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title: CHANGE_ME 100
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Frank Elderson, membre du comité exécutif de la Banque Centrale Européenne, utilise le blog de la BCE pour dire aux banques de la zone euro qu'elles ne tiennent pas assez compte des sujets climatiques et environnementaux dans la conduite de leurs affaires "ordinaires" : https://bit.ly/3NunD0U . Sa conclusion repose sur l'examen de 186 banques supervisées par la BCE, avec un total de bilan cumulé de 25.000 milliards d'euros.
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L'auteur considère que les banques ne sont pas encore "en mesure d'identifier, d'évaluer, de contrôler et d'atténuer les risques inévitables découlant des crises climatiques et environnementales". Plus précisément, trois points sont l'objet de faiblesses importantes :
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- la méthode : 96% des banques auditées ne savent pas identifier correctement les risques liés au climat et à l'environnement dans leurs actifs. En particulier, elles ne collectent pas de données granulaires sur les contreparties et les actifs qui permettraient de faire des analyses fines sur les risques. Le dirigeant de la BCE fait aussi remarquer que le concept de "net zero en 2050" est souvent avancé sans définition claire de ce que cela recouvre, et sans définition d'objectifs intermédiaires indispensables pour l'action.
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- un écart entre discours et actes : alors que les documents de référence des banques évoquent abondamment le climat, dans la pratique les sources de revenus des banques sont aujourd'hui à peu près les mêmes "qu'avant". Lorsque des initiatives sont prises pour les clients les plus "intensifs en carbone", il n'est pas expliqué en quoi cela préfigure une action plus systémique pour rendre la banque globalement compatible avec une économie qui se décarbone rapidement
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- enfin des politiques annoncées mais non mises en oeuvre en pratique, y compris en ignorant des avertissements d'experts internes dans un certain nombre de cas.
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Les bons points - car il y en a quand même - vont aux banques qui intègrent les risques physiques et de transition dans la couverture en capital de leurs engagements en fonction des "caractéristiques climat" de ces derniers.
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Dans les recommandations du régulateur, il y a notamment :
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- l'utilisation d'outils pour planifier la transition, avec la fixation d'objectifs intermédiaires.
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- la collecte large d'informations, pour calculer des risques de manière granulaire
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- l'intégration des risques de transition et physique de long terme dans l'évaluation des besoins en capitaux (argh ! le mot qui fâche une banque est lâché :) ).
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- la gestion des risques liés à la perte de biodiversité
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L'article se termine en disant que, en 2024, toutes les banques devront être "alignées avec les les exigences du régulateur". L'auteur ne dit pas ce que la BCE fera si cet objectif n'est pas atteint, mais la manière classique de gérer un risque considéré comme élevé dans le monde bancaire est d'exiger une couverture élevée en fonds propre pour les engagements concernés. La question est posée de savoir si c'est cela que la BCE a en tête.
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date: '2022-11-02T10:33:01'
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li-id: 6993520338269569024
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title: CHANGE_ME 101
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Nous sommes ici... sur un réseau social. Et une des caractéristiques de ce réseau est que chacun va trouver sur son "fil" d'actualité des informations qui, pour l'essentiel, sont en accord avec sa vision du monde et non l'inverse.
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Il m'est assez facile de le constater pour mes propres publications : les réactions sont toujours très majoritairement positives (ou les commentaires négatifs toujours très minoritaires, ce qui revient au même). Il y a certes quelques exceptions, par exemple sur les publications des personnages politiques, où les commentaires négatifs peuvent être dominants, mais c'est parce que... nous trouvons agréable de lire les publications de ces auteurs pour pouvoir les critiquer ensuite !
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Pourquoi est-ce que, sur tout réseau, nous avons essentiellement des informations qui nous maintiennent dans notre zone de confort ? Parce que ces réseaux sociaux sont structurés par des algorithmes qui vont analyser nos réactions (temps de lecture, "like", etc), en déduire ce qui nous plait, et de là nous proposer le plus possible la même chose.
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Car le métier de ces réseaux n'est pas de nous informer : il est de proposer du "temps de cerveau disponible" à leurs vrais clients, ceux qui payent, qui sont les annonceurs (dont les utilisateurs de comptes premium ici sont une variante).
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De cette observation est né le livre d'Arthur Grimonpont dont j'ai accepté de faire la préface. Ce n'est pas à cause de mes souvenirs d'algorithmique (j'en ai fait un peu quand j'étais jeune !) que l'on m'a demandé cette contribution !
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Par contre, s'informer sur la question des limites planétaires - qui concernent tout le monde, que cela nous plaise ou pas - n'est pas spécialement une opération qui nous maintient dans notre zone de confort. Et la place désormais occupée par les réseaux sociaux - quelques sociétés seulement qui "informent" quotidiennement des milliards d'individus - fait de ces entités des acteurs dominants dans la diffusion de l'information désormais.
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Du coup, comment marier leur intérêt - ne pas nous faire fuir - et l'accès de l'essentiel de la population à une information qui, lorsqu'elle est factuelle, n'est pas spécialement agréable ? (ce qui explique pourquoi les fake news se propagent plus vite : elles nous laissent dans notre zone de confort...). C'est toute la question de l'ouvrage.
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Normalement cette préface n'est disponible que pour les personnes qui voudront bien acheter cet ouvrage fort onéreux (22 euros !). Mais j'espère que ni l'éditeur ni l'auteur ne m'en voudront de la rendre publique pour au contraire inciter à lire le reste, qui décortique par le menu le mécanisme effleuré dans ce post.
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L'ambition - salutaire - de l'auteur est évidemment de nous amener à prendre du recul vis-à-vis de ces plates-formes. Le "principe de précaution" porte ici un double nom : la curiosité, et la compréhension des mécanismes d'élaboration de l'information.
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date: '2022-11-01T10:19:59'
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li-id: 6993154668814069760
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title: CHANGE_ME 102
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Dans moins d'une semaine démarrera la 27ème COP (pour Convention Of the Parties : party = pays ayant ratifié la Convention Climat des Nations Unies) de la Convention Climat.
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Mais une autre "COP" aura également lieu en décembre à Montréal : la 15ème de la "Convention sur la Diversité Biologique" (https://www.cbd.int/ ), également régie par les Nations Unies, et également signée en 1992 au Sommet de la Terre à Rio (comme la Convention Climat).
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En vue de cette COP, plus de 300 entités du monde économique ont demandé aux gouvernements de rendre obligatoire, pour les entreprises "importantes et multinationales", et pour les institutions financières, l'évaluation et la publication de leurs impacts sur la biodiversité, et dépendances à cette dernière, et ce d'ici 2030.
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Les signataires affirment par ailleurs que :
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"Nous jouons notre rôle, en prenant des mesures telles que :
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- L'évaluation de nos impacts et de nos dépendances vis-à-vis de la nature
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- la divulgation de nos informations importantes sur la nature
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- l'engagement public d'éviter et de réduire nos impacts négatifs (...)
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- la transformation de nos stratégies et modèles d'entreprise pour restaurer et régénérer la nature (...)."
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Que penser de cette initiative ? Poudre aux yeux, ou début d'une révolution ? La réponse est probablement exactement la même que pour le climat : un peu de tout ca !
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Au sein de 300 signatures, on trouvera quelques entreprises extrêmement engagées, capables de renoncer à du chiffre d'affaires de manière très significative au nom de leurs convictions, c'est à dire capables de faire passer la biodiversité avant les euros.
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Mais on trouvera aussi du cynisme absolu d'entités se disant qu'elles seront capables de faire illusion sans rien changer, en passant par toutes celles qui n'ont juste rien compris, et qui se disent que de toute façon 2030 c'est plus loin que le probable mandat du PDG en place.
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Et puis le Diable sera dans les détails. En matière de climat il est facile de donner le change sans modifier significativement l'activité. Il suffit de postuler des améliorations venues d'ailleurs dont on bénéficiera, de fixer des objectifs relatifs (qui se sont toujours améliorés pour des raisons strictement économiques) et non absolus, de choisir un périmètre restreint qui ne couvre pas tous les liens de dépendance ou d'impact, d'utiliser des termes sans contenu normatif ("responsable", "vert", "durable", etc), bref le passé récent a offert un florilège de possibilités en la matière.
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De même, les obligations imposées par les états peuvent être réelles mais sans impact (et j'ai vu N fois des entreprises militer pour que ce soit le cas) : publication d'informations partielles, ou non pertinentes, ou avec des sanctions non dissuasives en cas de défaut, etc...
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Pour la biodiversité comme pour le climat, la vraie révolution est d'accepter que les états diminuent délibérément une large partie des business existants. Est-ce vraiment la volonté des signataires de ce texte ?
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date: '2022-11-30T10:50:59'
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li-id: 7003671719844446208
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title: CHANGE_ME 73
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Quand on prononce l'expression "énergie renouvelable", nombre d'entre nous vont inconsciemment remplacer "énergie" par "électricité", et, aidés en cela par l'image d'Epinal du panneau solaire et de l'éolienne, au sein de l'électricité on ne pense pas souvent aux barrages, pourtant la première source d'électricité renouvelable dans le monde (16% du total vs environ 7% pour l'éolien et 4% pour le solaire) et en France.
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Mais dans l'énergie il n'y a pas que l'électricité. Carbone 4 vous propose une publication de 50 pages sur la chaleur, et plus précisément la chaleur renouvelable, qui, de fait, a reçu considérablement moins d'attention et de moyens de la part de la puissance publique que l'électricité ces dernières décennies, alors que la chaleur est bien plus fossile que l'électricité dans notre pays. D'où la question posée dans le titre : n'avons nous pas "oublié" l'essentiel, sachant que la chaleur c'est 45% des usages énergétiques finaux en France (l'électricité c'est environ 20%).
