initial commit

This commit is contained in:
Matthieu Bessat 2023-02-19 11:56:01 +01:00
commit db7f1c6278
1820 changed files with 17492 additions and 0 deletions

View file

@ -0,0 +1,24 @@
---
date: '2021-09-30T05:53:37'
li-id: 6849219652233506816
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_opinion-la-d%C3%A9croissance-contre-l%C3%A9cologie-activity-6849219652233506816-JIT7
title: CHANGE_ME 580
---
Depuis quelques temps, on voit apparaître ici et là des prises de position "anti-décroissance" comme l'article ci-dessous, alors qu'auparavant les développements se contentaient d'être "pro-croissance".
De fait, proposer comme projet de société l'exact inverse de ce qui a été l'objectif pendant longtemps est déstabilisant. C'est même peut-être une erreur de communication, car cela demande de considérer que l'évolution qui a été la nôtre depuis deux siècles n'était pas une bonne idée, et même les "pro-décroissance" sont généralement contents d'avoir un frigo, l'eau courante, un vélo performant, et... internet pour exprimer leur avis :)
Il y a cependant quelque chose d'intéressant derrière ce point de vue : l'idée qu'il ne faut plus conditionner les plans pour l'avenir à l'existence de la croissance. Et là, nous ne sommes plus dans l'opinion, mais dans les faits. Car, si on reste homogène dans ce que l'on mesure, la croissance est désormais aux abonnés absents depuis 10 ans en Europe, et, en tendance, non seulement elle ne reviendra pas, mais la contraction devrait s'amplifier.
"La croissance", c'est celle du PIB, qui, tel qu'il a été conçu il y a presque un siècle, était censé mesurer de manière agrégée la production de biens (surtout) et de services (marginalement à l'époque) issus de notre système productif.
Or, produire un bien est une affaire de transformation de ressources naturelles. Il se trouve que la transformation a son unité de compte en physique : l'énergie. Pour faire plus de biens, il faut donc transformer plus, et donc utiliser plus d'énergie. En pratique cette dernière est utilisée par un parc croissant de machines.
Même les services obéissent largement à cette définition. Un hôpital, un train, un réseau de télécommunication, ce sont avant tout des machines qui demandent de l'énergie pour être fabriquées et pour fonctionner.
En Europe, l'approvisionnement énergétique est contraint à la baisse en tendance depuis 2006. Le pétrole est de moins en moins disponible pour nous depuis le pic de production (mondial) sur le conventionnel survenu en 2008. Pour le gaz, la cause est le pic de production de la Mer du Nord en 2005. Pour le charbon, la production européenne a culminé il y a un demi-siècle. Gaz et charbon sont malcommodes à importer massivement.
L'hydro est stable (tout est équipé ou presque), le nucléaire en déclin voulu, et les nouvelles ENR bien trop "faibles" physiquement pour compenser le reste. Notre parc domestique de machines va donc travailler de moins en moins, ce qui signifie, aux gains d'efficacité énergétique près (faibles), que le PIB "vrai"... diminuera.
La décroissance est donc déjà là de manière larvée en pratique, et va s'accentuer (https://lnkd.in/gPsGK-F ). Ce qui est urgent, c'est de réfléchir à la meilleure manière de piloter notre destin dans ce contexte. Dire "je veux pas" ne nous sera hélas pas très utile.

View file

@ -0,0 +1,16 @@
---
date: '2021-09-29T17:37:49'
li-id: 6849034480561205248
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_summer-wildfires-emitted-record-amount-of-activity-6849034480561205248-so6R
title: CHANGE_ME 581
---
2,5 milliards de tonnes de CO2, soit environ 6% des émissions annuelles de ce gaz : c'est ce que les feux de forêt ont relâché dans l'atmosphère en juillet et aout de cette année, à cause des incendies majeurs ayant eu lien en Sibérie, aux USA, et encore ailleurs.
Ce processus illustre malheureusement un emballement connu depuis longtemps : climat plus chaud (et sec l'été) -> incendies qui se déclenchent plus facilement -> émissions qui augmentent -> climat plus chaud...
Ce risque est aujourd'hui mal apprécié par les modèles. Ces derniers savent bien modéliser l'évolution des paramètres climatiques, mais pas du tout si cela va rendre possible la dissémination à large échelle d'un parasite ou d'un champignon qui va décimer les arbres (et une fois morts, donc secs, ils prennent feu et enflamment les arbres voisins encore vivants). Les valeurs moyennes sont définies de manière robuste, mais un peu moins les vagues de chaleur, or ce sont les extrêmes qui tuent la végétation à très grande vitesse, et qui peuvent alors contribuer à l'emballement.
Des forêts qui meurent, ce sont aussi des sols qui retiennent moins l'eau, donc de nouveaux arbres qui peuvent moins facilement reprendre (raison pour laquelle les forestiers aiment de moins en moins les coupes rases sur grandes étendues). Ce point là n'est pas non plus bien apprécié par les simulations, qui globalement - on le voit année après année - ont plutôt minoré les risques.
Rappelons qu'à cause de l'inertie du système climatique, quand on considèrera que la plaisanterie a assez duré, la seule garantie à ce moment là sera que ce sera pire derrière. Il faudrait donc s'agiter avant d'en arriver là... combien de millions d'hectares brûlés (et derrière de problèmes pour les hommes) valent la 5G, le voyage en avion, le SUV, la chaudière au fioul, les achats de trucs et de machins, l'abandon du nucléaire, un gros cheptel bovin, ou une garde robe copieuse ? Question dérangeante, mais question réelle...

View file

@ -0,0 +1,16 @@
---
date: '2021-09-29T09:04:29'
li-id: 6848905298351022081
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_totalenergies-table-sur-un-pic-de-demande-activity-6848905298351022081-NnAK
title: CHANGE_ME 582
---
Depuis que les géologues pétroliers parlent d'une offre de pétrole qui serait contrainte par la géologie (le "peak oil"), les pétroliers eux-mêmes ont choisi de parler du même phénomène en parlant de "pic de la demande".
Il se trouve que, sur terre, tout le pétrole produit est consommé. Il n'y a pas de gros stocks en surface qui pourraient augmenter pendant des années avec une production qui croit pendant que la demande décroit.
Annoncer le pic de la demande, c'est donc aussi annoncer le pic de la production. Il y a "juste" une petite astuce sémantique qui consiste à imputer ce pic au consommateur, qui serait devenu sage (alors que, depuis que le pétrole a été découvert, ledit consommateur ne s'est jamais limité de lui-même), et non à l'impossibilité du producteur de fournir.
Rappelons que, malgré une multiplication des investissements par 3 entre 2000 et 2014, la production de pétrole des "majors" a baissé de 20% sur la même période. On peut donc se demander dans quelle mesure il ne s'agit pas d'une pure astuce sémantique dans cette annonce de Total, qui ne fait que confirmer que le pic de production, c'est entre 2018 (maximum historique à date) et dans pas longtemps. C'est aussi l'analyse du Shift Project : https://lnkd.in/dW3FREk
Climat ou pas climat, il va donc falloir se sevrer...

View file

@ -0,0 +1,16 @@
---
date: '2021-09-28T13:26:28'
li-id: 6848608838363439105
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_les-%C3%A9missions-de-co2-des-avions-ayant-d%C3%A9coll%C3%A9-activity-6848608838363439105-gtQm
title: CHANGE_ME 583
---
Les émissions de CO2 des avions ayant décollé du sol européen ont baissé de 56% du 1er janvier au 28 septembre 2021 par rapport à la même période de l'année 2019, annonce Eurocontrol dans une note d'information : https://lnkd.in/drhqyeQ4
Le seul pays qui a vu son trafic sortant revenir au même niveau qu'en 2019 est le Luxembourg, qui est, semble-t-il, un hub pour le fret aérien (pas très en phase avec l'accord de Paris cette affaire). Par contre, pour l'essentiel des pays la baisse reste inférieure à 40%.
Cette baisse est un vrai sujet pour les gens qui vivent du transport aérien, mais peut-on dire que cela a fortement baissé notre qualité de vie "globale" ?
Si la réponse est non, ou essentiellement non, cela montre qu'il y a des secteurs où le point le plus bloquant pour engendrer une baisse importante des émissions est moins la réticence des consommateurs que la réticence (que l'on peut comprendre !) des salariés. C'est du reste ce qui est ressorti de la consultation large qui a été présentée à l'université des Shifters (à 1:10:19 de https://lnkd.in/d788KFN6 )
A ce moment, la clé du changement s'appelle peut-être avant tout s'occuper de reconversions (formations, investissements, accompagnement, etc). Et plus on l'anticipe, mieux ca se passe, comme d'habitude. A l'heure où les écologistes désignent leur candidat, il serait intéressant d'entendre le/la vainqueur sur ce sujet de l'emploi des secteurs qui doivent se contracter (un sujet majeur pour The Shift Project).

View file

@ -0,0 +1,12 @@
---
date: '2021-09-28T06:53:38'
li-id: 6848509981713596416
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_les-entreprises-invit%C3%A9es-%C3%A0-%C3%A9valuer-leur-activity-6848509981713596416-HXnv
title: CHANGE_ME 584
---
Il y a une semaine, Carbone 4 annonçait "officiellement" le lancement d'OCARA - Operational Climate Adaptation and Resilience Assessment, un package "tout en un" pour que les entreprises puissent commencer à radiographier les risques courus face aux aléas climatiques, qui vont s'amplifier pour les siècles à venir quoi que nous fassions, à cause de l'inertie du système climatique.
AEF a fait une dépêche reprenant quelques éléments de cette présentation, et vous pouvez retrouver l'ensemble des documents mis publiquement à disposition sur https://lnkd.in/eUBcf3eE
Il n'y a plus qu'à ! Car le temps presse...

View file

@ -0,0 +1,16 @@
---
date: '2021-09-27T13:48:53'
li-id: 6848252092449091584
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_jean-castex-lance-le-chantier-de-la69-le-activity-6848252092449091584-vNX7
title: CHANGE_ME 585
---
Notre pays souhaite faire baisser les émissions. Notre pays souhaite arrêter l'artificialisation. Notre pays souhaite proposer des offres alternatives pour se déplacer autrement qu'en voiture. La réponse est évidente : on va faire une nouvelle autoroute.
Mais après tout, le gouvernement aurait tort de se priver du confort de l'incohérence, puisqu'il est servi par une presse qui la cultive tout autant. Cet article de France Bleu ne contient ni le mot climat, ni le mot pétrole, ni le mot CO2, ni le mot "effet de serre". Bref, c'est le cas de le dire, circulez y'a rien à voir.
Cette autoroute va absorber à elle seule 480 millions, soit, sur juste un petit bout d'infrastructure à voitures, plus que le plan vélo qui, pour l'ensemble du pays, et pour 7 ans, n'en a que 350.
En fait, le premier déterminant de ce genre d'ouvrage n'est malheureusement pas toujours la demande pressante de la population. Les plus grands pousse au crime sont trop souvent les élus locaux et les entreprises du BTP, les premiers écoutant beaucoup les secondes.
Cela se retrouve dans le fait que les emplois - qui seraient tout autant préservés à faire des pistes cyclables, et pour 480 millions Dieu sait qu'on en ferait... - sont toujours cités dans les communiqués de presse associés à la réalisation de ces infrastructures, le CO2 ou l'énergie à peu près jamais.

