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Matthieu Bessat 2023-02-19 11:56:01 +01:00
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date: '2021-11-30T18:02:22'
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title: CHANGE_ME 474
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Ca chauffe en Belgique. Le gouvernement devrait rendre de manière imminente une décision sur la fermeture prématurée ou pas des réacteurs nucléaires.
S'il acte la "sortie du nucléaire", cela fera augmenter les émissions de la Belgique (du moins à court terme), et cela est évidemment un poil à rebours du sens de l'histoire, écrivent un collectif de signataires dans une lettre ouverte au gouvernement belge.
Il est clair que la décision belge fera nécessairement perdre sur un tableau, quel qu'il soit. Soit la sortie est actée, et le pays se décrédibilise sur le plan du climat. Soit elle est refusée, et le gouvernement se décrédibilise auprès de la fraction de ses électeurs qui tenait à cette mesure. Nous sommes (enfin ils sont !) typiquement dans un cas de figure où il n'y a pas de martingale, juste une mesure moins mauvaise qu'une autre. Et c'est typiquement ce genre de décision sans "réponse parfaite" qui nous attend de plus en plus souvent à l'avenir.

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date: '2021-11-30T07:40:09'
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title: CHANGE_ME 475
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Dans une intéressante chronique publiée dans Les Echos de ce matin, Jean-Marc Vittori revient sur des publications récentes de l'Agence Internationale de l'Energie (notamment https://lnkd.in/dwaVnrSm ) qui quantifient la demande en métaux non ferreux (cuivre, nickel, lithium, cobalt notamment) qui résulterait d'une "transition" conjuguant activité économique en hausse et émissions de CO2 en baisse (ce que l'on appelle la "croissance verte").
Les Echos étant un journal économique, mon homonyme de prénom conclut sa tribune en évoquant les milliers de milliards de dollars qui seraient nécessaires pour que cette production soit possible.
Cette "prévision" laisse penser que cela va nous couter un peu cher, mais que ce n'est qu'une question de volonté. La réalité pourrait ne pas être si simple. En particulier, les prix d'aujourd'hui ne disent rien sur la possibilité de faire dans un monde dépourvu de combustibles fossiles, parce que ce qui forme notre système de prix est bien... la disponibilité de ces combustibles.
Si le cuivre coute considérablement moins cher aujourd'hui qu'à l'âge de bronze (rappelons que le bronze est un alliage de cuivre), c'est parce que nous avons du charbon en masse pour faire l'acier des engins de mine, des trains, des camions et des bateaux, du pétrole pour faire fonctionner ces derniers (un gros dumper minier est aussi puissant que 3500 chevaux attelés : https://lnkd.in/dt7ie9ky ), du charbon pour réduire les minerais (qui sont des oxydes), du pétrole pour transporter massivement minerais et métaux dans des vraquiers ou cargos (et pour faire toute la chimie organique - des plastiques et lubrifiants - que l'on retrouve aussi dans toutes ces machines), du charbon et du gaz pour produire l'électricité nécessaire à toutes ces machines, et j'en passe.
Dans un monde sans combustibles fossiles, tout cela s'en va. Avant les combustibles fossiles en masse, à l'époque des mineurs à pioches, wagonnets de mine tirés par des chevaux, et de la marine à voile avec des bateaux en bois, il n'était évidemment pas question de produire les quantités actuelles de métaux non ferreux, et a fortiori encore moins 20 à 40 fois plus, comme cela serait le cas dans cette transition décrite par l'AIE.
Certes notre ingéniosité technique nous conserverait quelque chose du progrès moderne dans un monde sans fossiles, mais de là à prendre pour argent comptant que nous allons fortement augmenter la production de métaux non ferreux alors même que ce qui a permis l'émergence d'une métallurgie mondialisée s'en ira (et que par ailleurs les mines se vident - l'AIE envisage un "pic cuivre" pour les années à venir), il y a un pari "physique" qui n'est même pas une question de prix, et que nous avons toutes les chances de perdre.
D'où le titre : le 21è siècle ne sera pas du tout celui où nous échapperons aux réalités matérielles. Nous y resterons plongés, plus encore qu'au 20è.

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date: '2021-11-29T10:43:25'
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title: CHANGE_ME 476
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En 2015 s'est créé un partenariat entre le CDP (anciennement Carbon Disclosure Project), le Global Compact des Nations Unies, le World Resources Institute (WRI) et le WWF appelé Science Based Target Initiative (SBTi) : https://lnkd.in/duYRyZx8
Son but est de proposer un cadre aux engagements pris par les entreprises lorsque ces dernières souhaitent contribuer à la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Il s'agit donc d'une initiative méthodologique, qui se situe sur le même plan que la Net Zero Initiative lancée par Carbone 4 (https://lnkd.in/db7JzB2q ).
Pour savoir si nous étions raccord ou pas, nous avons comparé les deux approches. Le résultat (ouf !) est que c'est à peu près raccord.
Ces points de méthode peuvent sembler ésotériques ou anecdotiques, la "vraie vie" étant de passer à l'action. Sauf que, pour passer à l'action de manière pertinente (et non perdre son temps ou, pire, augmenter le problème), il faut savoir vers quoi aller et à quel rythme. Définir un cadre pour cela est donc crucial.
NB : le SBTi certifie les objectifs que les entreprises se fixent sont du bon ordre de grandeur, mais absolument pas que les mêmes entreprises se sont dotées des moyens humains et matériels d'atteindre l'objectif en question. Etre certifié SBTi ne signifie donc pas que l'entreprise est sur la bonne trajectoire, mais juste qu'elle a produit un document montrant que la définition de cette trajectoire a été faite par une équipe au sein de l'entreprise. Dans l'idéal, cette certification devrait être annuelle, et renouvelée uniquement en cas de respect de la trajectoire que l'entreprise s'est elle-même fixée. Nous n'y sommes pas encore !

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date: '2021-11-29T07:27:26'
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title: CHANGE_ME 477
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Le tourisme international, version "transport de personnes" de la mondialisation économique (qui elle suppose du transport international de marchandises), est une activité qui repose massivement sur le pétrole (car l'essentiel du tourisme international c'est de l'avion et de la voiture, bien avant le train) et sur la "civilisation des loisirs", c'est à dire... de l'énergie abondante, qui permet de libérer du temps pour faire autre chose que des activités productives. Ce dernier point se manifeste notamment par le fait que, quand la conjoncture va mal - ce qui se produit quand il y a un défaut d'approvisionnement énergétique - le tourisme est une des premières choses qui ralentit fortement (on l'avait bien vu aussi au moment de la crise de 2008/2009).
C'est donc une activité qui est à la fois fragile (n'importe quel grain de sable - pétrole cher ou covid - vient enrayer la machine) et, dans sa forme actuelle, "non durable", puisque supposant du transport longue distance massivement assuré par du pétrole. Le seul "tourisme durable" est régional et ferroviaire, en attendant d'avoir un peu - mais pas beaucoup - de bus et et voitures décarbonés.
Le covid avait donné un coup d'arrêt à cette activité. A quelque chose malheur aurait pu être bon : nous aurions pu en profiter pour réorienter le secteur vers un tourisme plus local et occupant une place moins importante dans le PIB français. Mais non : là comme ailleurs, le plan est d'essayer de revenir "durablement" à la situation antérieure... alors même que cette dernière ne peut pas durer.
Le plan veut en particulier "revaloriser" les métiers de l'hôtellerie et de la restauration, c'est à dire d'annexes aux transports longue distance des personnes, alors même que le déclin pétrolier va progressivement rendre ces transports moins importants.
C'est donc jouer un mauvais tour aux professionnels du secteur que de leur tenir ce discours. Il est vrai que pour leur en tenir un autre, il eut fallu y réfléchir avant, et donc envisager l'inenvisageable : que la croissance d'une activité ne soit physiquement plus possible.

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date: '2021-11-28T11:21:26'
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title: CHANGE_ME 478
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Il faut changer la maxime "aller au charbon" par "n'y allons plus" : tel était le thème de ma chronique d'hier sur RTL. Comme elle dure 3 minutes, je ne vais pas spoiler ici son contenu, mais par contre faire une rectification : j'y ai mentionné "un petit quart" pour la production électrique au charbon en Europe, ce qui est désormais inexact. C'était vrai il y a 5 ans mais plus aujourd'hui, puisque ce pourcentage est descendu à 14% en 2020. Les deux premières sources du Vieux continent sont désormais nucléaire et gaz, à 20% chacune (voir graphique en commentaire).
J'en profite pour faire deux remarques sur la chronique elle-même.
Le Monde affirme dans un article récent (https://lnkd.in/dQH2vniP ) que j'aurais été "imposé par M6" à RTL pour cette chronique. Si c'est vrai (Le Monde ne dit pas de qui il tient cette information), alors je l'apprends ! Je n'ai en effet eu aucun contact avec qui que ce soit à M6 - et a fortiori je n'ai fait aucune démarche pour demander quoi que ce soit, ni à M6 ni à RTL - avant d'être contacté l'été dernier par le directeur de la rédaction de RTL qui m'a proposé de faire cette chronique.
La deuxième remarque concerne un enseignement que je crois pouvoir tirer de cet exercice : c'est qu'il touche des gens qui ne font pas du tout partie de mon "public habituel". Quand je m'exprime dans un media qui fait partie de ceux qui sont écoutés - directement ou via internet - par les gens de mon écosystème professionnel au sens large (je mets par exemple dedans le monde de l'enseignement supérieur scientifique), je reçois facilement ensuite quelques mails ou sms "déclenchés" par ce passage.
Après une chronique sur RTL, c'est, de ce point de vue, le calme plat (pas un mot !). Loin de m'en plaindre, j'en suis ravi : cela signifie que ce media permet bien d'évoquer le sujet de l'énergie et du climat à des personnes que je n'avais jamais "croisées" avant.

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date: '2021-11-28T10:46:55'
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_77-la-fin-de-la-croissance-dennis-activity-6870674349498626048-Wiv0
title: CHANGE_ME 479
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Il y a quasiment 50 ans - en 1972 - était publié le livre "The Limits to Growth" (https://lnkd.in/ev4N-EA ), dont un des auteurs était Dennis Meadows (le premier auteur était Donella Meadows, par ailleurs sa femme, qui est morte en 2001).
Deannis Meadows approche aujourd'hui les quatre cinquièmes de siècle. Après une très forte exposition aux media quand "The Limits to Growth" est sorti, il s'exprime désormais très peu dans l'espace public. Peut-être parce qu'il a une tendresse pour notre pays (il possède ou a possédé une maison dans le sud de la France, qu'il a voulu un temps transformer en lieu de séminaire pour "groupes de réflexion voulant participer à la refondation du monde" - dans l'esprit), il a accepté de donner une longue interview au podcast Sismique (belle pêche de Julien Devaureix !)
Malgré ses presque 80 printemps, l'homme reste très vif sur le plan de la pensée. Dans ce podcast (en anglais) il revient sur ce travail qui lui a valu une notoriété mondiale, fait part de ses craintes et de ses espoirs pour l'avenir, et indique - lui aussi - que nous sommes ainsi faits que nous avons beaucoup de difficulté à agir pour le long terme si cela doit contrarier nos désirs de court terme.
Meadows rappelle que le scientifique (qu'il a été) fournit un constat, pas une solution. Inutile, donc, de considérer que la profession qui est compétente pour dire ce qui ne va pas est aussi compétente pour dire ce qu'il faut faire pour que ca aille "mieux", alors que nous avons tous le réflexe de penser que les physiciens et biologistes sont les médecins de la planète : s'ils identifient la "maladie", ils ont nécessairement le remède à nous conseiller à la suite !
En effet, la manière de poser le problème s'applique à tou(te)s, alors que l'action dépend des moyens, de la situation de départ, des alliés... C'est pour cela que les gens qui viennent le voir en lui demandant "que puis-je faire" s'entendent répondre "y passer du temps" :) (réponse que je fais aussi quand je reçois un mail avec la même question !).
Autre enseignement majeur contenu dans cette interview : alors même la décroissance des flux physiques est la seule manière de rendre le monde "soutenable" (puisque les flux actuels nous mènent à l'effondrement - "collapse" en anglais), Meadows explique qu'il ne faut pas promouvoir la décroissance en tant que telle, car nous ne savons pas bien désirer moins.
"Moins" (de pression sur l'environnement) doit donc être le codicille de "plus" (de bonheur à relativement court terme) associé à la même action, et c'est ce "plus" qui doit être promu, pas le moins. C'est notamment pour cela que toute action demande une réflexion préalable qui est très importante.
Meadows reste un remarquable pédagogue (The Limits to Growth était aussi un monument de pédagogie). Le propos est précis, et l'interview s'écoute avec plaisir. Un must !