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Pompes à chaleur aérothermiques ou géothermiques, pour le chauffage (chaleur basse température) ou l'industrie (chaleur haute température), bois, solaire thermique, biogaz... : l'équipe de Carbone 4 a passé en revue les diverses sources éligibles, leurs usages possibles, les potentiels, et les couts.
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Comme dans l'électricité, toutes les sources de chaleur renouvelable ne se valent pas : pas les mêmes gisements, pas les mêmes efficacités, pas les mêmes couts de mise en oeuvre et couts à tonne de CO2 évitée. Comme pour l'électricité, certaines sources sont bénéfiques pour le CO2 mais pas sans contreparties sur d'autres impacts : c'est notamment le cas pour la biomasse et la biodiversité.
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2 applications sont largement sous-développées (au sens premier du terme : pas assez développées) en France : le solaire thermique et la géothermie (incluant les pompes à chaleur).
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En conclusion "La décarbonation de la chaleur en France ne suit pas une trajectoire qui permettrait d’atteindre les objectifs fixés dans la loi pour respecter une neutralité carbone à horizon 2050". Avant de savoir quoi faire pour que cette conclusion soit un peu moins valable, cette publication vous permet de comprendre de quelle situation nous partons (et en plus c'est gratuit, c'est pas beau ça ?)
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date: '2022-11-29T07:38:54'
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li-id: 7003260990230274048
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title: CHANGE_ME 74
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La COP 27 s'est achevée il y a peu. Il est trop tôt pour savoir si cette COP aura contribué, comme la COP 26, à polariser l'opinion de manière plus prononcée qu'avant (un article en libre accès dans Nature montre que la COP 26 a conduit la twittosphère à se polariser bien plus qu'avant, avec un camp "d'anti", largement pioché dans les milieux très conservateurs, qui monte en puissance : https://lnkd.in/eVRJBvhn ).
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Par contre il est toujours temps de faire un bilan de l'évolution des émissions depuis la signature de la Convention Climat, au Sommet de la Terre en 1992. C'est en effet dans le cadre de cette Convention que se tiennent des rencontres annuelles depuis 1995, appelées COP (Convention Of the Parties), qui donnent lieu à de nombreux commentaires sur le fait qu'elles aient été un succès ou un échec.
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Le bilan que je vous propose est tout simplement la variation des émissions planétaires de gaz à effet de serre entre 1992 et 2021 (graphique ci-dessous). Pour chaque gaz, et chaque source principale pour le CO2, j'ai regardé de combien avaient varié les émissions de 1992 quand on les regarde aujourd'hui. Par exemple, les émissions de CO2 issu du charbon étaient en 2021 75% plus élevé qu'en 1992.
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Pour l'ensemble du CO2 les émissions ont augmenté d'environ 60% en 29 ans, et ainsi de suite.
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Dans l'ensemble des énergies fossiles, c'est aujourd'hui le charbon qui engendre les émissions les plus fortes, mais c'est le gaz qui a connu la plus forte augmentation sur la période.
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"Lime calcination" désigne en français la calcination du calcaire, c'est à dire la réaction qui a lieu dans les fours à ciment (chauffés à plus de 1000 °C), où la molécule de calcaire - CaCO3 - est décomposée en chaux vive - CaO - et du CO2, ce dernier partant dans l'air. la chaux vive se combine avec d'autres minéraux (marne et argile) pour former le clinker qui, broyé, donnera le composant principal du ciment. Il se produit annuellement environ 4 milliards de tonnes de ciment dans le monde, conduisant à l'émission d'environ 2,5 milliards de tonnes de CO2.
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Le méthane a augmenté de 25% sur la période et les autres gaz (protoxyde d'azote et gaz halogénés) d'environ 50% Aucun n'a baissé.
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En regardant ce tableau il est évident que d'avoir signé la Convention Climat n'a pour l'heure pas suffit à inverser la tendance. On peut au moins en déduire une conclusion simple : compter essentiellement sur ces réunions pour régler le problème "à notre place" est une illusion. Si nous voulons que les valeurs de ce graphique deviennent négatives (ce qui est l'objectif) il faudra prendre le taureau par les cornes dans chaque pays pris individuellement.
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En Europe, comme de toute façon la décrue d'approvisionnement en combustibles fossiles était amorcée avant Poutine, la direction n'est pas négociable. Seules les modalités de la pédagogie du problème et les modalités de gestion de la baisse le sont.
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Données diverses et compilation de votre serviteur.
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date: '2022-11-28T07:45:51'
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title: CHANGE_ME 75
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Un sondage effectué pour Les Echos sur la politique énergétique du gouvernement est publié dans ce journal (électronique ; on devrait plutôt dire "publié sur cet écran !).
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Il fait apparaître quelques enseignements intéressants :
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- aucune des questions reproduites dans l'article ne contient les mots "pétrole" ou "gaz". Les questions portent quasi-exclusivement sur l'électricité (un travers classique des débats sur l'énergie). Il y a une question sur l'indépendance énergétique qui peut éventuellement s'interpréter en pensant pétrole, mais c'est tout.
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- ensuite les réponses sont parfois gentiment contradictoires les unes avec les autres (ce que fait remarquer l'article), parce que la réponse est souvent dans la question avec cette manière de procéder. Les anglais posent souvent des questions comportant leurs propres contreparties (par exemple "sachant que d'avoir au moins y% d'éolien demandera qu'à un moment il y ait une éolienne de plus de z m de haut à moins de x km de chez vous si vous habitez dans une agglomération de moins de N habitants, êtes vous favorable à ce développement ?"
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- nonobstant ce qui précède on découvre (avec étonnement pour moi parce que c'est probablement un revirement récent) que la construction de nouvelles centrales nucléaires est vue plus favorablement que la construction de nouvelles éoliennes.
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- la stratégie du gouvernement est considérée comme "pas claire" sur l'énergie (en fait l'électricité, donc). Mais il est impossible de savoir au vu de ce seul sondage si cela résulte du fait que le gouvernement est considéré comme "pas clair" quoi qu'il fasse (ce qui est possible voire probable si le pouvoir en place a été "mal élu"), ou bien si l'énergie - l'électricité donc - est "nettement moins claire" que le reste. Dans ce dernier cas il y a à nouveau deux possibilités : que ce soit le résultat logique de revirements (sur le nucléaire par exemple), ou un jugement qui cache en fait le désarroi face à la valse actuelle des prix (la question n'est pas posée).
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Savoir ce que pensent nos concitoyens est essentiel en démocratie. Mais pour avoir une matière suffisamment détaillée pour en tirer des conclusions pour l'action (l'action pouvant inclure la pédagogie du problème quand il est manifeste que ce dernier n'est pas bien appréhendé), il faut aller au delà des questions "trop simples" des sondages, qui donnent souvent une information incomplète - et parfois incohérente - sur la hiérarchie des préférences quand on ne peut pas tout avoir. La première conclusion que je tire de la lecture des résultats est qu'il faut en savoir plus !
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Nous n'aurons pas deux essais pour bâtir un système décarboné et durable au 21è siècle. Pour se donner les meilleures chances d'y parvenir, il faut comprendre à la fois les barrières physiques et les préférences et barrières sociales. Les sondages ne servent à rien pour les premières, et pour les secondes il doivent impérativement être complétés par des analyses plus détaillées.
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date: '2022-11-27T21:47:12'
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title: CHANGE_ME 76
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Imaginons que vous veniez de terminer des études supérieures en vue d'avoir une activité dans le monde financier ou dans une fonction commerciale. Imaginons que, pendant vos études, vous ayez par ailleurs réalisé que vous ne souhaitiez pas vendre ou financer des voitures à essence, des mètres carrés de centres commerciaux, de l'imperméabilisation des sols, des vêtements qui seront portés 3 fois, des aliments ou boissons avec plein de sucre, des engins digitaux alimentant la course aux débits, et j'en passe.
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Il se pourrait alors que cette annonce de Carbon 4 Finance vous intéresse : nous cherchons un(e) "junior sales" (en bon français dans le texte !), qui idéalement connaisse à la fois la finance et les questions environnementales, pour renforcer notre équipe commerciale.
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Tous les détails dans l'annonce ci-dessous !
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date: '2022-11-27T12:00:07'
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title: CHANGE_ME 77
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Dans un rapport qui vient d'être publié par l'Agence Européenne de l'Environnement (qui est une des instances officielles de l'Union européenne), figure un chiffre un peu impressionnant : la pollution aux particules fines (en particulier aux particules les plus fines, sous 2,5 microns) a engendré en 2020 plus de 200.000 morts prématurés au sein des 27 pays membres, ou encore des millions d'années de vie perdues.
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Cette pollution engendre aussi de la morbidité chronique (affections bronchiques et pulmonaires notamment) qui peuvent conduire à des invalidités partielles. Ce sont les pays de l'Est qui payent le plus lourd tribut à cette pollution en nombre de vies perdues pour 100.000 habitants.
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La pollution aux oxydes d'azote (qui vient de toute source de combustion) engendre elle aussi des morts prématuré ainsi que du diabète, et l'ozone des problèmes respiratoires et aussi des morts prématurés.
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90% de la population urbaine européenne est ainsi exposée à des niveaux de pollution qui excèdent les seuils recommandés par l'OMS. Les particules les plus fines viennent surtout de la combustion des énergies fossiles : transports (qui sont aussi la première source d'oxydes d'azote), chaudières de bâtiments, et électricité faite au gaz et au charbon (une centrale à charbon en rejette des dizaines de tonnes par milliard de kWh produit).
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Diminuer la quantité d'énergies fossiles que nous utilisons a donc aussi un bénéfice sanitaire. En fait il est même double : passer à plus de modes actifs dans les transports (marcher ou pédaler) évite à la fois des émissions de CO2 et de polluants locaux, et évite de la sédentarité, qui est aussi un facteur important de baisse de la condition sanitaire.