View file

@ -0,0 +1,24 @@
---
date: '2021-09-27T06:45:06'
li-id: 6848145443730325504
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_un-article-paru-dans-le-financial-times-activity-6848145443730325504-8X7y
title: CHANGE_ME 586
---
Un article paru dans le Financial Times (pas précisément l'organe officiel d'une ONG environnementale en général) explique en quoi les engagements de neutralité pris par les entreprises consistent à mettre la charge de la preuve sur ses successeurs plus ou moins lointains à la tête de la société.
NB : le texte intégral de l'article est disponible sur d'autres sites, comme par exemple celui-ci : https://lnkd.in/eHqGFByn
L'argumentaire pointe donc une faiblesse de ces engagements de neutralité qui n'est pas scientifique (car la neutralité à l'échelle d'une entreprise correspond à une comptabilité plus que discutable : https://lnkd.in/dGTt6Zs et https://lnkd.in/db7JzB2q ), mais managériale.
Une telle annonce de neutralité à l'horizon 2050 ou 2040 donne en effet une cible qui devra être atteinte par une autre équipe que le management en place, qui s'achète donc la tranquillité à court terme sans garantir le résultat à terme.
Le FT a en particulier regardé le rapport entre la durée au terme de laquelle l'entreprise devra être "neutre", et la longueur du mandat du dernier PDG parti. Le graphique figure sur l'image ci-dessous, et il est édifiant.
Lafarge, par exemple, serait "neutre" au bout de 13 fois la durée du mandat du dernier patron. Ce multiple n'est "que" de 3 pour Nestlé ou Unilever, mais plus de 6 pour HSBC. Autrement dit, le sujet ne sera même pas le problème du successeur immédiat dans l'essentiel des cas.
Mais lorsque la "neutralité" est annoncé à un horizon de temps court (dont "tout de suite"), il y a une autre faiblesse majeure : déclarer que l'entreprise est déjà neutre, c'est dire que le problème est déjà réglé, et c'est par construction tuer toute capacité à un changement profond au sein des collaborateurs. En effet, pourquoi vouloir remettre en cause l'existant si le problème est réglé ?
Annoncée pour plus tard, la "neutralité" d'une entreprise est donc un report de la charge sur ceux qui suivront et une procrastination. Présentée comme déjà atteinte, c'est un anesthésiant. Dans tous les cas de figure, c'est donc une mauvaise idée.
Le vrai défi pour une entreprise n'est pas de se déclarer neutre, et le faire n'aide pas. C'est de commencer à mettre dans l'affaire des moyens humains et matériels à la hauteur de l'enjeu : formation massive ; innovation technique & managériale massive ; reconversions massives (il faudra abandonner des activités existantes) ; système de reporting adapté (déploiement d'une comptabilité carbone détaillée) ; etc. Et, au bout du compte, des entreprises où chaque collaborateur comprend l'enjeu et accepte que cela impactera son activité au quotidien. Ca va demander des efforts autrement plus importants que quelques déclarations à la presse.

View file

@ -0,0 +1,10 @@
---
date: '2021-09-26T15:33:35'
li-id: 6847916053519982592
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_comment-merkel-a-rat%C3%A9-la-transition-%C3%A9cologique-activity-6847916053519982592-XQXo
title: CHANGE_ME 587
---
Les temps changent, ou bien la chaine Youtube du Monde est gérée totalement indépendamment du journal papier ? Dans une vidéo récente, la "transition énergétique" allemande est tout simplement qualifiée d'échec. En regardant les chiffres et les faits d'un peu près (ce que tout bon journaliste devrait faire normalement !), il s'avère que nos voisins ont dépensés des centaines de milliards pour ne pas faire mieux que les autres pays européens.
Actualité oblige, ma chronique de Samedi dernier sur RTL disait la même chose, mais sous une forme plutôt plus polie :) : il n'y a aucune raison de prendre exemple sur l'Allemagne en matière de lutte contre le changement climatique (https://lnkd.in/dheKMY8r ). En Europe, il vaut mieux aller regarder ce qui se passe en Grande Bretagne, en Suède ou en Finlande, entre autres.

View file

@ -0,0 +1,24 @@
---
date: '2021-09-26T10:12:52'
li-id: 6847835341789913088
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_univershifte-retransmission-en-direct-activity-6847835341789913088-b3pS
title: CHANGE_ME 588
---
1000 participant(e)s, des dizaines d'intervenant(e)s, une présentation pour la première fois de l'intégralité des travaux du plan de transformation de l'économie française (https://lnkd.in/dNARPrU ), des fresques de toute nature, de la biodiversité au football, et la présentation d'initiatives de terrain allant de la réutilisation des jouets à la plantation d'arbres chez les agriculteurs : pour sa première édition, je crois que l'on peut dire que l'université d'été des shifters, ou univershifté a été à la hauteur de nos attentes. Un grand merci aux shifters qui ont tout organisé sur leurs nuits et leurs week-ends, ce qui a peut-être rappelé pour certain(e)s l'époque de l'organisation des galas étudiants !
Cette vidéo reprend l'ensemble des interventions en plénière de la matinée de Samedi 26, à savoir :
- une ouverture par le président des shifters, alexandre barré, manifestement ému, et si le ton déclamatoire n'est pas celui d'un vieux routier des plateaux télé, le fond disait tout avec beaucoup de justesse sur cette association qui est devenue la deuxième jambe de la "galaxie Shift", avec 12000 inscrits, et qui reste pourtant entièrement gérée - de manière très professionnelle - par des bénévoles (que je remercie très sincèrement pour le travail accompli)
- une brève introduction complémentaire de ma pomme
- 6 présentations brèves mais intenses pour présenter des travaux sectoriels du PTEF (vue d'ensemble - Zeynep N. Kahraman-Clause, énergie puis fret - Nicolas Raillard, agriculture et agroalimentaire - Marion Kentzel, Industrie lourde - Eric Bergé, santé - Laurie Marrauld, emploi - Yannick Saleman)
- la présentation des résultats d'une consultation très large sur ce qui plait et ce qui bloque quand on parle à des particuliers de transition et de décarbonation par Anne-Charlotte Dagorn,
- enfin une table ronde centrée sur "le défi de l'emploi dans la transition", avec des représentants d'organisations syndicales de salariés et d'entreprises (Patrick Martin, président délégué du MEDEF, Philippe Portier, secrétaire national CFDT, Béatrice Clicq, secrétaire confédérale FO, Gérard Mardiné, secrétaire général de la CFE-CGC, et Emeric OUDIN, président du Centre des Jeunes Dirigeants.
Refaire le monde, c'est compliqué et ca prend du temps. J'espère que cette Univershifté a un peu aidé à avancer dans cette direction.
NB : si une bonne âme se dévoue pour donner le minutage de chaque partie dans un commentaire sous la vidéo, ca sera probablement utile !

View file

@ -0,0 +1,16 @@
---
date: '2021-09-25T05:58:28'
li-id: 6847408935591256064
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_banquise-arctique-minimum-dextension-le-activity-6847408935591256064-D3E8
title: CHANGE_ME 589
---
Le minimum d'extension de la banquise arctique, c'est maintenant. Ce minimum n'est pas un record, mais par contre c'est le cas pour l'épaisseur de cette dernière : depuis le début des années 1990, elle a été divisée par 2 en moyenne, passant de 2 mètres à 1 mètre en ordre de grandeur.
Par delà les fluctuations annuelles, la tendance est claire : surface et épaisseur vont continuer à diminuer. Cette évolution pourrait laisser indifférent l'habitant(e) de Casablanca, Strasbourg ou Oulan-Bator. En fait, même eux vont être concernés par l'évolution en cours. Pourquoi ?
Moins de banquise, c'est une surface réfléchissante à la lumière solaire (la glace) qui disparait, remplacée par une surface absorbante (l'eau océanique). Du coup la température arctique augmente rapidement, du coup le Groenland fond plus vite, et du coup la mer monte partout dans le monde.
Avec un Groenland fondu même partiellement, il faut rajouter 3 mètres d'eau dans l'océan mondial. Cela va supprimer un certain nombre de ports, et cela impactera la vie des habitant(e)s même situés loin dans les terres.
Avec le changement climatique, tout est interconnecté. C'est bien pour cela que l'inventaire précis des conséquences désagréables à venir sera à jamais impossible à faire de manière exhaustive, ce qui rend évidemment plus ardue la tâche de se prémunir au mieux de la dérive pour partie inexorable que nous avons mise en route.

View file

@ -0,0 +1,16 @@
---
date: '2021-09-25T05:57:35'
li-id: 6847408711737057280
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_banquise-arctique-minimum-dextension-le-activity-6847408711737057280-U7Dj
title: CHANGE_ME 590
---
Le minimum d'extension de la banquise arctique, c'est maintenant. Ce minimum n'est pas un record, mais par contre c'est le cas pour l'épaisseur de cette dernière : depuis le début des années 1990, elle a été divisée par 2 en moyenne, passant de 2 mètres à 1 mètre en ordre de grandeur.
Par delà les fluctuations annuelles, la tendance est claire : surface et épaisseur vont continuer à diminuer. Cette évolution pourrait laisser indifférent l'habitant(e) de Casablanca, Strasbourg ou Oulan-Bator. En fait, même eux vont être concernés par l'évolution en cours. Pourquoi ?
Moins de banquise, c'est une surface réfléchissante à la lumière solaire (la glace) qui disparait, remplacée par une surface absorbante (l'eau océanique). Du coup la température arctique augmente rapidement, du coup le Groenland fond plus vite, et du coup la mer monte partout dans le monde.
Avec un Groenland fondu même partiellement, il faut rajouter 3 mètres d'eau dans l'océan mondial. Cela va supprimer un certain nombre de ports, et cela impactera la vie des habitant(e)s même situés loin dans les terres.
Avec le changement climatique, tout est interconnecté. C'est bien pour cela que l'inventaire précis des conséquences désagréables à venir sera à jamais impossible à faire de manière exhaustive, ce qui rend évidemment plus ardue la tâche de se prémunir au mieux de la dérive pour partie inexorable que nous avons mise en route.

View file

@ -0,0 +1,26 @@
---
date: '2021-09-24T07:31:47'
li-id: 6847070029188489216
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_chinas-molten-salt-nuclear-reactors-activity-6847070029188489216-kemN
title: CHANGE_ME 591
---
Le nucléaire de 4è génération n'est pas considéré comme un sujet majeur par notre gouvernement, mais ce n'est pas le cas partout dans le monde. A l'heure où notre pays décélère sur la question, 3 pays sont au contraire en phase d'accélération.
La Russie opère de façon commerciale un surgénérateur uranium/plutonium (même concept que Superphénix, sauf que les russes n'ont pas arrêté pour des raisons politiques : https://lnkd.in/dhMjBv-J ) et construit des prototypes d'autres dessins.
Les USA (et le Canada) commencent à avoir des programmes de recherche conséquents dans ce domaine, souvent soutenus par des intérêts privés, comme par exemple Bill Gates (https://lnkd.in/dRxqyqup )
Et surtout la Chine construit et teste des prototypes d'à peu près tout et n'importe quoi, pour voir ensuite ce qui, à l'expérience, s'avèrera le plus intéressant.
Dans cette veine, elle met en service un prototype (de 2 MW de puissance thermique, donc un petit modèle) de réacteur à sels fondus fonctionnant sur le cycle thorium-uranium. Ce modèle ne permettra pas d'épurer en continu les produits de fission du sel (c'est le "point dur" qui reste à traiter dans les réacteurs à sels fondus), mais par contre il coche beaucoup de cases intéressantes :
- pas d'eau pour le refroidissement
- fission des actinides mineurs (les éléments de numéro atomique au-delà de 88 qui apparaissent dans le réacteur par capture de neutrons et font partie des déchets dans les réacteurs actuels),
- polyvalence d'usage (électricité, hydrogène, chaleur pour le réseau, etc),
- utilisation d'une ressource 400 fois plus abondante que l'uranium 235.
Avec ses hésitations liées à son clientélisme électoral (alors que, au fond, l'essentiel de la population si fiche un peu du sujet), l'avance que notre pays avait il y a 20 ans dans le nucléaire a partiellement fondu comme neige au soleil. Plutôt que de capitaliser pour 10 ou 20 milliards sur un savoir-faire qui était alors de premier plan, nous avons préféré dépenser 150 milliards pour importer des panneaux et des éoliennes pour essentiellement ne pas décarboner une électricité qui l'était déjà.
Il n'est probablement pas trop tard pour revenir dans la course et espérer faire partie des fournisseurs de ces réacteurs du futurs, modulaires, à la sûreté augmentée, produisant moins de déchets (sachant que les réacteurs actuels en produisent très peu en volume, déjà), exportables, et surtout s'affranchissant du problème des ressources (il y a trop peu d'uranium 235 pour que le nucléaire actuel soit "durable" s'il s'agit de remplacer pendant quelques siècles une large partie des centrales à charbon dans le monde).
Encore faudrait-il que, dans le discours politique, se forme un consensus sur le fait que le nucléaire est un élément de solution, et non un gros problème. Et pour cela, il n'y a que la pédagogie !