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date: '2021-11-27T15:37:36'
li-id: 6870385111758598144
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title: CHANGE_ME 480
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C'est un point que nous avions déjà identifié dans Le Plein s'il Vous Plait (https://lnkd.in/gkcMgu5 ), qui était pourtant un plaidoyer en faveur de la mise en place d'une taxe carbone : le but de cette fiscalité est paradoxalement... de faire disparaître son assiette.
Si une taxe carbone s'applique aux carburants, c'est bien pour dissuader nos contemporains d'en consommer trop, et même faire en sorte qu'ils en consomment de moins en moins, jusqu'à plus du tout. A ce moment les recettes fiscales liées à la taxe carbone... deviennent nulles.
C'est très exactement ce qui est en train d'arriver - à petite échelle pour le moment - aux Norvégiens, donc le parc thermique ne se renouvelle quasiment plus. Dans ce cas précis, il y a à la fois des recettes fiscales qui baissent (la consommation de carburant baisse) et des dépenses fiscales qui augmentent (les subventions aux véhicules électriques).
On ne va pas pleurer sur le sort d'un état qui s'est considérablement enrichi en vendant son pétrole à l'exportation (un modèle économique que l'on peut difficilement qualifier de vertueux sur le plan du climat !), par contre ce qui s'y passe nous invite à bien réfléchir à la façon dont nous voyons la fin de l'histoire (fiscale) si nous voyons dans la taxe carbone le principal levier d'action contre le changement climatique (ce qui n'est pas mon cas sinon on ne ferait pas le plan de transformation de l'économie française au Shift Project - https://lnkd.in/dNARPrU ).
Cela signifie qu'une taxe carbone ne doit pas être vue comme une recette fiscale pérenne : elle n'est là que le temps de contraindre la consommation des combustibles fossiles à la baisse, mais ensuite elle ne contribuera plus à l'équilibre budgétaire du pays. C'est une des raisons pour lesquelles il est pertinent de la relier, dans le plan d'ensemble, à des dépenses qui seront elles aussi transitoires.
Sinon, il se passe ce qui se passe classiquement en pareil cas : devenant un impôt de rendement, elle devient indispensable à l'équilibre (ou ce qu'il en reste) budgétaire, et l'Etat lui-même n'a aucun intérêt à la faire baisser, donc aucun intérêt à limiter la consommation de combustibles fossiles....
Le mécanisme fiscal qui était censé faire baisser une nuisance se transforme alors en garant de la pérennité de la nuisance en question ! Cela ne signifie pas que la taxation du carbone soit sans intérêt. Mais il faut se garder d'en faire l'axe unique, voire principal, d'une politique climatique (notamment parce qu'elle ne dit pas quoi faire en remplacement aux consommateurs finaux, alors que l'expérience montre que ces derniers doivent avoir accès à des alternatives qui se préparent). Cela ne peut pas être autre chose qu'une mesure parmi d'autres, avec son intérêt et ses limites.

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date: '2021-11-27T11:07:40'
li-id: 6870317183247884288
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_epargne-3-outils-ludiques-pour-mesurer-activity-6870317183247884288-WeVa
title: CHANGE_ME 481
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Si vous avez de l'épargne placée en obligations ou en actions, il y a toutes les chances que vous ne sachiez pas exactement quels sont les états ou les entreprises que cela finance. Par exemple, l'argent placé via un contrat d'assurance vie (qui regroupe pas loin de 70% de l'épargne financière des français) est ensuite utilisé pour acheter des actions (donc une partie du capital) ou des obligations (donc de la dette) de plusieurs milliers d'émetteurs.
Il est donc impossible à l'épargnant de savoir si son épargne finance des entreprises ou états qui sont sur la bonne trajectoire ou pas pour être en accord avec une limitation du réchauffement climatique à 2°C (ou à 3, ou à 2,8...).
3 outils vous proposent de faire le calcul pour vous. Les données utilisées et méthodes employées ne sont pas les mêmes, mais je peux au moins parler du 2è, Rift, puisque c'est Carbon4 Finance qui fournit les données qui permettent de faire les calculs d'empreinte carbone de l'épargne.
Le monde de la finance est suiviste. Au sens physique, il "suit" l'économie sous-jacente : il n'est pas possible au monde financier "d'inventer" de l'épargne bas carbone si l'économie sous-jacente ne l'est pas.
Et il est aussi suiviste au sens commercial : pour qu'il commence à comprendre ce qu'il faut pour éventuellement faire différemment, il faut que les épargnants, particuliers ou entreprises - d'où vient l'argent des gestionnaires d'actifs - tiennent compte "pour de vrai" de l'aspect climat dans les placements opérés, en allant éventuellement jusqu'à préférer quelque chose qui rapporte moins mais qui est moins carboné vs. quelque chose qui rapporte plus mais qui est plus carboné.
Ces applications qui permettent de "révéler" l'aspect climat des placements sont donc utiles pour alimenter la deuxième motivation. La première relève de la puissance publique et des consommateurs des entreprises sous-jacentes (même pendant le Black Friday...).

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date: '2021-11-26T07:41:08'
li-id: 6869902818325602304
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title: CHANGE_ME 482
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Dans le monde politique, l'arbitrage entre croissance et décroissance (économique) est souvent présenté comme relevant uniquement de notre choix. "Il est impensable de ne pas avoir de la croissance" disent les un(e)s, car cela est nécessaire pour maintenir le progrès social et réduire les inégalités.
Il est nécessaire d'avoir de la décroissance, disent les autres, car il est impératif de revenir dans les limites planétaires, et cela ne peut se faire en augmentant la taille du PIB.
Croissance ou décroissance, alors ? Dans cette courte interview publiée sur Novethic, je tente d'expliquer que si l'on regarde les flux physiques, et leur "marqueur agrégé" qu'est l'énergie, le débat semble hélas tranché : la décroissance est déjà bien là, de manière larvée. Et, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il y a toutes les chances pour qu'elle s'amplifie dans les décennies à venir.
Rien de tout cela n'est très neuf sous le soleil. Il y a désormais quasiment 50 ans, une équipe de dynamiciens des systèmes du MIT avait montré en quoi des flux productifs ne pouvaient pas augmenter indéfiniment sur une planète finie : https://lnkd.in/ev4N-EA, et, après une phase d'expansion, notre humanité industrielle était inexorablement vouée à se contracter.
Rien n'est très neuf non plus en ce qui concerne notre difficulté à nous faire à cette idée, parce que nous ne sommes pas câblés pour appréhender une limite globale, mais juste une limite locale, toujours considérée comme dépassable : https://lnkd.in/dc4MX67T
Une des choses qui n'aide pas, c'est que même dans le domaine environnemental les visions de l'avenir considèrent la croissance comme une évidence, les seules marges de manoeuvre relevant alors de mesures strictement techniques. C'est notamment le cas des scénarios d'émission de gaz à effet de serre utilisés dans les modélisations du GIEC, qui sont faits par des économistes, et qui supposent tous un PIB croissant d'ici à 2100 (https://lnkd.in/dM4AQhVd ).
Ce "renversement des priorités" (la physique passe avant nos souhaits et non après) va nous couter cher. Il est désormais de la responsabilité de ceux qui aspirent à gérer les affaires communes d'intégrer cet élément dans leur raisonnement. Cela passe par le fait d'avoir une boite à outils adaptée, et cela est du ressort de tous ceux qui théorisent l'économie. Il est urgent de mettre un peu de "jus de cerveau" dans la réponse à la question suivante : comment gérer au mieux une société à moyens physiques décroissants ?

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date: '2021-11-25T08:50:57'
li-id: 6869557998675615744
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title: CHANGE_ME 483
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Du sens plutôt que des sous : cet arbitrage n'est pas nouveau chez les jeunes diplômés du supérieur, sinon pas un seul d'entre eux ne serait allé dans la recherche !
Ce qui est nouveau, par contre, c'est que dans "le sens" on trouve désormais, de manière croissante, la question du climat, ou plus exactement l'envie de contribuer à ce que la dérive climatique ne nous fasse pas trop mal.
C'est évidemment une très bonne nouvelle qu'une partie de la jeune génération ait cette "envie d'en découdre", et c'est l'essentiel du propos de cet article (assez bien fait). Mais il mentionne aussi un élément qui est lui bien moins "positif" : le fait que l'enseignement des établissements du supérieur continue à préparer ces jeunes adultes au monde d'hier au lieu de les préparer au monde de demain.
Cette situation est contraire non seulement aux aspirations d'une fraction croissante des élèves, mais aussi aux intérêts de notre pays. Tout le monde va devoir se décarboner un jour ou l'autre, climat ou pas climat, parce que les combustibles fossiles sont épuisables.
En Europe, la baisse subie pour causes géologiques de l'approvisionnement en pétrole, gaz et charbon a déjà commencé. Dans ce contexte, délayer plus outre la mise en ordre de marche de nos ressources - l'intelligence et les compétences - est aussi une erreur managériale, et un affaiblissement de notre position sur la scène internationale.
Il serait temps que les directeurs d'établissements (à commencer par celui de Polytechnique !) comprennent que plus ils tardent à mettre dans l'enseignement de quoi rendre mes vidéos inutiles, moins ils sont au rendez vous de l'histoire.

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date: '2021-11-24T19:07:12'
li-id: 6869350697268195328
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title: CHANGE_ME 484
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A une semaine de décembre, après plus de 2 mois d'automne - avec un temps normalement plus pluvieux que l'été - on pourrait se dire que l'état de sécheresse n'est - heureusement - plus qu'un lointain souvenir, au moins en attendant la suivante.
Sur tout l'ouest américain, il n'est est rien : https://lnkd.in/dQVN83A L'état de sécheresse reste "exceptionnel" sur une large partie du pays, même si ca va un peu mieux.
La situation européenne n'est pas aussi critique mais il reste des zones à l'est et au sud qui auraient bien besoin d'un bon bain... dont une large partie de la Corse, et de l'Italie : https://lnkd.in/dVSFZAgX
La dérive climatique est un processus au long cours. Si les sols sèchent un peu plus vite (voire beaucoup plus vite) l'été, avec des précipitations d'hiver simplement constantes (sans même parler de baisse), on se retrouve à l'arrivée avec une humidité de la terre qui baisse structurellement.
Les pluies intenses en 24h ne sont malheureusement pas équivalentes à des pluies moins intenses et plus fréquentes : les trombes d'eau ne s'infiltrent que très partiellement, et alimentent directement les rivières et s'évacuent vers la mer, plutôt que les sols et les nappes.
Rappelons que, malheureusement, l'assèchement des sols sera une des conséquences importantes du changement climatique, et s'effectuera notamment dans des zones très cultivées, ou bien recelant des écosystèmes riches (Amazonie) ; voir graphique en commentaire. L'adaptation aux moyennes latitudes, on sait déjà que ce sera gérer des sols plus secs en moyenne.

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date: '2021-11-24T07:19:39'
li-id: 6869172635750694912
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title: CHANGE_ME 485
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L'émission Zoom Zen de la RTS (Radio Télévision Suisse) s'intéresse à l'énergie et à une certaine BD qui en parle.
Je ne sais pas où en est l'approvisionnement des librairies suisses,
mais en France on tanne un peu l'éditeur pour qu'il s'occupe de la chose !
NB : le contenu carbone d'un livre - car la question m'a été posée - est significativement inférieur à celui de tout objet électronique, d'un vêtement, d'un bijou, et même d'un repas au restaurant avec de la viande de boeuf. Je n'ai pas le calcul pour une BD, mais pour un livre broché ordinaire c'est environ 1 kg de CO2. On peut donc, à la condition d'être un ascète parfait, qui ni ne mange, ni ne se déplace, ni ne se chauffe, ni n'achète quoi que ce soit d'autre, en lire 2000 dans l'année et être toujours compatible avec la cible à 2040 :).

