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title: CHANGE_ME 366
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Il n'y a pas que pour le gaz que l'Europe est un peu dépendante de la Russie. C'est également le cas pour le pétrole : 30% de l'or noir et des produits raffinés importés en Europe géographique (donc avec la Norvège et la Grande Bretagne, qui sont les deux seuls producteurs significatifs mais qui ne font plus partie de l'Union) vient de notre grand voisin de l'Est. Les importations européennes (au sens géographique) représentent environ les 3/4 de notre consommation d'hydrocarbures liquides (et 96% si nous nous limitons à la seule Union).
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Symétriquement, l'Europe représente la moitié des ventes de pétrole et de produits raffinés de la Russie (graphique en commentaire), soit environ 1 milliard de barils par an. A environ 100 dollars le baril, nous sommes donc clients de la Russie pour environ 100 milliards de dollars par an pour nos barils.
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A 80 euros le MWh, il faut y rajouter une somme à peu près équivalente pour le gaz, dont l'Allemagne est de loin le premier client européen (voir graphique ci-dessous).
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S'il ne s'agissait pas de combustibles fossiles, cette situation serait en fait plutôt une bonne nouvelle : cette dépendance mutuelle entre la Russie et l'Europe est normalement un élément qui incite chaque camp à rester "raisonnable", pour éviter de trop se mettre à dos un partenaire en affaires.
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Une difficulté de plus, quand nous sortirons des énergies fossiles, ce qui se passera de gré ou de force, sera de maintenir des liens basés sur "autre chose" avec nos ex-fournisseurs d'hydrocarbures, pour que chacun continue à avoir un peu besoin de l'autre. C'était le principe fondateur de l'Union européenne : rester un peu dépendant de ses partenaires, histoire de ne pas se sentir trop libre de leur envoyer des obus à la figure au premier coup de sang. Toute la question est, comme toujours, de savoir où mettre le curseur.
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date: '2022-02-27T11:44:13'
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title: CHANGE_ME 367
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Un malheur n'en chasse pas un autre, malheureusement. Pendant que les yeux sont rivés (à juste titre) sur ce qui passe à l'Est de l'Europe, les effets déjà enclenchés du changement climatique continuent leur petit bonhomme de chemin.
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La banquise antarctique vient d'enregistrer un record de faible étendue à la fin de l'été austral. En quoi cela nous concerne, vont se demander certain(e)s ?
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Sur notre planète, beaucoup de choses sont interconnectées. La diminution de la banquise change fortement le pouvoir réflexif de la surface au rayonnement solaire : avec de la glace, l'essentiel de ce dernier repart dans l'espace ; avec de l'eau, l'essentiel est absorbé et contribue donc à chauffer plus vite l'océan austral.
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Un océan plus chaud déstabilise plus vite les langues terminales des glaciers antarctiques, langues qui sont posées sur l'eau et donc "grignotées" par le dessous à vitesse accélérée.
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Cela contribue à diminuer la "résistance" des glaciers à l'amont qui servent parfois d'ac-boutant pour stabiliser des glaciers encore plus à l'amont ; une partie de la calotte antarctique étant en fait une espèce de château de cartes où les glaciers de consolident les uns les autres (et en plus une partie de la calotte est posée sur un socle rocheux sous-marin).
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L'accélération du réchauffement local pourrait donc avoir des répercussions planétaires, parce que ce qui est en jeu là-bas est que l'océan mondial s'élève ou pas de plus de 10 mètres en quelques siècles. Certes, quelques siècles c'est plus lointain que l'horizon de temps associé à la guerre en Ukraine, ou à tout autre processus qui serait susceptible de déstabiliser nos sociétés à plus brève échéance.
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Mais ce "rouleau compresseur" en marche viendra en rajouter - bien avant quelques siècles - à d'autres problèmes. Bienvenue dans le 21è siècle, où il faudra garder un oeil sur plus d'un risque, et du coup avoir des plans qui soient compatibles avec la partie déjà non évitable des conséquences de nos actes passés. Pour le moment, l'impression générale est plutôt celle d'être pris au dépourvu à chaque fois qu'il y a un écart à la "prévision" d'un monde maîtrisable et continu.
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date: '2022-02-26T10:19:42'
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title: CHANGE_ME 368
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L'invasion russe en Ukraine pourrait-elle propulser le prix des céréales vers des sommets ? La Russie, c'est environ 20% du blé faisant l'objet d'un commerce du commerce international. L'Ukraine, c'est un peu moins de 10% (https://lnkd.in/exKqJ5Hu ).
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De ce fait, l'ensemble combiné représente un gros quart des exportations mondiales de cette céréale majeure. Y a-t-il en conséquence un vrai risque de "contrôle des prix", voire des quantités, par l'agrégation politique des deux pays ?
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L'observation du prix du blé applicable aux échanges internationaux (graphique ci-dessous, tiré de https://lnkd.in/eFTtRp22 ), montre que depuis 2000 le premier déterminant du prix du blé est... le prix du pétrole. Le cours de cette céréale est monté vers des sommets lors du choc de 2008, puis celui de 2010 - 2014, et est reparti à la hausse depuis 2020 exactement comme celui du pétrole.
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Est-ce un effet inflationniste du au fait que le blé se cultive avec des engrais (fabriqués avec du gaz, dont le cours est indexé sur celui du pétrole) et des tracteurs fonctionnant au pétrole ?
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Un peu, mais cela n'explique pas une multiplication par 2 du prix. La première raison est probablement celle d'un arbitrage par les acteurs du marché financier (auquel je confesse ne pas avoir tout compris) qui conduit les cours de très nombreuses commodités à évoluer en parallèle.
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Toujours est-il que quand on regarde cette courbe sur longue période, la hausse des derniers jours n'est pas "anormale" : elle s'inscrit juste dans une tendance qui a démarré bien avant.
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Et comme il est possible que le pétrole n'ait pas terminé sa hausse (l'inverse aussi ! avec ce satané liquide les prévisions précises sont toujours un peu risquées :) ), cela signifie alors que le prix des céréales, Ukraine ou pas, continuera de monter.
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Cela pourrait déclencher d'autres foyers d'instabilité : les pays gros importateurs de nourriture dont l'économie domestique n'est pas au mieux. Cela concerne notamment les pays du sud de la Méditerranée largement dépendants du tourisme (Egypte et Tunisie), ce dernier étant actuellement en phase de difficile rémission post-covid.
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Nous retrouverions alors la même conjonction qu'au moment du déclenchement du printemps arabe : des sources de devises au plus bas avec un prix de la nourriture importée au plus haut. Et on connait la suite.
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Ce qui précède n'est évidemment pas une prévision. Mais dans notre monde interconnecté et faisant face à des pressions "physiques" croissantes, les effets domino sont ceux qui sont le plus à redouter.
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date: '2022-02-25T07:15:17'
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title: CHANGE_ME 369
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Je te tiens, tu me tiens par la barbichette : l'Europe voudrait réagir à l'offensive russe en Ukraine, mais qui tient qui dans cette histoire ? La Russie, c'est un pays richement doté en matières premières, très au-delà de ce qui est nécessaire à sa consommation propre.
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De ce fait, le pays exporte massivement pétrole et gaz, qui contribuent pour près d'un tiers à son PIB (symétriquement l'Union dépend de la Russie pour le tiers de ses approvisionnement pour ces deux sources d'énergie, qui ensemble représentent plus de la moitié des joules utilisés sur le Vieux Continent). Mais il exporte aussi de nombreux minerais et métaux, sans lesquels il n'y a pas d'industrie possible (et la France, où tous les candidats parlent de réindustrialiser - voire l'excellente tribune qui pique de Jean-Marc Vittori sur le sujet : https://lnkd.in/eXX5XskA - ferait bien de se souvenir qu'historiquement l'industrialisation est allée avec le contrôle de l'approvisionnement en matières premières).
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Entre l'Europe qui a la possibilité "physique" de priver les russes de transactions financières (qui se font via le réseau SWIFT qu'elle contrôle), et la Russie qui a la possibilité "physique" de mettre l'Union en pénurie de gaz et de pétrole (donc aussi d'électricité), qui tient qui ?
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Si demain matin les russes fermaient NordStream 1, le réseau électrique allemand aurait de bonnes chances de sauter, et... l'Europe aussi n'aurait plus de transactions financières, puisqu'il faut de l'électricité pour les réaliser !