View file

@ -0,0 +1,14 @@
---
date: '2021-09-24T07:05:15'
li-id: 6847063354167578625
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_la-chronique-sur-rtl-de-samedi-dernier-portait-activity-6847063354167578625-txJ1
title: CHANGE_ME 592
---
La chronique sur RTL de Samedi dernier portait sur la place des enjeux environnementaux - et en particulier énergie et climat - dans l'enseignement. J'y faisais remarquer que les programmes avaient au fond assez peu changé depuis que je suis moi-même passé sur les bancs de l'école, il y a fort fort longtemps : https://lnkd.in/db6hskQm
Le danger à ne pas inclure des sujets majeurs dans les programmes, c'est que la curiosité étant une tendance naturelle des bipèdes que nous sommes, nous irons alors chercher l'information ailleurs, en puisant dans des sources dont nous ne connaissons pas la fiabilité (à commencer par les media, ce que j'ai oublié de dire à l'antenne :) ).
The Shift Project a commencé à travailler depuis quelques années sur la question. Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur l'état des lieux et ce qu'il est possible de faire, c'est par là : https://lnkd.in/g2wSxGM
La question se pose aussi, bien sûr, pour les adultes dans le cadre de la formation continue, sujet non évoqué dans la chronique (de 3 minutes !). Mais sur ce créneau là, où l'initiative privée est la plus facile, on a vu apparaître ces dernières années des offres qui correspondent à ce besoin de comprendre le problème : la Fresque du Climat (https://lnkd.in/gRJyzZ8 ) ou MyCO2 (https://www.myco2.fr/ ) en sont des exemples.

View file

@ -0,0 +1,14 @@
---
date: '2021-09-23T07:34:34'
li-id: 6846708341234774016
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_exclusif-les-indices-climat-une-machine-activity-6846708341234774016-_PC0
title: CHANGE_ME 593
---
La Chaire Scientific Beta de l'Edhec publie une étude sur les indices dits ESG (environnement - social - gouvernance) qui sont censés être constitués avec des émetteurs "propres sur eux" en ce qui concerne leur gestion environnementale et sociale, et les organes de gouvernance mis en place, qui garantissent au mieux contre le fait de faire n'importe quoi.
Las, disent les chercheurs de la chaire qui ont examiné ces indices, la plupart du temps ils sont construits en utilisant des méthodes qui ne sont pas faites pour traiter le problème, mais juste pour se rassurer, en considérant que désormais sont "vertes" des manières de procéder qui, à quelques ajustements près (on exclut ceci ou cela), sont les mêmes qu'hier.
Maintenir l'élévation de température globale sous les 2°C suppose de diminuer les émissions de 5% par an à partir de maintenant, et ce pour des décennies (chaque année, il faut donc faire 5% de moins que l'année précédente, et ce jusqu'à suppression totale des émissions). Une entreprise "verte" est donc une entreprise qui est capable de rester performante dans un monde qui baisse ses émissions de 5% par an, en ce compris la logistique dont elle a besoin, le comportement de ses clients, la survie de ses fournisseurs, etc.
Pour le moment, les méthodes utilisées par l'essentiel du monde financier pour apprécier le "vert" ne permettent pas de répondre à cette question (et la taxonomie européenne ne permet pas non plus de répondre totalement à la question). La publication de l'Edhec a raison de le rappeler, et de houspiller le secteur financier pour qu'il soit plus sérieux, ce qui signifie y consacrer plus de moyens.

View file

@ -0,0 +1,14 @@
---
date: '2021-09-23T07:26:19'
li-id: 6846706267000475648
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_scientists-still-dont-know-how-far-melting-activity-6846706267000475648-htgo
title: CHANGE_ME 594
---
Dans les processus qui ont été mis en route par le réchauffement climatique, il y a la fonte ou la désintégration des calottes polaires, et l'inertie de ces composantes du système climatique font que cette évolution est désormais partie pour des millénaires même si nous arrêtons totalement les émissions.
La contribution des calottes polaires à la hausse du niveau des mers est l'une des projections qui comporte le plus d'incertitudes, mais dans le mauvais sens. Le résumé pour décideurs du dernier rapport du GIEC contient explicitement cette phrase : "Sea level rise greater than 15m [in 2300] cannot be ruled out with high emissions".
2300, ce n'est certes pas tout de suite. Mais 15 mètres en 2 siècles, soit 7 mètres par siècle, cela signifie qu'il n'y a plus un port opérationnel sur terre (outre qu'un certain nombre de villes côtières disparaissent). Et le doigt sur la gâchette est maintenant.
Il faut le rappeler : une grande incertitude, ce n'est pas une incitation à l'inaction avant de mieux savoir. C'est un grand risque, et une invitation à s'occuper du problème dès maintenant.

View file

@ -0,0 +1,24 @@
---
date: '2021-09-22T11:59:27'
li-id: 6846412614373785600
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_guide-m%C3%A9thodologique-ocara-carbone-4-activity-6846412614373785600-GhLO
title: CHANGE_ME 595
---
Quoi que nous fassions à l'avenir sur les émissions, la dérive climatique va perdurer pour des millénaires. Cela est la conséquence de l'inertie du CO2 dans l'air et de l'inertie de certains compartiments du climat.
Pour les entreprises cela signifie que, à mesure que le temps va passer, elles vont devoir naviguer dans un monde de plus en plus instable sur le plan physique, avec des risques qui vont apparaître là où hier il n'y en avait pas, ou pas les mêmes.
Pour les aider à y voir un peu clair, Carbone 4 publie, après un an de travail soutenu notamment par l'Ademe, Bureau Veritas, HDI (un assureur industriel), la CCI Grand Est, une méthode d'analyse dénommée OCARA, qui permet d'identifier les processus à risque en ce qui concerne le climat.
Par rapport aux investigations classiques, qui se limitent généralement aux actifs de l'entreprise (ses immeubles, machines, véhicules, etc), OCARA couvre l'ensemble de la chaine de valeur, allant de la mine aux clients.
Un exemple de problème à l'amont de la chaine de valeur ? Récemment, les constructeurs automobiles européens ont eu un déficit de production parce qu'un producteur taïwanais de puces a du s'arrêter de fonctionner à cause d'une sécheresse.
Un exemple à l'aval ? Avec moins de neige sur les pistes de ski, il se vend moins de skis, et moins de billets de train pour aller au ski...
Un exemple "à l'aval côté logistique" ? En 2018 le Rhin a été quasiment à sec, empêchant l'évacuation de la production des usines situées sur ses rives.
Il est donc essentiel de regarder tous les processus, y compris ceux dépendant des autres (eau, électricité, évacuation des déchets, venue des salariés, etc) qui permettent à l'entreprise de fonctionner, pour savoir si ils sont aptes à passer en l'état le test du changement climatique. Souvent la réponse sera non.
OCARA est donc une méthode d'approche par les processus, comme le bilan carbone. Le guide méthodologique et l'outil "de base" sont en accès libre sur le site de Carbone 4.

View file

@ -0,0 +1,12 @@
---
date: '2021-09-21T10:33:10'
li-id: 6846028514152456192
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_larcep-ne-pourra-pas-faire-la-police-du-activity-6846028514152456192-9StZ
title: CHANGE_ME 596
---
L'article 16 de la loi climat et résilience permettait au gendarme des télécoms, l'ARCEP, de collecter des données sur les opérateurs du numérique, un préalable indispensable au fait de pouvoir un jour conditionner les possibilités d'exercer leur activité à leur empreinte carbone (une disposition à laquelle The Shift Project est favorable).
Le Conseil constitutionnel vient de censurer cette disposition, considérant (je cite ; https://lnkd.in/d3FBDzn6 ) que "ces dispositions ne présentent pas de lien, même indirect, avec l'article 1er du projet de loi initial qui prévoyait l'affichage d'une information sur les caractéristiques environnementales de certains produits".
Collecter des informations sur les émissions n'aurait donc aucun lien, même indirect, avec le fait de fournir une information sur les émissions. Si on veut...

View file

@ -0,0 +1,16 @@
---
date: '2021-09-21T06:55:16'
li-id: 6845973674680451073
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_pellerin-carlin-bruxelles-se-pr%C3%A9pare-%C3%A0-activity-6845973674680451073-qcqN
title: CHANGE_ME 597
---
Dans une interiew à Euractiv, Thomas Pellerin-Carlin, chercheur à linstitut Jacques Delors, livre une analyse intéressante sur la question du nucléaire civil dans la taxonomie européenne sur les investissements verts.
Selon lui, les derniers développements en date, et la configuration des acteurs devraient logiquement aboutir à considérer le nucléaire comme "vert" (et il défend cette conclusion alors qu'on le sent comme plutôt tiède sur cette technologie), mais... après les élections allemandes.
Il rappelle aussi à cette occasion que les hésitations sur le côté vert de l'atome sont un processus bien plus marqué en Europe qu'ailleurs dans le monde. De fait, dans l'Illinois, par exemple, 3 réacteurs nucléaires viennent d'être subventionnés à hauteur de 700 millions de dollars (https://lnkd.in/dY_ERiUn ) pour les rendre compétitifs face au gaz, et ce avec le soutien de groupes environnementaux.
Incidemment, l'auteur ne croit pas non plus à une inclusion du gaz dans la taxonomie. Pour lui, ca serait la fin de cette dernière, en lui ôtant toute crédibilité scientifique. Cette même crédibilité, qui demande de s'en tenir aux faits, devrait logiquement conduire à considérer que, face au changement climatique, le nucléaire évite plus de risques qu'il n'en crée.
Mais la politique et les faits, ce n'est pas toujours un mariage sans heurts !

View file

@ -0,0 +1,16 @@
---
date: '2021-09-20T05:55:44'
li-id: 6845596304488308736
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-syst%C3%A8me-%C3%A9lectrique-britannique-sous-tension-activity-6845596304488308736-UDb2
title: CHANGE_ME 598
---
Un réseau électrique, ca doit être résilient, c'est à dire comporter des éléments à même de permettre de faire face à une large variété d'imprévus. Et une partie de ces imprévus n'en sont pas vraiment, au sens où il y a des ennuis qui se voient venir de loin, alors que d'autres non.
Les anglais sont en train d'en faire l'expérience à leurs dépends. Cela fait des années qu'ils sont structurellement importateurs d'électricité (notamment de France), entre autres parce que la "concurrence libre et non faussée" ne permet pas de donner de la visibilité aux investissements de long terme, et qu'ils ont donc sous-investi dans les moyens de production.
Une des liaisons avec le continent (pas de chance, c'est avec nous) vient d'être mise hors service par un incendie, et ce à un moment où le vent est pour partie aux abonnés absents. Sylvestre Huet en tire quelques conclusions qui s'appliquent aussi à nous dans ce papier intéressant. La principale est que les conjonctions défavorables (pas de vent à un moment où compter sur ses voisins ne fonctionne pas, par exemple) ne sont pas impossibles, et vont même probablement se multiplier dans un contexte où nous lâchons un peu trop facilement la proie pour l'ombre.
Nos amis anglais vont donc expérimenter grandeur nature une situation qui se "voyait venir" en construisant un système dépendant des voisins, dépendant du gaz, et avec le postulat que "il y a toujours du vent quelque part". S'ensuivent des prix qui s'envolent, des fournisseurs "alternatifs" qui font faillite (mais sans conséquence puisque physiquement ils ne servent à rien, et c'en est une très belle démonstration !), des situations proches du délestage, et du charbon remis en route - les centrales sont encore opérationnelles - en urgence. Comme l'équipement qui a brûlé est un équipement lourd, pas facile à remplacer, la situation acrobatique va durer un peu.
Après tout, si l'électeur a conscience que supprimer du nucléaire chez nous c'est prendre un risque élevé d'aller vers la même chose (ou plus grave quand la dépendance sera encore plus forte et le taux de pénétration des modes intermittents plus élevés), et accepte le risque, ce n'est pas grave : c'est le jeu de la démocratie. Mais il faut être sur que c'est bien cela son choix, effectué en conscience !