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date: '2021-11-23T18:29:44'
li-id: 6868978880414273536
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_invitation-d%C3%A9carbonons-la-sant%C3%A9-pour-activity-6868978880414273536-zjbP
title: CHANGE_ME 486
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Du changement climatique dans l'appareil de soins ? Meuh non, le système de santé est fait pour nous garder... en bonne santé, et ne saurait donc, directement ou indirectement, porter atteinte à cette dernière en allant sournoisement aggraver la dérive climatique pendant que nous avons le dos tourné.
C'est pourtant un peu ce qui se passe, au corps défendant (ou ignorant plutôt) des entités concernées, quand on sait qu'environ 8% de l'empreinte carbone du pays vient de l'ensemble des établissements - et de leurs fournisseurs - qui s'occupent de nos plaies et bosses.
Mauvaise nouvelle donc : comme le reste de nos activités, celles qui visent à nous prémunir des petites bêtes et des grosses tuiles sont aujourd'hui massivement dépendantes des combustibles fossiles.
Car fabriquer (puis transporter) un scanner, un antibiotique, une seringue ou un bloc opératoire, transporter un malade ou sa famille, chauffer un établissement de soins ou nettoyer des draps, sans parler de nourrir les personnes hospitalisées et celles qui en prennent soin, cela demande aujourd'hui force pétrole, gaz et charbon, et engendre des émissions de gaz à effet de serre.
Comment se présente la situation dans le détail ? Et comment "aligner" le secteur sanitaire avec la baisse de 5% par an des émissions que nous devons respecter pour ne pas franchir 2°C de réchauffement climatique ?
The Shift Project vous convie à un webinaire de présentation, Jeudi 25 novembre à 18h, de nos propositions sur ce secteur majeur, à la fois sous l'angle "humain" et économique.
Pour les journalistes, nous proposons une conférence de presse le 25 novembre à 9h30 (modalités d'inscription sur la page en lien associé à l'image).
Si vous faites partie du secteur et souhaitez une présentation "personnalisée" (essentiellement pour pouvoir discuter en détail les propositions), vous pouvez contacter léquipe du projet à sante@theshiftproject.org
Désormais vous saurez que même l'expression "va te faire soigner" est une invitation à émettre !

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date: '2021-11-23T07:43:32'
li-id: 6868816258180116480
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_les-anti-black-friday-haussent-le-ton-activity-6868816258180116480-0Bf6
title: CHANGE_ME 487
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Dans quelques jours aura lieu le Black Friday. Après la "marchandisation" - très ancienne - de Noel, des mères, des pères, des grands-mères (à quand la fête des beaux-frères et celle des oncles par alliance ?), des amoureux (la Saint Valentin) ; après les soldes, voici donc le "Vendredi noir", où si vous ne vous précipitez pas sur tout ce qui peut s'acheter c'est que vous n'avez rien compris à la vie ou presque.
Les Echos évoquent la création d'un collectif de marques qui considèrent que le meilleur Black Friday est... pas de Black Friday. C'est une évidence que, si nous voulons baisser de manière gérée la pression sur l'environnement (l'autre alternative étant qu'elle baisse "toute seule" à l'occasion de crises découlant du franchissement temporaire des limites planétaires), il va falloir consommer moins.
Si nous voulons vraiment "make the planet great again", il ne serait pas déplacé que ce jour là nous ayons un discours présidentiel nous invitant à la modération, nous expliquant où nous en sommes par rapport aux limites planétaires (car c'est le job d'un président de faire cela, et pas celui d'une ministre de l'environnement) et nous poussant à nous demander ce qu'est un vrai besoin.
L'essentiel du temps, nous nous rendrons compte que, à notre petite échelle, nous sommes tous des Elon Musk. Nous voulons tous "un peu plus" que ce que nous avions, un truc nouveau, et qui, l'essentiel du temps, ne correspond pas vraiment à un besoin vital, mais juste à un désir solvable. La dernière télé 4K ou un petit tour dans l'espace obéissent aux mêmes pulsions.
Est-ce à dire que ce serait la fin de l'économie ? Bien sur que non. L'inverse de l'excès consumériste n'est pas "rien du tout". Il est heureux que quelques entités économiques acceptent à tout le moins de tenir ce discours.

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date: '2021-11-22T08:09:21'
li-id: 6868460367480160256
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_jusqu%C3%A0-maintenant-nous-pensions-tous-que-activity-6868460367480160256-pAPW
title: CHANGE_ME 488
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Jusqu'à maintenant, nous pensions tous que de rouler en voiture à essence n'était pas bon pour l'environnement. Mal informés que nous étions, nous nous trompions ! Heureusement Fuel For Planet est arrivé pour rétablir la vérité : en fait plus nous roulons en voiture à essence, plus nous sauvons la planète !
Ce distributeur de carburant écrit ainsi sur son site (https://fuelforplanet.com/ ) :
"Parce que la majorité des véhicules en circulation fonctionne à l'énergie fossile, et pour encore longtemps, se déplacer contribue inexorablement au réchauffement climatique (...) Nous, on a décidé d'innover pour concilier liberté de déplacement et impact positif sur l'environnement. Alors, on s'est mis à rêver : et si nous nous engagions à lutter contre le réchauffement climatique en faisant notre plein d'essence ?" (c'est beau non ? j'en ai presque les larmes aux yeux).
"Choisir Fuel For Planet (...) c'est continuer à assurer ses déplacements essentiels tout en luttant au quotidien contre le réchauffement climatique".
Transformer le plein en action contre le changement climatique, il fallait oser. Prétendre que payer un centime de plus au litre permet "d'annuler" son impact sur l'environnement, il fallait oser aussi.
Bien évidemment, le début de l'affirmation inexacte est la notion même de "compensation". Cette dernière n'a pas de fondement scientifique : https://lnkd.in/db7JzB2q
Il est évidemment souhaitable de financer des actions qui visent à augmenter les puits terrestres de carbone (agroforesterie, plantations, etc) mais en aucun cas cela ne "compense" les émissions qui ont lieu par ailleurs.
L'affirmation de fuel for planet est du même tonneau (c'est de circonstance) que si on disait "buvez en toute tranquillité, car plus vous buvez, plus on pourra collecter d'argent pour soigner les malades de la cirrhose".
Si les propriétaires de jets privés vont faire le plein chez eux, ce seront alors - de très loin - les plus gros bienfaiteurs de l'environnement : est-il prévu de faire une piste d'atterrissage à côté de chaque pompe de ce distributeur ?

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date: '2021-11-21T11:34:26'
li-id: 6868149591280234496
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_%C3%A9lectricit%C3%A9-nucl%C3%A9aire-que-font-les-usa-activity-6868149591280234496-z6Yn
title: CHANGE_ME 489
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Chez nous, la situation sur le nucléaire a récemment évolué : de "bête à abattre partiellement" (situation incarnée par l'objectif de limiter le nucléaire à 50% de la production électrique, la fermeture de Fessenheim et l'arrêt d'Astrid), ce mode de production de l'électricité (et dans certains pays, de chaleur, au travers de la cogénération qui peut aussi se faire avec du nucléaire) redevient "dans le vent" (sans mauvais jeu de mots !).
Nous avons souvent tendance à raisonner sur le nucléaire comme s'il n'y en avait que chez nous. Si Flamanville coute cher, alors le nucléaire est cher. Si nous avons moins de centrales, alors il y en a moins dans le monde. Si nous n'en construisons pas, alors les autres n'en construisent pas.
Mais en fait la situation n'est pas du tout homogène dans le monde. Pour nous permettre d'y voir clair, Les Shifters proposent un panorama de ce qui se passe ailleurs sur la planète.
L'épisode du jour concerne le continent américain, du nord au sud. Au nord, royaume du marché, c'est l'économie qui commande. Cela rend très compliquée la (sur)vie d'un système qui demande un pilotage stable sur le long terme.
Lorsque le pétrole était cher (et que l'on pensait que ca serait durablement le cas), des réacteurs ont été construits en masse. Maintenant que le gaz ne vaut rien (et le CO2 non plus), le renouvellement du parc - sans parler de son accroissement - est tout sauf assuré (la note des shifters ne prend pas position sur le fait que ce soit souhaitable ou pas : elle décrit juste ce que l'on observe aujourd'hui).
Le sud se partage en deux sous-ensembles qui ont des ambitions opposées.
Vous pouvez retrouver les trois épisodes précédents de ce panorama du nucléaire dans le monde (Europe - URSS + Asie de l'Est - Afrique et Océanie) ici : https://lnkd.in/d_PBUBSd
Bonne lecture !

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date: '2021-11-20T15:46:41'
li-id: 6867850682314088448
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_chaque-ann%C3%A9e-20-%C3%A0-30-millions-dhectares-activity-6867850682314088448-Btw9
title: CHANGE_ME 490
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Chaque année, 20 à 30 millions d'hectares de couvert arboré disparaissent de la surface de la planète, si l'on en croit ce graphique réalisé par Les Echos à partir des données de Global Forest Watch (https://lnkd.in/eK_PcByY ).
Cette manière de compter, qui donne un résultat 4 à 5 fois supérieur à celui de la déforestation seule, inclut aussi les arbres qui sont coupés lors de l'exploitation normale des forêts, ceux qui brûlent, et ceux qui sont supprimés lors de cultures itinérantes (mais qui peuvent éventuellement repousser ensuite). Cela explique pourquoi la Russie arrive avant le Brésil : les incendies majeurs y sont désormais fréquents à cause du réchauffement climatique.
L'Union Européenne discute actuellement d'un règlement qui a pour objet d'interdire l'importation de certains produits agricoles ou forestiers (soja, bois, cacao, café, huile de palme, boeuf) ou dérivés (cuir et ameublement) s'ils sont issus de surfaces récemment déforestées (après décembre 2020) : https://lnkd.in/edaCPm4w (rappelons qu'un règlement est d'application immédiate après adoption par le parlement et le conseil et n'a pas besoin d'une transposition dans le droit national des Etats membres).
Pour cela il faut une traçabilité depuis la parcelle, et de la visibilité sur l'évolution de cette dernière. Avec les observations par satellite (pour lesquelles l'Europe dispose de son propre système) ce dernier point est devenu relativement "facile", car l'observation depuis l'espace permet désormais de se faire une bonne idée de l'évolution du couvert forestier.
La traçabilité des produits agricoles depuis l'exploitation - donc la parcelle - est normalement aussi déjà effectuée, mais cela posera peut-être quelques problèmes (et de multiples tentatives de fraude) dans les pays qui sont directement visés, où la déforestation est malheureusement trop souvent encouragée, ou tolérée, par les autorités.
Il n'en reste pas moins que ce premier pas est une bonne nouvelle. Rappelons que la déforestation cause 10% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde (la moitié des émissions des centrales à charbon ; autant que voitures et camions réunis), sans parler de la perte de biodiversité.
Espérons que d'autres importateurs nous emboiterons rapidement le pas !