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L'équation n'est évidemment pas si simple, parce que, comparé à il y a un siècle, l'énergie abondante est aussi ce qui nous a amené la suffisance alimentaire (production accrue de nourriture et moyens de stockage et de transport performants), la protection contre les éléments (froid notamment), et la prophylaxie (eau potable, détergents et désinfectants). Mais il est tout à fait possible de bouger progressivement le curseur pour conserver ces acquis tout en décarbonant fortement notre mode de vie.
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title: CHANGE_ME 78
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Il y a fort fort longtemps, la gestion du risque se faisait en ne comptant que sur ses propres forces et une solidarité "de proximité". Le paysan normand du Moyen Age qui avait de mauvaises récoltes ne pouvait guère compter sur le provençal ou le lorrain pour le sortir de ce mauvais pas. Le portugais qiu a vu sa maison détruire par le séisme de Lisbonne en 1755 ne pouvait pas vraiment compter sur le ch'ti ou même le basque pour l'aider à reconstruire plus vite.
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Nous vivons aujourd'hui dans un monde où il en va tout autrement. Tout d'abord, grâce à l'énergie abondante, la réparation après dommage est bien plus facile. Notre maison est reconstruite par des cimenteries, des camions, des grues et des aciéries (donc de l'énergie) ; les récoltes insuffisantes ici sont compensées par des cultures excédentaires "ailleurs" qui sont elles-mêmes produites et acheminées grâce à des usines d'engrais, tracteurs, camions, entrepôts et j'en passe (de l'énergie à nouveau).
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La mise à disposition des victimes des ressources physiques permettent de reconstruire ou compenser est par ailleurs effectuée par la mise en commun de moyens économiques, par le biais de l'assurance.
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Deux évolutions vont venir contrarier ce mécanismes à l'avenir :
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- le premier, largement évoqué dans cette interview du DG de Groupama dans Les Echos, est l'augmentation des sinistres que l'évolution climatique va engendrer : récoltes plus souvent atteintes, patrimoine bâti plus souvent dégradé (voir à ce propos https://bit.ly/3OH6C4f qui rappelle que la sécheresse cause d'importants dommages par rétractation gonflement des argiles)
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- le second, non évoqué, est que notre capacité à reconstruire va s'affaiblir, puisque la décrue énergétique va fatalement diminuer aussi la quantité d'acier, de ciment, de camions et de grues dont nous pourrons disposer.
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La traduction économique de cette double évolution n'est pas difficile à deviner, et c'est exactement celle évoquée dans cette interview : des primes plus élevées (il va donc y avoir aussi de l'inflation "réelle" - rapportée au revenu en clair - dans l'assurance, comme en fait partout dès lors que les ressources physiques baissent ; c'est mécanique) et des dommages moins bien couverts (l'interviewé parle d'exclusion croissante de certains biens de l'assurance dommage des habitations par exemple).
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Dans un monde structurellement inflationniste par rapport aux revenus réels, nous allons devoir renoncer. Il est probablement plus facile de renoncer à la 5G pour regarder Netflix dans le métro, à la construction de stades climatisés pour jouer au foot, ou au Black Friday pour avoir un vêtement en plus, que de renoncer à garder un toit en cas de coup dur ou avoir de quoi manger si le climat est adverse.
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En tout état de cause, cette interview rappelle - même si ce n'est pas sympathique - qu'à ne vouloir rien abandonner nous prenons le risque de perdre beaucoup plus.
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date: '2022-11-25T18:57:01'
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title: CHANGE_ME 79
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Cela fait maintenant 2 mois que c'est l'automne. Normalement c'est la saison des feuilles mortes, et surtout l'époque d'un temps nettement plus humide que ne l'a été la période estivale.
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Mais en Espagne il y a eu un déficit de précipitations d'environ 25% depuis le 1er septembre, rapporte Courrier International. En conséquence, les réserves d'eau sont bien plus vides que celles de gaz, et notre voisin va devoir imposer des restrictions sur l'usage de l'eau alors que nous devrions ne plus avoir de tels problèmes à cette époque.
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La France n'est pas non plus épargnée en totalité : il y a encore de nombreuses régions en France qui sont toujours en niveau "crise" pour l'approvisionnement en eau : https://lnkd.in/gG9eZM8
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Rappelons, même si ce n'est pas drôle, qu'il est prévu que la dérive climatique entraîne une baisse des précipitations sur toute la partie sud de l'Europe, Espagne et France comprises. Cela va mettre sous pression la production agricole, les écosystèmes, la production hydroélectrique, et les infrastructures, puisque la sécheresse favorise la rétractation-gonflement des argiles, qui peut fortement dégrader une bonne partie des bâtiments et voies de communication construits récemment (https://lnkd.in/ee_AXXbQ ).
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Il n'est donc toujours pas temps d'utiliser l'expression "beau temps" quand il fait soleil. Il faudrait attendre la disparition de la totalité des restrictions d'usage de l'eau en France et en Espagne !
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date: '2022-11-24T13:52:35'
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title: CHANGE_ME 80
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Le "Vendredi noir" commence demain (et est devenu un week-end noir en pratique, même s'il n'est pas question d'accidents de la route). Cette fête commerciale venue tout droit des USA après Halloween ("where else" pourrait demander un acteur célèbre) est une incitation de plus à se ruer dans les magasins puis sur son compte en banque pour acheter à moitié prix des choses sans lesquelles nous allons nécessairement nous trouver très mal.
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Cette journée de promotion augmente de manière très forte les ventes en ligne, qui elles-mêmes augmentent de manière forte le fret aérien - le plus polluant de tous - ainsi que la livraison du dernier kilomètre, bien plus souvent faite en camionnette qu'en vélo électrique.
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C'est une des conséquences du fait que les objets promus sont rarement fabriqués en France, qu'il s'agisse d'électroménager, de vêtements, ou encore d'électronique. Sur ce dernier poste, du reste, cette journée vient se combiner avec la coupe du monde, qui, dans le passé, a été un gros accélérateur de la vente de télévisions à grand écran (pour mieux voir les matchs), des objets eux-mêmes très énergivores à la fabrication.
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Un petit clic sur un site de vente en ligne sera donc une petite claque pour le climat, puisque les objets commandés n'arrivent pas par pigeon voyageur, ne sont pas fabriqués uniquement en rotin dans le village d'à-coté, et poussent à la hausse la fabrication d'emballages... et les déchets qui vont avec.
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Une autre conséquence de la fabrication "lointaine" des objets sur lesquels nous allons nous ruer est que leur consommation accrue déséquilibre la balance commerciale (puisque quasiment tout est importé).
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Cette incitation à faire un peu plus les cigales ne va donc pas vraiment dans la bonne direction côté climat, comme le rappelle cet article publié sur le site de Carbone 4, et n'est pas vraiment raccord avec la sobriété tant vantée par le gouvernement (mais nous ne sommes pas à une contradiction près).
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Plutôt que de singer les américains, nous devrions faire un Vendredi vert, avec des promotions sur les vélos (qu'il faut fabriquer plus en France, composants inclus), les isolants pour les murs, les pompes à chaleur et la reprise des cols de chemise élimés !
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date: '2022-11-23T21:47:39'
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title: CHANGE_ME 81
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Si dans une interview vous lisez les propos suivants :
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- qu'il faut faire passer la décarbonation avant la croissance en volume dans l'aérien
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- qu'il est déraisonnable de multiplier les vols long-courriers pour un week-end ou quelques jours de vacances
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- que si les gens ne sont pas raisonnables il finira par y avoir des quotas de vols par an et par personne
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à qui aurez vous envie de les attribuer ?
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Une première réponse "intuitive" ne sera probablement pas l'auteur effectif de ces propos, à savoir... le patron d'Aéroports de Paris. Et pourtant c'est très exactement ce qui est contenu dans cette interview parue dans Les Echos.
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Certes l'auteur des propos ajoute qu'il n'est pas favorable à de tels quotas, et qu'il ne souhaite pas que l'on prive les français de la possibilité de découvrir le monde grâce à l'avion. Mais il n'empêche : cet appel à la modération est une première dans le secteur aérien en France, où la règle jusqu'à maintenant était plutôt que la technique allait se charger de régler la question carbonique pendant que le trafic poursuivrait sa croissance, et qu'il était hors de question d'entraver cette dernière volontairement.
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La situation actuelle n'est pourtant pas durable. L'aviation consommait environ 8% du pétrole mondial avant covid. Si on transformait en agrocarburants la totalité des 4 premières cultures mondiales (blé - maïs - riz - soja) cela ferait "juste" 25% du pétrole mondial : il est dès lors difficile d'imaginer que l'on va massivement se priver de cultures végétales (au surplus dans un monde où les rendements vont être attaqués par le réchauffement climatique) pour avoir simplement le plaisir de passer d'un continent à l'autre pour aller à l'hôtel.
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Certes si on dévie massivement des cultures pour alimenter des avions plutôt que des estomacs ce ne seront pas les mêmes qui profiteront des voyages et qui auront faim, mais quand même.
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Si l'on parle d'hydrogène, pour servir en carburant les avions décollant de France il faudrait y consacrer un petit quart de la production électrique française : là aussi je pense que toute personne un peu sensée ne prendra pas le pari sur ses propres économies que l'on va y arriver bientôt.
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Donc oui, dans un monde sans carbone et donc sans pétrole il y aura beaucoup moins d'avions qu'aujourd'hui. Se préparer à la décrue dans ce domaine n'est surement pas l'option la plus confortable intellectuellement à court terme, mais à un horizon plus lointain c'est néanmoins la meilleure.
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date: '2022-11-22T08:08:31'
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li-id: 7000731729195888642
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title: CHANGE_ME 82
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Si cette information rapportée par Le Monde est exacte, la Fédération Internationale de Football (FIFA) a des progrès à faire en matière de compréhension de la science du climat.
