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date: '2022-09-30T07:23:09'
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title: CHANGE_ME 133
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Nous avons désormais les yeux de Chimène pour l'hydrogène. Partons nous dans la bonne direction avec les annonces gouvernementales ?
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Dans le Plan de Transformation de l'Economie Française, nous proposons d'en produire "un peu", c'est à dire en gros autant qu'aujourd'hui, mais au lieu de le faire en "reformant du méthane" (voir https://bit.ly/3LSyUHN ), il serait produit en électrolysant de l'eau avec de l'électricité décarbonée.
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Dans notre plan, il ne sert qu'à deux choses :
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- produire de l'ammoniac, qui permet lui-même de produire des engrais. Même en diminuant la consommation d'engrais de synthèse, nous en aurons besoin un petit moment avant de pouvoir éventuellement nous en passer "un jour" en agriculture
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- produire de l'acier, en remplaçant le charbon (le coke) pour ôter l'oxygène associé au fer dans le minera de fer.
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Ce sont donc deux applications industrielles "fixes". Nous ne proposons pas d'en utiliser de manière significative dans les transports. Les raisons à cela sont :
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- le volume d'électricité nécessaire. Les poids lourds c'est actuellement 8 millions de tonnes de pétrole par an en France. Pour avoir la même énergie sous forme d'hydrogène (sachant que les rendements d'une pile à combustible et d'un moteur de poids lourd sont proches) il faudrait environ un tiers de la production électrique actuelle (il en faudrait 3,5 fois moins pour une propulsion directe à l'électricité en posant des caténaires sur les autoroutes et les principales routes)
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- la logistique de l'hydrogène. Gaz le moins dense énergétiquement par unité de volume, son stockage et sa manutention sont très couteux énergétiquement. Molécule la plus petite de notre environnement, ce gaz s'infiltre par la moindre fissure et fragilise l'acier : il faut modifier les réseaux ou en construire de nouveaux (ca nous met hors délai)
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Quand on lit dans cet article des Echos que le plan hydrogène français concerne surtout la mobilité, il est à craindre que notre pays ne prenne à nouveau un vrai problème par le mauvais bout. Cette mobilité hydrogène peut éventuellement concerner des applications de niche (un train ici ou là), mais il y a des alternatives plus pertinentes pour l''essentiel de la mobilité des personnes et des marchandises que de se jeter sur ce vecteur à la mode.
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Voir https://bit.ly/3Ciz3B4 pour le fret ; https://bit.ly/2H5Eubp pour la mobilité du quotidien et https://bit.ly/3rj6lK1 pour la mobilité longue distance.
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Enfin le gouvernement table sur une "baisse des couts". Mais la baisse des couts se constate historiquement dans un monde mondialisé en croissance énergétique. Nous ne l'aurons plus dans un monde globalement en décrue énergétique.
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Nous n'avons que 28 ans pour arriver à diviser les émissions planétaires par 3, ou pour avoir en Europe une division par 2 à 10 du pétrole disponible (https://bit.ly/3E6qJFY ). Nous n'avons pas le luxe de tâtonner en se disant que l'on changera de plan s'il est mauvais. Si le plan est mauvais ca se paiera en drames.
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date: '2022-09-29T06:42:57'
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li-id: 6981141249013514240
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title: CHANGE_ME 134
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Le gouvernement va dépenser 250 millions en 2023 pour le vélo, essentiellement pour les infrastructures. Que peut-on faire avec une telle somme ?
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- construire 2500 km de pistes cyclables en bordure d'une voirie existante, ou 800 km si ce n'est pas le cas
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- construire une petite centaine de franchissements d'obstacles (passerelle au-dessus d'une voie rapide, tunnel sous une 2x2 voies, etc).
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Pour donner une base de comparaison, c'est le cout de 10 km de tramway ou 40 km d'autoroute neuve. Tous modes confondus notre pays met environ 15 à 20 milliards d'euros par an dans les infrastructures de transport (https://bit.ly/3y19WA4 ). Le plan annoncé par le gouvernement représente donc 1% de cette somme.
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C'est assurément mieux que rien, et plus qu'avant. Mais pour un pays qui va voir 50% à 90% de son pétrole disparaître d'ici à 2050 (https://bit.ly/3CfVHtR ), ce ne peut être qu'un début. Dans le Plan de Transformation de l'Economie Française, le vélo sous toutes ses formes participe de manière très significative à la décrue de la circulation automobile en ville et en zone périurbaine.