View file

@ -0,0 +1,24 @@
---
date: '2021-09-19T10:47:53'
li-id: 6845307441056387072
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_rapport-grand-public-2021-haut-conseil-activity-6845307441056387072-64jT
title: CHANGE_ME 599
---
La version "grand public" du dernier rapport du Haut conseil pour le climat est disponible. Une version "grand public", c'est une version résumée et illustrée du rapport complet, reprenant les principales conclusions. Nous aurions donc tout aussi bien pu l'intituler "résumé pour décideurs", puisque le processus de passage du rapport complet au rapport "grand public" est exactement le même que le passage d'un gros document détaillé à un résumé exécutif, ou résumé pour décideur.
Ce document se termine par 5 recommandations :
- Clarifier des politiques publiques encore peu lisibles (c'est une manière polie de dire que la puissance publique se donne actuellement des objectifs contradictoires les uns avec les autres).
- Dans la foulée, finaliser sans attendre les "documents stratégiques" (ou encore les documents de cadrage tels que plans d'action des ministères, SRADDET des collectivités locales, etc) et les mettre en accord vers les objectifs nationaux.
- Rendre les plans de relance "bas-carbone compatibles" (pour le moment cet aspect là n'est pas assez pris en compte avant la décision).
- Améliorer les processus dévaluation et de suivi des politiques publiques. Cette question de l'évaluation ex-post des politiques publiques pour les amender éventuellement - voire les supprimer - en fonction des résultats n'est pas propre au climat : c'est un vieux débat dans notre pays, comme dans beaucoup d'autres démocraties, où le slogan facile tient un peu trop souvent lieu de preuve, et où le renoncement par la puissance publique à une affirmation qui s'avère infondée relève de l'exploit.
- Intégrer systématiquement ladaptation au changement climatique dans les politiques aux échelons national et territoriaux. De fait la dérive climatique va s'intensifier, et il faut en tenir compte dans toutes nos décisions.
Ce que ne préconise pas ce rapport, mais qui est implicite, c'est de former tous les fonctionnaires et tous les élus à la compréhension des enjeux. Car sans cela, nous mettons toutes les chances de notre côté pour constater que l'enfer est (parfois) pavé de bonnes intentions.
C'est du reste bien pour cela que la première recommandation du travail que The Shift Project vient récemment de publier sur la résilience des territoires (https://lnkd.in/dfWN5cBP ) est de consacrer 1% du budget des collectivités locales à de "l'acquisition de connaissances" sur la question énergie - climat. Cette recommandation recouvre une bonne compréhension de la situation actuelle, des risques futurs et de leur hiérarchie, ainsi que du jus de cerveau sur les alternatives possibles pour l'avenir. Ne pas le faire avant de foncer tête baissée sur le slogan à la mode garantit de rater la cible à coup à peu près sûr.

View file

@ -0,0 +1,10 @@
---
date: '2021-09-18T16:06:20'
li-id: 6845025192989753344
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_et-si-on-utilisait-l%C3%A9nergie-nucl%C3%A9aire-pour-activity-6845025192989753344-IoA_
title: CHANGE_ME 600
---
Les Belges ont voté une loi pour interdire le nucléaire pour la production électrique. Mais, fait remarquer non sans malice l'auteur de cet article, cela n'interdit pas de conserver ces réacteurs pour en faire... de la vapeur, qui pourrait ensuite être utilisée pour des applications comme le chauffage, ou des usages industriels.
A ce stade, le potentiel de décarbonation n'est pas chiffré. Il serait intéressant de le comparer au carbone ajouté par les centrales à gaz que le plat pays qui est celui de Brel s'apprête à construire (au surplus avec de l'argent public pour en garantir le fonctionnement). Car, à quelque chose malheur pourrait être bon, cette exploitation de la chaleur des centrales pourrait donner des idées à des pays ayant décidé non seulement de garder leurs réacteurs, mais d'en optimiser la production en faisant de la cogénération (qui existe dans certains pays pour le chauffage urbain).

View file

@ -0,0 +1,16 @@
---
date: '2021-09-17T07:27:11'
li-id: 6844532155444432896
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-climat-est-plus-urgent-que-le-covid-alertent-activity-6844532155444432896-zaEv
title: CHANGE_ME 601
---
Dans une tribune publié dans The Lancet et de nombreuses autres revues, les rédacteurs en chef de revues médicales appellent à une action urgente pour limiter la dérive climatique, en écrivant que nous ne devons pas attendre d'être "remis du covid" pour nous attaquer à la baisse des émissions (ce qui donne le titre de l'article des Echos).
De fait, les risques sanitaires associés au changement climatique sont sans commune mesure avec ceux du covid, du moins dans sa forme actuelle. Avec la modification du climat, il est question de mettre l'espérance de vie à fort risque pour des milliards d'êtres humains (défaut de nourriture en quantité suffisante, excès de chaleur, instabilité politique forte suivant des migrations ou épisodes ingérables, recrudescence de maladies diverses, etc), et pour le moment nous mettons dans la lutte contre ce problème une petite fraction de la perte économique que nous avons consentie pour le covid.
Les experts de la santé sont ô combien légitimes pour alerter sur les possibles conséquences sanitaires du problème. Par contre, ce n'est pas leur métier de savoir exactement comment "tout changer" pour que les émissions baissent rapidement. C'est celui des organisateurs du fonctionnement des sociétés humaines, c'est à dire l'ensemble du monde politique, de la technostructure et des dirigeants économiques et spirituels.
Dans cet ensemble, The Shift Project essaie de jouer modestement sa part en travaillant depuis un an sur un "plan de transformation de l'économie française", qui vise à proposer des mesures qui seraient en phase avec une baisse des émissions de 5% par an dans le monde, ce qui est nécessaire pour "tenir" l'objectif des 2°C (https://lnkd.in/dNARPrU ).
Et au sein de ce plan il y a un volet... pour le secteur de la santé, qui devra lui aussi tirer les conséquences de ce que cela signifie baisser son empreinte carbone. Cette activité là devra aussi se préoccuper de la manière de devenir "sobre" sans violer le serment d'Hippocrate.

View file

@ -0,0 +1,14 @@
---
date: '2021-09-16T17:50:02'
li-id: 6844326516151599104
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_jancovici-dion-les-enseignements-de-activity-6844326516151599104-g1r-
title: CHANGE_ME 602
---
Lundi dernier, Cyril Dion a accepté de se faire "interviewer" par votre serviteur pour partager son retour d'expérience sur la Convention Citoyenne pour le Climat.
Il 'en est ensuivi une heure d'échanges (c'est surtout lui qui parle, mais c'était bien le but !) sur la genèse du projet, pourquoi Macron a accepté, quelle valeur ajoutée ce processus a amené dans le paysage, s'il y a eu des expériences comparables ailleurs, et ce que l'on peut en tirer comme conclusions du processus (plus que du contenu de la loi climat qui a suivi).
Si vous pouvez facilement vous passer d'images (il y a essentiellement des trombines en train de parler, et rien de plus passionnant), ce qui est évidemment l'idéal, l'enregistrement se trouve aussi en audio seul là : https://lnkd.in/dUfY2qWf
Bonne écoute !

View file

@ -0,0 +1,14 @@
---
date: '2021-09-16T07:24:38'
li-id: 6844169125426675712
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_ladaptation-au-changement-climatique-dans-activity-6844169125426675712-8dvj
title: CHANGE_ME 603
---
La taxonomie européenne sur les investissements "verts" vise à fournir au monde financier une nomenclature des projets ou activités qui sont considérés comme compatibles avec un monde qui se décarbone.
Pour être "vert", il faut donc être considéré comme apportant une contribution substantielle à l'amélioration de la situation sur le front du climat, tout en contribuant pas à la dégrader sur un autre plan. L'interprétation de ce principe a bien évidemment donné lieu à d'âpres débats.
Mais elle comporte également un volet "adaptation", qui précise à quelles conditions une activité est considérée comme étant du bon côté de la barrière en ce qui concerne sa capacité à se préparer à un climat à la dérive, ou à contribuer à la préparation des autres.
Cet article de Carbone 4 vous en résume la substantifique moelle !

View file

@ -0,0 +1,18 @@
---
date: '2021-09-15T15:18:26'
li-id: 6843925976137654272
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_r%C3%A9silience-des-territoires-publication-activity-6843925976137654272-Uoc2
title: CHANGE_ME 604
---
Le monde dans lequel nous vivons doit beaucoup à deux déterminants : un climat qui était stable depuis 10.000 ans, et une énergie - donc un parc de machines - abondante. Quand on regarde bien, la structure des métiers, le prix de l'alimentation, l'occupation du territoire, la mondialisation, et encore quelques broutilles sont les descendants directs de ces deux éléments.
L'un comme l'autre, et d'autres ressources planétaires en prime, vont malheureusement faire de plus en plus défaut à l'avenir. Cela va poser des défis inédits à toutes les structures que nous avons imaginées pour gérer la société humaine, et notamment les collectivités locales.
Quelles seront les ressources agricoles disponibles pour nourrir la population locale dans un monde au climat dérivant ? Comment les transporter sans pétrole ? Quels métiers feront les habitants, quels emplois seront disponibles ? Faudra-t-il accueillir des "migrants climatiques", du pays ou d'ailleurs ?
Et, pour le résumer en une question, comment allons nous faire pour gérer plus d'imprévu, souvent défavorable, avec moins de moyens ?
C'est autour de ces questions que The Shift Project a travaillé pendant un an, dans le cadre du projet "Stratégies de résilience des territoires". Il en est sorti un document en 3 tomes, se voulant un "mode d'emploi" à destination des élus locaux pour attaquer cette question de manière opérationnelle.
Transformer les territoires actuels pour les rendre "résilients", c'est à dire aptes à fonctionner dans un univers chahuté et en contraction de moyens, va être un sacré défi pour certains, et un long chemin. Espérons que ce travail donne un peu plus envie aux intéressé(e)s de commencer à l'emprunter.

View file

@ -0,0 +1,10 @@
---
date: '2021-09-15T07:34:30'
li-id: 6843809223818657792
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_parlons-v%C3%A9lo-barom%C3%A8tre-des-villes-cyclables-activity-6843809223818657792-y7e4
title: CHANGE_ME 605
---
La Fédération des Usagers de la Bicyclette lance une grande enquête sur les conditions d'utilisation du vélo en France. Remplir le questionnaire prend quelques minutes, et cela permet d'en savoir plus sur la facilité à circuler à deux roues quelle que soit la commune de France (avec à la fin la possibilité d'être très précis sur les endroits où il faut améliorer les conditions de circulation).
Le vélo, avec ou sans assistance, est un des leviers les plus efficaces pour se passer de voiture, ou moins s'en servir. C'est donc une bonne idée d'aider la FUB à faire un état des lieux, même si vous êtes un usager occasionnel de la petite reine !

View file

@ -0,0 +1,8 @@
---
date: '2021-09-14T09:11:03'
li-id: 6843471131253469184
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_carbone-4-pr%C3%A9cision-et-ambition-climatique-activity-6843471131253469184-FDiP
title: CHANGE_ME 606
---
Si vous aussi vous vous dites que l'été dernier ne vous laisse pas indifférent (et même beaucoup plus) et qu'il est temps de mettre vos compétences en accord avec vos envies, et que par ailleurs vous correspondez à des postes pour lesquels nous cherchons du monde, c'est par là : https://lnkd.in/dxzysp75

View file

@ -0,0 +1,12 @@
---
date: '2021-09-14T06:13:30'
li-id: 6843426448397627392
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_la-soci%C3%A9t%C3%A9-fran%C3%A7aise-denergie-nucl%C3%A9aire-activity-6843426448397627392-rAwh
title: CHANGE_ME 607
---
La Société Française d'Energie Nucléaire - SFEN, une société savante (qui assure donc la diffusion d'informations techniques sur le nucléaire, et n'est normalement pas un organisme de représentation des acteurs de la filière) publie une note sur certains impacts du nucléaire sur la biodiversité, "à loccasion du Congrès mondial de la nature" : https://lnkd.in/dqty4uQK
La note couvre, mais de manière partielle, l'empreinte au sol et donc l'atteinte aux habitats. L'essentiel des résultats porte sur l'espace occupé par les installations de production. Les impacts "aval" dus au changement climatique ne sont pas inclus dans les calculs d'empreinte biodiversité pour les modes fossiles ; les superficies des mines nécessaires à la construction des installations pas toujours (c'était un point exploré par un article de Nature qui a fait grand bruit : https://lnkd.in/dQAWtBga ).
Cette note contient aussi des informations intéressantes sur les prélèvements d'eau par les centrales nucléaires, sujet récurrent de discussion quand il est question de cette forme de génération électrique (mais qui ne lui est pas propre : une large partie des centrales à charbon dans le monde, situées en bord de rivière, possèdent les mêmes tours de refroidissement que celles qui, chez nous, sont l'image d'Epinal du nucléaire !).