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De Google à Microsoft, en passant par le transport aérien ou... La Poste, de nombreuses entreprises ou organisations ont affirmé pouvoir réduire leur impact sur le climat à zéro par le biais de la "compensation". La technique est en apparence simple et de bon gout : on compte les émissions associées à l'organisation (idéalement en les limitant au plus petit périmètre possible), puis on achète des "crédits carbone" qui sont censés correspondre à des émissions évitées (ou du carbone séquestré par reforestation) ailleurs, et le tour est joué : plus et moins ca fait zéro.
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Sauf que... pour les raisons expliquées en résumé sur https://lnkd.in/dGTt6Zs , cette approche n'a pas de fondement scientifique. Elle donne donc au final l'illusion que l'activité considérée peut continuer comme aujourd'hui dans un monde neutre en carbone, alors que c'est l'exact inverse qui est vrai : dans un tel monde, la quasi-totalité des organisations ou entreprises ne peuvent garder les mêmes clients, pour leur vendre la même chose, fabriquée ou mise à disposition de la même manière.
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Par ailleurs la comptabilité même des crédits carbone est très discutable : elle ne tient pas compte du moment effectif d'évitement (maintenant ou beaucoup plus tard), et attribue à l'acheteur du crédit la totalité des émissions évitées par un projet alors même que l'acheteur ne finance qu'une partie de ce qui permet cet évitement.
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La FIFA nous raconte donc des salades en considérant que, dans un monde sans émissions du tout, elle pourra continuer à organiser des manifestations demandant 1 million de touristes aéroportés, se rendant dans un stade climatisé, l'ensemble étant financé par des recettes publicitaires de vendeurs de tout un tas de trucs qui ne pourront plus fabriquer une large partie de leurs produits.
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Cette affirmation de "neutralité" est - c'est de circonstance - se mettre la tête dans le sable, parce que à l'évidence dans un monde sans émissions les manifestations sportives "planétaires" seront plus rares et plus modestes.
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Et, pour parler de neutralité, la bonne approche est de compter séparément sa contribution aux puits et ses émissions induites, et de se demander ce qui passe toujours dans un monde où les émissions globales baissent de 5% par an. Le bagage méthodologique existe pour cela (voir https://lnkd.in/db7JzB2q ), mais s'y lancer demande évidemment plus de courage que de faire un communiqué de presse sans fondement !
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date: '2022-11-21T15:10:05'
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title: CHANGE_ME 83
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Les Echos sont tombés dans le panneau... publicitaire de certains élus locaux. Un certain nombre de communes revendiquent désormais une "autonomie énergétique". Cette expression véhicule explicitement l'idée qu'un territoire pourrait se replier sur lui-même, et vivre à l'avenir en ne comptant que sur ses propres forces. Fini la dépendance aux autres, et en route vers le paradis !
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Malheureusement, cette expression relève d'une illusion d'optique. Tout d'abord, même en se limitant aux consommations directes des ménages (sans parler des entreprises, généralement non prises en compte), l'énergie considérée est le plus souvent (voire quasiment toujours ) limitée à l'électricité, le gaz étant parfois (mais rarement) inclus. C'est oublier un peu vite que la première énergie finale consommée en France c'est le pétrole. Et les puits de pétrole sont rares en France !
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Même les communes qui produiraient des cultures pour agrocarburants ne peuvent utiliser ces derniers purs : il n'existe pas de moteur de voiture à l'éthanol ou à l'huile de colza en France.
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Ensuite une large partie de l'énergie consommée par les ménages est incorporée dans les aliments, vêtements, objets et services publics ou privés dont ils bénéficient : où est l'autonomie énergétique quand on dépend des mines de charbon australiennes et de la marine marchande mondiale pour avoir des objets en acier ?
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Enfin cette notion "d'autonomie énergétique" (et "d'énergie positive") est apparue avec les renouvelables. Je n'ai jamais entendu une commune possédant un barrage ou une centrale nucléaire la revendiquer, alors qu'elle serait nettement plus justifiée dans ces derniers cas si le concept était valide !
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Incidemment, si l'autonomie uniquement électrique était réelle pour les communes qui la revendiquent à cause de leurs éoliennes (cas évoqué dans l'article), cela signifierait que l'on pourrait couper la commune en question du réseau national (si on est autonome on n'a plus besoin des autres, correct ?). Mais... avoir une production annuelle équivalente à la consommation annuelle ne garantirait pas pour autant de l'électricité aux habitants concernés les jours avec peu ou pas de vent. Ces communes restent dépendantes du réseau et donc... ne sont pas autonomes, même pour l'électricité.
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En fait, dans notre pays, aucune commune ne peut s'extraire de la mondialisation (et donc de l'énergie utilisée "ailleurs"), qui fournit à nos habitants logements (qui contiennent de l'acier alors que nous n'avons plus de minerai de fer en France), véhicules, aliments et vêtements, et même... les éoliennes qui rendent "autonomes" qui sont fabriquées ailleurs !
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Cela ne nous fait pas courir plus vite dans la bonne direction que de se tromper sur le sens des mots. Pire : en créant l'illusion d'une sécurité qui n'existe pas, nous augmentons le risque.
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date: '2022-11-20T11:20:57'
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title: CHANGE_ME 84
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A l'occasion d'un périple en Belgique organisé par Les Shifters (belges !), l'Echo a publié une interview de votre serviteur. COP 27, hydrogène, sobriété, nucléaire, décroissance, taxe carbone et capitalisme (entre autres) ont fait l'objet du classique jeu de questions-réponses. Je profite de l'occasion pour rappeler quelques précautions d'emploi en pareil cas.
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Après une interview (que je ne sollicite jamais, pas plus qu'un portrait, exercice que je trouve plein d'effets pervers), le texte publié est rédigé par le/la journaliste que j'ai rencontré(e), et non par bibi. Même si je demande toujours à me relire, le résultat n'est jamais ce que j'aurais écrit si j'avais rédigé les réponses en partant de zéro.
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En particulier, mon style oral et mon style écrit sont différents. A l'oral, l'intonation, l'expression faciale ou le contexte autorisent des tournures qui ne prennent pas la même signification à l'écrit, sans ces "à-côtés". La seule manière d'éviter les malentendus est d'utiliser un style adapté à chaque cas.
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Pourtant, les transcriptions écrites reprennent souvent une partie des verbatim de l'interview. Cela peut donner une impression injustifiée de radicalité qui n'aurait pas existé en style écrit utilisé d'emblée.
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Une autre précaution d'usage concerne le chapô qui présente l'interviewé(e) : il est fait par la rédaction du journal, sans relecture, et n'engage pas la personne concernée. C'est aussi le cas pour tout "portrait" publié dans la presse.
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Incidemment, "ma" page Wikipedia est un portrait parmi d'autres, essentiellement basé sur des portraits ou avis de journalistes rapportant des avis de tiers (il suffit de regarder les références), soit de l'information de 3è main ou plus. Je n'en ai pas écrit une ligne, et elle comporte plusieurs dizaines d'erreurs factuelles ou de conclusions erronées.
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L'Echo a repris l'expression "rock star de l'écologie" utilisée récemment par Le Monde. S'exprimer parfois dans des amphis bien remplis n'est pas vraiment comparable à remplir le Stade de France ! Même avec l'audience digitale, le compte n'y est pas : sur Youtube "ma" vidéo la plus regardée dépasse 3 millions de vues ; pour Rihanna ou DJ Khaled on dépasse le milliard de vues (https://bit.ly/3Ep4nhb ).
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Enfin l'expression servant de titre correspond toujours à un sujet évoqué, mais pas nécessairement celui sur lequel j'ai le plus insisté, alors que c'est l'impression que cela donne. Cet effet s'amplifie si d'autres journalistes reprennent cette expression comme si elle était de moi mot à mot : ce qui était une mise en exergue d'un(e) journaliste devient ce qui fait foi !
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Tout ca pour dire que, pour moi comme pour n'importe qui, la seule chose qui m'engage est ce que j'écris en direct, ou prononce à l'oral dans un enregistrement non monté. Tout le reste incorpore peu ou prou l'avis de quelqu'un d'autre, même une interview. Dans le cas présent on est dans la nuance, mais dans un portrait il peut y avoir des erreurs grossières.
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date: '2022-11-19T11:05:10'
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li-id: 6999689020733554688
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title: CHANGE_ME 85
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Que penser de la COP 27, qui se termine (normalement) aujourd'hui en Egypte ? Rien de plus et rien de moins que ce qu'il faut penser des autres COP, ai-je tenté d'expliquer aujourd'hui aux auditrices et auditeurs (matinaux !) de RTL : le processus onusien conduira par nature à aboutir à un texte qui ne peut pas juridiquement contraindre quelque pays que ce soit à faire plus que ce qu'il désire déjà faire.
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Rappelons que, depuis le Traité de Westphalie, les états sont souverains : un état ne peut imposer à un autre ses règles par le droit. Le processus onusien en prend acte, et demande à ce que les décisions soient prises à l'unanimité et par consensus. Une telle dynamique conduit nécessairement à un texte qui ne crée aucune obligation nouvelle significative pour les pays.
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Il y a eu une exception dans l'histoire des COP, que je rappelle dans cette chronique, et qui a pourtant correspondu à l'année où la presse a conclu le plus rapidement que cela avait été un échec : Copenhague (la COP 15, en 2009).
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Les "moins de 2°C" désormais associés à l'Accord de Paris datent en effet... de Copenhague, comme toutes les autres dispositions fortes qui ont été avalisées à Paris. Et ces éléments ont pu être actés parce que Copenhague a été, de façon imprévue, la seule COP qui ait été une OPA du G20 sur les Nations Unies.
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Au retour de la COP - où j'avais été les 15 jours - j'avais pris la plume pour expliquer pourquoi elle était en fait l'un des rares succès des discussions internationales : https://bit.ly/3GuuPIT Ce mot d'échec est arrivé parce que c'est le processus et non le fond qui a été commenté par les ONG, les seules à pouvoir s'exprimer dans la presse à l'approche de la fin de la COP, alors que les délégations nationales étaient tenues au silence devant la réunion des présidents en cours.
