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date: '2023-02-16T22:37:37'
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Ce n'était pas le secteur le plus travaillé dans le Plan de Transformation de l'Economie Française, et donc le Shift Project a décidé d'y revenir. Car la production et cuisson de nos aliments, en incluant les émissions industrielles amont (fabrication des engrais, des intrants en général, et des machines agricoles), les émissions dans les exploitations, et celles à l'aval (industries agro-alimentaires, transports, emballages, déplacements des consommateurs pour faire les courses, cuisson, etc) c'est un tiers des émissions mondiales, et pas loin du même pourcentage en France.
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Il semble donc difficile de dire que nous allons devenir "neutres", ce qui suppose de supprimer la quasi-totalié de nos émissions actuelles, sans s'occuper sérieusement de ce secteur. C'est pour cela que The Shift Project se cherche le mouton ou la brebis à 5 pattes (c'est de circonstance) pour piloter la réflexion à venir sur la bonne manière de décarboner notre assiette.
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Si faire un petit tour par les locaux de cette association vous tente, à vos CV !
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date: '2023-02-07T14:05:41'
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title: CHANGE_ME 10
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Une des solutions qui permettrait d'utiliser des combustibles fossiles sans déranger le climat s'appelle la capture et séquestration du CO2 (en anglais CCS pour Carbon Capture and Sequestration), et passe par les opérations suivantes :
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- on "attrape" le CO2 d'une installation de combustion avant qu'il ne s'échappe dans l'atmosphère. Pour cela la fumée barbote dans un liquide spécial - généralement des amines - qui va "accrocher" les molécules de CO2 (on parle d'adsorption) et laisser partir le reste.
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- le CO2 est récupéré en faisant chauffer la solution qui l'a adsorbé,
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- il est compressé, transporté dans un tuyau et enfin injecté sous forme supercritique (une forme intermédiaire entre le gaz et le liquide) sous le sol dans une formation géologique dont il ne sortira plus
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Cette opération n'a de sens que pour des installation fixes importantes (centrales à charbon ou à gaz, cimenteries ou aciéries). La capture demande 20% à 30% de l'énergie du site, et fait baisser la production (d'électricité, d'acier...) d'autant. C'est de loin la première barrière à l'utilisation de ce procédé.
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Il faut ensuite trouver où injecter ce CO2. Les anciens gisements de pétrole et de gaz sont une première possibilité. Ce sont de bons candidats, car, avant exploitation, ils étaient aptes à retenir longtemps au même endroit du liquide et du gaz sous pression. Il faut juste vérifier que les forages d'exploitation (normalement scellés à la fin de vie du gisement) ne changent pas l'étanchéité.
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Les aquifères souterrains - un mélange de roche et d'eau - sont une deuxième possibilité. Le CO2 injecté finit par se dissoudre puis se transformer lentement en carbonates avec le temps.
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Les pétroliers connaissent assez bien l'injection du CO2 sous le sol :
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- dans beaucoup de gisements pétroliers le fait d'injecter du CO2 permet de mieux "laver" le gisement. En pareil cas le moteur de l'action n'est donc pas la vertu environnementale mais tout simplement l'augmentation du pétrole produit !
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- le gaz naturel extrait de terre contient toujours un peu de CO2, et ce dernier doit être enlevé avant le transport par gazoduc, sinon il y a un risque fort de corrosion des infrastructures (la présence simultanée d'eau et de CO2 crée un mélange acide). Les opérateurs doivent donc séparer le gaz du CO2 en tête de puits, et en Norvège ce CO2 doit être réinjecté sinon le pétrolier paye une pénalité à la tonne.
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Ce n'est donc pas un hasard si Total - un pétrolier - et le Danemark - la Mer du Nord - regardent ensemble ce qu'ils pourraient mettre comme CO2 sous la mer. Il reste à trouver des industriels acceptant d'investir pour capturer le CO2 à la source et à se faire payer pour ca.
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On parle potentiellement de 10 Mt de CO2 par an, soit 500 M€/an environ au cours actuel du CO2. C'est assez d'argent pour que ca vaille le coup de reconvertir une plate-forte, mais cela évitera juste les émissions d'une centrale à charbon. On ne va pas pouvoir compter que sur ca !
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date: '2023-02-05T22:07:45'
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title: CHANGE_ME 11
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Il y a une grosse heure, j'ai commenté ce post de L'Express pour corriger une affirmation erronée contenue dans ce portrait auquel je n'ai pas contribué (le commentaire expliquait justement pourquoi).
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L'Express ayant supprimé mon commentaire peu après, je le reproduis donc en post. Je dois dire que je ne comprends pas ce qui motivé cette suppression : soit la personne de permanence sur le compte linkedin de l'Express un Dimanche soir regardait la télé sans faire attention à ce qu'elle faisait, soit elle a laissé le clavier à son enfant de 2 ans, soit... le vilain mot de censure vient à l'esprit, ce qui pour un media d'une démocratie ne serait pas terrible. Je suis volontiers preneur de l'explication si le journal veut bien me la fournir.
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Voici donc mot à mot le commentaire que j'avais mis :
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"L'Express la cause invoquée dans ce portrait pour mon refus de parler à la journaliste est erronée : j'ai décliné avant tout parce que je considère que les portraits sont contreproductifs, et non d'abord par manque de temps.