View file

@ -0,0 +1,12 @@
---
date: '2021-09-14T06:02:31'
li-id: 6843423684623912960
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_val%C3%A9rie-masson-delmotte-d%C3%A9rive-climatique-activity-6843423684623912960-q6iQ
title: CHANGE_ME 608
---
Alexia Soyeux, qui travaille à Carbone 4 le jour et s'occupe de Présages la nuit (!), a réalisé une interview de Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe 1 du GIEC, celui-là même qui vient de rendre un rapport de 4000 pages (https://lnkd.in/d9ytDBbG ) rassemblant ce qui est publié dans les revues scientifiques à comité de lecture sur l'évolution du système climatique sous l'effet de nos émissions.
Je confesse ne pas avoir encore eu le temps d'écouter ce podcast (c'est très mal !), mais pour ce que je connais de l'interviewée et du professionnalisme de l'intervieweuse, vous pouvez y aller les yeux fermés (expression appropriée puisque normalement on écoute avec les oreilles :) ).
Bonne audition pour celles et ceux qui le feront !

View file

@ -0,0 +1,12 @@
---
date: '2021-09-13T15:51:21'
li-id: 6843209485180264449
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_une-fois-que-tu-sais-que-faire-pour-activity-6843209485180264449-yDmK
title: CHANGE_ME 609
---
"une fois que tu sais", que faire ? Pour ne pas rester seul(e) face à l'envie (ou pas) d'action en ce qui concerne la baisse des émissions liées à son mode de vie, Carbone 4 a mis au point un outil - MyCO2 - et un mode de diffusion - la conférence permettant de le découvrir - qui sont ouverts aux particuliers et aux entreprises.
Les conférences pour les particuliers sont gratuites, et il est possible de s'inscrire sur la page https://lnkd.in/dK-rPmrE
Vous vous posez la moindre question sur ce que vous pouvez faire ? N'hésitez pas, l'expérience est généralement considérée comme très appréciable par tous ceux qui ont essayé !

View file

@ -0,0 +1,20 @@
---
date: '2021-09-13T09:56:28'
li-id: 6843120175949062144
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_nord-stream-2-le-nouveau-gazoduc-russe-activity-6843120175949062144-Do2X
title: CHANGE_ME 610
---
Avec Nord Stream II, l'Europe a doublé sa perfusion gazière russe traversant la mer Baltique.
Comme cet article ne mentionne ni le mot CO2, ni le mot climat, je vais le compléter par un petit calcul. La capacité conjointe de Nord Stream I et II est de 110 milliards de m3 de gaz par an. Le gaz est une énergie fossile qui émet 230 grammes de CO2 par kWh brulé. Il y a 10 kWh par m3.
110 milliards de m3 par an, cela fait donc, en ordre de grandeur, 250 millions de tonnes de CO2 par an. C'est plus de la moitié des émissions domestiques de la France.
Un gazoduc est fait pour durer des décennies (au moins 50 ans pour les infrastructures enterrées selon GRT Gaz : https://lnkd.in/dckinYJ8 ).
Or, l'Europe doit être neutre en CO2 - donc ne quasiment plus rien émettre, vu ce qu'il va advenir des forêts et de leur capacité de séquestration additionnelle - d'ici 2050, donc dans 30 ans. La simple existence de ce gazoduc est donc une garantie que nous n'en prenons pas le chemin.
Question : l'Europe - donc l'Allemagne :) - va coller une prune à l'Allemagne pour violation délibérée de l'engagement de neutralité carbone européen ? (je pourrais poser la même question pour la fermeture de Fessenheim, ce propos n'est pas anti-allemand par principe). En tous cas, il se confirme que l'Allemagne des ENR est aussi, en pratique, l'Allemagne du gaz.
Le fait que les décisions opérationnelles sur le continent soient en pratique presque toutes antagonistes avec les déclarations serait cocasse si ce n'était tragique. Peut-on essayer d'être cohérents ne serait-ce qu'une fois ?

View file

@ -0,0 +1,20 @@
---
date: '2021-09-12T09:16:04'
li-id: 6842747619672915968
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_net-zero-by-2050-banks-line-up-debut-usd-activity-6842747619672915968-OKe6
title: CHANGE_ME 611
---
3 banques ayant pris un engagement de neutralité ("net zero pledge"), à savoir Citi, Bank of America (BofA) et Commerzbank, ont récemment organisé une émission obligataire du plus gros producteur de charbon russe, et un des plus gros exportateurs mondiaux, rapporte le site Responsible Investor.
NB : l'article est réservé aux abonnés mais l'information principale est contenue dans la partie en libre accès.
J'avais publié sur le même site, il y a un an et demi, une tribune - https://lnkd.in/gdEjKji - expliquant que la facilité avec laquelle tout acteur financier déclare désormais qu'un jour il sera "propre" signifiait précisément que de s'engager pour "beaucoup plus tard" ne mangeait pas de pain, et n'avaient pas plus de signification que cela.
J'avais suggéré que l'acceptation, par les organismes receuillant ces engagements (notamment les "Principles for Responsible Investing" des Nations Unies) conditionnent ledit engagement à deux actions immédiates :
- l'obligation pour chaque cadre - puis chaque collaborateur - de suivre 20 heures de cours pour comprendre comment se décrit le problème à traiter (au hasard quelque chose pas très éloigné de https://lnkd.in/dM7u2j7 ), dans les 2 ans qui suivent (avec les cours en ligne on peut le faire)
- le déploiement démarrant immédiatement d'une comptabilité carbone détaillée - avec un plan comptable approprié, donc ne faisant pas l'impasse sur le "scope 3" (https://lnkd.in/djQW4YAk) permettant de donner une contrepartie carbone à chaque opération unitaire effectuée par l'établissement financier en question.
Ces actions là peuvent démarrer immédiatement, sont vérifiables, et sont nécessaires (mais pas suffisantes) dès lors qu'une entreprise entend faire le service minimum pour prendre sa part à la résolution du problème.
Si ce qui précède n'est toujours pas en vigueur, n'est-ce pas la preuve que les organismes qui recueillent les engagements s'accommodent très bien de promesses d'ivrogne ? (ou ne savent pas les déceler, ce qui n'est pas beaucoup plus glorieux...)

View file

@ -0,0 +1,10 @@
---
date: '2021-09-12T09:04:37'
li-id: 6842744738118959104
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_les-prix-de-l%C3%A9lectricit%C3%A9-ont-fortement-augment%C3%A9-activity-6842744738118959104-VnLd
title: CHANGE_ME 612
---
Les prix de l'électricité ont fortement augmenté sur les marchés spot ces derniers temps : pourquoi ? C'est avec cette question (ou plutôt les facteurs explicatifs) que j'ai démarré mon petit tour et puis s'en va sur RTL hier matin, pour dériver ensuite sur un propos plus général sur la pertinence d'une hausse du prix de l'électricité dans le cadre de la préservation de l'environnement, selon la manière dont elle arrive et le cadre dans lequel elle s'inscrit : https://lnkd.in/d6EEGJh7
NB : d'aucun(e)s m'ont indiqué que le "replay" de ma chronique de la semaine dernière était précédé d'une pub pour une compagnie aérienne, ce qui était du dernier mauvais gout (et je suis d'accord !). Je n'ai pas eu droit à cela sur le site internet (dont le lien figure ci-dessus) consulté à partir de mon ordinateur, sur lequel j'ai un bloqueur de publicités (Adblock plus pour ne pas le citer).

View file

@ -0,0 +1,18 @@
---
date: '2021-09-11T13:41:22'
li-id: 6842451997992468480
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_la-plus-grande-usine-au-monde-qui-%C3%A9limine-activity-6842451997992468480-SWjK
title: CHANGE_ME 613
---
Les islandais ont planté un arbre, à savoir "quelque chose" qui retire du CO2 de l'air. Sauf que ce dernier n'a ni branches ni feuilles, mais de gros ventilateurs, des pompes et des tuyaux, et ne fonctionne pas à l'énergie solaire, comme un arbre, mais à l'électricité.
L'article parle de 4000 tonnes de CO2 capturées par an. 4000 tonnes, c'est à peu près ce que consomment 400 hectares d'arbres, soit 4 km2 de forêt en croissance. Dit autrement, c'est pas bézef.
L'article parle de l'équivalent des émissions de 870 (allez, 1000) voitures par an. Ca fait donc un millionième des émissions des voitures, lesquelles représentent un quinzième des émissions globales. Il faudrait donc 15 millions d'usines comme celle décrite pour pomper l'équivalent de nos émissions.
L'article ne donne pas la consommation d'énergie de ce dispositif. Mais elle est nécessairement élevée, pour une raison très simple : le CO2 atmosphérique est une molécule chimiquement inerte diluée à 0,04% dans l'air. Dans ces conditions, la dépense énergétique pour le récupérer est fatalement très importante. Il n'est pas exclu que si le dispositif fonctionne avec de l'électricité carbonée (ce qui n'est pas le cas en Islande), les émissions de CO2 liées à son fonctionnement soient équivalentes au CO2 retiré de l'atmosphère.
La seule manière de capter du CO2 qui soit énergétiquement "rentable" est de le faire à la sortie des centrales électriques et grosses usines (cimenteries), et même là, alors que le CO2 est très concentré dans la fumée, il faut utiliser pour cela de 15 à 30% de l'énergie de l'usine concernée. Donc une fois que ce CO2 est diluée à 0,04% au-dessus de nos têtes, le rendement doit être bien pire, et possiblement "négatif".
Ca n'empêchera peut-être pas la presse ou le politique de soutenir l'idée avec le fol espoir - hélas infondé - que ca nous évitera des ennuis. Il vaut mieux se mettre au vélo et planter des arbres là où il faut !

View file

@ -0,0 +1,10 @@
---
date: '2021-09-11T13:29:24'
li-id: 6842448984678645760
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_rapport-du-giec-rappel-des-points-cl%C3%A9s-activity-6842448984678645760-gjfG
title: CHANGE_ME 614
---
Carbone 4 y est aussi allé de son résumé du résumé du rapport du GIEC, pour illustrer quelques points saillants du document sorti il y a quelques semaines.
A l'heure qu'il est, il faut espérer que l'essentiel des décideurs auront "lu quelque chose" les poussant un peu plus aux fesses qu'avant, et si cet article peut y contribuer, tant mieux !

View file

@ -0,0 +1,12 @@
---
date: '2021-09-11T09:33:19'
li-id: 6842389571926294528
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_univershift%C3%A9-activity-6842389571926294528-7t7g
title: CHANGE_ME 615
---
Plus de 100 intervenant(e)s ; un "village de la transition" ; 1000 participant(e)s attendu(e)s, et la présentation de l'intégralité du Plan de Transformation de l'Economie Française, qui mobilise des centaines de personnes depuis un an (https://lnkd.in/dNARPrU ) : l'Université d'été des Shifters, la première du nom, se tiendra à Lyon dans 15 jours.
Chez nous, ca ne sera pas "à propos, que proposez vous sur le climat" dans une université d'été où le thème central est autre, mais "à propos, que proposez vous sur la construction, la santé ou l'emploi" dans une université d'été où le thème central est le climat (et plus largement les limites planétaires).
A bientôt pour celles et ceux qui y viendront !