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La stratégie énergétique allemande, qui a consisté depuis 20 ans - avec l'appui explicite des antinucléaires européens - à se mettre un peu plus à la remorque des russes, ne facilite donc pas la tâche pour essayer de tenir tête à Poutine dans les conditions actuelles. On pourrait remarquer que, l'Europe n'ayant ni chef de guerre ni réelle armée commune, être crédible en temps de crise militaire est de toute façon une gageure. En outre, en se concentrant sur le consommateur (libéralisation des marchés, concurrence partout) et en négligeant la stratégie de long terme (qui demande parfois de se passer du marché), notre attelage européen est de toute façon fragile face aux crises.
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Or, d'ici à 2050 il y aura de nombreuses crises, de nombreux imprévus partout sur la planète, qui vont secouer la géopolitique, notre économie, et donc notre pays. Tout plan de décarbonation doit en tenir compte. Pour l'heure, les scénarios de "transition" sont toujours des scénarios "calmes et sans crises". Malheureusement la situation actuelle en Ukraine nous rappelle une fois de plus que cela correspond à une évolution du monde qui n'aura pas lieu.
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Les "écologistes politiques" doivent donc aussi avoir des propositions réalistes en matière de géopolitique et de stratégie militaire.
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date: '2022-02-24T11:23:45'
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title: CHANGE_ME 370
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Les plus gros producteurs de shale oil aux USA ont annoncé à la presse que même à 200 dollars le baril ils ne décideront pas de produire beaucoup plus qu'aujourd'hui.
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Lors de la montée en puissance de ce type de pétrole, un fait avait marqué les observateurs : le secteur perdait continument du cash (fourni par des augmentation de capital et de la dette). A l'origine il y a un fait physique : un nouveau puits de shale oil voit sa production diminuer des 4/5è au bout d'un an, parce qu'une roche mère fracturée ne contient pas le même volume extractible qu'un gisement "conventionnel" une fois le puits de production en place.
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En phase de croissance de la production, il faut donc forer massivement : à la fois pour compenser le déclin des puits déjà forés, et pour assurer la croissance.
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Mais forer des nouveaux puits coute cher. Augmenter la production garantit un cash flow négatif, la laisser décliner (ce qui supprime les nouveaux forages) permet de gagner de l'argent. L'intérêt économique des acteurs du secteur est donc de ne pas augmenter (ou très peu) la production. Mais cela signifie que le shale oil ne peut pas compenser le déclin des autres productions, déclin enclenché depuis 2008 dans le monde, et donc que la production pétrolière mondiale devrait significativement décliner d'ici à 2050, climat ou pas.
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Le pétrole restant un facteur limitant de l'activité économique mondiale (car il permet l'essentiel des transports), il est donc probable que les flux physiques vont se retrouver de plus en plus contraints à l'avenir. Macroéconomiquement, cela signifie que le plus probable pour les décennies à venir est un PIB contracté en tendance (du moins tant qu'on le compte pareil), et, physiquement, des ressources matérielles (nourriture, métaux, objets...) de plus en plus difficiles à produire et mettre à disposition en quantités identiques et au même endroit.
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Il sera intéressant de voir si le lien est fait entre cette annonce américaine et les perspectives "de facilité" (en pratique un PIB croissant) mises en avant par les exécutifs européens, à commencer par ceux qui briguent cette place en France. Cela fera partie des choses que The Shift Project regardera quand il passera à la loupe les programmes des candidat(e)s.
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date: '2022-02-24T08:42:25'
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title: CHANGE_ME 371
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Dimanche dernier, le Plan de Transformation de l'Economie Française était dans Le Monde (le journal, en attendant que ca soit sur la planète :) ).
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J'ai reproduit le contenu de l'interview sur mon site, pour celles et ceux qui n'auraient pas eu accès au texte intégral de l'interview en question.
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date: '2022-02-23T11:00:29'
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title: CHANGE_ME 372
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Le Financial Times publie un article (qui occupe une pleine page dans l'édition papier) sur le fait que les produits financiers dits "verts" pourraient faire de plus en plus l'objet de procédures pour fraude (ou quelque chose d'équivalent), parce que leur caractéristique "verte" n'est pas comprise de la même manière par le vendeur et l'acheteur, le premier en ayant une compréhension plus "accommodante" que le second.
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Et, du coup, lorsque le second se rend compte qu'il n'a pas acheté ce qu'il croyait acheter, il pourrait demander réparation, quand bien même il n'a subi aucune perte financière. Ca serait au fond une espèce de réparation d'un préjudice moral.
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Il se pourrait donc que les juges confèrent un caractère plus contraignant à cette affirmation de verdeur que ce que les concepteur de ces produits ont en tête, ces derniers considérant un peu trop souvent que l'important est de dire que l'on est vert et moins la réalité de ce qui est fait.
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De fait, dans le monde financier, le côté "vert" est aujourd'hui l'objet de définitions où chacun voit facilement midi à sa porte. Si le droit devient le juge de paix (c'est le cas de le dire), quelle pourrait être l'interprétation de ce qui est "durable" ? La Palisse nous dit que cela signifie une activité capable de durer (!), et au niveau du climat, dit un avocat, cela signifiera "aligné avec l'accord de Paris".
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En pratique, il faudra donc une méthode opposable et partagée qui permette de comprendre si un produit financier est effectivement capable de résister à une baisse de 5% des émissions planétaires tous les ans (car c'est cela "aligné avec l'accord de Paris"). Il sera intéressant de voir si des tribunaux sont capables d'aller à ce niveau de technicité, et ce qu'il en sort.
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Mais ce qui est sur, c'est que le risque existe pour des acteurs du monde financier de se faire prendre la main dans le pot de peinture verte, car la pratique actuelle est trop souvent basée sur des fondements théoriques plus que discutables. Ce qui est suggéré dans cet article, c'est que la seule affirmation qui soit valable est de dire que "tel produit est mieux placé que tel autre en ce qui concerne le climat" (ce qui, soit dit en passant, est exactement la philosophie des méthodes utilisées au sein de Carbon 4 Finance). Mais cela n'autorise pas à dire que le produit en question est vert.
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date: '2022-02-22T14:56:08'
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title: CHANGE_ME 373
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Solution miracle pour les uns, fausse bonne idée pour les autres, la voiture électrique se retrouve désormais souvent au centre de débats passionnés sur la place qu'elle doit occuper pour remplacer ces satanées voitures à pétrole qui puent et qui polluent.
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A travers une première série de questions-réponses, Carbone 4 vous propose de faire un état des lieux sur l'aspect "carbone" de l'affaire, pour vous aider à situer la voiture électrique par rapport à ses alternatives (dont la voiture hybride), et vous aider aussi à comprendre que même au sein de l'électrique il y a plus ou moins vertueux en matière de carbone selon que l'on a une petite voiture ou un e-tank.
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Bonne lecture !
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date: '2022-02-22T07:43:23'
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title: CHANGE_ME 374
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Dans sa dernière livraison concernant l'avenir possible du système électrique, RTE annonce la mise à l'étude d'une variante "mondialisation contrariée" du cadrage macroéconomique de référence (qui sert pour les analyses économiques). Décrit à partir de la page 194 du document https://lnkd.in/eAp4RVwn, cette variante est moins optimiste que la version de base sur la croissance économique (de 1,4% par an sur les 30 ans à venir) et sur la disponibilité des matières premières (dans la version de base on suppose une "absence de tensions particulières sur les approvisionnements en matières et composants nécessaires au développement de nouvelles infrastructures énergétiques").
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Or, RTE considère sagement que "Il est cependant nécessaire de s’interroger quant à la robustesse des scénarios vis-à-vis d’un contexte global plus adverse, qui ne peut pas être exclu vu
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d’aujourd’hui". RTE note par exemple que le prix des matières premières est fortement remonté récemment (ce qui est aussi vrai pour les composants du PV), que la mondialisation (qui est basée sur le pétrole) est aujourd'hui indispensable à la fourniture de composants indispensables à bas cout, et donc que sa poursuite n'est pas assurée, etc.
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Dans la version "mondialisation contrariée", RTE Ecrit que :
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De manière caricaturale, deux types d’issues peuvent donc être envisagées dans l’analyse des implications de cette variante sur le contexte macroéconomique :
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° Dans un premier cas, la transition énergétique resterait possible, au prix de répercussions négatives sur le pouvoir d’achat des ménages
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(avec une baisse des consommations d’énergie sous la contrainte) et possiblement de sécurité d’approvisionnement électrique ;
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* Dans l’autre, l’atteinte même des objectifs climatiques est à interroger.