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Comme les danois avaient fait une erreur logistique en ne prévoyant pas assez de place pour laisser rentrer tout le monde la 2è semaine (alors que les délégations présidentielles étaient arrivés en masse), les représentants des ONG étaient passés de 5000 à... 90, et ceux toujours admis à rentrer dans l'enceinte de la COP étaient du coup très énervés par ce qu'elles considéraient être une entorse majeure au principe de transparence des négociations.
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Si on y ajoute la forme de la discussion (exit les délégations nationales, remplacées au pied levé par des présidents discutant en direct dans une salle), cette fin de COP n'avait plus rien d'onusien, et c'est cela qui a conduit les ONG à parler d'échec à la presse, constat discutable mais devenu depuis l'évidence pour le public.
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C'est pourtant à cet "échec" que l'on doit l'objectif politique des 2°C, désormais si précieux pour cadrer toute l'action - même insuffisante - des entreprises et des états dans les débats domestiques.
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Si, du point de vue du formalisme onusien, elle est un succès, la COP 27 ne changera pas plus le cours des choses "à notre place" que les autres. Quoi qu'en dise la presse...
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title: CHANGE_ME 86
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Vive la croissance verte ! Vous savez, celle qui ne suppose pas de consommer plus de ressources, et qui va donc permettre de marier PIB en hausse et flux physiques en baisse.
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Sauf que... cette croissance là, à supposer qu'elle arrive, ne permet pas d'avoir la constance en volume des objets parfaitement matériels que les françaises et les français achètent. Et il se trouve que, pour le moment, et probablement pour un certain temps encore, les brosses à dents, machines à laver, mètres carrés de moquette, pantalons, produits alimentaires, mètres carrés de logement, tonnes de voitures, sans oublier les mètres cubes de gaz ou d'eau qui entrent dans un logement sont parfaitement matériels.
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Si les flux physiques de production baissent parce que la quantité d'énergie disponible - et donc la quantité de machines au travail - baisse, peu importe la façon dont les choses se passeront sur le plan des prix : de fait il sera plus difficile à la population de ce procurer tout ce qui est "physique", du tube de colle aux kilomètres en voiture, en passant par les téléphones, les cartables et les pâtes à la tomate.
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Or, l'énergie disponible baisse en Europe depuis 2007. Donc la production domestique de ce qui est "physique" y baisse (la confirmation se trouve dans les séries longues des tonnes chargées dans les camions et des mètres carrés construits en Europe). On peut temporairement compenser par des importations payées par des revenus "autres" (activités financières et bénéfices rapatriés, par exemple), mais cette manière de procéder a ses limites.
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Il se trouve que cette baisse de la possibilité d'acheter se traduit déjà de façon monétaire. Le revenu disponible des ménages est en effet passé par un maximum en 2010 et a fortement baissé ensuite, avant de remonter à partir de 2014 (quand l'énergie disponible en Europe est remontée grâce au shale oil !), sans pour autant revenir au niveau antérieur.
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Et surtout la logique voudrait malheureusement que cet indicateur reparte à la baisse, dans le droit fil de l'approvisionnement énergétique européen qui va faire de même (NB: la série de l'INSEE que j'ai obtenue sur https://bit.ly/3UR7BRR s'arrête en 2019).
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L'article des Echos qui annonce la création par Carrefour d'une nouvelle enseigne ciblant les faibles revenus ouvre probablement une nouvelle ère : celle de l'économie... des économies. L'auteur rappelle à juste titre que l'on peut mettre dans le même panier que cette nouvelle enseigne Blablacar, AirBnb, la colocation, les bus Macron et Too Good to Go : à chaque fois c'est une réponse pour conserver des services dans un monde avec matériellement moins.
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Faut-il se plaindre d'avoir moins de références et moins d'emballages dans les magasins ? Faut-il appeler cela déclassement (donc pauvreté), comme le font Les Echos, ou sobriété ? Tant que nous vivrons dans une société de la tentation, c'est probablement la première réponse qui sera la bonne, hélas. Il reste à inventer le récit pour passer à la seconde.
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date: '2022-11-17T22:27:08'
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title: CHANGE_ME 87
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Il arrive aux instances de supervision - qui ont pour mission de faire à la fois les règles et parfois la police dans un secteur réglementé, par exemple la comptabilité ou l'assurance - de faire des consultations.
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Ce genre de démarche vise à prendre l'avis de "qui veut" (en fait c'est plutôt "qui est au courant et a le temps de répondre" !) pour ensuite nourrir une future évolution des règles applicables au secteur.
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Les 3 autorités européennes qui concernent le monde bancaire et financier (European Banking Authority, European Insurance and Occupational Pensions Authority, et European Securities and Market Authority, qui supervisent respectivement les banques, les compagnies d'assurance et les places de marché) viennent de lancer une consultation sur... le greenwashing : https://lnkd.in/eif8F2XC
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Je n'y aurais pas pensé, mais l'idée est franchement excellente. En effet, le meilleur moyen de corriger une réglementation qui n'atteint pas encore son but est de se faire expliquer toutes les manières de la dévoyer !
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De fait, le "verdissement" du secteur financier dans son ensemble est aujourd'hui discutable. Les annonces de finance durable se multiplient comme les petits pains, mais dans les faits les pratiques sont toujours à peu près les mêmes, et l'économie financée toujours la même (ce n'est pas un jugement de valeur mais un fait). Il est donc tout à fait pertinent de poser la question des techniques utilisées pour faire prendre des vessies pour des lanternes.
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Ce procédé pourrait utilement être étendu à d'autres secteurs, et notamment la publicité. Le Bureau de Vérification de la Publicité pourrait ouvrir une grande consultation en demandant aux répondantes de décrire toutes les formes possibles de publicité mensongère en matière d'environnement. A l'inverse du message précédant souvent les oeuvres de fiction, on y verrait assez souvent un rapport avec des faits et des personnages ayant existé !
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date: '2022-11-16T21:55:10'
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title: CHANGE_ME 88
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Prenez un pays qui souhaite limiter l'usage de la voiture. Qui souhaite inciter à la sobriété. Qui souhaite limiter ses importations. Qui souhaite baisser ses émissions de gaz à effet de serre. Et qui souhaite arrêter l'artificialisation des sols.
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Dans un tel pays on se dirait que l'on va inciter à ce que les nouveaux commerces soient établis près des logements,
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de telle sorte que l'on puisse y aller au maximum sans voiture ; on va éviter de construire de nouveaux parkings géants qui imperméabilisent le sol et sont des aspirateurs à voiture ; on va éviter de créer des "villages de la tentation" pour inciter à consommer encore plus d'objets (notamment vêtements et accessoires) alors que ce n'est peut-être pas la priorité ; enfin on va éviter de favoriser la consommation de biens importés (sachant que les "marques pas chères" se fournissent pour l'essentiel hors de France, puisque la condition des prix bas est de ne pas fabriquer dans l'Hexagone).
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Le "gigantesque village de marques" qui s'ouvrira bientôt entre Lyon et Genève illustre à merveille que pour le moment les grands discours ne sont pas nécessairement incarnés dans les projets concrets. Dans le cas présent le problème n'est pas un défaut de financement ou de compétences pour faire ce qu'il faut faire : il est un défaut de règles empêchant l'apparition de projets qui contribuent à nous entraîner dans mauvaise direction.
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Car c'est une chose de modifier l'existant, et une autre de ne pas en rajouter aux problèmes. Le deuxième cas de figure est à l'évidence bien plus facile. Tant que le pays ne se dotera pas de la capacité à empêcher d'en rajouter aux difficultés, on peut malheureusement être un peu pessimiste sur notre capacité à modifier l'existant, ce qui est généralement un cran au dessus question difficulté à faire.
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date: '2022-11-14T07:59:52'
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li-id: 6997830447921561600
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title: CHANGE_ME 89
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"il faut que les états exercent une pression sur le capitalisme" pour que ce dernier ait des activités qui soient compatibles avec la préservation de l'environnement. Il ne faut pas compter sur les chefs d'entreprise, "dont ce n'est pas la logique", pour le faire spontanément, parce que la nature n'a pas de prix. Même si les dirigeants d'entreprise "comprennent" le problème, leur logique - comprendre la prééminence des euros sur les indicateurs environnementaux dans le cadre juridique actuel - les pousse dans une direction qui est inverse à celle qui préserve les ressources.
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Ces propos seraient d'une banalité affligeante s'ils venaient de la bouche d'un Gael Giraud ou d'un député LFI. Mais en l'espèce ils sont tenus par un économiste de chez Candriam, une société de gestion d'actifs, qui appartient donc, au sens large, à la "finance mondialisée libérale".
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Et le même de rappeler que, de même que le travail des enfants n'a pas été supprimé par la bonté d'âme des patrons, mais parce que la puissance publique l'a interdit (dans un contexte où les machines pouvaient prendre le relais, il ne faut pas l'oublier !), ce ne sont pas les chefs d'entreprise qui vont d'eux-mêmes se mettre dans le cadre de l'accord de Paris : c'est à l'Etat de les y pousser, par des taxes et des interdictions.
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Il se trouve que, pas plus tard que le week-end dernier, j'ai défendu à peu près la même thèse au micro de RTL dans le cadre de ma chronique hebdomadaire, qui portait sur la "finance verte" : https://lnkd.in/eG2t9mvQ
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L'idée qu'un chef d'entreprise "vert" est en pratique un chef d'entreprise qui accepte - voire désire - que l'Etat mette des contraintes pour orienter l'activité économique du "bon côté" fait de plus en plus de chemin. Accepter ses propres limites n'est pas un aveu de faiblesse : c'est en les ignorant que l'on se met à risque.