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Mais en fait la manière la plus utile de dépenser cet argent aurait probablement été de former tous les gestionnaires de voirie des collectivités locales pour qu'ils aient envie de bien faire en matière de pistes cyclables et de garages à vélo. On ferait ainsi effet de levier sur les dépenses de voirie de ces entités, qui sont de loin les premiers clients du BTP. Apprendre aux enfants des rudiments de code de la voirie est aussi une excellente idée.
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A ce propos, le modeste cycliste occasionnel que je suis propose aux élus locaux quelques petits conseils pour améliorer le sort des convertis à la pédale :
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- tous les cyclistes ne vont pas à la même vitesse. Il faut donc permettre le dépassement entre cycles avec des voies assez larges
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- éviter les itinéraires mixtes piétons/cyclistes. La personne qui va au travail à 25 km/h - et qui ne va pas se limiter à 5 km/h à cause de ce qui suit - n'a pas grand chose en commun avec le piéton qui déambule à 5 km/h.
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- évitez de mettre des chicanes aux intersections. Elles causent plus d'accidents qu'elles n'en évitent (en particulier par temps de pluie quand la chaussée est glissante) parce que tout cycliste cherchera à la passer avec le maximum d'élan pour éviter de forcer pour ré-accélérer derrière.
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- limitez au maximum la cohabitation avec les voitures. Ces dernières ont une fâcheuse tendance à occuper tout l'espace et à dépasser de manière imprudente. Accessoirement, les routes étant payées avec les impôts locaux et non avec l'argent des seuls automobilistes, il n'y a aucune raison pour que le/la cycliste (qui paye autant d'impôts locaux que les automobilistes) ait droit à moins de voirie que les conducteurs d'engins motorisés.
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- prévoyez suffisamment de places dans les parkings à vélo.
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- et surtout faites appel à des personnes "qui savent" !
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Merci :)
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date: '2022-09-28T15:12:19'
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title: CHANGE_ME 135
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2 ans après la mise en route du Plan de Transformation de l'Economie Française, The Shift Project est à l'honneur dans Les Echos, en l'espèce en étant cité dans l'édito politique du jour.
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Là où ca devient intéressant, c'est que la démarche que nous avons mise en route semble, si l'on lit entre les lignes, être citée en exemple par la macronie pour pousser son représentant le plus haut placé à s'illustrer par ses actions sur le climat plutôt que par ses actions sur les retraites.
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De fait, il est peu probable que l'histoire se souvienne du Nè président qui aura réformé ce système, juste après le N-1ème et juste avant le N+1ème. Les retraites étant un enfant de l'énergie abondante, la décrue énergétique va périodiquement nous pousser à y revenir, puisqu'à chaque fois les prévisions de recettes futures pècheront par excès d'optimisme, car l'inverse est difficile à vendre (en pratique ces recettes dépendent du PIB qui est toujours prévu plus haut qu'il n'est réellement).
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Par contre l'histoire pourrait se souvenir du premier président qui aura un plan sérieux - comprendre compatible avec la physique du problème - pour permettre à chacun(e) d'exercer un emploi, d'espérer du lendemain et d'être à peu près heureux dans un monde qui se décarbone et s'accommode des limites planétaires.
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Ne pas avoir cet objectif, quand on est le chef d'un des deux états structurants de l'Union Européenne, quand on dirige un pays qui a tant contribué à innover sur le plan des méthodes et des systèmes, quand on peut "dire la vérité" puisque ne pouvant être réélu, et dans l'époque présente, n'est-il pas clairement manquer d'ambition ?
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date: '2022-09-27T11:15:11'
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title: CHANGE_ME 136
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Dans le monde infini, la question ne se pose pas : s'il y a de l'inflation, cela signifie qu'il y a trop d'argent en circulation pour les biens et services disponibles, donc il faut restreindre l'accès à l'argent, donc les banques centrales montent les taux.
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Si une récession doit suivre, le mal ne peut être que temporaire, puisque le monde est infini, et que c'est juste une mauvaise passe avant le retour de la croissance. Cette dernière est évidemment garantie sur facture "à long terme", puisque c'est le conseil d'orientation des retraites qui le dit (voir tableau 1.4 page 44 de https://lnkd.in/d3Hef-HS qui "prévoit" une croissance du PIB jusqu'en 2070, ou encore la figure 1.14 page 40, qui nie la baisse constante de la croissance de la productivité du travail depuis 1980, qui provient de la contrainte croissante sur la disponibilité en machines au travail).
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Mais dans le monde fini, faut-il lutter contre l'inflation ? Ce n'est pas dans ce cadre que se place Jean-Marc Vittori dans cette tribune. Il se contente de souligner que, dès à présent, diminuer l'inflation protège certes les revenus des gens modestes, mais les prive d'une possibilité de rembourser leurs emprunts à bon compte (car si les taux réels baissent, ou deviennent négatifs, cela avantage les gens endettés de manière significative par rapport à leur revenu).