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J'ai expliqué par mail à la journaliste que le "portrait" focalisait le propos sur le messager (qui est secondaire) et non sur le message, qu'il donnait toujours l'impression d'un parcours solitaire alors que tout travail se fait en équipe, et enfin qu'il était par construction bâti sur des points saillants (pour lesquels c'est facile de mettre des étiquettes pour ou contre) qui crispent le débat alors que nous avons besoin de nous parler. J'ai ajouté qu'en conséquence je ne souhaitais pas y passer du temps.
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C'est pour le même genre de raison que je n'avais pas envie d'être nommé "personnalité de l'année" : ce n'est pas sur moi qu'il faut concentrer les moyens éditoriaux mais sur le fond.
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Le résultat me donne hélas raison : je ne vois pas en quoi cet article va aider la prise de décision pour notre avenir. Il servira au mieux à alimenter "ma" page wikipedia (dont je n'ai pas écrit une ligne) où, la dernière fois que j'ai regardé, j'ai compté plus de 90 erreurs factuelles ou d'interprétation."
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Mon commentaire ne caresse pas le magazine dans le sens du poil, mais il fait partie d'un droit de réponse normal, et je n'ai pas l'impression qu'il soit injurieux ou insultant. Sa suppression reste donc une énigme.
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Puisqu'un post offre plus de place qu'un commentaire j'en profite pour rajouter deux éléments.
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1 - Mon temps professionnel est essentiellement affecté (dans cet ordre) au quotidien de Carbone 4, à celui du Shift Project, à des conférences et interventions, et à des publications. Les media et les politiques sont marginaux en termes de temps passé. Ce portrait ne mentionne ni C4 ni The Shift Project...
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2 - c'est à nouveau le nucléaire qui m'est collé sur la figure comme "premier élément distinctif". Il suffit pourtant d'écouter n'importe laquelle de mes conférences (https://bit.ly/3l9HEzR ) pour voir que cela ne correspond pas à mon discours. Mais "pronucléaire" ca doit faire plus de clics que "vulgarisateur"...
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date: '2023-02-05T13:41:18'
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li-id: 7027994566683193344
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title: CHANGE_ME 12
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Dans notre pays, à peu près tout le monde est d'accord pour avoir plus de transports en commun. Par contre, quand il s'agit de décider qui doit passer à la caisse pour le permettre, l'unanimité est un peu moins de mise !
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C'était déjà un sujet quand l'économie était en croissance, et paradoxalement une économie mal portante pourrait contribuer à augmenter encore la demande.
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Cela vient du fait que notre comportement en matière de déplacements du quotidien a obéit depuis longtemps à une double logique budgétaire (ce que montrent les statistiques des économistes des transports).
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La première est économique : nous utilisons généralement pour nous déplacer le moyen le plus cher que notre revenu nous autorise. En première approximation les personnes qui peuvent se payer une voiture et qui ont une place de parking chez eux et au travail utilisent l'automobile, et les autres les transports en commun (tendance que le covid a renforcée).
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Lorsque la conjoncture devient plus difficile sans pour autant priver les gens de leur motifs déplacement, une partie de la population a plus de mal à utiliser son véhicule, et voudrait plus en transports en commun. Cet effet est encore renforcé lorsque la difficulté économique vient de l'énergie (moindre disponibilité et/ou prix qui montent très fort, comme en 2008).
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A cela vient s'ajouter le fait que, sur série longue, nous avons fonctionné à temps de déplacement constant. L'arrivée de voitures en masse depuis l'après-guerre n'a pas été utilisé pour aller plus vite au même endroit, mais pour passer le même temps à faire plus de km (parce que cela élargit l'univers de choix pour le logement, le travail, l'école...).
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L'augmentation du nombre de voitures - en France le parc auto est passé de 3 à 38 millions d'unités de 1945 à maintenant) - a donc induit de l'étalement urbain, créant des zones avec des densités d'habitants au km2 plus faibles qu'en ville, peuplées de gens qui font des dizaines de km en auto tous les jours (cela se constate partout dans le monde).
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Aller "chercher" en transports en commun des périurbains qui n'(aur)ont plus les moyens économiques d'utiliser leur voiture coute(ra) beaucoup plus cher par personne que pour les urbains, puisque les couts d'un système de transports en commun sont pour partie des couts fixes.
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Enfin même pour les infrastructures existantes les charges augmentent avec la fréquentation : par exemple s'il y a une fréquence de passage plus importante cela signifie plus de personnel, plus de matériel roulant, plus d'énergie, plus de maintenance...
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Le casse tête du Syndicat des Transports d'Ile de France (90% du trafic du quotidien français en mode ferré) n'est donc pas résolu demain matin. En effet, à l'horizon de quelques décennies l'énergie sera de moins en moins disponible, et à la suite les flux physiques sous-jacents de l'économie aussi. Qui peut-on et doit-on "transporter en commun" quand il y a globalement moins de moyens : c'est désormais la question qui se pose.