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Il faut saluer le fait qu'une entité publique ose écrire que l'avenir sera peut-être moins facile à piloter que le présent, et que nos paris doivent pouvoir résister à un contexte économique chaotique et un approvisionnement en matériaux et composants plus difficile à assurer.
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C'est bien dans ce contexte que nous devrions désormais faire de la prospective. Si nous avons d'heureuses surprises, on arrivera probablement à s'en accommoder sans trop de difficultés. Mais, à l'inverse, prendre pour acquis que le contexte sera facile nous laisse sans boussole si ce n'est pas le cas, alors même que tous les signaux se conjuguent - hélas - pour nous dire que c'est un monde plus volatil et moins généreux sur le plan des ressources qui s'annonce.
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title: CHANGE_ME 375
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Il était à un peu moins de 60 dollars il y a un an, et même transitoirement à -37 dollars en avril 2020, au moment du premier confinement planétaire du au covid : le baril de pétrole approche désormais les 100.
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Cette hausse n'est pas complètement une surprise : au moment du covid, le prix s'étant effondré, les investissements dans la production ont fait de même, et du coup au moment où le monde voudrait en consommer plus, l'offre ne suit pas.
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Les pays de l'OPEP+, par exemple (l'OPEP + rassemble les pays de l'OPEP et une dizaine d'autres dont la Russie, le Kazakhstan et le Mexique) produisent actuellement en dessous du quota qu'ils se sont fixé. Dans les diverses causes auxquelles on peut penser, il y a tout simplement le fait qu'il ne leur est techniquement pas possible de sortir plus de barils actuellement, par manque de capacités de production... ou de pétrole à extraire.
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Certains de ces pays ont en effet passé leur pic de production de manière certaine (le Mexique, l'Algérie, le Nigéria ou encore le Venezuela, et la Russie - 30% du pétrole utilisé en Europe - n'en est pas loin si ce n'est déjà fait) et la question se pose pour d'autres.
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Rappelons que, pour le pétrole dit "conventionnel" (tout ce qui n'est pas shale oil et sables bitumineux), le pic mondial a été passé en 2008, aux dires de l'Agence Internationale de l'Energie.
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Du coup, et c'est exactement ce que suggère cet article, en cas d'insuffisance de production, il n'y a pas d'autre manière d'équilibrer la situation que de détruire de la demande. Cela passe notamment par des prix qui montent.
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Il est assez facile de théoriser que lorsque l'économie manque d'un facteur de production qui lui est essentiel (ce qui est le cas pour le pétrole, sans lequel il n'y a pas de monde "moderne"), le prix de ce dernier devient volatil. Au début, le prix monte, mais comme par ailleurs la substance est physiquement indispensable, son défaut détruit du PIB. Cette destruction fait baisser la demande, et du coup le prix baisse.
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A ce moment les producteurs ne sont pas incités à faire sortir de terre le baril marginal (qui est le plus cher), alors que les gisements en cours d'exploitation voient globalement leur production baisser, et l'offre se tasse. Même avec une demande diminuée, le prix se met alors à remonter, et c'est reparti pour un cycle. La "longueur d'onde" de cette volatilité est notamment fonction du temps de mise en oeuvre des investissements pour faire remonter (autant que faire se peut) la production.
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Ne pas décarboner nos économies (et en particulier ne pas les "dépétroliser") de manière organisée nous exposera de manière structurelle à cette volatilité des prix du pétrole, et, par effet de ricochet, à une volatilité de beaucoup d'autres prix (comme ceux du gaz. Et du coup, cela légitime cette plaisanterie des personnes du secteur : en matière de pétrole, vous pouvez donner un prix ou vous pouvez donner une date, mais jamais les deux en même temps !
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date: '2022-02-20T18:37:50'
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title: CHANGE_ME 376
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Je ne sais pas si c'est en entendant parler de sobriété que Thomas Hugues lève les yeux au ciel :), mais c'est entre autres de ce sujet dont il a été question lors de mon passage sur B Smart pour évoquer à la fois Le Monde sans Fin (désormais réapprovisionné de manière significative) et le Plan de Transformation de l'Economie Française (qui récupère plus doucement de sa rupture de stock - décidément une manie :) - mais la rémission, à savoir une réimpression conséquente, est en vue).
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Un petit apéro de 20 minutes avant le film du soir !
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date: '2022-02-20T15:58:09'
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title: CHANGE_ME 377
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Si vous travaillez dans le domaine de la finance, que le climat n'a pas de secret pour vous, que vous aimez à la fois "rentrer dans la technique" et manager des équipes, que vous avez déjà quelques années d'expérience au compteur, et que c'est justement ce week-end que vous aviez décidé de réfléchir à un changement d'employeur, vous serez peut-être intéressé d'apprendre que Carbon 4 Finance se cherche son/sa nouveau/nouvelle DG.
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Carbon 4 Finance est la branche "data" de Carbone 4, qui fournit au monde financier des données pour que ce dernier comprenne "ce qu'il fait", quels risques il court en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, la décarbonation, les risques physiques du changement climatique, et enfin qu'il puisse mesurer l'impact sur la biodiversité de ses activités.
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Notre promesse n'est pas de permettre à nos clients de se verdir sans rien changer à leurs pratiques, mais de leur fournir une meilleure appréhension de la "distance au problème" de leurs activités, pour - idéalement - les rendre plus matures et donc pertinents sur le sujet.
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Nous avons développé, en interne pour le climat (risques de transition et risques physiques), et en partenariat avec CDC Biodiversité pour la biodiversité, des méthodes permettant ensuite de noter plus de 10.000 émetteurs de titres (actions ou obligations), cette information étant disponible sur abonnement auprès de nos clients.
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Nous sommes (à notre connaissance) le seul fournisseur de telles données 100% indépendant en France (aucun actionnaire extérieur à la société), et si l'on regarde les 3 offres que nous fournissons nous avons même peu d'équivalents ailleurs pour le moment. Cela nous confère une forte liberté intellectuelle, laquelle nous rend en retour un peu exigeants sur la rigueur méthodologique ; on n'a rien sans rien !
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Les détails et la manière de postuler sont détaillées dans l'annonce ci-dessous. Bonne chance pour celles et ceux qui se laisseront tenter !
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date: '2022-02-19T10:17:58'
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title: CHANGE_ME 378
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Aurons nous assez de cuivre, de nickel, de lithium, de cobalt, d'indium, d'étain ou même d'or (il y en a dans tous les appareils électroniques) pour assurer la "transition" ? C'était l'objet de ma petite chronique diffusée ce matin (comme tous les Samedi) sur RTL.
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Pourquoi cette question ? Parce que de se débarrasser des combustibles fossiles demande d'utiliser plus de métal, dans un monde qui demande de faire plus de place à l'électricité. Cette dernière doit être produite et il faut du métal dans les alternateurs et câblages des dispositifs de production.
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Plus l'énergie disponible dans l'environnement est diffuse (vent et soleil) plutôt que concentrée (combustibles fossiles et accessoirement uranium), et plus il faut de métal par unité d'énergie mise à disposition des machines que nous utilisons... et qui seront aussi électriques, et donc demanderont aussi du cuivre et d'autres métaux.
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Il faut par exemple près de 100 kg de cuivre par voiture électrique contre plutôt 25 par voiture à essence (j'ai dit 5 fois plus dans la chronique ; mea culpa !) ; 10 fois plus de cuivre par kWh produit au solaire que produit par une centrale électrique "conventionnelle" ; 5 à 6 kg de lithium et environ 7 kg de cobalt par voiture (50 kWh de batterie) ; etc.
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Rares sont les analyses prospectives qui se penchent sur la disponibilité effective des métaux pour assurer les décarbonations basées sur le passage à l'électricité à usages identiques (avec donc peu ou pas de sobriété). Pour le moment, les scénarios de place (dont la SNBC) assument cette disponibilité, et les économistes considèrent que toute l'information sur la disponibilité physique future est contenue dans le prix du moment.
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Avant de se jeter à corps perdu dans une trajectoire donnée, sachant que nous n'aurons pas de 2è essai, il est urgent de passer un peu de temps à savoir quels paris nous pouvons prendre et quels paris il vaut mieux éviter de prendre quand on revient à la physique. Gouverner, c'est prévoir !
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date: '2022-02-18T08:51:13'
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title: CHANGE_ME 379
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Le deuxième temps de la valse n'aura pas tardé à se produire, et n'aura même pas attendu après l'élection : après avoir mis à la charge d'EDF (dont ce n'est évidemment pas le rôle) de soulager ses "concurrents" et les électeurs français de 8 milliards d'euros environ (ca dépendra des prix de marché de l'électricité), l'Etat met déjà la main à la poche de 2 milliards pour recapitaliser ladite EDF.