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Incidemment c'est cette population que The Shift project cherche à rassembler : depuis le début notre think tank ambitionne (que l'on y parvienne est une autre histoire !) de coaliser des dirigeants qui pensent sincèrement qu'il faut mettre des contraintes sur les émissions de gaz à effet de serre. Comme cette population n'est pas complètement naïve, ils et elles le souhaitent évidemment parce qu'ils et elles pensent que ca sera bon pour leur entreprise.
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Sauf à complètement supprimer le capitalisme, que je comprends ici comme la propriété individuelle de tout ou partie des moyens de production (laquelle propriété privée est, sous une forme ou sous une autre, présente depuis la sédentarisation de notre espèce il y a 10.000 ans), la voie à explorer est donc d'encadrer ce dernier pour le forcer à "rentrer dans le monde fini". Vaste mais nécessaire programme.
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date: '2022-11-13T11:06:45'
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li-id: 6997515090895732736
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title: CHANGE_ME 90
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Un scénario électrique qui concilie défense de l'environnement et augmentation de la capacité nucléaire ? Ce n'est pas sérieux voyons !
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Même si l'adhésion à l'énergie atomique a connu récemment un regain de faveur - en fait depuis les chocs pétroliers le meilleur marqueur du soutien à cette forme de production est le prix des alternatives :), et en ce moment cet élément est bien présent - nous n'en sommes pas encore au point où la population adhère massivement à l'idée que le nucléaire est ce qu'il y a de plus écolo et durable - et de moins dangereux - pour une production électrique un peu conséquente et disponible plus ou moins à la demande.
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De fait, l'essentiel des scénarios électriques produits ces derniers temps pour notre pays voient tous une diminution de la puissance électrique installée pour le nucléaire dans les décennies à venir et jusqu'à la fin du siècle.
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Mais un "nouveau venu" - les Voix du Nucléaire - propose (sans surprise avec un tel nom !) une trajectoire où le nucléaire augmente fortement - et la production électrique aussi - d'ici à 2100. Dans ce même scénario éolien et solaire augmentent aussi jusqu'au milieu du siècle, et surtout du stockage assuré par des stations de pompage-turbinage (des STEP), qui seraient massivement construites dès maintenant. Elle serviront d'abord à équilibrer les ENR intermittentes, et ensuite à assurer la flexibilité journalière et hebdomadaire en complément d'un nucléaire plus important qu'aujourd'hui.
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En pratique ce scénario repose sur les axes suivants :
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- à court terme déploiement de solaire, éolien, ainsi que de STEP pour assurer le pilotage du réseau
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- maintien en service des réacteurs actuels aussi longtemps que possible (sous contrôle de l'ASN bien sûr), soit un peu plus de 60 ans (durée déjà autorisée aux USA pour tous les réacteurs à eau pressurisée)
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- déploiement dès maintenant d'EPR2
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- dès 2050 début du déploiement de réacteurs de la 4è génération et décrue corrélative des ENR intermittentes. Les STEP sont conservées pour assurer la flexibilité en complément d'un nucléaire utilisé essentiellement en base.
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- déploiement de turbines à combustion biomasse pour l'hyperpointe
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Ce scénario est purement électrique, et fait passer la production de 500 TWh actuellement à 800 TWh en 2070. Il n'est formellement pas incompatible avec la sobriété puisqu'aujourd'hui la France utilise 1600 TWh d'énergie finale tout compris.
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Il est trop tôt pour dire si ce scénario est, dans ses moindres détails, pertinent ou pas. Mais il offre une base de réflexion intéressante dès lors que l'on souhaite discuter du meilleur compromis possible dans un monde qui va se démondialiser, et où tout ce qui est physique (espace au sol, biomasse, métaux) va devenir de plus en plus difficile d'accès, hypothèse généralement peu présente dans les autres scénarios de place qui postulent à peu près tous l'inverse.
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Espérons aussi qu'il contribuera à nourrir un débat pacifié et non à renforcer la fréquence des noms d'oiseau !
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date: '2022-11-12T16:42:40'
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title: CHANGE_ME 91
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Le Parlement européen a voté Jeudi dernier une nouvelle directive qui renforce les obligations pour les entreprises européennes en matière de publication d'informations "non financières". On met dans ce vocable les informations relatives à la pression sur l'environnement (voir liste dans le graphique en commentaire), aux sujets sociaux (idem) et concernant la gouvernance (idem).
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L'élaboration des "comptes extrafinanciers" étant bien plus récente que celle des comptes financiers, la réglementation - ou son absence - qui s'y applique est aussi bien plus récente. C'est un domaine dans lequel l'Europe - et au sein de l'Europe la France - est globalement en avance sur le reste du monde.
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Un pas de plus vient donc d'être franchi avec cette directive CSRD (pour Corporate Sustainability Reporting Directive). Comme c'est une directive, elle devra être transposée dans les législations nationales avant de s'appliquer.
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Toutes les sociétés cotées de plus de 500 salariés devront s'y conformer dès 2024. Ca sera 2025 ou 2026 pour celles comprises entre 10 et 500 salariés. Dans le non coté, seules les entreprises de moins de 250 salariés y échapperont, à condition qu'elles ne fassent pas plus de 40 M€ de CA et 20 M€ de total de bilan (ce qui évite d'exonérer les sociétés d'investissement avec beaucoup d'actifs et peu d'effectifs).
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Le contenu précis des modalités à respecter à été délégué à l'EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group), une association créée en 2001, qui est majoritairement financée par la Commission, mais où sont représentées nombre de "parties prenantes" (voir https://bit.ly/3GaRBW9 ).
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Cette instance a fait des propositions qui tiennent en 220 pages de rapport et plus de 400 pages d'annexes (https://bit.ly/3g0Re5W ). Ouf !
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On note dans ces propositions :
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- que les entreprises ne doivent pas juste publier les informations qui vont avec un risque financier direct pour elles ("simple matérialité" dans le jargon), mais aussi les informations permettant d'apprécier les impacts qu'elles ont sur leur environnement, même si cet impact n'est pas porteur de risque financier pour l'entreprise (la somme des deux s'appelant "double matérialité").
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- que les informations communiquées pour les impacts doivent concerner l'ensemble de la chaîne de valeur (et donc inclure le "scope 3" dans le jargon pour les émissions de gaz à effet de serre)
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- que le sujet le plus mature pour un reporting normatif et quantifié est le climat (au sein de l'environnement qui globalement est le sujet le plus simple des 3 E S et G)
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- qu'en matière de climat il faudrait parler à la fois émissions et vulnérabilité aux risques physiques
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- et que la biodiversité est aussi un domaine qui devra être couvert
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Comme d'habitude, d'aucuns vont considérer que l'Europe se tire une balle dans le pied pendant que d'autres se féliciteront de ce cadre un peu contraignant. Considérant qu'une entreprise n'innove que sous la contrainte, j'appartiens plutôt à la 2è catégorie :).
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date: '2022-11-11T18:28:55'
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title: CHANGE_ME 92
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Après être allé au nord (Allemagne : https://lnkd.in/e-Qc7Q8P - Pays Bas/Belgique : https://lnkd.in/e7YeMvnm ), et au Nord Ouest (version digitale anglaise : https://lnkd.in/e4zr_Pgh ) Le Monde Sans fin met le cap au Sud, et plus précisément en Espagne.
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Ce n'est pas une mais deux versions espagnoles qui viennent de sortir :
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- une en castillan (lien dans l'image ci-dessous)
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- une en catalan : https://lnkd.in/eHxRTkEC (qui a même une couverture bleue, histoire de montrer que vraiment c'est pas comme l'autre !)
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Si vous avez des relations au pays de Don Quichotte qui ont le mauvais goût de ne pas parler français (!), il est désormais possible de leur suggérer de la lecture en espagnol, quel que soit ce dernier !
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Et tant que nous y sommes, au sud-est il y a aussi une version croate : https://lnkd.in/e3TznwXi
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D'ici quelques mois on devrait persévérer au sud (de l'Europe) avec une version italienne et une portugaise, et persévérer à l'est (de l'Europe) avec une version polonaise. L'Europe s'est bâtie sur l'énergie, ne l'oublions pas !
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date: '2022-11-10T11:38:56'
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title: CHANGE_ME 93
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La décarbonation ? Une affaire d'ingénieurs (de l'inerte ou du vivant) pardi ! Eoliennes, méthaniseurs, voitures électriques et bornes de recharge, ampoules à LED, matériaux isolants et pompes à chaleur, séquestration du CO2, régimes alimentaires des bovins, arrêt du labour, hydrogène, batteries, trains, vélos.... la liste des objets techniques qui arrivent dans les débats est presque infinie dès lors qu'il est question de baisser les émissions planétaires de CO2.
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Juste après on va trouver l'argent, âprement discuté à la COP 27 incidemment. Ce faisant, nous ratons peut-être l'essentiel : notre représentation de l'idéal, ce qui nous attire et nous repousse, le modèle sur lequel on essaie de se caler, les habitudes qu'il faut prendre et celles dont il faut se départir, en un mot ce qui relève du bien ou désirable et ce qui relève du mal et du repoussant.
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Il y a donc un tout petit sujet culturel dans cette histoire. La culture, en fait, a un double rapport avec les émissions de gaz à effet de serre. Tout d'abord son fonctionnement même en engendre.
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Les musées sont parfois des aspirateur à touristes aéroportés (le Louvre ou le Moma), et les festivals, cinémas, sites historiques ou remarquables (comme le Mont Saint Michel), des aspirateurs à voitures. Les bâtiments doivent aussi être chauffés et les décors fabriqués, et enfin l'audiovisuel - qui fait partie de la culture, porno compris :) - est le premier motif d'emploi du digital, lequel engendre 4% des émissions planétaires environ.
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Comme toute activité "moderne", la culture est elle aussi devenue dépendante des combustibles fossiles.