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date: '2021-11-19T07:03:40'
li-id: 6867356676182294528
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_nouveau-rapport-du-shift-project-sur-la-d%C3%A9carbonation-activity-6867356676182294528-Q5TQ
title: CHANGE_ME 491
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Que faut-il fabriquer comme voitures dans un monde bas carbone, et combien ?
Rien du tout diront les uns. La voiture ca pue, ca pollue, ca occupe trop d'espace, ca nous rend inactifs donc en mauvaise santé, c'est trop lourd et consomme trop de matériaux, et tout cela la condamne à terme, électrique ou pas, dans un monde neutre en carbone et sobre en ressources non renouvelables.
Autant qu'aujourd'hui diront les autres : pensez donc aux emplois, aux familles loin de tout qui n'ont ni transport en commun ni la possibilité d'utiliser des vélos, aux progrès technologiques qui vont permettre de "neutraliser" tout ca question CO2, au recyclage qui nous allègera la contrainte métaux, et à la préférence de nos concitoyens pour le pavillon de banlieue qui demande du transport individuel.
Concilier ces deux points de vue est-il possible ? Complètement, sûrement pas. Dans le cadre du plan de transformation de l'économie française, The Shift Project vous présente le compromis que nous proposons pour cette filière industrielle qui est l'une des principales que nous avons encore sur notre sol.
Ce travail a été mené, comme les autres propositions sectorielles du PTEF, par des personnes qui ont longtemps travaillé dans le secteur, et qui connaissent bien ce dernier de l'intérieur. Il boucle évidemment avec les autres travaux menés dans le cadre du PTEF, sur l'industrie lourde ou l'énergie. Enfin il s'agit bien de propositions, non d'une prévision ou d'un travail de pure analyse prospective.
9 pages de synthèse ou 148 pages de rapport vous attendent, selon votre degré de curiosité et le temps dont vous disposez. En voiture !

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date: '2021-11-18T07:52:41'
li-id: 6867006623953494016
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-monde-sans-fin-editions-dargaud-activity-6867006623953494016-EW20
title: CHANGE_ME 492
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Christophe Blain superstar au pays d'Hergé et de Geluck : c'est ce qui s'est produit il y a une grosse semaine, avec notre BD qui a non seulement été présentée en détail à la RTBF (sans les auteurs, ce qui est plus une exception que la règle à la télévision), mais qui en plus était à gagner lors de l'émission.
Avec auteur(s), par contre, voici quelques passages media récents :
- Christophe Blain sur France Inter dans l'émission Popopop d'Antoine de Caunes : https://lnkd.in/dw6b9FH2
- votre serviteur sur Europe 1 à la matinale week-end de Frédéric Taddeï : https://lnkd.in/dKMj_uBZ
- votre serviteur sur France Bleu dans l'émission Planète Bleu : https://lnkd.in/dCG6brPy
Si vous envisagez d'en offrir pour Noël un exemplaire à vos clients (qui resteront vos clients après, j'ai testé), vos salariés (qui normalement ne démissionneront pas dans l'heure après ca), ou tout autre sous-ensemble de la population mondiale, les réimpressions sont en cours. Pensez au besoin à mettre 1 tablette de chocolat dans le paquet cadeau (le chocolat est un antidépresseur reconnu :) ).

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date: '2021-11-17T18:28:07'
li-id: 6866804146943623168
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_les-chants-des-oiseaux-en-voie-de-dispara%C3%AEtre-activity-6866804146943623168-HC17
title: CHANGE_ME 493
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En 1962 la biologiste américaine Rachel Carson écrivait le livre "Silent Spring", où elle s'inquiétait (et plus encore) de la disparition possible des oiseaux à cause de l'usage du DDT qui fragilisait les coquilles de leurs oeufs.
60 ans après, sa "prophétie" s'est malheureusement concrétisée. Certes le DDT fut interdit en 1972 et ce n'est pas cette molécule qui a commencé à causer l'effondrement des populations, mais, dans les pays des moyennes latitudes, d'autres molécules utilisées contre les insectes s'en sont chargées, en privant les bêtes à plumes de nourriture (les insectes).
D'autres pressions sont venues se rajouter (les chats domestiques, les chasseurs, et la perte d'habitats). Une étude (de plus ; lien dans l'article du Monde), basée sur des centaines de milliers d'enregistrements de chants, vient en attester.
Sachant que les insecticides sont utilisés pour augmenter le rendement des cultures, donc avoir des aliments moins chers, la question est de savoir ce que pèse un loriot ou un roitelet face au prix des produits agricoles. La réponse aujourd'hui est pas bezef...

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date: '2021-11-17T17:34:49'
li-id: 6866790732204658688
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_toulouse-projection-transition-un-festival-activity-6866790732204658688-Yrlr
title: CHANGE_ME 494
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Dans le cadre du Festival Projection Transition - https://lnkd.in/d8_mb48m - Les Shifters de Toulouse ont eu les honneurs de France 3.
Rappelons que l'édition toulousaine de ce festival (organisé simultanément sur Paris, Nantes et Toulouse) consiste à offrir aux salariés de la filière aéronautique - euh pardon aux habitants de Toulouse :) - 3 jours de projections de films suivies de débats avec des personnes ayant une activité en rapport avec le thème traité (qui est nécessairement un peu lié au sujet climat).
Toute la programmation et les noms des intervenant(e)s sont là : https://lnkd.in/dpTCZRPh
alexandre barré, le président des Shifters, participera à un des débats (mais je ne vous dis pas lequel, on va faire Pâques hors saison et vous laisse chercher dans quel oeuf il se cache !).

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date: '2021-11-17T10:06:45'
li-id: 6866677973567713280
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_festival-de-cin%C3%A9-d%C3%A9bat-projection-transition-activity-6866677973567713280-_myL
title: CHANGE_ME 495
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Si vous êtes intéressé par le rapport de l'humain à la nature, l'état de l'océan, l'engagement de la jeunesse en matière d'environnement, la responsabilité des entreprises dans l'action collective, la pertinence de l'écologie radicale ou le rôle des media dans l'information environnementale, que vous aimez le cinéma, et que vous avez la chance d'habiter à Nantes, Les Shifters ont pensé à vous.
Du 19 au 21 novembre prochains, ils ont organisé un festival de "ciné-débats" intitulé "Projection Transition", où chaque film projeté - qui se rapporte à un des thèmes ci-dessus - est suivi d'un débat avec des intervenant(e)s qui sont évidemment pertinent(e)s pour le thème traité.
Le lien pour la description des films, séances et intervenant(e)s est dans l'image ci-dessous ; la billetterie (car il faut quand même réserver la salle et payer la location de la copie !) est là : https://lnkd.in/dFvxCZ4Z
A vos vélos ! (pour y aller évidemment ; la météo dit qu'il ne pleuvra pas :) )

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date: '2021-11-16T11:11:50'
li-id: 6866331964144660480
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_carbone-4-nous-rejoindre-activity-6866331964144660480-R3Id
title: CHANGE_ME 496
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75% des français font de la question climatique un enjeu politique prioritaire selon un sondage publié aujourd'hui par Les Echos (nonobstant le titre) : https://lnkd.in/dRxEhx-X
A Carbone 4 nous ne faisons pas de politique, mais nous faisons assurément du climat. 16 offres sont actuellement à pourvoir chez nous (dont 4 sont détaillées ci-dessous) si vous vous sentez en phase avec ce sentiment général de nos concitoyen(ne)s (ce qui est plutôt notre cas, on va dire...). A vos CV si cela vous intéresse !

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date: '2021-11-16T09:21:43'
li-id: 6866304251199574016
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_assessing-global-long-term-eroi-of-gas-a-activity-6866304251199574016-1bAS
title: CHANGE_ME 497
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La Belgique a décidé de remplacer ses réacteurs nucléaires par un mélange de renouvelables et de centrales à gaz. L'Espagne a construit un parc de production comportant, pour des capacités installées à peu près équivalentes, de l'éolien et des centrales à gaz. L'Allemagne veut sortir du nucléaire avec en face une augmentation du parc de centrales à gaz, pour garder une puissance pilotable à peu près constante.
Ces décisions sont à l'évidence contre-productives sur les émissions de CO2, qui augmentent (Espagne, Belgique à venir) ou ne baissent pas vite (Allemagne), parce que le gaz est une énergie fossile.
Mais une question que personne ne semble se poser est : y aura-t-il du gaz ? Car cette ressource n'est pas plus renouvelable que le pétrole, et fera donc l'objet, comme pour le pétrole, d'un pic de production dans le monde.
La production mondiale, explique un article publié en août dernier, passerait par un maximum peu après celle de pétrole (c'est ce que j'ai toujours entendu depuis que je m'intéresse au sujet). Mais, comme pour le pétrole, il faut aussi utiliser de l'énergie pour exploiter un gisement de gaz.
Selon les auteurs de cet article, cette "énergie nécessaire pour extraire l'énergie" passerait de 5% à 23% du gaz extrait entre 2020 et 2050. Cela avance le pic de 5 à 10 ans, et surtout le met significativement plus bas. C'est en effet ce qu'il reste après déduction de l'énergie d'extraction qui est disponible pour faire tourner les "machines à gaz" (dont les centrales électriques).
Après l'extraction, vient le transport. Comme le gaz est gazeux (merci La Palisse) à température et pression ordinaires, il contient sous cette forme mille fois moins d'énergie par unité de volume que le pétrole. Or, le transport du gaz ou du pétrole, c'est consacrer de l'énergie (celle du transport) à transporter... de l'énergie. Avec le pétrole on perd 2% au passage (en pétrolier ou oleoduc), avec le gaz c'est plutôt 10% à 15% par gazoduc et plus encore par méthanier. Du coup, alors que le pétrole est une énergie mondiale (parce que la déperdition due au transport est faible), le gaz est une énergie régionale à locale.
En Europe, il faut donc s'intéresser à 2 ou 3 sources de gaz dominantes dans l'approvisionnement :
- celle de la mer du Nord, qui est en déclin depuis 2005 (et la Norvège vient de passer son pic a priori, donc le déclin va s'accélérer dans les décennies à venir)
- la Russie, qui exportait des quantités à peu près constantes depuis 30 ans (et les gisements à développer sont situés à mi-chemin de l'Europe - qui aime bien dire aux Russes qu'ils font des choses pas bien - et de la Chine)
- l'Afrique du Nord, dont les capacités d'exportation sont en déclin depuis 10 ans (la production croit légèrement mais la consommation domestique croit plus vite).
Une centrale à gaz dure 40 ans. Donc la question est reposée : y aura-t-il suffisamment de gaz... assez longtemps ?

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date: '2021-11-15T07:49:09'
li-id: 6865918570879090688
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_climat-les-cop-sont-condamn%C3%A9es-%C3%A0-ne-jamais-activity-6865918570879090688-Gnun
title: CHANGE_ME 498
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François Gemenne propose, dans cette interview aux Echos, un point de vue sur les COP qui peut paraître désespérant, mais qui est en fait une invitation à l'action.
A quoi servent les COP selon lui ? A beaucoup de de choses, mais pas... à avoir un impact sur le climat, alors que la croyance populaire - trop souvent entretenue par les media - est justement que c'est "là que ca se passe" (je l'ai cru aussi avant d'aller y faire un tour, à Poznan en 2008 pour la première fois). De ce fait, il serait illusoire de considérer qu'il y aura un jour une "COP finale", après laquelle on pourrait poser le crayon et considérer que le problème climatique est résolu.
François Gemenne a malheureusement raison.
Tout d'abord, la Convention climat, placée sous l'égide des Nations Unies, ne crée pas un "chef du monde" apte à imposer ses décisions aux pays. Ces derniers sont souverains, et ne peuvent changer que par la force ou leur propre volonté. Le seul "chef du monde" des Nations Unies est le Conseil de Sécurité, qui n'a pas de compétences sur la question climatique (mais ca serait peut-être une bonne idée qu'il en ait...).
Il se trouve que les plus gros émetteurs sont aussi les plus puissants - avec la plus grosse économie ou la plus grosse armée (à cause du rôle de l'énergie), et donc ceux-là même qu'il est difficile ou impossible de faire plier par la force, celle des armes ou celle de l'économie.
Ne reste donc que leur propre volonté, qui est ce qu'elle est et est dictée par leur intérêt propre : une COP entérine donc ce que les émetteurs significatifs ont déjà décidé de faire par intérêt propre, mais rien de plus. Comme les énergies fossiles sont une drogue dure, ce cercle des carboniques anonymes va durer "un certain temps", comme disait Fernand Reynaud.
Ensuite, certains compartiments du système climatique vont continuer à dériver pendant des milliers d'années après arrêt des émissions (lequel arrêt n'est pas pour demain à 15h26). C'est notamment le cas pour l'océan et la cryosphère, et probablement aussi pour l'évolution de certains écosystème qui répondent avec retard aux conditions ambiantes. A mesure que le temps passera, la question de "l'adaptation" (terme impropre car plus le temps passera et plus l'adaptation s'appellera en fait subir) montera en puissance, et pourra nécessiter aussi un forum de discussion.
Il ne faut donc rien attendre d'autre des COP que des déclarations d'intention. Sauf pandémie bien plus méchante que le COVID ou chute d'un astéroïde (qui "détruirait" notre économie), le maintien de l'élévation de la moyenne planétaire sous 1,5 °C était déjà perdu avant la COP 26. On peut - et doit - évidemment le regretter, mais ce n'était pas à la COP de changer cela. C'est à nous, les citoyens-consommateurs, aux aux instances "proches" que constituent les représentations économiques, les collectivités locales et les états.