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date: '2023-02-04T17:39:01'
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title: CHANGE_ME 13
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En 2018, la France a vécu l'épisode des "gilets jaunes". A l'époque essence et gazole étaient à environ 1,5 euro le litre. C'est désormais entre 1,8 et 2 euros selon la pompe et le type de carburant (https://bit.ly/2SBEC4o ). Et.... rien. Pas d'émeute, alors que dans le même temps le prix du gaz et de l'électricité ont fortement augmenté, sans parler du reste.
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Si la raison première de ce qui s'est passé il y a 4 ans était juste le niveau de prix dans l'absolu, pourquoi tout le monde fait le dos rond actuellement ?
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Tentons une hypothèse : à l'époque l'Etat avait prononcé le mot "taxe carbone". Or parler de fiscalité des carburants, c'est débattre de la part à la main de notre pays, pour laquelle il ne dépend évidemment que de nous de la monter... ou de la baisser.
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Actuellement, c'est la faute à "pas de chance". C'est pas de chance si Poutine a envahi l'Ukraine. C'est "pas de chance" si le prix de marché du baril monte fortement. Et on ne va quand même pas menacer la Russie ou l'Irak de l'arme nucléaire pour que ces pays augmentent leur production d'or noir !
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Il est facile de constater que nous acceptons souvent bien plus facilement les efforts déclenchés par "pas de chance" que ceux qui sont le résultat d'une démarche intentionnelle. Si les taxes sur les carburants augmentent, on ne nous enlèvera pas de la tête que notre président, qui devrait nous prendre sous son aile, prend un malin plaisir à nous rendre la vie plus difficile !
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Et pourtant, là où l'évolution actuelle est "pas de chance", c'est qu'elle est beaucoup plus dommageable pour la population que la taxe carbone envisagée à l'époque par le gouvernement.
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L'impôt est un recyclage national. Ce que nous payons en plus pour les carburants, l'Etat peut nous le rendre sous forme de travaux d'isolation, de pompes à chaleur, de subventions aux véhicules électriques ou de pistes cyclables.
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Quand le prix du baril monte, cela appauvrit la France (en augmentant le déficit commercial) et personne ne reverra cet argent pour aider le pays à s'organiser avec moins d'énergie fossile.
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Et le paradoxe de l'affaire est que c'est l'un ou l'autre. En effet, le pétrole étant épuisable (et le pic conventionnel passé), si nous ne provoquons pas la baisse de son usage par des mesures qui sont fatalement contraignantes pour quelqu'un, il y aura périodiquement des envolées de prix comme celle que nous vivons actuellement ou pire.
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Il y a donc décarboner et décarboner. La voie qui consiste à attendre que "y'en a plus" enrichit les producteurs et laissera la population au dépourvu. Celle qui consiste à agir demandera des efforts à plus court terme mais beaucoup moins "plus tard".
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Il reste une condition du succès essentielle : que le gouvernement sache faire la pédagogie du problème (pour le moment il ne comprend pas que l'Europe est en déclin subi sur le pétrole depuis 2007) et que toute mesure d'effort s'inscrive dans un plan d'ensemble perçu comme pertinent. Et là nous n'y sommes pas encore.
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date: '2023-02-03T12:00:16'
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li-id: 7027244366859530240
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title: CHANGE_ME 14
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Un médecin peut-il se contenter de poser le diagnostic sans recommander de traitement ? En matière de climat, c'est le mandat qui a été donné au GIEC : être "policy relevant but not policy prescriptive", c'est à dire décrire la situation, mais sans fournir de recommandation sur la voie à suivre.
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Quand on y réfléchit bien, ce n'est pas infondé : après tout, se restreindre maintenant pour préserver l'avenir n'est pas une décision scientifique mais un choix. Un médecin, pour reprendre le parallèle, peut dire au fumeur qu'il prend des risques, et les lui décrire par le menu, mais il ne peut pas physiquement le contraindre à s'arrêter (il y a 20 ans je m'étais amusé - enfin si l'on peut dire - à comparer plus largement effet de serre et tabac, car il me semble qu'il y a beaucoup de points communs, et à me relire je ne vois pas grand chose à changer : https://bit.ly/3YjUeL9 )
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Il y a par ailleurs des cas de figure où la réponse à la question initiale est oui, parce que même en médecine on change d'interlocuteur entre diagnostic et thérapie. Le radiologue qui vous fait passer l'IRM ne sera pas celui qui vous proposera un traitement derrière. La généraliste à qui vous dites que vous avez "mal au dos" n'est pas nécessairement celle qui vous recommandera la solution au problème.
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En matière de climat, cette difficulté est encore plus grande : le physicien ou la biologiste décrivant l'évolution du système terre sous l'effet d'émissions croissantes n'a pas, du seul fait de son métier, de compétences techniques particulières pour proposer la manière de modifier l'organisation humaine et matérielle qui en est à l'origine (même si les journalistes adorent faire du "tout en un" en demandant au scientifique cuisiné sur la situation ce qu'il faut faire à partir de là).
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La question de savoir si des scientifiques doivent ou non "descendre dans la rue" pour mieux se faire entendre dépend donc de l'effet recherché et du discours tenu.
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Si c'est pour militer pour que le diagnostic soit mieux connu, à ce moment le/la scientifique est légitime, mais en pratique ce n'est pas d'abord la puissance publique qui est visée, mais d'abord la presse, puisque c'est d'elle dont dépend le volume et la qualité de l'information diffusée sur le sujet et son lien avec l'organisation du monde.