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Il y a une blague classique qui consiste à demander à un ouvrier de creuser un trou pour disposer de la terre pour pouvoir boucher un trou existant. Comment boucher le nouveau trou demande l'ouvrier ? Mais en creusant un nouveau trou pardi !
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Cette histoire de shadoks était prévisible. Et comme 8 -2 = 6 et pas 0, et que par ailleurs 6 EPR à construire couteront 60 milliards plus ou moins 30 (et ce n'est qu'un début puisque le parc représente actuellement plutôt l'équivalent de 50 EPR), ce n'est évidemment pas en commençant par demander à EDF de payer 6 milliards pour assurer la réélection de l'équipe en place que cela va renforcer la solidité financière de l'opérateur qui va devoir s'atteler à ce plan industriel. Surtout que EDF va devoir continuer à verser des dividendes à son actionnaire !
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L'article des Echos parle de "restaurer la confiance des investisseurs". Les "investisseurs" détiennent 15% du capital d'EDF et demandent 10% de retour sur capitaux investis. Leur donner satisfaction est-il vraiment l'objectif N°1 quand on parle d'un actif qui est crucial pour l'avenir du pays pour le siècle qui vient ?
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Et les investisseurs n'auraient-ils pas été moins échaudés si l'Etat ne s'était pas servi dans les poches d'EDF au service de la campagne électorale du locataire actuel de l'Elysée ?
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date: '2022-02-17T08:56:22'
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title: CHANGE_ME 380
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Dans notre monde numérisé, même les personnes qui se penchent sur l'empreinte carbone du numérique... ont besoin de numérique !
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Carbone 4 se cherche donc une personne à même de renforcer l'équipe IT (aussi sobre que possible, cela va sans dire) pour "administrer" le parc informatique (un peu moins conséquent que celui d'une banque, mais utilisé par des personnes si sympathiques :) ) et les réseaux.
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date: '2022-02-17T07:51:38'
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title: CHANGE_ME 381
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La revue Nature Climate Change a célébré la Saint Valentin à sa manière : en publiant une étude qui montre que l'épisode de sécheresse qui sévit actuellement dans le sud-ouest américain (voir carte qui montre qu'en pleine "saison des précipitations" c'est encore très très sec : https://lnkd.in/dQVN83A ) est le plus intense des 1200 dernières années.
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Comment reconstitue-t-on les précipitations passées à une époque où il n'y avait pas de pluviomètres ? En analysant les cernes d'arbres (suffisamment vieux, mais il faut savoir que l'on trouve aux USA, précisément dans des régions un peu hostiles où la croissance des arbres est très lente, des végétaux vieux de plusieurs milliers d'années) qui permettent de reconstituer l'humidité du sol.
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Cette dernière conditionne en effet la croissance de l'arbre pour l'année considérée. L'étalonnage est permis par le fait que la croissance (et la dureté du bois pour l'année de croissance) peut être mesurée pour des années récentes pour lesquelles les relevés de précipitations sont disponibles.
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Cette sécheresse aurait été beaucoup moins probable sans changement climatique, indiquent les chercheurs. cela est cohérent avec le fait que les modèles climatiques concluent à un assèchement d'une large partie des sols des moyennes latitudes dans un climat qui se réchauffe. Outre une baisse de précipitations par endroits, d'autres éléments contribuent à cette évolution :
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- des précipitations plus irrégulières, or ce sont les précipitations régulières qui rechargent bien les sols (les épisodes pluvieux intenses conduisent à un ruissellement intense et l'eau s'évacue pour l'essentiel sans pénétrer le sol)
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- une évaporation plus intense, à cause des températures plus élevées.
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Cette évolution n'est évidemment pas bonne pour la végétation. Ni pour les écosystèmes naturels, ni pour l'agriculture. Et malheureusement elle ne vas pas s'arrêter le jour où nous commençons à baisser les émissions. En éviter les effets les plus dramatiques, si nous le pouvons, doit aussi faire partie de nos priorités dès à présent.
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Cela demande du jus de cerveau pour comprendre au mieux ce que cela signifie en termes de risques, et des moyens humains et physiques pour éviter ce qui est évitable ensuite. Plus nous tardons, plus nous le regretterons.
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date: '2022-02-16T09:16:52'
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li-id: 6899642717047971840
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title: CHANGE_ME 382
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Le réchauffement climatique ne s'élève "que" à 1,2 °C pour la planète, et cependant cela est déjà suffisant pour conduire le patron de l'Office National des Forêts à affirmer dans Les Echos que "La forêt française est en train de sécher". Et le même d'ajouter que sur 10 % du territoire national nous verrons d'ici dix à vingt ans les effets très concrets du réchauffement (traduire une mortalité sévère).
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Une des choses que nous devons nous mettre en tête en ce qui concerne le réchauffement est que les effets suivent l'élévation de température avec une inertie plus ou moins grande, mais de manière irréversible. Pour la forêt, quand bien même les émissions planétaires tomberaient à zéro demain matin, les conséquences du réchauffement ayant déjà eu lieu vont s'amplifier à l'avenir, puisque le temps de retour des canicules et sécheresses a déjà diminué (ces dernières sont déjà plus fréquentes), et donc que les conditions sont déjà plus "dures" pour les arbres existants (épicéas, hêtres, chênes...) qui, petit à petit, succombent au stress hydrique.
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Dans l'Est, explique le directeur général de l'ONF, ce sont les sécheresses à répétition qui ont affaibli les arbres et rendu les conditions favorables à la prolifération d'un insecte (le scolyte) qui finit de les achever. Et il s'agit d'épicéas présents depuis un siècle... La France n'est pas un cas isolé : au Canada et en Sibérie des phénomènes identiques se produisent, auxquels il faut rajouter des incendies qui augmentent, et qui peuvent transformer en peu de temps la forêt existante en un sol quasi-nu.
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Adapter la forêt au changement climatique n'est donc pas simple : un arbre planté aujourd'hui doit à la fois s'accommoder du climat actuel... mais être toujours vivant dans le climat encore plus modifié - et notamment plus sec - que nous aurons dans 50 à 100 ans - la durée nécessaire pour qu'il devienne adulte.
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En plus le remplacement des arbres existants est imposé par la mortalité : "par endroits, le taux d'arbres qui meurent est tel qu'il faut d'abord récolter les arbres secs avant d'exploiter les vivants. Nous passons en situation de crise" explique Bertrand Munch.
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Replanter 30% du territoire avec des essences adaptées, diversifiées, indispensables à la fourniture de matériaux, d'énergie, de biodiversité, d'espaces récréatifs, et au cycle de l'eau : voilà un projet qui devrait faire l'objet d'un grand programme national mobilisant les finances publiques (un peu plus que la réalité virtuelle, le soutien aux cryptomonnaies ou les taxis volants) et justifier le renforcement de certaines filières professionnelles, non ? Et qui mériterait un peu plus de place dans les discours politiques...
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date: '2022-02-15T08:05:54'
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li-id: 6899262466526654464
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title: CHANGE_ME 383
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Le 7 février dernier, les think tanks Carbon Market Watch (Belgique) et New Climate Institute (Allemagne) ont publié un "Corporate Climate Responsibility Monitor" qui a pour but "d'évaluer la transparence et l'intégrité des engagements des entreprises en matière de climat" ((https://lnkd.in/edwRCrCs ).
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Comme l'expose l'introduction de ce rapport, la plupart des grandes entreprises ont désormais des stratégies et des objectifs publics en matière de climat, avec le plus souvent des engagements qui "à première vue, semblent réduire considérablement, voire éliminer, leurs contributions au réchauffement planétaire".
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En pratique, ces entreprises revendiquent souvent une neutralité individuelle, comme par exemple Colissimo qui affiche fièrement que la livraison qui vous sera faite sera "neutre en carbone", ou Google qui affiche désormais sur sa page d'accueil qu'il est "neutre en carbone depuis 2007", excusez du peu.
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Les auteurs du rapport se sont demandé ce que valaient ces engagements de neutralité, maintenant ou pour plus tard. Comme le rapport fait 128 pages, Carbone 4 vous en propose un résumé un peu plus rapide à lire, qui peut malheureusement lui-même se résumer en une phrase : "les entreprises neutres en carbone, c’est (souvent) n’importe quoi".