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Mais elle a un autre rapport à la question : celle de "créatrice de tendances". Hollywood a surement fait autant - sinon plus - pour l'idéalisation du mode de vie énergivore des américains que toutes les campagnes publicitaires ou marketing des constructeurs de grosses voitures ou de maisons individuelles.
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C'est pour cela que, dans le Plan de Transformation de l'Economie Française, il y a un chapitre entier sur la culture (https://bit.ly/3UnN8ni ). Ce n'est pas juste un petit truc dont il faut s'occuper pour donner le change pendant que les sujets vraiment sérieux se discutent avec les industriels. C'est un secteur qui contribue puissamment aux effets de mode et qui est par ailleurs issu de l'anthropocène dans sa forme actuelle.
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Cet article du Monde évoque quelques initiatives sur le sujet, soit portées par des acteurs individuels (compagnies de théâtre, organisateurs de festivals) soit par des entités collectives (associations professionnelles ou syndicats).
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Selon l'article du Monde, le travail du Shift Project sert "de référence" au secteur. Même si cette affirmation ne reflète que le dixième de la réalité, cela signifie quand même que nous sommes identifiés comme utiles pour que les acteurs de ce domaine s'emparent de la question climatique. C'est indispensable pour que le reste de la société fasse de la décarbonation un but désirable.
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date: '2022-11-08T16:17:42'
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title: CHANGE_ME 94
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Comment apprendre aux élèves des écoles de gestion à faire un business plan compatible accord de Paris ? Du marketing ou de la publicité compatible avec les limites planétaires ? Du management "bas carbone" ?
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Après avoir travaillé sur la mise en harmonie de l'enseignement dans les écoles d'ingénieur avec la nécessaire décarbonation (sous contrainte d'autres ressources) de l'économie, The Shift Project récidive (si l'on peut dire) avec les écoles de gestion (en attendant de compléter la trilogie dans pas longtemps avec l'enseignement de la finance).
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Le travail effectué par notre think tank a consisté à créer une "méthode opérationnelle" pour aider un établissement d'enseignement supérieur en gestion à proposer un enseignement compatible avec les défis de demain et non avec ceux d'hier.
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Une fois cela dit, un certain nombre de problèmes pratiques se posent pour passer à l'action :
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- comment réviser les programmes ? Faut-il proposer la même chose qu'actuellement avec en plus un peu de RSE ou de physique, ou bien il faut revoir tout l'enseignement, y compris faire un tri sévère dans ce qui existe ?
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- Aura-t-on besoin des mêmes enseignants qu’il faudra juste former à de nouvelles approches, ou bien l’angle sera tellement différent que le corps enseignant apte à officier dans ce nouveau contexte viendra surtout de l’extérieur ?
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- Faut-il sélectionner les élèves sur des bases différentes ?
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- Faut-il changer les systèmes de classement des établissements, pour que le salaire à la sortie ne soit plus le principal critère prix en compte ?
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- Pour une école qui voudrait "faire sa révolution", comment cesser de servir un système que l’on sait aller dans le mur sans aller dans le mur soi-même parce que l’on est sorti du jeu ?
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- Faut-il écouter les recruteurs, qui sont par nature l’incarnation de l’existant dont il faut se départir, ou écouter des élèves, qui peuvent avoir des aspirations qui ne correspondent pas (encore) à des emplois existants ?
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Le rapport du Shift Project ne fournira pas de réponse exhaustive à toutes ces questions, et à toutes les autres qui viennent à l'esprit, mais il devrait néanmoins intéresser toute personne qui partagerait nos souhaits de voir cet enseignement supérieur "shifter" un peu plus rapidement que maintenant.
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Car si nous prenons l'accord de Paris au pied de la lettre - et ne pas le faire en pleine COP est osé :) - il reste 30 ans pour amener les émissions à zéro. Les cadres arrivant aujourd'hui sur le marché du travail devraient donc déjà avoir les réflexes adaptés à un monde où l'énergie facile va se contracter, ce qui est l'évolution inverse de celle qui a mené à la mondialisation dont les anciens des écoles de gestion sont les bénéficiaires directs.
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NB : Si par chance vous êtes disponible dans 45 minutes (!) la présentation du rapport aura lieu à Audencia (à Nantes) et en visio sur la page https://lnkd.in/eaSz8idj (il y aura un replay sinon).
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date: '2022-11-08T07:46:06'
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title: CHANGE_ME 95
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Dans le chapitre "industrie" du Plan de Transformation de l'Economie Française (https://lnkd.in/esiqHkbf), nous avions fait le constat que les 3/4 des émissions directes (donc hors émissions associées à la consommation électrique du secteur, et bien évidemment hors émissions du "scope 3") du secteur industriel en France viennent de 3 activités qui représentent chacune environ un quart du total du secteur :
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- l'aciérie
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- la cimenterie et activités connexes (production de chaux par exemple, mais le ciment domine de la tête et des épaules)
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- la chimie de base (production des monomères, de la soude et du chlore, de l'hydrogène, etc).
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Nos propositions permettaient de viser, pour ces secteurs, une division par 5 à 10 des émissions à l'horizon 2050 - ce n'est pas encore la neutralité mais on s'en rapproche - en combinant sobriété - il y a une baisse des volumes - et avancées techniques (par exemple la réduction directe à l'hydrogène dans la métallurgie ou un mélange de capture et séquestration du carbone et de combustibles non fossiles dans la cimenterie).
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Je ne sais pas si l'Elysée a lu le PTEF, mais l'événement rapporté par Les Echos s'inscrit dans la même logique : porter une attention particulière aux sites fortement émissifs, où la décarbonation va souvent avec des investissements lourds qu'il faut donc pouvoir "sécuriser".
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"sécuriser" signifie en pratique que, sur leur durée de vie, ces investissements vont éviter plus de couts qu'ils n'en engendreront. La logique est que, comme les sites gros émetteurs sont soumis aux quotas, et que ces derniers sont désormais payants, tout le CO2 non émis peut se convertir en quotas non achetés, et cet argent peut être mis en face de l'amortissement de l'investissement réalisé.
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Pour que le système fonctionne bien, il y a un point que cet article n'évoque pas : la garantie d'un prix élevé et stable du CO2 à l'avenir. Le marché ne peut pas garantir cela. Il faut donc que la puissance publique s'en mêle, or pour le moment la Commission (car cela dépend d'elle) est rétive à l'idée de mettre un prix plancher aux quotas mis aux enchères.
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Le deuxième point qui n'est pas évoqué est la protection aux frontières : si les couts de production domestiques qui n'engendrent que peu de CO2 sont supérieurs à ceux des concurrents étrangers qui émettent plus, il faut pouvoir compenser la différence aux frontières (comme pour la TVA).
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Dans les commodités certaines voyagent peu en pratique (le ciment), mais d'autres beaucoup plus (acier ou polymères). Si l'Etat veut que les industriels avancent - et il a raison de le vouloir - il faut qu'il fasse sa part dans la planification, en s'occupant des deux éléments évoqués plus haut. Une troisième alternative est qu'il prenne à sa charge les investissements des industriels, en allant éventuellement jusqu'à une nationalisation ou une cogestion - une éventualité aujourd'hui très peu compatible avec l'orientation économique libérale, mais l'histoire n'a pas fini d'être écrite !
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date: '2022-11-07T08:06:55'
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li-id: 6995295509888299008
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_agriculture-il-faut-abandonner-le-labour-activity-6995295509888299008-tR2d
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title: CHANGE_ME 96
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Dans un entretien au Télégramme (qui à une époque fut "de Brest"), Lionel Alletto évoque les modifications des pratiques agricoles qu'il serait pertinent de mettre en oeuvre pour gagner en résilience et diminuer la pression sur l'environnement (NB : je soupçonne la transcription de l'interview de comporter quelques erreurs ici ou là, qui conduisent certaines phrases à être étranges ou en décalage).
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Quelques éléments intéressants de cette interview :
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- les techniques sans labour semblent améliorer la résistance à la sécheresse (un avantage qui pourrait ne pas être mince avec ce qui nous attend)
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- la diversification des cultures - dont la polyculture élevage - permet de diminuer l'usage des phytosanitaires
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- le seul phytosanitaire vraiment utile en agriculture de conservation c'est... le glyphosate (tous les échos que j'ai eus laissent penser que ce n'est pas celui dont l'interdiction est la plus prioritaire...)
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- en "période de temps calme" sur le prix de l'énergie, l'agriculture de conservation ne change pas la donne sur le plan économique (donc elle ne rapporte rien de plus... mais ne coute pas plus non plus), mais quand les prix des hydrocarbures grimpent au plafond elle donne un avantage
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J'avais retenu par ailleurs que d'avoir un couvert végétal sur l'ensemble de l'année favorise la séquestration de carbone dans le sol.
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"sur le papier", dixit l'urbain que je suis qui ne tient pas souvent une fourche ou une bêche :), cette technique semble donc à généraliser. Que manque-t-il pour que cela soit le cas ? La liste des "conditions du succès" n'est pas très différente ici de ce qu'elle est pour tout passage à l'échelle d'une manière de faire pour laquelle des pionniers montrent que globalement ca fonctionne :
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- une valorisation "culturelle" d'un changement de pratique dans un monde où c'est plutôt l'inverse qui est la règle. Les terroirs, AOC, etc, valorisent le fait de "faire toujours pareil", et là il s'agit de valoriser l'inverse !
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- du coup il faut un accompagnement et de la formation, à la fois par la recherche (c'est donc une très bonne chose que l'INRAE s'en mêle) et par les entités dévolues à cet effet (chambres d'agriculture et conseil interne des coopératives notamment)
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- il faut aussi que les règles économiques ne dissuadent pas explicitement les modifications de pratiques, voire les encouragent (il n'y a pas que les prix de vente pour cela : l'Etat, comme il l'a fait pour le covid, pourrait reprendre de la dette d'agriculteurs qui accepteraient de changer de pratiques, par exemple). Or le premier souci des règles économiques aujourd'hui n'est pas d'assurer la "durabilité physique" !