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Qu'un(e) climatologue s'enchaîne aux grilles de l'Elysée ou à une centrale à charbon fera-t-il des media plus prolixes et performants sur le climat ? Une fois que l'information est connue, la décision qui en découle n'est plus un problème scientifique.
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Si ce militantisme a pour objet de faire adopter des mesures particulières (taxe carbone, investissements dans le train, ou isolation des bâtiments), alors la question doit être posée sans invoquer la qualité de scientifique : il s'agit de savoir, quel que soit le métier de la personne concernée, si bloquer un aéroport au nom du climat est plus ou moins immoral que de bloquer les trains au nom des retraites. Intéressante question !
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date: '2023-02-02T18:09:42'
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title: CHANGE_ME 15
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Les "influenceurs" ne sont généralement pas considérés comme des grands amis de la lutte contre le changement climatique. Promouvoir des chaussures, des téléphones, des séjours à l'étranger ou des cosmétiques, tout en sautant d'un avion à l'autre pour les prises de vues, c'est un peu compliqué à marier avec la sobriété.
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C'est après ce constat que Vinz Kanté a basculé de la promotion publicitaire au militantisme climat (avec la création de la chaine Limit : https://lnkd.in/eGdVN6Vw ). Mais il y a un prix à payer, au sens propre du terme : comme il le dit lui-même dans cette vidéo, cela s'est accompagné d'une très forte baisse de ses revenus.
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Il lui est récemment venu l'idée d'aller dialoguer avec des "collègues" de l'influence (qui l'accepteraient) comment ils et elles voyaient la question environnementale dans leur métier (et si ca leur causait ou pas des états d'âme).
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La première qui a accepté de se prêter au jeu s'appelle Jill (elle est belge, comme celui qui la passe sur le grill). Il en résulte un dialogue intéressant entre 2 militant(e)s à leur façon, l'un passé "dehors" (c'est à dire devenu un influenceur "dédié climat"), l'autre restée "dedans" (elle fait toujours le même métier, mais dit pouvoir ainsi parler à des gens pas convaincus).
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Une partie de l'échange tourne donc autour de cette question éternelle : pour changer le système, est-ce plus efficace d'être dedans ou dehors ? En fait c'est probablement un faux débat : il faut les deux. Depuis "dehors" on déstabilise (et sans déstabilisation personne ne cherche à changer) ; depuis "dedans" on construit (phase indispensable après la déstabilisation).
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La meilleure partie de la vidéo est à la fin, avec tout d'abord des statistiques (dont je ne sais pas si elles sont représentatives du métier) sur les diverses catégories de produits dont Jill a fait la promotion. En première approximation, la quasi-totalité de ce qui permet à cette influenceuse de gagner sa vie est constitué de produits ou services "pas durables" (sans que la définition en soit donnée, mais quand on regarde la décomposition par catégorie de produits on arrive assez facilement à cette conclusion).
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Puis vient le bilan carbone de la cobaye du jour : sans surprise, il est nettement supérieur à la moyenne, avion oblige, alors même que l'intéressée considérait avoir fait beaucoup de chemin en installant des panneaux PV sur le toit, en limitant la viande et en minimisant ses déplacements du quotidien en voiture.
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Cela illustre l'un des défis de la décarbonation : familiariser le grand public avec la notion d'empreinte carbone et de "contenu carbone" d'un produit ou service. Car là comme ailleurs il n'y a pas de progrès sans mesure !
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date: '2023-02-15T23:23:31'
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title: CHANGE_ME 2
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Après les ingénieurs et les gestionnaires, c'est au tour des futurs médecins de se faire former aux enjeux climatiques et environnementaux.
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D'ici à septembre 2023, toutes les facultés de médecine de France vont inclure dans leur enseignement un module intitulé "médecine et santé environnementale" pour fournir des bases sur les enjeux, mais aussi sur la manière de les aborder.
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Ce module est essentiellement constitué de vidéos dont la liste est accessible là : https://lnkd.in/dhmUtKmy
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Ma "partition" dans cet ensemble consiste à exposer l'apport de l'énergie - c'est à dire de notre costume d'Ironman - à l'augmentation de l'espérance de vie, au travers de l'alimentation, de la prophylaxie, de la fabrication des vaccins et médicaments, et plus récemment au fonctionnement de l'hôpital moderne.
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Le grand paradoxe, dans la santé, est que l'émergence des combustibles fossiles a globalement fortement allongé la durée de vie... tout en faisant naître une menace croissante sur le maintien de cette durée à l'avenir.
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Cette courte vidéo ne détaille pas du tout les futurs impacts possibles du changement climatique sur la santé. Elle porte uniquement sur le passé, pour faire comprendre en quoi l'énergie a joué un rôle central dans le fait que l'espérance de vie (en fait l'âge moyen du décès) soit passée d'un peu moins de 30 ans en 1800 à environ 80 aujourd'hui.
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Comment ne pas retourner à 30 ans dans un monde sobre en énergie ? C'est à ce défi que devront participer les médecins - et les autres professionnels de la santé - à l'avenir. Espérons que ce module leur donnera des clés de lecture utiles !