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Il est en particulier facile de constater que les entreprises qui se déclarent neutres dès à présent, ou qui "se sont mises en capacité de l'être plus tard", vendent en pratique le même produit ou service, aux mêmes clients, et avec la même organisation et gouvernance qu'avant à quelques détails près.
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Du coup, on peut légitimement se demander, même sans être spécialiste, ce que valent ces engagements. A l'occasion d'une tribune parue dans l'Express il y a un an et demi (https://lnkd.in/dGTt6Zs ), j'avais proposé aux lecteurs de répondre à la question "à votre avis, une entreprise peut-elle devenir "neutre en carbone" ?". Le choix était entre "oui tout de suite", "oui plus tard", "non jamais", et "je ne sais pas". Certes ce genre de sondage en ligne n'est pas représentatif, mais il est intéressant de noter que les deux dernières possibilités ont recueilli plus de la moitié des votes.
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Dit autrement, tant qu'il n'y a pas de sanction légale à affirmer des choses qui n'ont pas de fondement théorique solide (https://lnkd.in/db7JzB2q ), le seul risque pour une entreprise est d'apparaître comme non crédible auprès de ceux qui ont regardé la question d'un peu près (dont les étudiants de Pour un réveil écologique qui chassent régulièrement le greenwashing avec un certain succès).
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Mais si un jour la société devient sérieuse sur ces questions, il s'avèrera peut-être que les entités qui ont choisi cette voie n'auront pas pris de l'avance, mais, en choisissant de noyer le poisson plutôt que de prendre le taureau par les cornes, plutôt du retard.
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date: '2022-02-14T17:50:36'
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title: CHANGE_ME 384
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Quand on livre un produit, il est bon de prévoir un service après-vente. C'est plus ou moins l'esprit de ce "facebook live" qui porte sur le plan de transformation de l'économie française (https://lnkd.in/esiqHkbf), ou plus exactement qui comporte un certain nombre de réponses à des questions qui ont été posées par des internautes à propos de ce plan.
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Comme d'habitude, la procédure est la suivante : la session est annoncée quelques jours à l'avance sur "ma" page FB, et les personnes qui le souhaitent peuvent à la fois poser des questions et "soutenir" les questions déjà posées.
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Le jour J je prends les questions dans l'ordre descendant des "soutiens" pour répondre en premier aux questions les plus "soutenues" (et donc qui intéressent le plus de monde, du moins dans les personnes qui sont allées faire un tour sur la page). Et à l'arrivée vous avez un superbe plan presque fixe avec de la voix (donc vous pouvez supprimer l'image ou presque !).
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Le minutage des questions n'est pas encore disponible mais ca ne devrait pas tarder (désolé). J'espère que l'on s'y retrouve quand même !
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date: '2022-02-14T07:16:58'
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title: CHANGE_ME 385
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Les Echos consacrent un long article à l'extinction des espèces en cours, à l'occasion de la publication d'un article scientifique qui vient de sortir (https://lnkd.in/eZnpfjtk ; en libre accès). Cette publication explique en quoi le système de "liste rouge" de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) conduit à sous-estimer le rythme de disparition, car elle ne concerne quasiment pas les insectes, qui représentent environ 90% des espèces animales décrites, ni les mollusques, qui en représentent presque 10%.
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Les auteurs de la publication scientifique ont regardé de près le groupe des mollusques, et ont ensuite extrapolé à l'ensemble des espèces, pour en déduire que, en ordre de grandeur, de 7,5 à 13% des 2 millions d'espèces décrites avaient déjà disparu depuis 1500.
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Cela fait donc de 150.000 à 260.000 espèces qui ont disparu sur environ 2 millions d'espèces décrites. Les 5 extinctions de masse qui ont eu lieu depuis 450 millions d'années avaient pour origine une perturbation de grande ampleur du système climatique (glaciation, impact d'un météorite, volcanisme...). Celle ci a pour origine la domination d'une espèce : nous.
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Comment agir ? Comme pour le climat, cela sera plus vite dit que fait. La première cause de perte de biodiversité est la perte d'habitats, et la première cause de cette perte est due à l'activité agricole. Cette dernière consiste en effet à remplacer des écosystèmes naturels par des écosystèmes dirigés comportant beaucoup moins d'espèces, à la fois végétales (on se limite aux plantes ou arbres cultivés) et animales (on supprime autant que possible l'accès aux "ravageurs").
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La taille de la population est donc un premier déterminant : plus nous sommes nombreux, plus nous avons de production végétale et plus la "nature" dispose de peu d'espace.
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Mais à cela sont venus se rajouter les "agressions chimiques" de toute nature (délibérée comme celle des phytosanitaires ou involontaire) ainsi que le changement climatique (incendies, sécheresses). Et, comme pour le climat, les urbains en bout de chaine, physiquement déconnectés des écosystèmes qui nous permettent de vivre, ont du mal à faire le lien entre leurs comportements et ce qui crée des pressions "ailleurs" sur la biodiversité.
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Il reste peu de temps pour à la fois déployer les systèmes comptables émergents qui permettent de faire un état de la pression sur la biodiversité d'une activité donnée, et tenter de corriger le tir. Comme pour le climat pourrait-on dire...
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date: '2022-02-13T11:15:39'
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title: CHANGE_ME 386
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L'annonce récente d'Emmanuel Macron sur le nucléaire (se doter d'une stratégie ambitieuse dans le domaine) est assurément pertinente au regard du contexte et du défi climatique. Elle pose cependant quelques questions :
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- y aura-t-il la stabilité politique à suivre ?
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- y aura-t-il les compétences ?
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- y aura-t-il le financement ?
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- y aura-t-il la stabilité réglementaire à un niveau qui soit le bon ?
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- et, surtout, pourquoi avoir changé d'avis depuis la fermeture de Fessenheim ?
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Ces questions sont interconnectées. Par exemple, la volonté politique dans la durée est indispensable pour susciter des vocations chez les jeunes ou les personnes en mobilité professionnelle, ce qui permettra d'avoir des compétences. Au moment de la construction du parc existant, qui a pris 20 ans, les compétences nécessaires sont pour partie apparues en cours de route et c'est normal.
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Le cout de l'argent pour financer la construction ou les opérations de maintenance lourde (le "grand carénage") est fonction du risque perçu par les prêteurs et investisseurs, et ce risque est bien évidemment considéré comme plus élevé quand on a peur que le pouvoir politique revire sur le sujet et ferme prématurément une installation, ou lui complique inutilement la vie en poussant des réglementations qui sont excessivement prudentes.
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La stabilité réglementaire au bon niveau est aussi nécessairement fonction du degré de volontarisme du moment. Même si l'ASN est indépendante, elle prend fatalement appui sur l'ambiance du moment en ce qui concerne le soutien politique et de la population au nucléaire. Plus on veut un résultat, plus on est prêt à prendre de risques assumés pour y arriver ! (et inversement)
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La question de fond est donc celle de la stabilité politique. Et, en démocratie, cela renvoie au consensus qui s'est forgé (ou pas) à "l'étage en dessous", c'est à dire à la volonté populaire (ou pas) de disposer d'une filière nucléaire offensive. Si c'est le cas, comme nous avons dans ce pays un consensus sur le fait d'avoir une sécurité sociale par exemple, alors la stabilité politique suivra.
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Et cela donne peut-être la clé de lecture sur "pourquoi ce revirement". L'opinion a changé sur le sujet du nucléaire ces deux dernières années, avec un soutien qui est devenu nettement plus marqué. Difficile de savoir pourquoi sans disposer d'études approfondies. On peut penser au climat (dont le fait que le nucléaire soit une énergie bas carbone devient compris par une part croissante de la population), au prix de l'électricité qui a fortement augmenté pour le consommateur final, aux ENR qui ne semblent pas si faciles que cela à déployer à large échelle, à la question de l'emploi (il y a quand même un peu de monde dans la filière)...
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Dans tous les cas de figure, ce mouvement gagne du terrain, y compris dans les rangs des Verts. Et c'est probablement ce dernier élément qui a contribué à décider Macron de franchir le pas à la veille d'une élection. Il faudra voir ce qu'il en reste après !
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date: '2022-02-12T10:08:13'
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title: CHANGE_ME 387
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Rien à voir avec la déclaration de Macron sur le nucléaire (!) : ma chronique de ce matin sur RTL parle du permafrost et sa disparition partielle sous l'effet du réchauffement climatique.
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Pourquoi évoquer cette fonte dont nous pouvons penser, nous français(es), qu'elle ne nous concerne pas, puisque notre territoire ne se situe pas aux hautes latitudes nord ?