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date: '2021-11-14T17:22:51'
li-id: 6865700558230036480
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_cop26-les-engagements-climatiques-a-minima-activity-6865700558230036480-6ItY
title: CHANGE_ME 499
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Mark Carney (ancien gouverneur de la banque centrale de Grande Bretagne) a initié en avril dernier la Glasgow Financial Alliance for Net Zero (GFANZ), pour "financer la transition".
Cette "alliance" a publié le 3 novembre dernier un communiqué de presse affirmant que "le montant du financement engagé pour atteindre 1,5°C est maintenant à l'échelle nécessaire pour assurer la transition" (https://lnkd.in/dCVRCCxf ), avec 130.000 milliards d'actifs gérés par les entités (investisseurs, gestionnaires d'actifs, etc) qui participent à l'Alliance.
Super ! Le monde financier va donc s'organiser pour ne financer que les projets compatibles avec une trajectoire 1,5°C et pas les autres ?
En fait c'est un peu plus compliqué que cela : le monde financier déclare qu'il veut bien financer... l'action des gouvernements ! En effet, dans un "appel aux gouvernements du G20 pour passer à l'action" publié il y a peu (https://lnkd.in/d9-ngaux ), la GFANZ donne sa liste de courses en matière de cadre à mettre en place pour que la finance joue son rôle.
Il y en a pour tout le monde : les entreprises doivent publier des indicateurs, les gouvernements arrêter tel type de subventions, les banques centrales et régulateurs mettre un cadre clair, etc. Donc un premier codicille est que la finance veut bien financer... une action qui n'est pas décidée par elle.
Ensuite, explique (assez bien) cet article des Echos, les 130 trillions correspondent à des investissements dans l'économie actuelle, et non alignés avec 1,5°C. Rien ne dit que les membres de l'alliance pourront trouver de quoi les (dé)placer dans des projets compatibles 1,5 °C.
En fait c'est même l'inverse qui est certain : tant que l'économie mondiale est à 3°C, les actifs de cette économie sont en moyenne à la même température ! Et 130.000 milliards c'est beaucoup trop, comparé à la taille de l'économie, pour pouvoir trouver de quoi tout mettre sur du 1,5 °C. Et c'est bien parce que les investisseurs ne sont pas à même de changer la donne tous seuls que la GFANZ a commencé par demander un gros coup de main aux Etats...
"Les gestionnaires d'actifs rejoignent très vite ces alliances mais il n'est pas certain qu'ils comprennent ce que cela implique" fait remarquer une personne interviewée dans l'article. Cette phrase rejoint une tribune écrite il y a désormais quasiment 2 ans sur la validité des déclarations des acteurs du secteur financier : https://lnkd.in/gdEjKji
J'y plaidais pour que ces coalitions (à l'époque les Principles for Responsible Investing des Nations Unies) refusent tout signataire qui n'aurait pas pris pour lui-même un engagement vérifié de formation massive et de comptabilité carbone "au quotidien" déployée à large échelle. Cette demande est toujours d'actualité.

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date: '2021-11-14T10:46:01'
li-id: 6865600689633038336
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_jean-marc-jancovici-explique-pourquoi-le-activity-6865600689633038336-4ysg
title: CHANGE_ME 500
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Ils sont sympas chez RTL : ils m'ont laissé dire qu'il y avait un petit sujet climat avec le métier... de RTL :). Plus précisément, ma chronique d'hier a été consacrée à l'empreinte carbone du numérique (sujet sur lequel ceux qui ont suivi les travaux du Shift Project n'apprendront rien, mais je me suis dit que la totalité des auditeurs de Calvi et Ruquier n'étaient pas nécessairement dans ce cas).
RTL fait désormais partie, aujourd'hui, de cette galaxie numérique : tout ce qui permet à un studio de radio de fonctionner, c'est du numérique. Tout ce qui permet aux auditeurs d'écouter (radios, téléphones, ordinateurs...), c'est du numérique ; tout ce qui permet à la voix et à l'image de transiter entre le studio et les auditeurs (réseau de télécom) c'est du numérique ; toute la publicité affichée sur le site Internet de RTL qui lui fournit une partie de son financement, c'est du numérique.
Et donc, je suis déjà content d'avoir pu dire sur une radio qui vit de la publicité (notamment payée par les opérateurs de téléphonie) qu'il fallait acheter le moins d'électronique possible. Ca ne pèsera pas lourd face au message inverse qui sera répété bien plus souvent, mais on va dire que c'est mieux que rien !

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date: '2021-11-13T16:27:46'
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title: CHANGE_ME 501
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Prenez (aujourd'hui) l'avion tranquilles, puisque (en 2050) ils s(er)ont neutres ! Easyjet s'engage donc à vous accueillir à bord d'avions sans CO2 dès que ces derniers existeront. Alors ca c'est une promesse qui engage !
Cette pub repérée dans Les Echos me conduit à vous faire les promesses suivantes, et que le Diable m'emporte en enfer si je ne les respecte pas :
- dès que je cours plus vite qu'Ushain Bolt je m'engage à participer aux jeux olympiques,
- dès que j'ai autant d'argent qu'Elon Musk je m'engage à acheter l'Amazonie pour la préserver,
- dès que je suis reçu à l'Académie française je m'engage à ne plus faire de fautes d'orthographe,
- et dès que j'ai les députés LREM au téléphone je leur demande pourquoi ils étaient contre interdire ce genre de pub dans la loi énergie-climat !

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date: '2021-11-13T12:32:19'
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title: CHANGE_ME 502
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Pendant longtemps le charbon a été considéré, à tort, comme une énergie du passé dans le discours public hexagonal. Cela était en fait plutôt logique si l'on se basait sur le cas de la France, où la dernière mine a été fermée en 2004, après une production qui a culminé à la fin des années 1950.
Mais cela n'a jamais été le cas pour l'humanité dans son ensemble, puisque la production mondiale a augmenté de 60% entre 2000 et 2019 (en 2020 elle a baissé). Ce phénomène a essentiellement pris place en Asie (qui utilise les 3/4 du charbon mondial), et plus encore en Chine, qui consomme à elle seule la moitié de ce combustible solide (qui provient pour l'essentiel de ses mines, mais la Chine est aussi le premier importateur mondial de charbon, aux 2/3 en provenance d'Australie et d'Indonésie).
Même si cela n'a toujours pas permis d'inverser la tendance, il faut au moins saluer le fait que désormais la presse a remis cette énergie à sa juste place, c'est à dire au centre du système électrique mondial (plus d'un tiers de la production électrique).
Ce combustible est aussi au centre de nos émissions de CO2, que ce soit dans les émissions annuelles (il contribue actuellement à plus d'émissions que le pétrole) ou en vision cumulée depuis 1860 (où il arrive juste devant... la déforestation).
Il est enfin au centre de la hausse des émissions, puisque de 2000 à 2020 les émissions de CO2 dues au charbon ont augmenté - en valeur absolue - deux fois plus que celles du suiveur immédiat, le gaz (dont les émissions ont par ailleurs augmenté de 60% dans le monde).
Petit problème : une centrale à charbon vit 40 ans. Donc si nous voulons viser la neutralité mondiale en 2050, non seulement il ne faut plus ouvrir une seule centrale à charbon aujourd'hui, mais nous avons 30 ans pour envoyer à la ferraille toutes celles qui existent.
Ces dernières représentent une puissance installée de plus de 2000 GW, soit environ un tiers de la puissance électrique mondiale. Sachant que le monde moderne est incapable de se passer d'électricité pour fonctionner "normalement" (sans électrons, adieu argent, communications, justice, forces de l'ordre, fonctionnement des bâtiments et des transports, et j'en passe) et que l'immédiat prime toujours sur l'avenir, il va falloir plus que des déclarations d'intention pour arriver à s'en débarrasser dans les délais.
Et nous n'avons aucune chance d'y arriver dans les délais en nous bouchant le nez sur le nucléaire. En prenant position contre la possibilité de développer en Europe une filière nucléaire vigoureuse, l'Allemagne, le Luxembourg, l'Autriche, le Danemark, et le Portugal (https://lnkd.in/dd7N9heR ) viennent de se faire avant tout les alliés du charbon, et non avant tout des ENR. Ne nous y trompons pas.

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date: '2021-11-13T09:51:26'
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title: CHANGE_ME 503
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Chacun son tour : Christophe Blain célèbre à sa manière le 11 novembre en donnant une interview à Paris Normandie à propos du "Monde sans Fin". La réponse à la première question vous permettra de comprendre que c'est à lui que l'on doit le titre et pourquoi !

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date: '2021-11-12T15:02:55'
li-id: 6864940565331492864
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title: CHANGE_ME 504
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Dans la série "il vaut parfois mieux en rire qu'en pleurer", le Gorafi propose un bilan de la COP qui en vaut bien un autre... et qui, hélas, est en plus relativement exact.
Rappelons que la seule COP qui ait vraiment produit des résultats est celle de Copenhague, où sont nés les 2°C de limitation de la température, le fonds vert, la clause de dommages, et en fait toutes les dispositions de l'accord de Paris. Et ces résultats ont été obtenus parce que cette COP très particulière a été le théâtre d'une espèce d'OPA du G20 sur les Nations Unies pendant la nuit du Jeudi au Vendredi de la 2è semaine.
Ironie de l'histoire, cette COP unanimement qualifiée d'échec a été en fait la seule disruptive. L'avis du Gorafi sur la COP 26 en vaut donc bien un autre, et n'est peut-être pas le plus inapproprié qui soit !
Si nous voulons que cela change, c'est devant notre porte qu'il faut commencer à agir, car le processus onusien de la Convention Climat n'est en fait pas piloté par un chef (le président de la COP distribue la parole, mais ne propose pas de projets de résolutions rédigés de son propre chef, un peu comme le ferait un syndic de copropriété). La COP entérine ce que les états adhérents au traité disent être prêts à faire.
La COP sera donc réussie le jour où les Etats participants auront l'absolue certitude que le problème est en train de se régler chez eux à la bonne vitesse. D'ici là, il serait dangereux de faire d'une "COP réussie" le seul signal qui déclenche le passage à l'action.

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date: '2021-11-12T09:59:06'
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title: CHANGE_ME 505
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Depuis maintenant plusieurs années, Carbon4 Finance implémente une méthode dénommée Carbon Impact Analytics, qui permet d'analyser, une par une, des milliers d'entreprises et de pays pour évaluer leur dépendance aux émissions de gaz à effet de serre et leur contribution à la décarbonation de l'économie.
Depuis l'origine, cette méthode est cohérente avec un autre référentiel porté par Carbone 4 : Net Zero Initiative (https://lnkd.in/db7JzB2q ), en tenant compte, de manière non fongible, à la fois des émissions induites sur l'ensemble de la chaine de valeur (donc en ne se limitant pas aux émissions directes des entreprises, qui ne disent pas grand chose sur leur viabilité dans un monde bas carbone : https://lnkd.in/djQW4YAk ) et des émissions évitées, qui désignent, lorsqu'elles existent, les baisses d'émissions à l'aval quand l'entreprise considérée vend un produit.
Un exemple typique est un fabriquant de vélos qui vend à des particuliers qui mettent leur voiture à la casse : après vente, les émissions du particulier considéré sont plus basses qu'avant.
Le guide décrivant cette méthode vient d'être mis à jour : https://lnkd.in/gZX5wkJ
On va dire que c'est une de nos contributions à la COP 26 !