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NB : en farfouillant dans la liste vous y trouverez quelques "usual suspects" (Bourg, Bihouix, Keller, Gouyon, Selosse, Auzanneau...) sur des formats assez courts : il n'y a plus qu'à déguster !
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date: '2023-02-14T07:46:23'
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li-id: 7031166740847837185
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_la-s%C3%A9cheresse-pointe-sous-lanticyclone-activity-7031166740847837185-sdcK
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title: CHANGE_ME 3
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Il va falloir réviser le sens des mots en matière de météo. Quand on écoute le bulletin, "il fait beau", utilise un adjectif qui est généralement associé à quelque chose de positif : il est assez rare que l'on emploie "beau" pour une situation dont on ne voudrait pas !
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Malheureusement, "il fait beau", en hiver (et même en été !), peut désormais être associé à un certain nombre d'inconvénients dont on se passerait bien.
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Tout d'abord, s'il "fait beau" c'est qu'il ne pleut pas. Notre pays s'apprête à battre un record de durée de jours secs en hiver, avec plus de 3 semaines consécutives à moins de 1 mm de pluie par jour sur le pays : https://bit.ly/3RZ2pdK
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Cette sécheresse hivernale survient alors que les nappes phréatiques, au 1er janvier, étaient toujours à un niveau bien trop bas sur une large partie du pays : https://bit.ly/3E7IALE ("Plus des trois-quarts des nappes demeurent sous les normales mensuelles. Les niveaux sont nettement inférieurs à ceux de décembre 2021"). Rappelons que la recharge des nappes l'hiver c'est le confort - voire la survie - de la végétation l'été.
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Quand "il fait beau", c'est généralement que nous sommes en conditions anticycloniques, avec peu de vent, et donc la production éolienne est faible, ce qui est effectivement le cas en France en moyenne sur les dernières semaines : https://bit.ly/3lttNod
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La carte des contenus carbone des pays européens à l'instant où je tape ce post reflète cette faiblesse, avec des moyens fossiles qui sont utilisés de manière significative : https://lnkd.in/eRvA7w-a Deuxième conséquence de "il fait beau", donc : les émissions de CO2 augmentent, ainsi que les émissions de polluants associés à la production électrique fossile (oxydes d'azote et particules fines).
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Quand "il fait beau" en hiver, avec un ciel dégagé, il fait généralement aussi froid. Cela augmente d'autant la consommation électrique - une deuxième raison d'avoir des centrales à charbon qui fonctionnent plus - ainsi que le chauffage fossile ou au bois, qui émettent aussi des polluants. Avec l'air qui circule peu (puisqu'il y a un anticyclone), et les autres sources de particules (agriculture et transports), on se retrouve avec un épisode de pollution aux particules fines un peu prononcé : http://www2.prevair.org/ (choisir "Europe" et "PM 2.5" dans les menus déroulants pour avoir une vue d'ensemble de l'Europe pour les particules les plus dangereuses). Les parisiens peuvent jeter un coup d'oeil à https://airparif.asso.fr/
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Résumons : "Il fait beau" signifie donc une végétation qui va souffrir l'été prochain, une pollution (qui tue) et des émissions de CO2 en hausse. Si ces conséquences étaient rappelées à chaque bulletin météo, peut-être que cela nous motiverait un peu plus à décarboner rapidement notre économie, et à commencer à nous exciter un peu plus sérieusement sur la préparation au mieux à un climat qui va devenir plus hostile pour tout ce qui pousse.
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C'étaient les bonnes nouvelles du jour :)
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date: '2023-02-13T11:13:50'
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li-id: 7030856557022072832
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title: CHANGE_ME 4
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Ils pèseraient environ 1 milliard de tonnes, soit autant que la masse combinée des humains et de leurs animaux d'élevage. Qui ? Les arthropodes terrestres, que nous appelons plus communément les insectes : https://bit.ly/3XpnsYk (car les araignées et les mille-pattes ne sont pas des insectes, ces derniers ayant 6 pattes).
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Pourtant, leurs effectifs sont en baisse rapide. Ils le sont chez nous, mais aussi "ailleurs", comme par exemple en Asie : https://bit.ly/3Xto9j4
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Dans cette tribune parue dans Le Monde, Stephane Foucart, journaliste sciences, rappelle une fois de plus cet effondrement en cours, tout en soulignant que, à la différence du climat, nous n'avons pas de "phénomène extrême" qui survienne de temps à autres pour nous réveiller un peu (ce qui, même pour le climat, est hélas peu impactant, puisqu'aucun ouragan ou aucune sécheresse n'a pour le moment conduit à une baisse des émissions mondiales).
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La cause de cette baisse est connue : ce sont les substances que nous introduisons dans l'environnement précisément pour supprimer ces bestioles rampantes ou volantes. Depuis les débuts de l'agriculture, notre espèce fait tout ce qu'elle a pu pour partager le moins possible le résultat de cette activité avec d'autres espèces.
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Nous ne souhaitons pas que le champ prévu pour accueillir du blé ou des poireaux accueille aussi des "mauvaises herbes", qui captent une partie des nutriments et du soleil : c'est la raison de l'usage des herbicides, qui sont les premiers pesticides utilisés en tonnage en France.