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Pour deux raisons, évoquées dans cette chronique :
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- d'une part nous avons du permafrost en France, là où la température est négative une large partie de l'année : au sommet des montages (en gros au-dessus de la limite des glaciers et neiges éternelles), et sa fonte aura des effets visibles
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- d'autre part parce que sa fonte aux hautes latitudes va amplifier le réchauffement climatique en accélérant le relâchement de méthane.
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On appelle dans les media les sujets qui ne dépendent pas de l'actualité du jour (ou de la semaine) des sujets "froids". Pour le coup c'est de circonstance !
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date: '2022-02-11T07:55:45'
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title: CHANGE_ME 388
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Etre invité sur Fun Radio, c'est bien la dernière chose à laquelle je m'attendais lorsque The Shift Project s'est mis à la planche à dessin pour accoucher du Plan de Transformation de l'Economie Française.
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Un media évoque rarement des sujets qui vont complètement le couper de son audience. J'ai donc envie de penser (j'espère pas à tort !) que si j'ai été convié à causer sur cette antenne, c'est parce que de l'autre côté du poste de radio (ou de l'ordinateur ou du téléphone) à cette heure là (âge moyen 18 à 35 ans m'a-t-on dit) il y a de l'intérêt.
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On ne va pas s'en plaindre, tout le rebours. Pour effectuer dans la durée (des décennies) la transformation de notre économie, il est essentiel d'y intéresser dès à présent la jeune génération, qui devra idéalement avoir envie de se former sur les emplois dont la société devra disposer, et avoir envie d'adopter un "mode de vie" qui soit en adéquation avec les possibilités physiques du monde.
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Il semblerait que l'envie de voir des propositions (sérieuses de préférence) sur l'environnement ne soit pas limité aux auditeurs de cette radio (tant mieux !) si l'on en croit cet article du Monde : https://lnkd.in/eSCUx55x
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The Shift Project a prévu un dispositif "d'interpellation" des candidat(e)s sur les thèmes qui nous sont chers, pour savoir ce qu'ils proposent et donner notre avis. Nous espérons ainsi contribuer à un choix plus éclairé, tout en sachant que ces sujets demandent du temps pour être travaillés correctement, et que des responsables politiques qui se réveilleraient maintenant en se disant qu'il faut qu'ils s'en occupent ne pourront rien faire d'autre que de récupérer des propositions "sur étagères".
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Nous espérons évidemment qu'à ce moment ils auront envie de s'inspirer de notre plan !
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date: '2022-02-10T11:33:31'
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title: CHANGE_ME 389
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Le Plan de Transformation de l'Economie Française était l'objet de l'intérêt de Thinkerview hier soir. Pendant un peu moins de 3 heures nous - Laurent Morel et ma pomme - avons évoqué des sujets en lien direct ou indirect (et à quelques rares occasions très indirects mais c'est le charme de l'émission) avec ce plan.
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Nous n'avons pas tant egrené les mesures opérationnelles proposées dans chacun des 15 secteurs couverts dans le livre, mais nous avons plutôt parlé de la philosophie générale de l'affaire, des questions d'emploi et d'équité, du contexte international, de l'existence ou pas de "candidat(e)s" à sa mise en oeuvre, etc.
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Comme d'habitude sur cette chaine les questions sont parfois délibérément déstabilisantes ou provocatrices, mais ca fait partie du jeu, et par ailleurs ce n'est pas pareil d'avoir 10 secondes ou 10 minutes pour répondre à une question taquine.
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Ce qui est sur, c'est que l'une des questions d'ouverture ("que se passe-t-il si on ne fait rien") est très en lien avec le cygne noir qui sert de logo à la chaine !
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date: '2022-02-10T07:48:20'
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title: CHANGE_ME 390
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Tou(te)s celles et ceux qui ont acheté ou vendu un logement y ont eu affaire : le Diagnostic de Performance Energétique, ou DPE, qui classe le logement en fonction... de sa performance énergétique. A c'est pour un logement très économe, et G pour ce que l'on appelle une "passoire thermique" (F aussi du reste).
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Ce DPE ne tenait compte, jusqu'à maintenant, que de la consommation d'énergie, mais ne se préoccupait pas du type d'énergie en question. Il était donc possible d'avoir une meilleure note avec un logement chauffé au fioul qu'avec un logement chauffé à l'électricité, alors même que le second aurait conduit à beaucoup moins d'émissions que le premier à usage identique.
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Du coup il y avait aussi une "étiquette gaz à effet de serre" qui concernait elle uniquement les émissions de CO2, mais c'était néanmoins celle sur l'énergie qui était systématiquement citée et prise en compte dans les actions, beaucoup moins celle sur les émissions. Mettre les deux informations dans une même note est bien plus pertinent, même si les seuils choisis peuvent toujours se discuter.
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D'autres imperfections existaient dans le mode de calcul du DPE : par exemple, le bâtiment pouvait être mieux noté simplement parce qu'il était moins utilisé (alors que la note doit refléter ses performances intrinsèques et non sa température de consigne ou sa vacance).
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Les modifications et novations (par exemple la création d'un DPE collectif pour les immeubles) sont détaillées et commentées dans cet article qui vous est proposé par la pratique bâtiment de Carbone 4. Le nombre de "passoires énergétiques" et leur composition, ainsi que l'adéquation entre ce DPE réformé et les politiques nationales sont ainsi passés au crible, avec pour conclusion "c'est beaucoup mieux, mais il reste encore quelques marges de progrès".
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Rappelons que le bâtiment c'est 40% de l'énergie finale et environ 20% des émissions de gaz à effet de serre du pays. C'est donc un secteur incontournable (et majeur sur l'énergie) de tout plan visant à rendre notre "mode de vie" compatible avec les limites climatiques et de ressources.
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date: '2022-02-08T16:37:35'
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title: CHANGE_ME 391
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Bruno Le Maire a fait quelques affirmations sur l'énergie sur France Inter qui m'ont semblé mériter quelques précisions.
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Il a dit "L'Europe doit être indépendante du point de vue énergétique". L'Union importe actuellement 96% de son pétrole (dont 35% de Russie), 80% de son gaz (un tiers russe aussi) et 35% de son charbon. Elle importe 100% de son uranium, quasiment 100% de ses panneaux solaires, une fraction de ses éoliennes, 100% de son cuivre (nécessaire aux réseaux et appareils électriques), 100% des métaux pour batteries, et j'en passe. Ne pas dépendre de pays tiers pour des denrées indispensables à notre système énergétique sera hélas impossible. De quelle indépendance parle-t-on ?
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Bruno Le Maire impute la hausse des prix de l'énergie à la "demande plus forte que prévue" en pétrole et en gaz à cause de la reprise. Il ne faudrait pas oublier ce qui a joué encore plus (sans jugement de valeur sur la pertinence de la hausse des taxes) : la mise de l'électricité dans le marché (qui cale les prix spot pour tous sur le mode de production le plus onéreux), le prix des quotas qui atteint pas loin de 100 euros la tonne de CO2 et qui renchérit le MWh au gaz, la hausse des taxes sur les carburants (notamment le diesel) et enfin la fiscalité (d'abord affectée aux ENR, puis non affectée) qui a augmenté sur l'électricité.
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Il espère que d'ici la fin 2022 les prix vont baisser. Que disent "les marchés" ? Le prix du gaz pour livraison dans un an et dans deux ans est à peu près le même que le prix pour demain. Un peu plus loin il a parlé de "sortie de crise". Mais si le gaz reste proche de 100 euros le MWh (et donc l'élec pas loin de 250 avec le rendement des centrales et le prix du CO2) pendant 2 ans, ca n'est plus vraiment "une crise", c'est plutôt un nouvel état de fait....
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Bruno Le Maire explique que l'Etat a imposé une charge de 8 milliards à EDF (dont une partie financera une filiale de Total !) "parce que c'est une entreprise publique" et "sous le contrôle de l'Etat". Cela veut-il dire que l'on ne peut pas, au nom de l'intérêt général, imposer une charge à une entreprise privée ? Que l'Etat n'a aucun contrôle sur le secteur privé ?
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Le ministre qualifie EDF de "service public". Objection votre honneur : si on a voulu un marché concurrentiel il n'y a plus de service public. Il y a des concurrents, et si on fait les poches de l'un d'eux on doit faire les poches de tous. Cela n'empêche pas l'invité de dire un peu plus loin que pour les pétroliers "c'est à eux de faire des propositions" (aucune obligation !). Amusant...