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date: '2021-11-11T17:31:28'
li-id: 6864615561486180352
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title: CHANGE_ME 506
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Que doit devenir l'industrie automobile dans une économie qui se décarbone ? La voiture, c'est plus de 2 millions d'emplois dans l'Hexagone si l'on compte "au sens large", en incluant les garagistes, distributeurs, aménageurs d'infrastructures, etc.
Du reste, la "filière auto" a toujours largement fait valoir sa part dans l'emploi pour résister aux contraintes qu'il serait souhaitable de lui imposer au regard de la lutte contre le changement climatique.
L'électrification n'évacue pas le débat, puisqu'elle demande moins de main d'oeuvre pour la construction (une voiture électrique est plus simple qu'une thermique) et beaucoup moins pour l'entretien. Du coup, quel avenir peut-on imaginer pour cette filière avec de moins en moins de combustibles fossiles en général et de pétrole en particulier ?
Dans le cadre du plan de transformation de l'économie française, The Shift Project vous convie à la présentation du volet "industrie automobile" Jeudi 18 novembre à 18h.
Inscription libre et gratuite (mais inscription quand même !).

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date: '2021-11-11T10:45:27'
li-id: 6864513383119523840
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_earths-value-is-being-left-off-the-balance-activity-6864513383119523840-SJmU
title: CHANGE_ME 507
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Si Bloomberg commence à dire que les chiffres financiers n'ont qu'un intérêt limité, où allons nous :) ?
Cette tribune - signée d'un physicien, donc moins étonnante que si elle l'était d'un financier pur jus - rappelle que si nous appliquions à un ménage les conventions comptables en vigueur, nous considérerions que tout va de mieux en mieux pour lui parce que son compte en banque se remplit plus vite qu'il ne dépense tout simplement parce qu'il vend le toit, les fenêtres et la plomberie de son logement.
De fait, la convention comptable ne compte pour rien l'environnement sans lequel il n'y a pas d'activités économiques qui tiennent (voir https://lnkd.in/gPsGK-F , ou https://lnkd.in/dtHn5pbD pour la même explication illustrée par Christophe Blain !).
Après, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que si un actif est valorisé à zéro, sa destruction vaut par convention... zéro. C'est la raison pour laquelle il sera à tout jamais impossible de justifier de la pertinence d'agir pour préserver l'environnement au nom d'un bénéfice économique.
Si nous voulons agir, il faut accepter que le raisonnement "s'inverse" entre économie et environnement : d'abord nous nous donnons des objectifs physiques - en terme d'émissions maximales, d'espace maximal consommé, de ressources consommées (métaux, bois...), et ensuite seulement nous regardons quelle "économie" peut tenir dans cette boite physique. C'est incidemment cette démarche que nous avons tenté de commencer à conceptualiser dans le plan de transformation de l'économie française (https://lnkd.in/dNARPrU ).
Tant que nous ferons l'inverse, nous irons tout droit non vers le monde infini, qui n'existe pas, mais vers la régulation involontaire. Cette dernière porte de vilains noms : contraction involontaire de la population (famines ou maladies) ou de l'économie (crise), et menacera la paix (qui est un bien précieux - ce 11 novembre est là pour le rappeler) et la démocratie.
Dans les mesures qui seraient donc utiles pour avancer, il y a notamment de former la totalité des gens qui "pensent économie" aux enjeux énergie climat. Cela ne prend que 20h par personne ; les outils existent (vidéos, Fresque du Climat, livres...), et c'est une des conditions non contournables d'une politique pertinente de préservation du substrat physique et biologique sur lequel l'humanité, telle une colonie de bactéries, prospère.
Dans les personnes qui "pensent économie" il y a certes les gestionnaires d'entreprises, qui devraient s'y mettre un peu plus sérieusement qu'aujourd'hui (https://lnkd.in/ea7CrktT ) mais aussi... leur ministère de tutelle.
Bruno Le Maire, partant pour mettre en oeuvre un programme de formation massif à Bercy :) ?

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date: '2021-11-10T17:54:34'
li-id: 6864258987521531904
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_ma-chronique-de-samedi-dernier-sur-rtl-a-activity-6864258987521531904-7Qvi
title: CHANGE_ME 508
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Ma chronique de Samedi dernier sur RTL a été consacrée à la forêt : https://lnkd.in/dFnEg_mW
Pourquoi maintenant ? Parce que viennent de s'ouvrir dans notre pays les "assises de la forêt et du bois", au cours desquelles 4 groupes de travail vont devoir formuler des propositions concernant le rôle de la forêt et du bois comme puits de carbone, comme réservoir de biodiversité, comme ressource économique, et comme "objet territorial" : https://lnkd.in/dKhMREVn
Couvrant 25% du territoire métropolitain, les arbres pont longtemps représenté, avec la pierre et un peu de fer, la seule ressource à notre disposition pour bâtir, nous déplacer (charrettes, navires...), façonner notre mobilier et nombre d'outils.
L'arrivée du charbon (qui a permis de produire de l'acier en masse et d'alimenter les poêles), du pétrole (qui nous a donné le plastique) puis du gaz (chauffage) les a ensuite relégués au second plan comme matériau de construction ou comme combustible.
Il restait cependant une fonction récréative, qui a pris de plus en plus d'importance au 20è siècle. Cette fonction - qui demande que les arbres restent debout - est désormais antagoniste avec la production de bois d'oeuvre, qui a retrouvé un second souffle avec le souhait de décarboner la construction, puisqu'il faut bien couper les arbres pour en faire des poutres !
Vient se rajouter à cela une difficulté majeure : le changement climatique. Ce dernier va mettre à mal nombre d'espèces (voir à ce propos le très bon site https://climessences.fr/ qui permet de voir comment se déplaceront les zones favorables à une espèce donnée), ce qui pose un cas de conscience : faut-il couper prématurément des arbres qui vont mourir de toute façon pour planter à la place des espèces qui résisteront au climat futur ?
En 3 minutes, il n'était évidemment pas question de donner des réponses. Je me suis contenté de lister (une partie) des questions, qui n'intéressent malheureusement pas suffisamment les pouvoirs publics pour que nous puissions arbitrer au mieux ce que nous faisons du 2è massif européen (et probablement le plus diversifié). On ne sait malheureusement pas faire une licorne à un milliard avec un chêne ou un épicéa 1.0 ...

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date: '2021-11-10T11:33:13'
li-id: 6864163018092097536
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_une-interview-dans-die-welt-allemagne-en-activity-6864163018092097536-xnpU
title: CHANGE_ME 509
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ll n'y a décidément aucune morale en ce bas monde : à force de critiquer la stratégie allemande sur le nucléaire, cela me vaut... la possibilité de franchir virtuellement le Rhin, avec une interview dans Die Welt, un des 3 grands quotidiens allemands.
Cette interview est, étonnamment puisque la BD n'est pas disponible dans la langue de Goethe, une conséquence de la parution du "Monde sans Fin", où il est certes question de nucléaire, mais sur une vingtaine de pages sur 200, en gros.
L'interview elle-même concerne beaucoup l'atome, mais pas que. Et j'ai mis en ligne le texte en français que j'ai envoyé au journal, pas la version allemande, qui a été réalisée par le journal. J'espère qu'elle ne diffère pas trop de ce que j'ai répondu !

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date: '2021-11-09T16:24:04'
li-id: 6863873826669789184
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_sortie-du-nucl%C3%A9aire-les-centrales-%C3%A0-gaz-activity-6863873826669789184-U6mh
title: CHANGE_ME 510
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A la veille de la COP, la Belgique a annoncé qu'elle allait subventionner 10 à 30 Mt de CO2 supplémentaires par an en aidant des centrales à gaz pour prendre le relais d'un nucléaire fermé prématurément pour cause "non technique" : https://lnkd.in/dJpxXF9N
Tout comme Hollande avait fait précéder la loi de transition de 2015 d'un "débat" dont la conclusion sur le nucléaire (il faut le baisser à 50%) était écrite d'avance (c'était une promesse de campagne), le gouvernement belge a fait précéder sa décision - elle aussi promise politiquement - d'un rapport rendu par le Conseil Supérieur de la Santé qui conclut que "(...) sur le plan environnemental, éthique et sanitaire, lénergie nucléaire de fission, telle que déployée actuellement, ne peut pas prétendre satisfaire aux principes du développement durable." : https://lnkd.in/dByJZQyT
La lecture de cet "avis scientifique" est cependant une grande source d'étonnement. Tout d'abord une profession entière est explicitement accusée de collusion sans preuves, au sein du § 1.5 (sur les risques sur la santé). Il est écrit que "Lévaluation des effets des radiations ionisantes sur la santé humaine est en pratique concentrée dans deux organismes internationaux (...) Une telle concentration dans des groupes à la composition très réduite (moins de 30 membres à lUNSCEAR et une douzaine dans lICRP) présente le risque de générer une sorte deffet club (...) lexpertise concernant la santé et lenvironnement présente, dans le monde nucléaire, de sérieux problèmes dindépendance".
Ces affirmations sont d'une part factuellement fausses (il existe des - dizaines de ? - milliers de médecins étudiant les effets des rayonnements ionisants sur la santé dans des centaines de labos dans le monde), et d'autre part pour mettre à l'index un organisme des Nations Unies (l'UNSCEAR) qui a le même mandat que le GIEC (il synthétise et non étudie) il faut des faits opposables qui ne figurent nulle part dans le document. Incidemment les climatosceptiques sont aussi les champions de la théorie du complot chez les chercheurs...
Ensuite, l'information de cet "avis" n'est généralement pas sourcée. Rares sont les affirmations à caractère technique ou scientifique dans le corps du texte qui renvoient à des références précises (en fin de document ou via des notes en bas de page), alors qu'il y a une très abondante littérature scientifique sur la question (voir commentaire). La liste de références à la fin du document n'est pas numérotée, et le corps du rapport ne s'y réfère pas.
Quoi qu'il en soit la Belgique va émettre plus avec de l'argent public. Dommage que les règles européennes ne conduisent pas en pareil cas à des amendes bien plus sévères qu'en cas de dépassement du déficit budgétaire...

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date: '2021-11-09T08:43:21'
li-id: 6863757883293609984
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_climat-le-parlement-fran%C3%A7ais-adopte-un-activity-6863757883293609984-UqWd
title: CHANGE_ME 511
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Le parlement vient d'adopter une loi pour réduire l'empreinte environnementale du numérique (pour les curieux, le texte est là : https://lnkd.in/dYN7ZuTM ; le descriptif et l'exposé des motifs sur le site du Sénat sont là : https://lnkd.in/dxmNxGw8 ).
Le verre à moitié vide est évidemment que cette loi, sur laquelle il est peu probable que l'on revienne avant quelques années, n'est pas suffisante pour limiter l'inflation de l'empreinte carbone de ce secteur, tirée par l'augmentation de la vidéo en ligne, surtout juste après que l'Etat ait décidé de "pousser au crime" en lançant la 5G.
En effet, les "grosses" mesures sur le numérique consistent à limiter la rotation du parc de terminaux, à pousser le consommateur à acheter les plus petits possibles (diagonale d'écran réduite, mémoire et processeur limités au minimum), et à limiter les débits (sachant que 75% du trafic environ est de la vidéo), donc le nombre d'heures de visionnage et la définition de l'image.
Cette loi se limite souvent à des mesures d'information ou de "sensibilisation". Quelques dispositions réellement contraignantes y figurent quand même, comme par exemple la possibilité (qui s'impose aux fournisseurs d'équipements) pour les utilisateurs de terminaux de refuser les mises à jour logicielles automatiques (qui souvent conduisent à une "inflation" logicielle, ralentissent les performances et du coup incitent à prendre un nouveau terminal).
Mais il n'en reste pas moins que c'est une première dans notre pays, et probablement une première (ou une des premières) au monde. Et ce texte possède d'autres caractéristiques intéressantes :
- il a été voté à l'initiative du Sénat, non de l'Assemblée ou du gouvernement, ce qui est rare,
- il a été proposé par un sénateur LR, et non un EELV (ou un LREM) ; il montre donc qu'il est parfois possible d'avoir un accord de la gauche à la droite de l'échiquier politique sur des sujets environnementaux,
- il fait suite à une mission d'information du Sénat, qui avait été pilotée par le sénateur qui a proposé le projet de loi, et cette mission d'information... a elle-même fait suite aux travaux du Shift Project sur le sujet (https://lnkd.in/ggXYjrX ). Il est donc possible (bigre !) que notre modeste think tank ait joué un petit rôle dans l'émergence de cette loi.
Il fallait une première fois, ce qui est donc chose faite. Mais il faudra y revenir, idéalement le plus vite possible. En effet, ce numérique, désormais indispensable aux fonctions les plus essentielles du pays (coordonner, alimenter, payer...), est totalement dépendant de mines et d'acteurs situés hors du pays, et induit des émissions qui augmentent au lieu de baisser. Cela devrait nous interroger un peu plus que nous ne le faisons aujourd'hui.