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Nous ne souhaitons pas que les épis de maïs ou les cerises soient partagés avec des papillons ou des mouches : c'est la raison de l'usage des insecticides qui permettent d'avoir le produit des cultures "rien que pour nous".
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La conséquence n'est pas une surprise : les effectifs de ces insectes diminuent. La solution semble donc évidente, et sa contrepartie aussi : pour préserver les insectes, il faut utiliser moins d'insecticides... et accepter alors de laisser une petite partie de ce que nous cultivons à ces animaux, qui serviront eux-mêmes de nourriture aux oiseaux et à d'autres espèces animales.
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Cela fera fatalement baisser les rendements agricoles, et donc monter le prix de la nourriture. La bonne question est de savoir si nous échapperons de toute façon à une hausse de prix pour ce que nous mangeons. Car, sans insectes pollinisateurs, il y aura des baisses de rendement pour un certain nombre de productions, et sans insectes tout court probablement des "surprises" pour certains services écosystémiques dont nous bénéficions aujourd'hui.
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Il est à craindre que, pour la biodiversité plus encore que pour le climat, il n'y ait pas d'action à large échelle tant que nous ne serons pas "atteints dans notre chair", avec au surplus la capacité à faire le lien entre ce qui nous arrive et la véritable cause. Pour la biodiversité comme pour le climat, un de nos adversaires les plus redoutables est le sentiment que nous avons encore bien le temps.
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date: '2023-02-12T21:46:07'
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li-id: 7030653289532661760
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A quoi sert l'Autorité de Sûreté Nucléaire ? Si vous vous êtes posé la question un jour, cette vidéo est faite pour vous. Il s'agit de l'audition du patron de l'ASN dans le cadre des auditions de la "Commission d'enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d'indépendance énergétique de la France".
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En 3 heures de temps, sont passés en revue le mandat et le fonctionnement de cette instance, ses moyens, et l'articulation avec d'autres organismes impliqués dans la sûreté nucléaire (comme l'IRSN, qui vient par ailleurs de faire l'objet d'une annonce inattendue de rattachement partiel à l'ASN après cette audition : https://lnkd.in/eQV9WjJU).
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En 3 heures, il y a évidemment du temps pour aborder des questions un peu techniques, dont les suivantes :
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- est-ce le changement de cadre réglementaire en cours de route qui explique une partie du retard à Flamanville ?
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- pourquoi en France les installations doivent être conformes à l'état de l'art alors qu'aux USA il leur suffit d'être conformes à leurs spécifications d'origine ?
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- l'ASN met-elle en balance la sécurité d'approvisionnement avec la sûreté nucléaire ?
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- le niveau de sûreté des installations nucléaires françaises s'est-il dégradé parce que le parc est plus âgé ?
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- y a-t-il un risque à prolonger les centrales au-delà de 40 ans ?
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- y a-t-il un risque de pertes de compétences à utiliser des sous-traitants dans le nucléaire ?
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- le parc - actuel ou futur - intègre-t-il des mesures d'adaptation au changement climatique ?
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- l'EPR est-il un réacteur trop compliqué parce qu'il est franco-allemand ?
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- la filière est-elle suffisamment attractive pour disposer des compétences qui seront nécessaires pour mener un chantier ambitieux de "renouveau nucléaire" ?
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- le président de l'ASN voit-il sa responsabilité personnelle nécessairement engagée en cas d'accident nucléaire en France ? (cette question découlait d'une affirmation de Corinne Lepage soutenant que c'était le cas)
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Dans cette intervention le président de l'ASN fait part à plusieurs reprises d'une crainte forte : celle d'être mis dans la situation où il serait amené à choisir entre plonger le pays dans le noir et laisser fonctionner une installation qu'il aurait arrêtée "en temps normal". Cette situation se présentera, dit-il, si la politique énergétique se base sur des paris incertains ou un défaut d'anticipation qui amèneraient le pays à se retrouver sans marges. A bon entendeur...
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date: '2023-02-11T11:07:48'
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li-id: 7030130262550147072
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En route pour la géoingénierie ! Si nous avons un excès d'effet de serre (= un excès de rayonnement infrarouge en provenance de l'atmosphère), il suffit de diminuer un peu le rayonnement solaire reçu par la planète, et l'ensemble nous remet à la bonne température. C'est bête comme chou non ?
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Une idée pour y parvenir consiste à placer entre la terre et le soleil un objet suffisamment vaste, et légèrement opaque, qui va intercepter une partie du rayonnement solaire et ainsi contribuer à "refroidir la terre".
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La mécanique céleste nous indique en effet que, sur la ligne qui joint la terre au soleil, il existe un point - appelé point de Lagrange - où l'attraction de la terre et celle du soleil dont de même intensité. Si l'on peut y placer un objet, ce dernier y reste (il est "tiré de chaque côté" avec une force égale), et se met alors à orbiter autour du soleil à la même vitesse que la terre.
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Il y a donc périodiquement l'idée de placer à cet endroit de quoi rafraîchir notre planète : de grands miroirs, ou, récemment, un nuage de poussière réfléchissante (https://bit.ly/3RYkybW ). A partir du pouvoir réflexif des particules de poussière et de leur densité, les chercheurs ont calculé qu'avec 10 millions de tonnes de poussière on pourrait diminuer la puissance solaire d'un peu moins de 2%.