View file

@ -0,0 +1,19 @@
---
date: '2021-09-10T13:12:42'
li-id: 6842082392014905345
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_jancovici-du-business-sans-%C3%A9nergie-et-sans-activity-6842082392014905345-_cB_
title: CHANGE_ME 616
---
Pauvres étudiants de l'ESCP ! A peine rentrés de vacances, on leur inflige 2 heures de changement climatique et de contrainte énergétique.
Les habitués du discours n'y décèleront pas de modifications radicales par rapport à ce qu'ils connaissent. Mais j'ai quand même essayé, par moments, de proposer quelques conséquences concrètes pour l'auditoire - qui démarre des études - du constat effectué.
Je livre le retour qui m'a été fait par une personne de l'assistance :
"Les retours que nous avons eu des étudiants sont excellents, et vos propos ont suscité un grand intérêt dans la promo (même si vous avez réussi à en déprimer quelques uns qui ne vous connaissaient pas encore :)).
Pour ma part cela fait un moment que je suis vos travaux et vos conférences (depuis le début du covid et votre intervention à HEC précisément) (...)
Ayant donc visionné vos conférences en écoles de commerce, à Sciences Po et autres mais aussi vos cours aux Mines, ce qui m'a marqué dans votre conférence à l'escp par rapport aux précédentes est la manière directe avec laquelle vous vous êtes adressé aux étudiants. Vous n'avez pas pris de pincettes, et surtout vous avez insisté sur le lien entre votre exposé et les matières qu'on nous apprend en école de commerce ("n'allez pas dans le conseil ou en finance", "comment faire un business plan dans un monde en contraction", "prenez du recul face à vos cours d'économie" etc...)."
Il n'est pas sur que tout le monde trouvera le discours agréable. J'espère surtout qu'il aura été utile.

View file

@ -0,0 +1,12 @@
---
date: '2021-09-10T07:28:03'
li-id: 6841995659315302400
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_linking-arctic-variability-and-change-with-activity-6841995659315302400-heW6
title: CHANGE_ME 617
---
Plus chaud au Pole Nord, c'est parfois plus froid aux USA, comme ce qui s'est passé au Texas il n'y a pas si longtemps. Cet étonnant paradoxe doit à l'affaiblissement du vortex polaire dans le cadre du réchauffement climatique, parce que la différence de température moyenne entre pôle et moyennes latitudes a tendance à diminuer.
Cet affaiblissement du vortex polaire favorise alors les excursions d'air froid aux moyennes latitudes (et corrélativement une excursion d'air chaud au pôle, allant avec des records de chaleur qui s'y multiplient).
Un article publié dans Science documente ce processus, et insiste sur le fait que le réchauffement climatique ne va pas supprimer les vagues de grand froid. Les moyennes latitudes vont donc connaître une variabilité climatique accrue, pour les températures comme pour les précipitations.

View file

@ -0,0 +1,24 @@
---
date: '2021-09-10T07:21:55'
li-id: 6841994115534594049
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_l%C3%A9conomie-peut-elle-d%C3%A9cro%C3%AEtre-activity-6841994115534594049-RH1_
title: CHANGE_ME 618
---
Le patron de Swiss Re, un des plus gros réassureurs mondiaux (un réassureur est l'assureur des assureurs, il mutualise donc encore plus les risques) s'exprime sur le climat : https://lnkd.in/dtvZY6wY.
Avantage : cela permet d'évoquer le sujet puisque c'est dans un journal économique, et que les "décideurs économiques" sont en fait les gestionnaires du système physique d'extraction et de transformation des ressources naturelles que l'on appelle "économie" (https://lnkd.in/gPsGK-F ).
Mais cette interview illustre un dilemme qui n'est pas complètement anecdotique : vaut-il mieux ne pas parler d'un sujet, ou en parler d'une manière qui va engendrer des conclusions contre-productives pour l'action ?
Car cette interview véhicule plusieurs idées qui nous poussent dans la mauvaise direction :
- Christian Mumenthaler indique que son groupe vise la neutralité carbone, or cet objectif n'est en fait pas pertinent (https://lnkd.in/dGTt6Zs )
- par construction même, il réduit les dommages possibles du changement climatique à leur dimension économique. Or les activités humaines dépendent d'actifs naturels qui sont tous gratuits par convention. Dès lors, la destruction de ces actifs - non assurés puisque gratuits - est à la fois économiquement invisible à court terme mais potentiellement très impactante pour l'avenir.
- à cause de l'inertie du processus, quand les dommages économiques - parce que physiques - de l'évolution en cours deviendront suffisamment douloureux pour nous pousser à l'action, la seule garantie que nous aurons alors est que ca sera encore pire derrière. Donc il ne faut pas en arriver là ! C'est une autre manière de dire que les dommages économiques ne sont pas un signal faible permettant de corriger le tir à l'avance
- enfin l'interviewé semble très confiant dans la capacité à faire de la croissance verte (il parle des formidables investissements pour retirer le CO2 de l'atmosphère). Mais rien n'est moins sur que d'y arriver : https://lnkd.in/dDCe4YAm
Espérons que les lecteurs sauront faire la part des choses dans la lecture des propos tenus !

View file

@ -0,0 +1,10 @@
---
date: '2021-09-09T13:53:37'
li-id: 6841730305318014977
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-num%C3%A9rique-face-au-d%C3%A9fi-environnemental-activity-6841730305318014977-fnqE
title: CHANGE_ME 619
---
Les Echos reviennent sur l'empreinte environnementale du numérique, dans cet article qui pose le problème et se garde bien (et tant mieux) de le conclure en expliquant que nos craintes sont infondées parce que le numérique va décarboner tout le reste de la société (ce qui n'a jamais été le cas depuis l'apparition du premier ordinateur, juste après-guerre).
L'article rappelle que, pour une fois, c'est le Sénat (traditionnellement conservateur) qui a voulu légiférer, avec une loi initiée par la droite qui comportait quelques mesures audacieuses (comme l'autorisation conditionnelle d'exploiter les fréquences pour les opérateurs en fonction de l'évolution de leur empreinte carbone), et que c'est l'Assemblée (moins conservatrice, surtout si on considère que LREM incorpore de nombreux ex-PS) qui a rogné les mesures proposées par les sénateurs. Le monde à l'envers, quoi...

View file

@ -0,0 +1,18 @@
---
date: '2021-09-09T13:38:14'
li-id: 6841726433421754368
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_apr%C3%A8s-les-prix-n%C3%A9gatifs-voici-les-prix-presque-activity-6841726433421754368-xZBF
title: CHANGE_ME 620
---
Après les prix négatifs, voici les prix presque prohibitifs. Depuis plus d'un mois, le prix de gros de l'électricité sur les marchés spot des pays européens dépasse allègrement les 100 euros le MWh (graphique issu de https://lnkd.in/dfxe6pfH)
Question : si vous devez investir à vos risques et périls dans un moyen de production électrique qui dure quelques décennies, et qu'en l'espace de 6 mois les prix spot peuvent passer du négatif à 200 euros le MWh, vous prenez quel pari ?
Comme personne n'a de réponse qui soit plus confortable qu'une autre, la réponse est qu'en pareil cas vous serez le plus souvent attentiste... et donc ne ferez rien ou pas grand chose.
Ce n'est pas juste par sainte horreur du libéralisme que les prix de l'électricité ont été historiquement régulés. C'est juste le seul moyen de donner un cadre pour que les investissements se fassent, et du reste c'est tout l'esprit du système de prix garantis dans les ENR et dans le nucléaire (Grande Bretagne) pour les nouveaux investissements (incidemment la Commission vient d'autoriser la France à injecter 5,7 milliards pour installer 3,7 GW de photovoltaïque sous forme de petites installations, ce qui, en tenant compte des différences de facteur de charge et de durée de vie, met "l'équivalent EPR" à 25 milliards : https://lnkd.in/d9_xzqKB).
En mettant le plus de marché possible dans le système électrique, l'Europe a juste raccourci les horizons de temps, mis de la complexité dans le système (qui fait monter les prix puisqu'il faut la payer !), transféré la rente du public vers le privé, et bloqué les investissements non subventionnés.
Ce qui est le plus étonnant dans l'histoire, c'est notre incapacité collective à accepter que quand on a fait un essai qui ne marche pas, il faut arrêter de persévérer. Sinon, on passe de l'expérience éventuellement utile pour apprendre à l'idéologie déconnectée des faits.

View file

@ -0,0 +1,14 @@
---
date: '2021-09-09T07:36:44'
li-id: 6841635455868407809
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_2020-report-on-the-transport-sector-activity-6841635455868407809-RHCl
title: CHANGE_ME 621
---
Depuis plusieurs années maintenant, Carbon4 Finance propose aux acteurs du secteur financier des bases de données "notant" plusieurs milliers (plus de 10.000 désormais) émetteurs d'actions et obligations en ce qui concerne l'enjeu climatique. Dans cet ensemble, plusieurs milliers d'entreprises font l'objet d'une analyse individualisée (les autres font l'objet d'une approche statistique dérivée de celles analysées en détail, ou d'une approche sectorielle). Chaque année les secteurs analysées en "bottom up" augmentent.
Chaque entité analysée se voit attribuer une note synthétique, dont les composantes reflètent sa position actuelle, sa trajectoire passée et les moyens mis au service de sa décarbonation future.
Ces analyses sont organisées par "campagne", c'est à dire qu'à un moment nous passons en revue une à deux centaines d'entités du même secteur, et cela donne lieu à une publication pour expliquer comment nous les avons analysées (une par une), ce que nous avons regardé, et quelles conclusions nous en tirons, notamment en ce qui concerne le classement des diverses entreprises au sein du même secteur, en fonction de leur métier, caractéristiques, ambitions, marchés, etc.
C'est cette approche que nous vous proposons de découvrir pour les entreprises du transport, disponible en téléchargement sur le site de Carbon 4 Finance, en français et en anglais !

View file

@ -0,0 +1,16 @@
---
date: '2021-09-09T07:27:51'
li-id: 6841633222024040448
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_a-quoi-sert-encore-le-giec-activity-6841633222024040448-hMih
title: CHANGE_ME 622
---
Faut-il dissoudre le GIEC ? Voici une intéressante question posée par Stephane Foucart dans cet article du Monde. La raison avancée par l'auteur n'est évidemment pas la qualité du constat scientifique résumé (si l'on peut dire : 4000 pages !) par cet organisme. Non, son interrogation est la suivante : dès lors que le GIEC produit un rapport toutes les N années (N compris entre 4 et 7), alors il y a une raison permanente de ne rien faire, qui est d'attendre le rapport d'après, en (se) disant qu'il précisera un peu mieux les choses, donc permettra de cibler un peu mieux l'action.
Un article publié il y a des années dans la presse américaine avait tourné autour de la même question, en titrant, à propos du constat scientifique "how much is too much?". On peut faire le parallèle avec les examens médicaux et les traitements : tant que l'on est dans le processus de regarder notre carcasse un peu en détail, il est tentant de ne pas donner de traitement dans l'attente de savoir quelle est exactement la nature de la maladie.
Evidemment, la question "symétrique" est de savoir si cela déclencherait plus l'action que le GIEC dise (ou ait dit) "voilà, nous vous avons dit tout ce que nous avions à vous dire, ce que vous pouvez constater avec le fait que le 6è rapport d'évaluation ne dit pas des choses très différentes du 1er, sauf qu'une partie de ce qui devait arriver en cas de poursuite des émissions arrive effectivement, et maintenant on pose le stylo, car l'humanité en sait bien assez pour se demander ce qu'elle fait face au problème".
Foucart se demande en conclusion si le monde politique n'a pas, en fait, utilisé la science comme prétexte à l'inaction (au corps défendant des scientifiques évidemment) : il suffisait de présenter comme une action de laisser les scientifiques travailler.
Stéphane a raison de poser la question, parce que cette tentation d'attendre d'en savoir toujours plus et de ne rien faire de sérieux en attendant est réelle. Mais une des solutions se trouve dans sa propre profession : elle aurait été que, dès les premières alertes, la presse sache expliquer correctement le problème, ses composantes techniques, ses implications, et les arbitrages qu'il demande de trancher, notamment entre économie et environnement. Cela aurait demandé une capacité à traiter des problèmes transversaux avec une forte composante technique que, en pratique, elle n'a malheureusement que très peu.

