'autres activités : comment définir un fabriquant de peintures, un distributeur de produits pour la maison, ou un importateur de meubles qui soit "vert" ?
|
||||
|
||||
Quoi qu'il en soit, dans cette affaire, il a fallu statuer sur deux sujets qui importaient chacun à l'un des deux "gros" états de l'Union Européenne : le nucléaire et le gaz.
|
||||
|
||||
Une bête logique "factuelle" aurait conduit à regarder ce que disent les faits. Le nucléaire est très bas carbone, peu dangereux par MWh produit, et générateur de peu de nuisances : il est donc éligible. Le gaz est émetteur de CO2, ce qui suffit à le disqualifier puisque le but du jeu est de se débarrasser des émissions. Une taxonomie "activité" aurait donc du dire oui au nucléaire et non au gaz.
|
||||
|
||||
Mais cela ne correspond pas à la manière dont les réglementations se font, qui incorporent toujours les jeux de pouvoir et l'envie de conforter la situation existante. La France ne voulait pas d'une réglementation qui disqualifie sa principale source de production électrique, ce que voulait au contraire l'Allemagne, pour ne pas se mettre en porte-à-faux au regard de son choix historique d'abandonner le nucléaire pour conserver du charbon.
|
||||
|
||||
La France ne voulait pas de gaz (dont nous n'avons en pratique pas besoin de manière significative aujourd'hui), alors que l'Allemagne oui, pour compléter ses modes intermittents à la place du charbon (qui émet plus).
|
||||
|
||||
La paix des braves a conduit à mettre le nucléaire et le gaz dans les investissements éligibles "sous condition". Pour le nucléaire, l'enjeu était important, car cette énergie est très sensible aux conditions de financement de l'investissement initial (beaucoup plus que le gaz). Pour un réacteur coutant 10 milliards d'euros à construire et produisant 60 ans, le passage de 2% à 10% du rendement exigé par les actionnaires et prêteurs ajoute 90 milliards d'euros de frais financiers sur la durée de construction et de fonctionnement. Une paille !
|
||||
16
true_content/posts/2022/01/change-me-433.md
Normal file
16
true_content/posts/2022/01/change-me-433.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,16 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-04T09:36:47'
|
||||
li-id: 6884065047631450113
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-grand-plongeon-du-march%C3%A9-automobile-fran%C3%A7ais-activity-6884065047631450113-TK5Z
|
||||
title: CHANGE_ME 433
|
||||
---
|
||||
|
||||
Il se vendait un peu plus de 2 millions de voitures particulières neuves par an en France jusqu'en 2019. En 2020 et 2021, ce même segment a connu 25% de ventes en moins, soit 1,65 million par an.
|
||||
|
||||
Dans le monde fini, la baisse des ventes de voitures n'est qu'une question de temps. Ces objets de 1 à 2 tonnes faits de métal - essentiellement de l'acier mais aussi du cuivre, du nickel, du plomb, de l'étain, de l'aluminium, de l'or même (pour les composants électroniques), du platine (dans les pots catalytiques), etc, de dérivés pétroliers (plastiques, lubrifiants, textiles, pneus), de verre, et j'en passe, ne peuvent être produits en quantités indéfiniment croissantes.
|
||||
|
||||
Le covid est-il le "début de la fin" pour les ventes de ces grosses machines ? L'avenir le dira, mais le fait est que ce ralentissement est du à des limites physiques : sur les semi-conducteurs, mais aussi sur des commodités de base comme l'acier ou le plastique.
|
||||
|
||||
Dans le plan de transformation de l'économie française du Shift Project, et plus précisément son volet "industrie automobile" (https://lnkd.in/eqhr44uN ), nous préconisons de baisser délibérément les volumes fabriqués, pour se concentrer sur les petits modèles et les véhicules électriques.
|
||||
|
||||
Dit autrement, après avoir fortement cru, le secteur automobile devra un jour décroître. C'est juste "physique" pour une industrie qui est très dépendante de ressources physiques non renouvelables, et ne pas l'envisager est juste opter pour une succession de corrections non planifiées comme celle qui est en train de se produire.
|
||||
22
true_content/posts/2022/01/change-me-434.md
Normal file
22
true_content/posts/2022/01/change-me-434.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,22 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-03T11:37:19'
|
||||
li-id: 6883732996420116480
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_m%C3%A9tiers-verts-et-verdissants-pr%C3%A8s-de-4-activity-6883732996420116480-xpTg
|
||||
title: CHANGE_ME 434
|
||||
---
|
||||
|
||||
Une étude du ministère de la transition écologique conclut qu'il y aurait dans notre pays 4 millions d'emplois verts et verdissants. Un emploi vert y est défini comme un emploi "directement au service de l'environnement". Les salariés concernés (140.000, soit 0,6% de l'emploi total) sont dans la distribution d'eau ou son épuration, le traitement des déchets, et quelques spécialités dans le domaine de l'énergie.
|
||||
|
||||
Paradoxe : ces emplois "directement au service de l'environnement" ne sont pas nécessairement appelés à croître dans un monde plus "vertueux". Par exemple, si nous jetons moins d'emballages, les personnes qui s'occupent du traitement des déchets sont moins nombreuses !