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date: '2021-11-08T08:04:38'
li-id: 6863385752131145728
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title: CHANGE_ME 512
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Du 19 au 21 novembre 2021, Les Shifters organisent la 2ème édition de Projection Transition, un festival de "ciné-débat" qui aura lieu à Nantes, Paris et Toulouse.
L'idée est de se servir du 7è art pour évoquer des enjeux de la transition bas carbone, en organisant des projections de films à thème suivies de tables rondes pour débattre autour du thème évoqué.
Je participerai pour ma part au débat intitulé "Le droit, issue ou impasse pour responsabiliser les entreprises ?" qui suivra la projection, le 19 novembre à 20h à Paris, du film Dark Waters. Les autres intervenantes (vu qu'il y a une majorité de femmes, je fais un féminin global, désolé Fabrice :) ) seront Clémentine Baldon, Delphine Batho, Fabrice Bonnifet, et Angèle Préville, Sénatrice du Lot.
Tous les détails de toutes les séances, et la billetterie pour s'inscrire (pour pas trop cher, parce que les organisatrices - allez hop, encore un féminin global, vu que l'organisatrice en chef est une femme - et les participant(e)s aux débats sont tous bénévoles, mais il faut quand même payer le cinéma !) sont accessibles via le site.

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date: '2021-11-07T18:33:13'
li-id: 6863181549693624320
li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_oil-sands-pathways-to-net-zero-activity-6863181549693624320-wQFI
title: CHANGE_ME 513
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Avez vous entendu parler des sables bitumineux du Canada ? Il s'agit, comme leur nom l'indique, d'un mélange de bitume (du pétrole qui a perdu ses éléments volatils) et de sable, que l'on trouve dans l'Athabasca, au Canada (état de l'Alberta).
A partir de ce mélange solide et pâteux, on tire du pétrole de synthèse en passant par les opérations suivantes :
- historiquement, on rasait la forêt pour ensuite créer une mine à ciel ouvert, avec des énormes pelleteuses venant extraire le mélange sable-bitume,
- ce dernier est ensuite "upgradé" dans des espèces de raffineries, où il est traité avec de la vapeur qui extrait le bitume en le fluidifiant, lequel bitume est ensuite transformé en pétrole de synthèse en enlevant du carbone en excès et en rajoutant de l'hydrogène (https://lnkd.in/dAMVmbGk ).
Ces opérations sont très énergivores, puisque de l'ordre du cinquième au quart de l'énergie contenue dans le bitume extrait est perdue pendant ces transformations.
Désormais on ne rase plus la forêt pour les nouveaux gisements : la vapeur est injectée dans le sable, et le bitume fluidifié est remonté en surface. Mais cela reste un "pétrole" où l'énergie d'extraction et de traitement est très élevée. L'énergie de traitement est fournie avec du gaz.
En 2020, le Canada a produit 250 millions de tonnes de pétrole, dont l'essentiel vient de ces sables bitumineux. Ce pétrole va donner environ 750 millions de tonnes de CO2 lors de sa combustion (en fait un peu moins parce qu'une partie sert à faire du plastique mais l'ordre de grandeur y est).
L'industrie canadienne des sables bitumineux explique sur un site dédié qu'elle va atteindre le "net zero" en 2050. Ah, se dira le profane, ca veut dire qu'ils ont trouvé un truc pour que leur pétrole soit brûlé sans CO2 ? Ou bien qu'ils mettent la clé sous la porte ?
Que nenni, cela signifie qu'ils veulent capturer et séquestrer le CO2 émis pour l'extraction et le traitement des sables, voire une partie seulement. Le communiqué de presse - https://lnkd.in/dkpbayqa - mentionne en effet 68 millions de tonnes de CO2 qui seront capturées puis séquestrées, soit environ 10% de ce qui est émis par la combustion (mais comme l'énergie utilisée sur place est du gaz il est possible que l'essentiel y soit).
C'est toujours bon à prendre. Mais de là à dire implicitement que cela rend cette extraction inoffensive pour le climat, il y a une marge ! D'une manière générale, ne regarder que les émissions directes pour réfléchir à sa trajectoire de neutralté est ne pas bien définir le problème. Des mauvaises langues pourraient même parler de greenwashing :)
Que faire si lire cela vous hérisse le poil ? Contribuer comme vous pouvez pour que l'humanité consomme de moins en moins de pétrole. Rouspéter ne pèsera pas lourd tant qu'il y aura de la demande...

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date: '2021-11-07T11:34:00'
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title: CHANGE_ME 514
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L'Usine Nouvelle, media qui, comme son nom l'indique, s'adresse au monde industriel, nous fait le plaisir de qualifier "Le Monde sans Fin" de "oeuvre de salubrité publique", dans une recension qui contient cette phrase ô combien opportune en pleine COP : "La science n'est rien sans des relais politiques.".
En fait il s'agit bien là de la science qui décrit l'état de l'environnement, non celle qui est le préalable à une nouvelle innovation technique, car, comme je l'avais noté dans une ancienne chronique, les deux n'ont pas le même statut auprès des gouvernant(e)s : https://lnkd.in/gH3DgcH
La recension se termine par cette phrase : "Quel consensus peut-on construire, quand la montée des périls risque de renforcer le chacun pour soi et la zizanie plutôt que la solidarité ?". C'est très exactement à cette question que nous nous sommes attaqués au sein du Shift Project quand nous avons démarré le "plan de transformation de l'économie française" : https://lnkd.in/dNARPrU
Entre COP, présidence française à venir de l'Union, et élections présidentielles et législatives chez nous, les occasions ne vont pas manquer de débattre des sujets climatiques et énergétiques (qui ont un lien avec tout, y compris avec l'immigration qui est par ailleurs très présente dans le débat public en ce moment).
Notre modeste ambition est de permettre que ce débat se fasse avec "les yeux en face des trous" sur le problème à traiter. Les malentendus sur les processus à l'oeuvre et les ordres de grandeur nous ont déjà fait perdre trop de temps.

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date: '2021-11-06T11:00:43'
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_cest-un-article-scientifique-paru-dans-une-activity-6862705286675750912-RBuD
title: CHANGE_ME 515
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C'est un article scientifique paru dans une revue - Applied Energy - dont peu de lectrices et de lecteurs de ce post connaissent le nom : https://lnkd.in/deRkk_5h
C'est un article qui parle d'un sujet très souvent balayé d'un revers de la main par la communauté des "écologistes" : le pic de production du pétrole. Du pétrole, mais il y en a bien assez pour faire "péter le climat", non ?
C'est un article qui s'attaque à LA bonne question quand il s'agit d'énergie. Cette question n'est pas de savoir combien il sort des gisements (de pétrole, de gaz et de charbon), mais quelle fraction de ce qui sort de ces gisements est effectivement disponible pour alimenter le grand costume d'Ironman qui désormais travaille pour nous.
Car, pour "produire" de l'énergie, il faut... de l'énergie. Extraire du pétrole demande des puits, plates-formes en mer, oléoducs, bateaux pour le transport... qu'il faut construire puis faire fonctionner (énergie de pompage, d'injection d'eau, de gaz ou de CO2 pour mieux "racler" les gisements, etc). Pour transformer le bitume des sables canadiens en "pétrole" fluide, il faut casser de longues chaines carbonées en plus petites, ce qui demande beaucoup de chaleur, etc.
L'énergie qu'il faut utiliser pour extraire de l'énergie de l'environnement possède son acronyme : EROEI (Energy Return On Energy Invested). Il y a même quelques planches sur le sujet dans https://lnkd.in/dtHn5pbD !
Plus ce terme est élevé, plus il reste d'énergie après extraction pour mettre dans les camions, filatures, usines d'engrais, centrales électriques ou engins de mine. Si ce terme s'approche de 1, cela signifie que toute l'énergie extraite sert... à faire fonctionner le dispositif d'extraction. A ce moment il ne reste rien pour faire fonctionner notre costume d'Ironman.
Dans cet article, les auteurs ont calculé le pétrole "net" qui reste pour la société après que l'on ait déduit l'énergie utilisé pour son extraction. Cela donne le graphique ci-dessous, qui dit une chose majeure : en net, nous ne retrouverons plus jamais le niveau de 2019, même si la production brute augmente. En 2050, le net ne représenterait que la moitié du brut.
Certes, l'énergie d'extraction peut ne pas être du pétrole. Les canadiens envisagent par exemple d'utiliser du nucléaire pour produire la chaleur pour fluidifier le bitume in situ, et l'extraire plus facilement (utiliser du nucléaire pour récupérer plus d'énergie fossile est évidemment totalement contreproductif pour le climat). Cette énergie d'extraction peut aussi être du gaz.
NB : ce graphique ne tient pas compte du raffinage (qui consomme 10% à 15% du pétrole extrait).
Convergent avec l'analyse du Shift Project (https://lnkd.in/dqWtnMPi ), cet article nous rappelle une dure réalité : la transition va s'opérer en contraction de moyens, car le pétrole reste le sang du monde moderne.

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date: '2021-11-05T17:25:53'
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title: CHANGE_ME 516
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Malheur à ceux qui savent, pourrait-on penser en lisant cet article de Nature, qui donne les conclusions d'une enquête effectuée auprès des 234 auteurs du dernier rapport du GIEC sur leur degré d'optimisme pour l'avenir.
90 d'entre eux ont répondu aux questions que la revue leur a posées. L'échantillon n'est peut-être pas représentatif, par contre la tendance qui se dégage des réponses fournies est au moins représentative d'une vraie "crise de défiance" en ce qui concerne la capacité des sociétés humaines à infléchir la tendance à temps.
Première question posée aux scientifiques : à votre avis, quel est le réchauffement que nous allons réellement avoir en 2100 ? Seuls 5 sur 90 ont répondu 1,5 °C, et 18 (sur 90 toujours) 2°C. La moitié opte même pour 3°C. 3°C, soit en gros la "ligne de pente" vers laquelle nous sommes entraînés si la seule limite à l'utilisation des combustibles fossiles est géologique.
Dit autrement, plus des 2/3 des scientifiques ayant répondu ne croient pas que nous allons tenir l'accord de Paris. Quand on sait que ces personnes là sont généralement des gens prudents, cela signifie que le doute s'est profondément emparé de l'échantillon qui a répondu.
Deuxième question : éprouvez vous de l'anxiété, de la tristesse, ou une autre "détresse" à cause de vos préoccupations concernant le changement climatique ? 2/3 des répondant disent oui, ce qui est là aussi la marque d'une absence de confiance dans notre capacité collective à redresser la barre à temps.
Ceci allant avec cela, 80% des répondants ont indiqué que les scientifiques devaient plus s'investir dans des actions militantes, la première d'entre elles étant de diffuser le savoir. Mais les mêmes considèrent à 16% seulement que le GIEC - qui est justement là pour diffuser le savoir, et qui est une superbe réussite en la matière - a aidé à faire émerger des politiques publiques tenant mieux compte du problème.
Quand on voit l'absence d'inflexion dans les émissions depuis la création de cet organisme, il faut malheureusement admettre que jusqu'à maintenant les faits leur donnent raison...
Cette analyse illustre de manière évidente que l'information disponible change la manière de voir l'avenir, et dans le cas présent pas pour le meilleur. Peut-être que pour secouer les décideurs de tout poil il faut les faire participer à la rédaction d'un rapport du GIEC ? Car on reste saisi par le décalage entre l'optimisme béat de nombre d'entre eux comparé au pessimisme de "ceux qui savent"...