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Tout est résumé dans cette phrase de l'interview : "Les systèmes [agricoles] doivent (...) gagner en résilience et (...) être moins dépendants des ressources externes, être plus diversifiés pour faire face aux aléas, maximiser les services écosystémiques". Il n'y a plus qu'à :)
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date: '2022-11-06T11:23:05'
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li-id: 6994982486191566848
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title: CHANGE_ME 97
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Aujourd'hui commence la COP 27 à Charm el-Cheikh, au bord de la Mer Rouge. Espérons que la proximité d'un désert et les 28 à 30 °C en novembre (https://bbc.in/3FNxQ6R ) permettront aux participant(e)s de se sentir plus concernés que quand tout le monde est en doudoune !
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Il y sera question d'agir pour limiter le réchauffement. Or, c'est physique, cela signifie se contraindre sur les émissions. De combien ? Cela dépend de l'objectif !
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Le graphique ci-dessous donne les trajectoires d'émissions qui vont avec des réchauffements donnés en 2100. Tout en bas, le trait bleu ciel correspond à 1,5 °C et, et tout en haut la rouge foncée du haut à 4,5 °C. On trouvera en commentaire le graphique des élévations de température fait avec le même code couleur.
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Pour 1,5°C en 2100 on voit que les émissions doivent être nulles en 2060, puis "négatives" : cela signifie que la totalité de l'énergie utilisée se décarbone en 40 ans, et ensuite on arrive à reprendre du CO2 depuis l'air via des précédés technologiques déployés à large échelle. Pour "moins de 2°C en 2100" c'est pareil mais décalé de 20 ans.
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Avec des émissions qui seraient surtout contraintes à l'avenir par la disponibilité en énergie fossile (pic pétrolier maintenant, pic gazier en 2030, pic charbonnier d'ici 2050) on est un peu en dessous de 3°C en 2100 (courbe orange).
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Enfin les deux courbes du haut signifient une "économie fossile" non limitée - ni par l'épuisement des gisements d'hydrocarbures, ni par les conséquences du changement climatique, ni par d'autres limites planétaires - jusqu'en 2100.
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Quelques commentaires :
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- même en diminuant les émissions mondiales de 7% par an dès demain matin, la température continue d'augmenter d'environ 0,2 °C par décennie pour les 20 ans qui viennent. Cela est du à l'inertie chimique du CO2 : tant que les émissions ne sont pas nulles la concentration de ce gaz dans l'air - et à la suite la température - augmente.
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- comme je ne crois pas que l'on puisse compter sur la reprise du CO2 de l'atmosphère à l'échelle imaginée pour les scénarios 1,5 °C et 2°C, sauf pandémie ou chute de comète on va se prendre 1,5°C de toute façon, et c'est presque pareil pour 2°C -> il faut penser massivement résilience (et non juste "adaptation", terme qui suppose une absence d'inconvénient si on s'y prend bien) dès à présent
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- baisser les émissions de 5% par an c'est très probablement baisser le PIB de 3 à 4% par an (https://bit.ly/3T2QevC ). J'ai quelques doutes sur le fait que ca puisse être un objectif consensuel dans l'enceinte des Nations Unies (où tout se décide par consensus).
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COP 27 ou pas, en Europe, la "voiture balai" de la baisse subie des combustibles fossiles est déjà en cours (et l'était avant Poutine !). Ca ne va pas arrêter la dérive climatique, mais ca nous force déjà à conjuguer décrue des moyens matériels à notre disposition et accroissement des dommages climatiques. Il serait temps de se creuser la cervelle pour l'avenir avec le bon cahier des charges.
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date: '2022-11-05T10:37:16'
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li-id: 6994608569127968768
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_assurer-le-risque-climatique-laffaire-activity-6994608569127968768-I5uI
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title: CHANGE_ME 98
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"Un monde à 4°C n'est pas assurable" : on se souvient (ou pas !) de cette déclaration d'Henri de Castries (ex-patron d'Axa), pour rappeler qu'on ne pouvait compter sur les assureurs pour servir de filet de sécurité en cas de réchauffement trop prononcé.
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Dans une tribune récente parue dans Les Echos, le président du premier réassureur français (SCOR) confirme que ceux qui sont à risque dans cette histoire sont les assurés et non les assureurs. Il a largement raison.
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Tout d'abord, le changement climatique va surtout endommager des actifs naturels qui valent zéro par convention dans l'économie, et ne peuvent être ni assurés, ni remis en état. La Mer de Glace, la pluviométrie en France ou les coraux tropicaux ne peuvent pas être remis en état si nécessaire par une bonne police d'assurance ! Et dans ces cas de figure le risque est à l'évidence porté par les humains qui bénéficient des services naturels, non par l'assureur.
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Ce qui peut éventuellement être assuré est le défaut d'activité économique qui fait suite à la disparition d'actifs naturels : si le Rhin baisse trop pour que les barges passent, l'industriel en bord de Rhin peut essayer de s'assurer pour les pertes d'exploitation qui en résultent. Mais ca ne fait pas revenir le Rhin.
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Il y a ensuite l'argument que l'assureur n'aimerait pas le risque. C'est tout le contraire : sans risque il n'y a pas besoin d'assurance. Le métier de l'assureur est, pour un risque donné, de "prévoir" l'ampleur des dommages possibles pour les assurés, et de faire payer à ces derniers le cout de son service pour le même montant plus sa marge.
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Quand il y a un risque de devoir payer plus que les primes encaissées (alea trop volatil et prévision des dommages trop imprécise, et/ou consentement à payer de l'assuré pas assez élevé), alors l'assureur cesse de proposer ses services. Pour l'assureur, le risque est "juste" une diminution de son activité dans le segment considéré.
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Pourquoi est-ce que cela ne semble pas chagriner plus que ca l'auteur de cette tribune qui rappelle ce fait ? Probablement parce que toutes les projections économiques "voient" de la croissance à l'infini, climat ou pas (même les scénarios "compatibles accord de Paris" utilisés pour les modélisations du GIEC postulent de la croissance économique ininterrompue jusqu'en 2100).
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Le secteur de l'assurance sait que son chiffre d'affaire est grosso modo proportionnel au PIB. La seule crainte que lui inspire la dérive climatique est alors de devoir basculer sur d'autres types de risques, mais comme la solvabilité globale de ses clients est censée suivre la croissance, le climat est juste un motif d'arbitrage de son portefeuille de risques assurés.
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Evidemment l'équation change du tout au tout si la dérive climatique peut contracter le PIB (et non juste le faire croitre moins vite). Pour avoir vraiment peur, les assureurs devront donc se convaincre que la dérive climatique est susceptible d'engendrer une récession structurelle. Nous n'y sommes pas.
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date: '2022-11-04T08:11:10'
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title: CHANGE_ME 99
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L'Assemblée Nationale vient de créer une "Commission d'enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d'indépendance énergétique de la France" (https://bit.ly/3FJnu81 ). Les commissions d'enquête du Parlement sont des instances qui servent à contrôler l'action du gouvernement (https://bit.ly/3E0VxaA ).
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Elles ont des pouvoirs d'investigation étendus : une personne convoquée par une commission d'enquête ne peut refuser d'y aller sous peine de sanctions pénales, et la Commission peut se faire communiquer tout document qu'elle juge utile (sauf ce qui est couvert par le secret défense ou assimilé) pour mener ses travaux.
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La possibilité de créer une commission d'enquête fait partie des prérogatives des groupes politiques à l'Assemblée, et ces commissions d'enquête s'inscrivent évidemment dans le jeu politique où un groupe de l'opposition va préférentiellement choisir un sujet qui "agace" le pouvoir en place.
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La commission pour laquelle j'ai été convoqué a été créée par les Républicains, et je parierais volontiers qu'elle veut pouvoir conclure que Hollande et Macron (voire avant) ont fait "n'importe quoi" en matière de politique électrique. Cela étant, mon audition n'a que peu porté sur l'évaluation des politiques publiques menées ces 10 ou 20 dernières années.
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"On" m'a surtout posé des questions sur les avantages et inconvénients de tel ou tel type d'énergie, sans oublier de parler de sobriété ou de dépendance - et sur quoi - de notre pays à des approvisionnements étrangers. Car, de fait, depuis la fin de l'ère renouvelable, notre pays est dépendant de pays producteurs d'hydrocarbures ou de minerais, et le restera demain.
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Depuis la mise en ligne de cette vidéo, des extraits de 10 secondes (!) ou 2 minutes ont commencé à circuler, avec comme commentaire "voici ce que pense Jancovici". Mais... dans une vidéo de plus de 2 heures, chacun pourra trouver un court extrait qui lui plait plus particulièrement et censé résumer ma pensée !
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Toutes les énergies ont des avantages, toutes ont des inconvénients, et dans cette audition j'ai du évoquer les avantages de toutes les énergies potentiellement disponibles. Avec un bon logiciel de montage on peut donc me présenter comme étant favorable à... n'importe laquelle de nos énergies !
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Bien évidemment, il est impossible de résumer en quelques minutes la totalité de ce qu'il faut comprendre pour se faire une opinion sur la question. Un résumé est toujours un exercice imparfait (hélas) et il faut du temps (hélas à nouveau) pour suffisamment faire le tour de la question pour avoir une conclusion étayée.
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Il y a 10 ans j'avais été auditionné par une autre commission d'enquête (sur le "cout réel de l'électricité" : https://bit.ly/3NBhxMr ). Selon que l'on aime les verres à moitié vides ou à moitié pleins, on pourra se réjouir que les questions soient moins naïves et brossent plus large, ou que certains faits "élémentaires" fassent toujours l'objet d'un dialogue de sourds.
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