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Enfin notre ministre déclare que "nous avons des besoins en électricité décarbonés infiniment supérieurs à ce à quoi nous nous attendions". Pour ce que j'en ai vu depuis 20 ans, la question de la disponibilité physique future de l'électricité décarbonée n'a jamais fait l'objet d'une "attente" quantifiée du monde politique : elle a fait l'objet de certitudes d'une absence de difficultés fondées sur... rien.
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date: '2022-02-08T10:16:07'
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title: CHANGE_ME 392
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Ma casserole contre ta voiture : la diminution de l'usage des combustibles fossiles sur une planète peuplée de 8 milliards d'individus va conduire de plus en plus fréquemment à des conflits sur l'utilisation des sols, dont le produit (la biomasse) est "réclamée" pour des usages multiples :
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- se nourrir
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- se déplacer en mode motorisé (carburants)
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- produire des matériaux (bois, coton ou lin, chanvre...)
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- profiter à la biodiversité (auquel cas on prélève un minimum car on "laisse la nature tranquille").
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A ce la on peut rajouter un usage hors biomasse qui est d'implanter des bâtiments et infrastructures (voies de communication), qui peut inclure de la biomasse "récréative" (espaces verts, par exemple).
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Aux USA la concurrence entre voitures et assiettes est déjà très significative sur le maïs. 40% des cultures de cette céréale servent à produire de l'éthanol pour mettre dans les réservoirs et non à nourrir des gens (peu !) ou des animaux (beaucoup). Et comme les détenteurs de voiture ont souvent plus de pouvoir d'achat que ceux qui n'en ont pas, il se passe alors le processus suivant, que l'on voit aussi arriver en Indonésie : l'achat de la denrée pour des usages énergétiques est plus rentable pour les producteurs que pour nourrir des gens.
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Il est malheureusement probable que cette concurrence va s'amplifier à l'avenir, et que la tentative de basculer sur le flux solaire courant des usages qui se sont développés avec du déstockage de flux solaire ancien (les combustibles solides) va créer de plus en plus de tensions sur l'alimentation.
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date: '2022-02-07T10:51:45'
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title: CHANGE_ME 393
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Quelques heures avant l'événement organisé par The Shift Project pour présenter de façon un peu panoramique le plan de transformation de l'économie française (inscription libre pour assister en ligne : https://lnkd.in/e8m9JS_S ), RTL m'a laissé une petite place pour parler de ce travail (avec une mention en passant au Monde sans Fin, normalement disponible à nouveau en librairie - et réapprovisionné à intervalles réguliers de toute façon d'ici à avril).
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On ne refait pas les media : on a plus parlé de nucléaire à l'antenne que dans le PTEF (où il en est un peu question au chapitre énergie - un chapitre sur 15 !), et j'invite évidemment tout(e) un(e) chacun(e) à en juger par lui ou elle-même, en lisant le livre publié chez Odile Jacob, en assistant à la présentation de cet après-midi, ou en regardant les documents publiés directement par The Shift Project sur le site https://lnkd.in/esiqHkbf
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Bien évidemment notre travail (au Shift Project) ne va pas s'arrêter ce soir : nous sommes plus au début d'un processus qu'à la fin, puisque dans la vraie vie la décarbonation à la bonne vitesse n'a pas vraiment commencé !
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date: '2022-02-07T06:02:39'
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title: CHANGE_ME 394
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Dans une publication récente de "Flash Economics", Patrick Artus, chef économiste de Natixis, se demande si le découplage entre PIB et CO2 est en route : https://lnkd.in/ekFjfb4J
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Rappelons que le découplage est un autre nom pour la croissance verte (qui est affirmée comme possible par notre pouvoir politique, puisque nous avons en France une loi "pour la croissance verte", votée en 2015). Cette évolution correspond à une situation où le PIB croit en permanence pendant que les émissions de gaz à effet de serre et autres nuisances environnementales décroissent en permanence.
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La conclusion d'Artus est :
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- le découplage s'observe depuis 1990 pour l'Europe ou les USA
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- il s'observe un peu pour la Chine et l'Inde
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- mais il ne s'observe pas pour le monde dans son ensemble.
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Dit autrement, pour le monde dans son ensemble, les émissions de CO2 par unité de PIB ne diminuent quasiment pas depuis 1990. Or, c'est bien à ce niveau global qu'il faut regarder les choses, parce qu'aucun pays n'est autosuffisant pour l'ensemble de sa consommation. C'est pour l'ensemble de l'activité productive qu'il faut voir si la croissance verte est en vue ou pas (voir par exemple https://lnkd.in/dDCe4YAm ).
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Que signifie ce résultat ? Tout simplement que l'on voit mal, aujourd'hui, comment il serait possible de ramener les émissions planétaires à zéro avec un PIB en croissance... voire même un PIB constant. Cela est assez cohérent avec le fait que, avant les combustibles fossiles, le PIB mondial était très inférieur à ce qu'il est aujourd'hui, et surtout croissait très très lentement.
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date: '2022-02-06T09:45:34'
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title: CHANGE_ME 395
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L'environnement peut éventuellement se voir comme un ensemble de limites physiques et biologiques incontournables sur une planète finie, et qui contraignent donc les degrés de liberté pour notre avenir, que cela nous enchante ou nous enchante un peu moins.
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Dans le cadre de la surenchère électorale qui a démarré de fait dans les media (même si la campagne officielle n'est pas encore ouverte), il ne serait donc pas complètement idiot de regarder de façon un peu systématique si les promesses flottent au regard des limites en question. Ce serait d'autant plus logique que la question environnementale préoccupe une fraction croissante de l'électorat.
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Mais... on ne peut pas dire que nos amis journalistes passent souvent les personnages politiques à la question sur ces sujets. Même Jadot a plus fait parler de lui récemment avec sa cravate qu'avec son programme ! Je suis donc allé ronchonner... sur un média :), en l'espèce dans le cadre de la chronique qui vient d'être diffusée ce Samedi sur RTL.
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Comme elle fait 3 minutes, je ne vous en propose pas un résumé !
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date: '2022-02-05T10:19:43'
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title: CHANGE_ME 396
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Petit rappel : Lundi 7 février, à 18h, The Shift Project organise un événement en ligne pour présenter l'ensemble de son plan de transformation de l'économie française.
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Cet événement a en fait lieu en "phygital", c'est à dire que tou(te)s les intervenant(e)s seront rassemblés au même endroit, en l'espèce à Sciences Po, qui nous a paru être le lieu où se mettre pour parler de l'avenir du pays à l'occasion du débat présidentiel (qui pour le moment ne comporte pas beaucoup de séquences sur l'environnement, c'est le moins que l'on puisse dire).
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Cet événement ne sera pas juste l'occasion de résumer le résumé (le le livre paru chez Odile Jacob - https://lnkd.in/ekk7DZZH - quasi-épuisé une semaine après sa sortie, ce qui nous a étonné nous-mêmes, mais les réimpressions arrivent) : il sera aussi l'occasion de donner la parole à une partie des chef(fe)s de projet qui, avec le concours de centaines de contributeurs et de milliers de relecteurs, ont rendu ce travail possible.
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Il sera aussi l'occasion de donner la parole à des intervenant(e)s externes, dont le secrétaire général de la CFDT, le président délégué du MEDEF, la co-présidente du mouvement Impact France, la nouvelle DG de Veolia et le (presque) nouveau patron de Sciences Po.
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Pour assister en ligne (sur place nous avons réservé l'amphi aux contributeurs du PTEF et aux invités, ainsi qu'à des étudiant(e)s de Sciences Po) c'est gratuit ; il faut juste s'inscrire pour recevoir le lien permettant de se connecter. Le programme figure sur la page en lien ci-dessous.
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Nous espérons vous "voir" nombreux !
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date: '2022-02-04T07:22:43'
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A l'occasion de la sortie chez Odile Jacob du livre résumant le Plan de Transformation de l'Economie Française (https://lnkd.in/esiqHkbf), Les Echos me font l'honneur de leur interview longue du Vendredi dans le journal "papier" (qui est de plus en plus digital !), et encore plus longue sur le site web.
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Le fait même que le site des Echos puisse mettre le lien vers cette interview en page d'accueil, et avec le titre "Avec les bons indicateurs, l'économie mondiale serait en faillite !", montre bien que les sujets évoqués sont désormais considérés comme légitimes par la rédaction, qui n'était pas du tout le cas il y a 10 ans.