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date: '2021-11-05T13:14:58'
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title: CHANGE_ME 517
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C'est dans 15 minutes pour celles et ceux que cela intéresse !

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date: '2021-11-05T08:13:42'
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title: CHANGE_ME 518
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Quand il est question de s'activer contre le changement climatique, d'aucuns pensent "hydrogène", "solaire", "train", "végétarisme", "isolation" ou encore "nucléaire" (horreur !).
Mais le début de l'histoire, là comme ailleurs, c'est de bien comprendre le problème à traiter, faute de quoi la "solution" a de grandes chances de tomber à plat, voire d'en rajouter au problème.
Il faut donc saluer la réussite d'une initiative de plus partie de notre Hexagone (après le bilan carbone et la première loi obligeant les entreprises à publier un inventaire de leurs émissions de gaz à effet de serre), La Fresque du Climat, due à... un ancien directeur du Shift Project :).
Dans le monde de l'initiative privée, il n'y a pas de mystère : pour que quelque chose fonctionne, il faut que le produit ou le service soit bon. Le succès de la Fresque est partie de là : le produit coche beaucoup de cases.
C'est un jeu simple (il suffit des cartes imprimées, de grandes feuilles de papier, d'un peu de ruban adhésif et de feutres), collaboratif (donc on ne reste pas "seul face au problème"), qui demande aux participants de chercher (et on retient bien mieux ce que l'on a trouvé en cherchant que ce que l'on a entendu dans une conférence), "viral" (après avoir en avoir fait un ou deux on peut se former pour animer des séances pour d'autres, et donc une communauté se forme), et qui dure suffisamment de temps pour que l'on "rentre dedans", mais où tout tient en une séance.
Le succès est donc bien mérité. Et l'idée d'aller à la COP est excellente. Car figurez vous que l'essentiel des personnes sur place n'ont pas en tête le problème physique à traiter dans ses détails. Cela peut paraître étonnant, mais c'est la réalité que j'ai constatée quand je suis moi-même allé à des COP pour voir par moi-même ce qui s'y passait (la dernière fois à Paris).
Schématiquement le lieu est "habité" par trois gros bataillons :
- les fonctionnaires, élus, ou représentants des pays qui viennent discuter le bout de gras. Il y a également des observateurs (des députés français par exemple, ou des personnalités invitées par l'Etat),
- la presse,
- les représentants d'ONG.
Dans ces populations, il y a une large part qui, en fait, ne dispose pas d'une vue d'ensemble du problème à traiter, alors même que c'est à l'évidence utile pour leur activité. Si ces personnes repartent de Glasgow avec une idée plus précise du défi, ils ne seront pas venus pour rien !

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date: '2021-11-04T06:44:39'
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title: CHANGE_ME 519
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A l'occasion de la COP 26, Meteo France propose une série de petites vidéos pédagogiques pour rappeler les bases du dossier scientifique du changement climatique provoqué par notre espèce : https://lnkd.in/ecrRVrJP
Meteo France rappelle que l'évolution en cours ne sera pas homogène : l'élévation de température moyenne sera ainsi plus forte dans le sud de la France, et plus forte encore dans les zones de montagne, ou encore que les sécheresses vont augmenter, ainsi que la variabilité des précipitations, entre autres joyeusetés.
Evidemment, ce qui va nous arriver ne dépend que marginalement de l'évolution des émissions françaises, puisque le climat répond aux émissions planétaires (pour tout comprendre merci de se rapporter à une certaine BD tout juste parue chez Dargaud :) : https://lnkd.in/dtHn5pbD). Mais notre pays a historiquement joué un rôle "créatif" dans l'évolution du monde qui est allé bien au delà de sa part dans la population ou dans l'économie mondiale.
Vouloir retrouver cette ambition dans le domaine climatique - ce qui suppose notamment de ne pas chercher à imiter les américains ou les chinois - ou les allemands dans l'énergie - à tout prix sans réfléchir plus avant - serait-il une si mauvaise idée que cela ?

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date: '2021-11-03T19:11:00'
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title: CHANGE_ME 520
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En ce début de COP, le World Economic Forum a fait réaliszer un sondage sur le "ressenti" de divers publics (particuliers et "business") et de divers pays sur des questions concernant essentiellement le changement climatique : https://lnkd.in/deF2Majg
On y découvre que les plus proches des américains, en terme de sensibilité, sont... les asiatiques de l'Est, ce qui inclut la Chine, l'Indonésie et le Japon (beaucoup de charbon là-dedans). Ce sont les plus confiants dans les bienfaits de la technique, ceux qui ont la plus forte minorité de gens considérant que le changement climatique en cours n'est pas d'origine humaine (et qui n'ont pas confiance dans la science), parmi les plus optimistes sur le fait que les réductions d'émission vont arriver facilement...
On pourrait donc voir comme un paradoxe que ce soit aussi ceux qui pensent le plus (à l'exception des africains du nord) que la priorité doit être donnée à l'environnement sur l'économie (graphique ci-dessous). Sauf que... le WEF a aussi proposé, avec la même question (entre économie et environnement, qu'est-ce qui est prioritaire), l'option "croissance verte", qui consiste à pouvoir répondre "les deux sont aussi importants" !
Et en fait ce paradoxe ne l'est qu'en apparence : à partir du moment où l'on est convaincu que la technique va nous sauver, il suffit de voir la technique faire l'objet de gros investissements (ce qui est le cas en Asie) pour devenir optimiste...
C'est aussi dans cette zone que l'on trouve une majorité de gens (oui une majorité) qui considèrent que les progrès du monde économique pour lutter contre le changement climatique sont trop rapides ou vont à la bonne vitesse (graphique ci-dessous).
Sachant que la réalité des chiffres est que nous n'y sommes pas du tout, mais alors pas du tout, et que l'Asie représente 80% du charbon consommé dans le monde, voilà un résultat pas rassurant du tout...

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date: '2021-11-03T08:44:09'
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_septante-minutes-avec-jean-marc-jancovici-activity-6861583754981326848-VUKl
title: CHANGE_ME 521
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Septante minutes : c'est ce qu'a duré (ou presque) une petite virée - électronique - au plat pays qui n'est pas le mien, le temps de parler (sans images, que du son !) de quelques sujets qui me sont habituels.
A lire les commentaires il semblerait que le propos reste intelligible pour des francophones non belges :)

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date: '2021-11-02T16:14:37'
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title: CHANGE_ME 522
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Si vous voulez savoir à qui ressemble, en chair, en os, et surtout en paroles, le co-auteur et dessinateur du Monde sans Fin, la FNAC (qui a quelque intérêt dans l'affaire !) vous propose cela pour le prix modique d'un terminal numérique et d'une connexion à Internet.
Je corrige ici une petite injustice faite à la fin, lorsque l'animateur demande que l'on cite une association que l'on soutient. J'aurais pu (du ?) en citer des dizaines qui font un travail de terrain besogneux et remarquable, de l'éducation dans les prisons à la distribution alimentaire dans la rue, de l'accueil des sans-abri à la sauvegarde d'une zone "naturelle", de la plantation d'arbres à la reconversion professionnelle, et cette demande de choisir une entité au détriment de toute autre me gêne toujours un peu.
Alors j'ai choisi de citer The Shift Project, en précisant que sans eux je ne serais pas où je suis. Mais même là j'ai fait deux omissions. D'abord j'aurais aussi du inclure Les Shifters, désormais la deuxième jambe sur laquelle avance - bien plus rapidement - la "galaxie Shift". Deuxième oubli, qui n'en est pas vraiment un puisque ce n'est pas vraiment une association, j'aurais aussi du citer Carbone 4.
En effet, notre modeste entreprise a énormément défriché (nouvelles méthodes, nouveaux calculs) depuis sa création, et une large partie de ce que j'ai appris ces 15 dernières années, je ne le saurais pas sans le travail de l'équipe que j'ai eu le plaisir d'accompagner depuis la naissance de mon employeur. Cette BD n'aurait donc pas comporté tout ce qui y est inclus sans le recyclage (de circonstance) de travaux effectués dans ces entités.
Cet oubli étant réparé, bon visionnage en UUBD (ultra-ultra basse définition) ; ca supporte très bien le 144p puisque nous ne faisons que causer !

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date: '2021-11-02T07:39:00'
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title: CHANGE_ME 523
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A l'heure où démarre celle de Glasgow, qui comme bien d'autres avant est qualifiée de la "dernière chance" (ce qui n'aide pas beaucoup, remarque à raison François Gemmene : https://lnkd.in/dZDib-rJ) à quoi servent les COP ?
En 3 minutes chrono, ma petite virée sur les ondes de RTL rappelle que malheureusement elles ne servent à rien de plus qu'à entériner ce que nous faisons déjà, et que c'est normal compte tenu du mode de fonctionnement des Nations Unies.
L'action climatique de terrain ne suivra pas les décisions prises dans les COP. Les COP étant des processus "remontants", c'est l'exact inverse qui peut se passer : les décisions des COP seront suivies d'effets quand... l'effet sera déjà là !
En pratique, cela signifie que les acteurs "de base" (consommateurs, citoyens, entreprises, élus locaux) seront convaincus durs comme fer que leur première priorité est de maintenir la stabilité climatique parce que la paix et l'espoir en dépendent, et, via leurs achats, votes, prises de position, emplois, ils exerceront une pression "de malade" sur les instances dirigeantes pour que, de fait, la résolution du problème soit prioritaire sur toute autre chose dès qu'il y a un conflit d'objectifs.
Aujourd'hui, la réalité de terrain est que l'expansion d'une entreprise industrielle, l'ajout d'un tronçon autoroutier, la reprise du trafic aérien (voir par exemple cette interview du patron d'Airbus Guillaume Faury dans Les Echos, où ne figurent ni le mot climat, ni le mot CO2, ni le mot pétrole : https://lnkd.in/dr-kbzb9), l'augmentation de la construction (donc de la production d'acier et de ciment), le déploiement d'une nouvelle technologie numérique (qui va augmenter les émissions, mais c'est pas grave, on fera des licornes à un milliard :) ), bref l'accroissement de tout flux physique est prioritaire sur la préservation du climat.
Dans ces conditions, les COP ne "servent à presque rien". Elles pourraient même donner l'impression que, ailleurs, les puissants de ce monde sont en train de faire ce qu'il faut pour que le problème climatique soit résolu sans que nous, à la base, ayons besoin de nous impliquer. Rien ne serait plus faux.

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date: '2021-11-01T09:14:14'
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title: CHANGE_ME 524
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Au micro de France Inter, il y a une semaine, j'avais indiqué qu'un exemplaire du Monde sans Fin (https://lnkd.in/dtHn5pbD ) serait envoyé à un certain Emmanuel Macron avec une dédicace des auteurs. Tant promis, tant tenu : voici la dédicace en question. Le personnage étant public, la dédicace l'est aussi !
Avec Christophe, nous avons longuement hésité à faire des dédicaces à d'autres personnages politiques. Ce n'aurait pas été très difficile de trouver quelque chose d'amusant et d'un peu taquin pour les ministres de l'économie, de l'environnement ou des transports, sans parler de l'agriculture ou de l'enseignement.
Et puis nous nous sommes dits qu'en fait, au travers de cette dédicace, c'est à l'Etat que nous parlions, et l'Etat n'a qu'un seul représentant "ultime" : le président. Donc il n'y aura qu'une seule dédicace de faite, et par voie de conséquence de publiée ici. Elle s'adresse en fait à tout le gouvernement.