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La puissance solaire reçue au niveau du sol étant de 170 watts par m2 en moyenne (sur toute a surface et toute l'année), 2% en moins ca fait 3 watts par m2, soit à peu près le forçage actuellement du au supplément humain d'effet de serre. CQFD.
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Sauf que... 10 Mt représenterait 700 fois la masse combinée de tout ce que les humains ont envoyé dans l'espace depuis le début des fusées. Si ca fait trop depuis la Terre, partons de la Lune ! Car en plus sur notre satellite il y a de la poussière à volonté... Il n'y a qu'à y construire une base permanente, et y développer une industrie permettant de fabriquer fusées et carburant à partir de matériaux locaux et de rayonnement solaire (pour éviter d'amener sur la lune le poids des fusées+carburants depuis la terre, ce qui "ramènerait au problème précédent"). Une formalité :)
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Par ailleurs en arrivant au point de Lagrange les grains de poussière ont une énergie cinétique (la "vitesse" qui leur a permis de se déplacer depuis le point de lancement) et pas de pédale de frein : ils ne peuvent être "arrêtés" au bon endroit. Pire : si la position initiale d'un grain de poussière "arrêté" est éloignée d'un km du point de Lagrange, au bout d'un an il se sera éloigné à plus de 1000 km du point en question (c'est un équilibre metastable). Il faudrait donc réalimenter ce nuage en permanence.
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Qu'en déduire ? Que la conclusion évidente à tirer de ce papier est que cette solution ne sera jamais à l'échelle. C'est pourtant l'inverse que laissent penser quelques titres à sensation relevés ici ou là. Avis aux journalistes qui ont relayé ou veulent le faire : commencez par lire les petites lignes, comme avec les contrats d'assurance...
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date: '2023-02-10T18:02:56'
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li-id: 7029872348539314176
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_agriculture-et-climat-lurgence-de-sadapter-activity-7029872348539314176-51Dz
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title: CHANGE_ME 7
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2022 ne restera pas dans les mémoires des agriculteurs comme une année très sympathique. Au mieux les cultures n'ont pas souffert par rapport à 2021, et au pire elles ont connu une baisse de rendement, de l'ordre de 15% pour le maïs ou le soja.
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Mais c'est surtout sur l'herbe, qui fait l'objet de peu de systèmes irrigués, que la chute a été la plus forte : il y a eu un déficit de production des pâturages d'un tiers par rapport à la moyenne 1989 - 2018, ce qui a fortement baissé une partie de la production de fromage AOP (par exemple pas de Salers cet été).
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Cet article de Carbone 4 vous propose un petit tour d'horizon de l'année écoulée, complétée par une analyse prospective sur 4 départements du Sud-Ouest (Aveyron, Tarn, Tarn-et-Garonne et Lot).
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A cause de l'inertie de la dérive climatique (qui s'amplifie tant que les émissions mondiales nettes ne sont pas nulles), les situations adverses vont se multiplier, et il est plus que temps de réfléchir à ce que nous allons faire en face, surtout qu'à l'horizon de quelques décennies il va aussi y avoir un sujet sur la disponibilité de l'énergie fossile, qui est partout dans les cultures : pour fabriquer les engrais azotés, pour les amener dans les champs, pour faire avancer les tracteurs, pour faire avancer les camions à l'aval du champ, pour faire tourner le secteur agroalimentaire....
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L'agriculture est par ailleurs un système humainement inerte : les actifs y aiment les traditions (ce qui est une manière de dire qu'ils n'aiment pas le changement !), la rotation du capital y est lente, et enfin y faire venir du monde ne se fait pas en un claquement de doigts.
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Pour minimiser les dégâts, le maître mot, là comme ailleurs, est donc l'anticipation. Mais comment anticiper alors que nous avons bâti un système économique et réglementaire dont la première priorité est de tirer les prix vers le bas - ce qui prive le secteur de moyens d'investissement - sur la base de la compétition - qui raccourcit les horizons de temps - et pas du tout d'assurer la pérennité physique d'un système résilient ?
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Le secteur agricole n'est ni assez riche ni assez libre de ses mouvements pour décider en toute autonomie de moyens de "faire ce qu'il faut" pour rendre son activité la plus résiliente possible, tout en abaissant la pression environnementale (émissions de gaz à effet de serre, phytosanitaires) dont il est à l'origine. Rappelons qu'il ne bénéficie aujourd'hui que de 2% des revenus économiques du pays, ce qui est peu pour un secteur dont 100% des autres activités dépendent.
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Si nous voulons une agriculture à la fois plus résiliente face à l'amplification de la dérive climatique à venir et moins perturbatrice ce l'environnement, il y a un élément que nous allons difficilement pouvoir éviter : décider de payer la nourriture plus cher. Sinon c'est ce qui finira par arriver de toute façon, mais de manière moins bien organisée !
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date: '2023-02-09T21:51:40'
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title: CHANGE_ME 8
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La biodiversité est-elle résiliente ? Dit autrement, si l'on se met à "laisser en paix" un endroit qui était autrefois perturbé par les activités humaines, est-ce que la biodiversité revient au niveau qu'elle aurait eu si nous n'avions jamais touché à rien ?