|
||||
|
||||
Par ailleurs, ce n'est pas parce qu'ils "servent l'environnement" qu'ils échappent à toute logique économique.
|
||||
|
||||
Pourquoi tous les autres métiers ne pourraient-ils pas conjuguer "au service de l'environnement" et logique économique ? Si nous voulons respecter les limites planétaires, il faudra bien que tout emploi se mette lui aussi "au service de l'environnement" d'une certaine manière ?
|
||||
|
||||
Pour essayer d'aller un cran plus loin, le ministère a créé les métiers "verdissants", c’est-à-dire "dont les compétences évoluent pour intégrer les enjeux environnementaux". On y trouve 200.000 personnes du contrôle qualité dans l'industrie, 400.000 personnes travaillant dans le gros oeuvre du bâtiment, ou encore 500.000 conducteurs d'un engin de transport, au sein d'un ensemble (voir graphique en commentaire) dont les contours restent discutables.
|
||||
|
||||
En effet, pourquoi un chauffeur routier serait-il plus "verdissant" qu'un enseignant (qui devra transmettre des connaissances et compétences essentielles pour changer l'économie), un restaurateur (qui peut proposer des menus avec moins de viande et plus de productions label avec le bon cahier des charges), ou un artiste (qui peut proposer des créations invitant à respecter l'environnement) ? Mystère...
|
||||
|
||||
En fait la bonne question est probablement à se poser dans l'autre sens : si nous voulons mettre l'économie française en cohérence avec une baisse de 5% des émissions par an (dans le monde), qui doit faire quoi et de quelles compétences avons nous besoin ? Cela fera la part des choses entre les effectifs qui doivent augmenter tout en exerçant différemment (par exemple les agriculteurs), ceux qui doivent exercer différemment mais n'ont pas nécessairement besoin d'être plus nombreux (par exemple les enseignants), et enfin ceux qui doivent diminuer parce que la reconversion intrasectorielle semble difficile (par exemple le transport aérien ou la construction auto).
|
||||
|
||||
C'est exactement l'angle qui a été retenu pour le chantier "emploi" du plan de transformation de l'économie française du Shift Project : https://lnkd.in/e54-j6X3 Pour ce sujet essentiel qu'est l'emploi, il faut, comme ailleurs, bien définir ce que l'on compte et pourquoi pour ne pas se rater.
|
||||
18
true_content/posts/2022/01/change-me-435.md
Normal file
18
true_content/posts/2022/01/change-me-435.md
Normal file
|
|
@ -0,0 +1,18 @@
|
|||
---
|
||||
date: '2022-01-01T19:43:56'
|
||||
li-id: 6883130680939732992
|
||||
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_environnement-2022-sera-t-elle-une-bonne-activity-6883130680939732992-DLMa
|
||||
title: CHANGE_ME 435
|
||||
---
|
||||
|
||||
Les anglais appellent cela "crash the party". C'est le comportement qui consiste à venir gâcher une fête en y débarquant exprès pour cela. C'est peut-être ce qu'ont ressenti les auditeurs matinaux de RTL (les pauvres ! déjà ils étaient debout à l'heure où la France entière roupillait, et en plus ils ont du se farcir 3 minutes de mauvaises nouvelles) en écoutant cette première manifestation "travaillée" de l'année (enregistrée à l'avance, quand même :) ) en écoutant cette chronique leur expliquant que dans les bons voeux pour 2022 il y en a un qu'il vaut mieux ne pas faire : souhaiter que les "ennuis climatiques" s'en aillent comme par miracle. L'inertie du système productif et l'inertie climatique l'interdisent.
|
||||
|
||||
Pour les amis du carbone (voire les ennemis, les seuls non concernés étant les neutres, puisque l'on ne peut pas être neutre tout seul avec le carbone comme chacun sait) cette année sera néanmoins à surveiller à deux occasions au moins :
|
||||
|
||||
- la France prend la présidence de l'Union Européenne ce jour. 80% de la réglementation environnementale applicable aux entreprises (ou aux exploitants agricoles) est d'origine européenne. La présidence française est donc l'occasion de pousser des "bons" sujets... si tant est que l'on en ait.
|
||||
|
||||
- nous allons changer de gouvernement au milieu de l'année. Pour le moment, aucun(e) des candidat(e)s sur les rangs ne semble vraiment taillé(e) pour le défi que nous avons à affronter, mais au bout du bout il faudra bien choisir, et d'ici là faire tout ce qui est possible pour que nos candidat(e)s soient un peu plus concernés par les limites planétaires que Meryl Streep dans "Don't Look Up".
|
||||
|
||||
De fait, il n'est pas très rassurant que notre président démarre l'année par des voeux (https://lnkd.in/eHb7g_RP ) où le défi environnemental n'est pas mentionné mais l'accueil de youtubeurs à l'Elysée et l'exploration spatiale oui (deux points qui figurent dans le film Don't Look Up ; la coïncidence est vraiment troublante...), et ait terminée la précédente par une interview fleuve de 2 heures où il n'en était pas plus question.
|
||||
|
||||
La seule chose de certaine pour cette année est que ce ne sera pas le calme plat. C'est déjà ca !
|
||||
Loading…
Add table
Add a link
Reference in a new issue