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Au demeurant, pendant l'échange qui a donné lieu au texte publié, les points de vue développés ont évidemment donné lieu à discussion, mais pas du tout à un dialogue de sourds. Le même jour, le même journal publie un éditorial d'un des deux interviewers (David Barroux, Rédacteur en chef Micro), où l'auteur écrit : "Croire que, sans aucune contrainte, les modes de production ou les habitudes de consommation évolueront assez rapidement et radicalement pour changer la donne est illusoire. De même, parier uniquement sur une multitude de ruptures technologiques pour espérer résoudre les problèmes climatiques est sans doute excessivement optimiste." (https://lnkd.in/eMFUEbFq )
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Bien sur, il faut se garder de crier victoire trop tôt, et penser qu'une interview est une révolution. Une interview est... une interview :). Mais elle marque un petit point dans l'adhésion indispensable d'une partie des acteurs économiques à l'idée d'une planification de la décarbonation, sans laquelle, dans notre système remontant qu'est la démocratie, il n'y a pas d'avancée significative possible dans la sphère politique prise dans son ensemble.
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date: '2022-02-03T14:00:26'
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title: CHANGE_ME 398
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Le 10 février à 11h Carbone 4 organise un webinaire pour présenter les résultats d'une étude sur les infrastructures et la question climatique.
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On met dans cette catégorie les réseaux de transport (route, rail, air, mer), les réseaux de télécom, les réseaux énergétiques (gaz, électricité) et souvent les unités de production, les réseaux d'eau, et parfois certains bâtiments (stades, gares...).
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Leur construction et leur usage représentent la moitié de notre empreinte carbone. Il n'est donc pas complètement inintéressant de savoir comment les modifier et piloter !
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date: '2022-02-03T07:55:42'
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title: CHANGE_ME 399
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Quand j'étais étudiant, j'ai appris quelques rudiments de programmation informatique. A cette époque, le changement climatique n'était pas vraiment un sujet (je ne pense pas en avoir entendu parler ne serait-ce qu'une fois pendant mes études), et la question de l'empreinte carbone du numérique encore moins (alors que j'ai fait une partie de mes études à Telecom ParisTech).
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Ce n'est désormais plus le cas, et des chercheurs portugais ont regardé quelle était l'efficacité comparée, en termes d'énergie utilisée, de vitesse d'exécution, et de mémoire utilisée, de différents langages de programmation informatique : https://lnkd.in/dyqfb9Qn
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Pour concevoir un programme qui "fait la même chose", on peut donc utiliser des langages de programmation différents. Un programme est une série d'instructions fournies à l'ordinateur pour partir de données d'entrée et avoir des données (différentes) en sortie, et ces instructions peuvent donc être écrites en divers "langages".
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Le lien avec le climat est le suivant :
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- plus un langage demande d'énergie, plus cela signifie qu'il va conduire à ce que l'ordinateur effectue un grand nombre d'instructions élémentaires pour arriver au même résultat
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- plus il est lent, plus il va demander un ordinateur puissant (donc nécessitant plus de matière et d'énergie pour être fabriqué) pour arriver au même résultat dans les mêmes temps
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- plus il est gourmand en mémoire, plus il va demander un stockage capacitaire (donc nécessitant aussi plus de matière et d'énergie pour être fabriqué) pour arriver au même résultat.
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Le résultat est que les langages que j'ai appris quand j'étais petit (C et Pascal) sont ceux qui demandent le moins de capacité matérielle pour arriver au résultat dans un temps donné. En contrepartie ils demandent plus de capacité humaine, car ils faut des programmeurs capables de décomposer pas à pas ce qu'ils veulent demander à la machine, et derrière les instructions devront être "compilées", c'est à dire traduites en langage machine (des instructions encore plus élémentaires) en une seule passe.
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Les langages appris aujourd'hui dans les écoles d'ingénieur (notamment Python) se classent beaucoup plus mal au niveau de ces performances. Ils sont dits interprétés : le même code peut être utilisé sur plusieurs ordinateurs différents par un "interpréteur" qui rajoute un étage par rapport au compilateur. C'est plus souple pour l'utilisateur mais plus exigeant pour la machine.
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Dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, nous avons donc augmenté la performance à mesure que les moyens matériels (des ordinateurs plus puissants mais donc plus gourmands en ressources et en énergie) augmentaient. Aller vers la sobriété demandera aussi de revenir à des langages de programmation plus économes... qu'ils faudra donc enseigner en priorité.
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date: '2022-02-02T20:51:41'
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li-id: 6894744142681845760
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title: CHANGE_ME 400
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Il y a quelques semaines, il a fallu qu'un citoyen suisse - Guillermo Fernandez - se mette en grève de la faim pour que le conseil fédéral (l'équivalent de notre conseil des ministres, sauf qu'ils ne sont que 7) accepte de recevoir une formation sur les enjeux climatiques : https://lnkd.in/ehBc6e_5
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En France, nous arriverons peut-être au même résultat grâce à l'initiative d'un sénateur, qui vient de déposer un projet de loi comportant un article unique, proposant que les élus prennent obligatoirement connaissance des résultats du GIEC dans le cadre de leur mandat : https://lnkd.in/ejznc62n
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Fait à noter, ce projet de loi ne vient pas du gouvernement, mais pas non plus des écologistes (ou même de la gauche). Il est par contre totalement en accord avec les propositions du Shift Project !
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J'espère que l'intérêt supérieur de notre avenir primera sur le jeu partisan, ce qui n'est jamais gagné (j'espère que le sénateur n'aura pas besoin de faire une grève de la faim pour faire voter son projet de loi !).
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date: '2022-02-01T13:00:08'
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title: CHANGE_ME 401
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Dans les inconvénients souvent mis en avant en ce qui concerne la production électrique à base de fission nucléaire, il y a la question des déchets, très fréquemment (sinon exclusivement !) présentée comme un problème sans solution.
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Ce terme un peu générique de "déchets" englobe en pratique des objets ou faits qui peuvent être très divers.
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L'origine des "déchets" se trouve dans les assemblages qui sont retirés du coeur du réacteur après qu'ils y aient séjourné une année ou plus. Les assemblages neufs contiennent l'uranium enrichi qui a servi à la réaction en chaîne, et qui est présent sous forme de pastilles d'oxyde d'uranium, logées dans des tubes en alliage de zirconium (voir photo en commentaire).
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Dans certains pays (dont la Suède qui fait l'objet de l'article ci-dessous) les assemblages déchargés sont "juste stockés" après un traitement purement mécanique (transport, découpage en morceaux, "enrobage" dans des conteneurs). C'est ces assemblages que l'on appelle "déchets".
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Dans d'autres pays (dont la France) ces assemblages sont "retraités". Leur contenu est trié : d'un côté les produits de fission (les noyaux qui apparaissent lorsque le noyau d'uranium se casse en deux lors de la fission) et les actinides mineurs (des éléments de numéro atomique supérieur ou égal à 89 et qui apparaissent dans le coeur par absorption de neutrons par l'uranium puis désintégrations radioactives). Ils constitueront les déchets dits HALV (Haute Activité Vie Longue) qui concentrent l'essentiel de la radioactivité des déchets mais représentent seulement quelques % de la masse de ce qui est retiré du coeur.
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D'un autre côté on va récupérer le plutonium et l'uranium, qui, en France, ne sont pas considérés comme des déchets : ils sont réutilisés dans des assemblages neufs.
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Nos voisins du Nord, qui ne "retraitent" pas, donc (ce qui, du point de vue de l'économie de ressources, est dommage, puisque l'uranium extrait d'un coeur contient plus d'isotope 235 - environ 1% - que l'uranium naturel, et le plutonium peut aussi fournir de l'énergie), viennent de décider d'enfouir les assemblages usagés dans un site de stockage géologique.
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La durée de stabilité qu'un stockage doit garantir effraie souvent. Pensez vous, 100.000 ans ! En fait il faut relativiser :
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- les volumes occupés sont faibles. L'énergie nucléaire étant très dense, elle met en jeu de (très) petites quantités de matière (rapportées à l'énergie produite) et engendre donc de petites quantités de "déchets" (toujours rapportées à l'énergie produite) : https://lnkd.in/dBSxJZi
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- la géologie est une chose globalement stable sur des échelles de temps bien plus longues. Par exemple le gaz naturel a pu rester des dizaines de millions d'années confiné dans des formations géologiques. Si la géologie peut empêcher un gaz - qui diffuse quand même assez facilement - de se promener partout, elle peut a fortiori le faire pour de petits objets solides !
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