View file

@ -0,0 +1,12 @@
---
date: '2021-09-08T05:30:38'
li-id: 6841241335467393024
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_convention-citoyenne-pour-le-climat-quelles-activity-6841241335467393024-ZM4K
title: CHANGE_ME 623
---
Lundi prochain (13 septembre), à 18h, The Shift Project et On Est Prêt organisent conjointement le "passage sur le gril" de Cyril Dion, et c'est votre serviteur qui sera à la manoeuvre.
Maintenant que la Convention Citoyenne sur le Climat appartient, pour le meilleur et le pire, au passé, l'idée est de comprendre quels enseignements il en tire, jusqu'où les attentes qui existaient avant le début de l'expérience ont été satisfaites, et au final si cette expérience aura changé ou pas le destin de notre pays, et de quelle manière.
C'est évidemment ouvert à tou(te)s et gratuit.

View file

@ -0,0 +1,17 @@
---
date: '2021-09-07T14:33:33'
li-id: 6841015576370913280
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_home-applegreen-carbon-reduction-activity-6841015576370913280-rUXD
title: CHANGE_ME 624
---
Vous avez mauvaise conscience en conduisant une voiture à pétrole ? Un distributeur irlandais de carburant a trouvé la solution : l'essence neutre. Le principe est le suivant : pour chaque tonne de carbone émise par l'usage (donc la combustion) du carburant vendu, ils plantent un arbre (en prenant soin de préciser qu'il y aura chênes, bouleaux, noisetiers...).
Du coup, fin du cas de conscience : plus vous conduisez, plus vous êtes écolos ! C'est pas beau la vie :) ?
Bien évidemment, il s'agit d'un trompe l'oeil :
- les émissions du carburant sont immédiates. L'arbre planté captera du CO2 "plus tard" (or le décalage temporel est un problème), à condition qu'il ne meure pas de sec, de chaud, de parasites, ou qu'il ne soit pas coupé parce que la population sera en stress énergétique (rappelons que le charbon a sauvé ce qu'il restait des forêts françaises après le milieu du 19è siècle, déforestées à vitesse accélérées par les forges et le chauffage),
- planter des arbres ne garantit pas la disponibilité future du pétrole. Or ce dernier va progressivement être moins facile à importer en Europe (https://lnkd.in/dwPcgve )
- planter des arbres ne garantit pas non la taille du marché. Si, dans sa grande sagesse, le gouvernement irlandais décide de fortement réduire la consommation de pétrole des voitures (diminution de leur nombre, de leur consommation unitaire, électrification...), cela "attaquera" le marché du pompiste, et planter des arbres n'est pas équivalent à un changement de business model (comme par exemple démarrer une activité de vente et entretien de vélos électriques).
Planter des arbres est essentiel. Mais ca n'est pas une activité qui doit être libératoire pour l'action sur les émissions. Il faut faire les deux en même temps !

View file

@ -0,0 +1,18 @@
---
date: '2021-09-07T06:21:32'
li-id: 6840891756905545728
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_%C3%A9olien-en-mer-le-rapport-complexe-entre-activity-6840891756905545728-3QHc
title: CHANGE_ME 625
---
Ministère de la transition (éoliennes) contre ministère de la transition (biodiversité), qui gagne ?
Le Conseil national de la protection de la nature a rendu au début de l'été une étude, faisant suite à une autosaisine (donc ce n'est pas un geste politique d'avoir demandé quelque chose à cette instance), qui indique que le développement envisagé de l'éolien offshore ne peut pas se faire dans le respect de la protection de l'avifaune marine.
Au début du déploiement de l'éolien, nos sens ne nous ont pas dit que nous allions avoir un petit sujet d'espace disponible. Les caractéristiques objectives d'UNE éolienne n'en font effectivement pas une nuisance majeure, et il n'y avait pas beaucoup d'éoliennes installées, donc on pouvait constater "avec nos sens" que la nuisance globale était faible, alors que son déploiement était associé à un discours d'espoir.
Notre esprit aurait pu nous le dire, par contre. Il suffit de faire une règle de trois pour voir combien de machines on doit installer si on va jusqu'au bout de la logique, et du coup quelle surface se retrouve "pas loin d'une éolienne, avec les inconvénients associés qui ne sont plus du même ordre de grandeur.
C'est au fond ce calcul là que le Conseil national de la protection de la nature vient de faire, et le résultat ne lui semble pas compatible avec le respect de la biodiversité.
Cette profusion d'éoliennes si on veut en tirer quelque chose de significatif tient au caractère diffus de l'air en mouvement : il faut alors beaucoup de collecteurs pour récupérer cette énergie. Et donc si nous essayons d'aller aux niveaux requis pour que cela commence à représenter l'équivalent du pétrole, ca va occuper beaucoup - énormément - d'espace, être présent en beaucoup - énormément - d'endroits, et demander beaucoup de matériaux. C'est hélas juste "physique". Même dans un monde sobre en énergie, miser avant tout sur des sources denses et décarbonées - donc les nucléaires - n'est pas nécessairement le choix le plus idiot qui soit, notamment pour la biodiversité.

View file

@ -0,0 +1,20 @@
---
date: '2021-09-06T06:42:17'
li-id: 6840534590956818432
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_avec-la-t%C3%AAte-dans-le-four-et-les-pieds-dans-activity-6840534590956818432-yg0D
title: CHANGE_ME 626
---
Avec la tête dans le four et les pieds dans le congélateur, "en moyenne" je suis bien. Cette plaisanterie connue sur le fait qu'une moyenne ne dit pas tout pourrait s'appliquer, en version amère, aux Etats Unis actuellement. En effet, pendant que le Sud et l'Est du pays viennent de se faire saucer d'abondance par l'ouragan Ida, avec des inondations exceptionnelles à la clé, l'Ouest est toujours aux prises avec une sécheresse historique, comme en témoigne la carte établie par https://lnkd.in/dQVN83A
Pour la dérive climatique qui nous attend, la moyenne ne va pas non plus dire tout. Une température qui se réchauffe de 2°C "en moyenne", ce n'est pas pareil si cette hausse est bien répartie sur l'ensemble du globe, et l'ensemble de l'année, ou si elle signifie une température inchangée 90% du temps, et des valeurs qui augmentent de 20 °C 10% du temps.
Du reste, la terminologie "phénomènes extrêmes" est bien adaptée à ce qu'elle désigne : des extrêmes par rapport aux valeurs moyennes. Ce qui va compter, dans l'évolution future, est donc avant tout l'évolution des extrêmes, qui ont le potentiel de rendre, en peu de temps, la "vie d'après" très différente de la "vie d'avant".
Il suffit en effet de quelques mois avec des conditions extraordinairement chaudes et sèches pour détruire une végétation qui mettra au mieux des décennies à se reconstituer, et même de quelques heures dans un ouragan pour que des infrastructures disparaissent pour des années ou des décennies.
Manque de chance pour nous, les outils à la disposition des scientifiques pour apprécier l'avenir sont moins précis pour ce qui concerne les extrêmes que ce qui concerne les moyennes. Pour ces dernières, elles découlent assez directement de la quantité supplémentaire d'énergie embarquée dans le système - elle-même déterminée par le supplément d'effet de serre, qui est assez homogène par nature, et facile à calculer.
Mais pour les extrêmes, il faut apprécier l'évolution de la variabilité, et là c'est une autre paire de manches. Ce sont des phénomènes localisés, (très) courts au regard de la tendance de fond, et dépendant souvent d'une conjonction de facteurs. C'est pour cela que, pour les extrêmes, les surprises sont bien plus probables que pour les moyennes, parce que la difficulté à prévoir est bien plus grande.
Et chacun(e) d'entre nous sait que les surprises peuvent être bonnes, mais aussi mauvaises. L'incertitude, ce n'est pas une police d'assurance.

View file

@ -0,0 +1,22 @@
---
date: '2021-09-05T17:16:02'
li-id: 6840331689596596224
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_consommer-moins-de-p%C3%A9trole-pour-des-raisons-activity-6840331689596596224-Wxvp
title: CHANGE_ME 627
---
Consommer moins de pétrole pour des raisons climatiques, cela fait un moment que l'on en parle. Depuis 1988 pour ceux qui voient la date de création du GIEC comme le point de départ de cette préoccupation, probablement depuis avant dans une petite partie de la communauté scientifique, et à de nombreuses reprises depuis après, assurément.
Mais quand on regarde la courbe de consommation de produits pétroliers dans les pays de l'OCDE, qui revendiquent les discours les plus anciens sur la préservation du climat, force est de constater que seules les crises ont eu un rôle discernable dans la limitation de notre soif d'or noir.
Le graphique ci-dessous (données BP Stat) illustre la consommation de produits pétroliers par catégorie (donc après raffinage) dans la zone OCDE. les "light distillates" désignent essentiellement l'essence, donc les transports terrestres. Dans "middle distillates", on trouve le fioul (ou le diesel, c'est le même produit) et le kérosène, qui servent donc dans les transports terrestres et aérien, le chauffage, et dans l'industrie, et l'agriculture.
Fuel oil, c'est le fioul lourd, qui sert dans la marine marchande, et la génération électrique.
Others ce sont les produits raffinés aux deux extrémités de la "densité" : les produits les plus légers (éthane, naphta) qui partiront dans la pétrochimie, puis se retrouveront dans à peu près n'importe quoi que vous puissiez acheter aujourd'hui, de la brosse à dents à la peinture, du tupperware au vernis à ongles, des chaises de jardin (même en bois si elles sont vernies) aux gaines des fibres optiques, des phytosanitaires aux machines à café.
Les produits les plus lourds, ce sont les bitumes, huiles et cires, qui sont aussi indispensables comme produits intermédiaires dans toute la chaine industrielle.
Il y a 3 moments où la consommation de pétrole a été infléchie : 1973 - la croissance physique de la production de pétrole passe de 8% par an à 1% par manque de ressources, le pic de production des découvertes conventionnelles étant passé 10 ans avant, puis 2006 - à nouveau par manque de ressources, la production de pétrole conventionnel passant par son pic mondial (AIE, 2018), et enfin 2019 (juste avant le covid) parce que le shale oil s'arrête de croitre par manque de financements.
Rien, dans ces événements, n'est du à notre volonté d'en consommer moins (la consommation repartait à la hausse en même temps que la voiture électrique commencait à sortir du bruit de fond !). C'est dire si nous n'avons pas idée de ce qui nous attend si nous devons diminuer notre consommation de ce liquide de 5% par an tous les ans pour les décennies qui viennent, comme le demande l'accord de Paris.

View file

@ -0,0 +1,22 @@
---
date: '2021-09-05T09:09:31'
li-id: 6840209253622398976
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_depuis-hier-jai-un-nouvel-employeur-qui-activity-6840209253622398976-dY8K
title: CHANGE_ME 628
---
Depuis hier, j'ai un nouvel employeur, qui a la particularité d'être à temps très partiel, et... de ne pas me payer (!), à savoir RTL, qui m'a proposé de diffuser une chronique hebdomadaire intitulée "C'est notre planète" dans la matinale du Samedi matin. L'enregistrement de la première édition, qui portait sur le rapport du GIEC publié cet été, est disponible ici : https://lnkd.in/d6EEGJh7
Bien évidemment, je ne me lève pas à 6h du matin le Samedi pour faire cela. Comme beaucoup de chroniques des matinales, c'est enregistré à l'avance, et je ferai même cela par paquets de 3 ou 4 chroniques, pour ne pas avoir à aller trop souvent dans les locaux de la radio, où il faut être présent pour l'enregistrement. Le sujet que je traite n'a pas que peu besoin d'une réaction au buzz de la veille.
3 minutes une fois par semaine, c'est à la fois ridicule (0,03% du temps d'antenne hebdomadaire) et "significatif" dans une matinale, où il est rare qu'un invité, fût-il ministre, dispose de beaucoup plus de 10 minutes de temps de parole. Donc on tente l'expérience, et on verra bien ce que cela donne.
Même si RTL est une des radios les plus écoutées de notre pays (la matinale week-end revendique un pic un peu en dessous de 2 millions d'auditeurs), ca ne fera qu'un peu moins de 3% de la population. Et surtout l'audience de la radio n'est pas toute jeune (moyenne d'âge pas loin de 60 ans), donc peu "plastique" et ayant du mal à changer ses habitudes. Avant de dire oui, je me suis donc demandé si ca allait servir à quelque chose.
Dans les arguments "pour", j'ai retenu :
- que les gens qui votent sont aussi âgés (l'abstention des jeunes devient record),
- que les propriétaires de logements sont plus âgés que la moyenne (or ce sont notamment eux qui doivent payer pour la décarbonation des bâtiments).
- que RTL ne cherche pas avant tout à me faire plaisir mais avant tout à intéresser son audience, et donc cette demande signifie nécessairement que l'audience en question a une préoccupation qui augmente pour la question environnementale,
- enfin que le monde politique surveille de près ce qui se raconte dans les media.
L'expérience dira si ca sert à quelque chose !