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Cela n'est pas garanti, indique une étude parue dans Journal of Ecology (https://lnkd.in/e7G9q24e ), qui a examiné le nombre et l'abondance des espèces sur des parcelles de prairie situées aux USA et anciennement agricoles qui ont été laissées "à l'abandon" depuis 3 ans à presque un siècle.
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Sur aucune des parcelles les espèces n'étaient au niveau de ce que l'on trouvait sur des prairies identiques n'ayant jamais été exploités pour l'agriculture. Une soixantaine de plantes poussant sur les prairies "primaires" ne s'observaient sur aucune des parcelles de prairie "secondaire", même au bout de plusieurs décennies. En moyenne, un tiers des espèces manque à l'appel sur les parcelles ayant été cultivées par rapport à celles ne l'ayant jamais été.
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Pour beaucoup d'entre nous, il y a l'idée de réversibilité dans l'état des écosystèmes : si la pression qui a conduit à la baisse de la biodiversité est allégée ou supprimée, alors la biodiversité se rétablit pour l'essentiel. Cette étude montre que la réalité n'est pas si simple, et que la recolonisation d'un écosystème dégradé n'est pas nécessairement automatique.
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En outre cette étude a été menée avec une dérive climatique limitée : pour les espèces végétales qui avaient été supprimées par l'exploitation agricole, le climat d'aujourd'hui est encore relativement proche de celui qui existait au moment de la mise de la prairie en culture.
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Mais à l'avenir le climat existant au moment de l'arrêt de la pression sera de plus en plus différent de celui qui existait au moment du démarrage de la pression. La question de la réversibilité sera nécessairement encore plus posée dans ce contexte.
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Ce que suggère l'article dans sa partie finale est de donner un "coup de pouce" à la restauration de la biodiversité, par exemple en plantant des graines des espèces qui ont du mal à revenir spontanément.
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En somme, la proposition est de corriger la baisse de la biodiversité causée par l'agriculture par... une autre forme d'agriculture !
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date: '2023-02-08T18:24:06'
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title: CHANGE_ME 9
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L'automobiliste qui boucle sa ceinture s'attend-il à avoir un accident ? Le particulier qui paye sa prime d'assurance contre l'incendie s'attend-il à voir son domicile en proie aux flammes ? Le navigateur qui enfile son gilet de sauvetage à finir par-dessus bord ?
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Lorsque le coup du sort est possible, la prudence veut que l'on prenne ses précautions, pour parer des éventualités alors même que la personne qui est victime n'est pas en défaut sur son propre comportement (comme un conducteur saoul qui ne vous a pas vu ou un coup de foudre).
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Il en va de même pour le climat. Si l'évolution des conditions climatiques en France ne dépendait que des émissions françaises (une chose que pensait un ministre que j'ai rencontré dans le gouvernement Macron I, accessoirement), on pourrait considérer que de préparer le pays à une évolution climatique "incompatible accords de Paris" est une démission.
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Mais ce que sera le climat de la France en 2100 dépend avant tout de ce que vont émettre tous les autres pays que le nôtre d'ici à 2100. Avons nous de la prise dessus ? La réponse est oui pour partie : d'une part l'humain est animal mimétique (merci la mode pour nous le rappeler !), et d'autre part si nous trouvons des "solutions" chez nous nous pourrons ensuite les exporter.
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Mais nous avons au mieux un pouvoir d'influence et non un pouvoir absolu. La prudence veut donc que l'on ait un plan B si la baisse des émissions ne va pas assez vite dans le monde (et actuellement elle ne va pas assez vite...).
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En pratique, avoir ce plan B signifie "durcir" tout ce que nous pouvons durcir en France pour résister au mieux à des conditions climatiques qui dériveraient fortement par rapport au scénario "idéal" d'une hausse limitée à 1,5 °C dans le monde (ce qui signifie plus en France car les terres émergées se réchauffent plus vite que la moyenne).
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Ce n'est pas une fois que la situation est "cata" que nous aurons la possibilité d'avoir en une semaine une forêt constituée des bonnes espèces, des cultures résistant aux canicules ou hivers doux, des infrastructures et des voies de communication en état de fonctionner, ou encore des logements qui ne soient pas des fournaises.
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Le principe même de s'y prendre maintenant pour être "prêt" dans 50 ans, et d'utiliser d'un scénario très adverse est donc une bonne chose : cela s'appelle de la prudence.
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Pour passer à l'action, il va d'abord falloir modéliser pour chaque acteur les conséquences possibles de 4°C de réchauffement en France. Que risque un bailleur social ? Une installation industrielle ? Un pont ? Un réseau d'eau ? Un agriculteur ? Un réseau de communications ? Un hôpital ?
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Puis il faudra ensuite imaginer les moyens d'y répondre (et parfois le seul sera l'abandon...) et enfin les mettre en oeuvre.
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Tout cela demandera des moyens intellectuels puis matériels (et donc des sous). Sans obligation sérieuse de la puissance publique, il est peu probable qu'ils arrivent tous seuls à la bonne vitesse !
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