View file

@ -0,0 +1,20 @@
---
date: '2021-09-04T08:06:48'
li-id: 6839831082666360832
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_chantier-emploi-du-ptef-conf%C3%A9rence-et-ateliers-activity-6839831082666360832-FqxR
title: CHANGE_ME 629
---
Mardi prochain, à 14h, The Shift Project présentera son rapport provisoire sur le chantier "emploi" du plan de transformation de l'économie française.
Jusqu'à maintenant, les propositions qui ont été faites par des associations environnementales pour "changer nos modes de production et de consommation" ont, pour l'essentiel, porté sur le résultat final à atteindre (moins de voitures, plus de trains, moins de viande, plus d'objets réparables, moins d'énergie dans les bâtiments, etc), mais ont rarement décrit les implications sur l'emploi de la réorganisation associée des filières productives : combien de plombiers en plus, de bouchers en moins, de livreurs à vélo en plus, d'ouvriers automobiles en moins, et si cela change le besoin en enseignants ou en infirmiers.
Car il ne faut pas se mentir : moins consommer, c'est, toutes choses égales par ailleurs, moins produire (voir une déclinaison sur ce sujet de l'équation de Kaya là : https://lnkd.in/garSJE4 ). A productivité par personne constante, c'est moins d'emplois dans la filière concernée, et là syndicats et patronat se retrouvent unis pour demander que surtout rien ne bouge. Mais comment en vouloir à des gens de vouloir garder leur job ?
Dans le cadre du plan de transformation de l'économie française (PTEF), nous avons choisi d'affronter cette face nord. Notre chantier "emploi" est donc une première tentative de dimensionner "combien de monde" serait nécessaire à terme dans les secteurs qui doivent changer pour, ensuite, voire comment on pourrait organiser les flux de la meilleure manière possible. Car changer les volumes d'emploi, cela est déjà arrivé à très large échelle sur les dernières décennies, à commencer par le passage de la population agricole d'un tiers (1945) à 2% de la population active.
J'espère que l'on nous pardonnera nos erreurs de débutant (il y en a surement), malgré les efforts et le temps très conséquent que le groupe de travail a mis dans l'exercice, et que l'on choisira de voir surtout l'envie que nous avons de ne pas en rester à des considérations générales sur "il faut", mais de descendre un peu dans les détails pour discuter concrètement des mesures pertinentes, et des "incontournables", dès lors que l'on entend anticiper plutôt que subir.
Nous espérons que cet axe permettra de nouer un dialogue fructueux avec les organisations syndicales, le monde de la reconversion professionnelle et de la formation initiale, les aménageurs du territoire, et d'autres encore, pour discuter de ce qui est un enjeu majeur dans la vie des individus : comment l'emploi pourrait (devrait ?) évoluer dans un monde en décarbonation rapide.
L'accès au webinaire est libre et gratuit.

View file

@ -0,0 +1,18 @@
---
date: '2021-09-03T16:34:21'
li-id: 6839596425865641984
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_ida-inondations-exceptionnelles-%C3%A0-new-york-activity-6839596425865641984-DBqZ
title: CHANGE_ME 630
---
A l'occasion du passage d'Ida au-dessus de New-York, il s'est passé avec les précipitations ce qui s'est passé avec les températures lors de l'épisode "dôme de chaleur" : le record enregistré pulvérise littéralement le record précédent.
Le cumul horaire de précipitations à New-York a atteint un niveau record de 49 mm lors du passage d'Henri, fin aout 2021, ce qui signifie (je n'ai pas cherché) que le record avant aout 2021 était inférieur à 49 mm. A l'occasion d'Ida, il est passé à 80 mm, c'est à dire quasiment 2 fois plus !
Rappelons que dès 2014 le GIEC avait indiqué que l'intensité et la pluviométrie des phénomènes cycloniques devaient augmenter. Pour autant, nous n'observons pas partout autour de nous les mesures de prévention augmenter aussi... et donc la fin n'est pas difficile à prévoir : plus d'ennuis.
Dans les motifs relevés par The Guardian sur le fait que nous n'agissons pas, il y a le fait que les media n'insistent pas assez (et le Guardian est un bon contre-exemple, car lui en parle beaucoup). Ce quotidien publie un article (https://lnkd.in/dcyFK_ru ) où il évoque une étude - https://lnkd.in/dYSRYJCx - portant sur 774 sujets diffusés par les chaines de télé américaines sur l'arrivée d'Ida en Floride, où il y aussi de gros dégâts.
4% seulement évoquent le changement climatique dans le sujet diffusé. Evoquer le changement climatique ne signifie pas affirmer que cet ouragan est du au changement climatique, mais en profiter pour rappeler que le changement climatique intensifiera les ouragans, et donc que cet épisode est hélas illustratif d'un avenir pas très désirable.
Et le Guardian de conclure en appelant ses confrères à "faire mieux". Ils peuvent, il y a de la marge !

View file

@ -0,0 +1,18 @@
---
date: '2021-09-03T09:04:56'
li-id: 6839483326739308544
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_report-net-zero-initiative-2020-2021-carbone-activity-6839483326739308544-ZSvB
title: CHANGE_ME 631
---
The Net Zero Initiative methodolgy is now available in English. Developped by Carbone 4 with a large set of corporate partners, NZI describes how to act on three different "pillars" that are not to be added up - or substracted - one with another:
- induced emissions along the value chain, e. g. emissions that are necessary in the present world for the processes of the value chain to physically take place,
- avoided emissions along the value chain or outside it, e. g. benefits that are brought, as the case may be, by the company's products or services (for example a company that sells bikes that will replace - and not add up to - cars contributes to the decrease of the emissions of its clients)
- sequestrated carbon, or sinks, along the value chain or outside it.
Developping sinks does not "compensate" with emissions, for it does not suppress the dependancy of the value chain to emissions on one side, and rules regarding benefits associated with "credits" often allow to count as a flow down something which actually does not belong to that category, or not in the proper time frame.
We are still in the early stage of carbon accounting. So it is normal that, with time, we are able to do better, and we do hope that NZI, available for all companies, will contribute to such a move!

View file

@ -0,0 +1,20 @@
---
date: '2021-09-03T06:33:42'
li-id: 6839445267847135232
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_electricit%C3%A9-menace-sur-la-facture-des-consommateurs-activity-6839445267847135232-qIwF
title: CHANGE_ME 632
---
Les prix de l'électricité sur les marchés spot sont hauts, ce que tout le monde peut aller vérifier sur le site https://lnkd.in/dfDBiw6J, et Les Echos s'en émeuvent.
Mais il n'y a là rien que de très normal, voire attendu. Après une longue période de marasme à des niveaux qui ne changent pas la donne, le prix de la tonne de CO2 sur le marché spot atteint désormais quelques dizaines d'euros, et c'est précisément le but de ce système que de rendre la vie difficile aux utilisateurs industriels de combustibles fossiles.
Certes, un électricien utilisant du gaz ou du charbon n'aura pas acquis la totalité de ses quotas au prix spot, mais c'est ce prix auquel il doit se fournir pour produire un MWh supplémentaire si il n'a pas ces quotas déjà en portefeuille.
Par ailleurs, le gaz, compagnon de route des modes non pilotables (éolien et solaire) voit également son prix augmenter, comme cela arrive et arrivera périodiquement dans un monde où il y a des contraintes sur l'offre (l'Europe a passé son pic domestique de production en 2005, et les importations ne suivent pas pour compenser) et une demande qui ne baisse pas aussi vite.
Faut-il s'émouvoir de voir le prix de l'électricité augmenter de façon erratique alors que le milieu économique a historiquement milité pour :
- la "libéralisation" de l'électricité, et la fin des prix réglementés, ce qui crée de la volatilité par construction ?
- le système de marché sur le CO2, plutôt que des contraintes réglementaires ou une taxe carbone prévisible, ce qui crée aussi de la volatilité ?
Le marché, c'est formidable. Mais c'est volatil. Il faut savoir ce que l'on veut.

View file

@ -0,0 +1,18 @@
---
date: '2021-09-02T06:24:53'
li-id: 6839080661861613568
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_d%C3%A9couplage-et-croissance-verte-carbone-activity-6839080661861613568-15CE
title: CHANGE_ME 633
---
La croissance verte, tous les politiques en veulent. C'est le graal, évidemment :
- la croissance économique assure "mécaniquement" la hausse du pouvoir d'achat, la possibilité d'augmenter l'emploi global sans devoir diminuer les salaires ni les rentes, l'augmentation des recettes budgétaires (l'essentiel des impôts sont prélevés sur des composantes du PIB, et sont donc des impôts de flux, non des impôts de stock), et j'en passe
- la "verdeur" assure l'atteinte des objectifs environnementaux, avec une baisse des émissions de toute nature (gaz à effet de serre, polluants), de l'artificialisation des sols, de la déforestation, une restauration de la biodiversité, etc.
En termes un peu techniques, cette situation possède un nom : cela s'appelle le découplage. L'évolution du PIB devient structurellement et globalement croissante pendant que l'évolution des inconvénients devient structurellement et globalement décroissante.
Ce découplage, il est de fait présent dans bon nombre de "scénarios de place" proposés par des instances connues : l'Agence Internationale de l'Energie, la Commission Européenne, des ONG environnementales... Et c'est sur ce genre de scénarios que nombre d'entreprises bâtissent leur discours public, voire leurs plans stratégiques.
Malheureusement, être capable de se figurer une situation ne signifie pas nécessairement que nous pouvons l'atteindre. Tout le monde s'imagine très bien ce que veut ou pourrait dire rajeunir, retrouver son intégrité physique quand on l'a perdue, (re)trouver l'amour d'une personne chère, trouver l'emploi de ses rêves ou voir une dette disparaître, et pour autant y arriver relève parfois (hélas !) de l'impossible, et il faut "faire avec".
Cette nouvelle publication de Carbone 4 ne spéculera pas sur la possibilité de voir une dette de jeu s'évanouir par miracle :). Mais par contre nous espérons qu'elle vous convaincra qu'il est urgent de ne pas réfléchir à l'avenir d'une entreprise en considérant que ce découplage est certain à l'avenir, simplement parce qu'il est désirable.

View file

@ -0,0 +1,12 @@
---
date: '2021-09-01T06:15:20'
li-id: 6838715867644084224
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_univershift%C3%A9-activity-6838715867644084224-QiRK
title: CHANGE_ME 634
---
Du 24 au 26 septembre prochains se tiendra la première université d'été des shifters, à Lyon (lesquels sont désormais plusieurs milliers, merci à eux !). Ce sera notamment là que The Shift Project présentera de manière détaillée pour la première fois la totalité du plan de transformation de l'économie française (https://lnkd.in/dNARPrU ), un ensemble de propositions opérationnelles couvrant 15 secteurs pour, dès le début du prochain quinquennat, emmener notre pays sur la voie d'une baisse de 5% par an des émissions (vision empreinte carbone) associées à notre mode de vie.
Nous y organisons aussi des débats avec des acteurs économiques, syndicaux, associatifs, etc. Et il y aura beaucoup de temps pour les échanges entre participants ! Votre serviteur y sera bien sur présent.
Programme et inscription sur sur site web ci-dessous