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Mais il aurait pu prolonger la réflexion en se demandant quelle était la bonne marche à suivre dans un monde où le PIB ne va pas augmenter mais baisser, du moins si on le compte toujours de la même manière, parce que les flux physiques qui sont à la base de la machine économique vont baisser (à cause de la contraction énergétique).
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Car, dans ce monde là, le pouvoir d'achat réel va s'éroder. Cela pose évidemment la question cruciale de la répartition de l'effort - et il est évident que ceux qui ont beaucoup doivent y prendre une plus grande part par personne que ceux qui ont peu - mais cela pose aussi la question non moins cruciale de savoir quel sera le moyen le moins douloureux : par marches d'escalier - avec de temps en temps un grand craquement quelque part - ou de manière continue ?
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Dans ce dernier cas l'inflation n'est pas nécessairement la plus mauvaise manière de s'attaquer au problème. Cette conclusion peut sembler très iconoclaste. Dans le monde infini elle l'est de manière certaine. Dans le monde vers lequel nous nous dirigeons il faudrait y réfléchir un peu quand même.
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date: '2022-09-26T07:16:16'
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title: CHANGE_ME 137
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Les Echos publient un article basé sur une publication (que je suppose récente) de l' "Internal Displacement Monitoring Centre" sur les réfugiés climatiques en Asie sur a période 2010 - 2021 (https://lnkd.in/e35jb6Sa ).
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Puisqu'elles se terminent à fin 2021, les analyses n'incluent pas l'épisode particulièrement sévère qui vient de se produire au Pakistan, avec des inondations qui concernent plus de 100.000 km2 (et qui mettront parfois 6 mois à disparaître) et 8 millions de réfugiés (https://lnkd.in/ePf62QFU ).
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Il serait en fait plus juste de parler de "réfugiés météorologiques", car les personnes qui ont été obligées de quitter leur domicile l'ont fait à cause d'un "événement extrême", qui est du registre de la météo, la répétition de ces événements étant par contre du registre du climat. Le document ne dit pas quelle est la période moyenne de déplacement (car une fois l'inondation partie une fraction des déplacés retourne là où elle était ; c'est évidemment moins vrai avec les tremblements de terre et glissements de terrain qui sont cependant la cause de beaucoup moins de mouvements de population).
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En agrégé sur 11 ans, l'Asie concentre l'essentiel de ces réfugiés dans le monde, et au sein de la région c'est la Chine qui arrive en tête. Ces réfugiés sont pour l'essentiel internes au pays, et par ailleurs les deux causes majeures, et de très loin (plus de 90% du total) sont les inondations et les tempêtes.
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Outre les inondations, un ouragan majeur dans l'est de la région peut conduire à l'évacuation de millions de personnes, ce qui fera probablement plus de décès que la violence des éléments au moment du passage de l'ouragan, que dans la région on appelle typhon ou cyclone.
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Le changement climatique devrait malheureusement accroître la pression dans le mauvais sens :
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- il va augmenter les pluies de moussons en Asie
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- ces pluies causeront des inondations encore plus fortes si il y a des épisodes plus secs pendant la saison sèche, parce que cela diminue la perméabilité des sols
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- enfin le réchauffement des eaux stagnantes favorisera probablement la dissémination des maladies, qui sont souvent la première cause de décès en pareil cas (les gens n'ont plus accès à de l'eau saine et/ou se contaminent les uns les autres).
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Par ailleurs l'urbanisation galopante de ces régions concentre les gens dans des villes souvent situées en plaine et près de fleuves, donc avec une configuration particulièrement propice pour conduire à des victimes en nombre en cas de fortes pluies (qui vont augmenter dans la zone en réponse au réchauffement climatique).
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Dans une zone fortement peuplée, il n'y a évidemment pas de solution miracle à court terme pour contrer ce phénomène. Et plus ce genre de mouvement interne augmente, plus cela affecte de proche en proche le reste de la zone, voire le reste du monde. Il est hélas à craindre que nous n'en soyons qu'au début.
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date: '2022-09-25T09:58:12'
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title: CHANGE_ME 138
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Il n'y a pas que les voitures et les avions qui utilisent du pétrole : il y a aussi les engins de transport des marchandises, dont les camions. Pourtant, quand on pense "électrification des transports", c'est d'abord au transports de personnes (voitures voire vélos) que nous pensons.
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Mais, paradoxalement, la voiture est aujourd'hui moins vitale que le camion. Si demain matin 90% des voitures françaises étaient inutilisables, que se passerait-il ? Tous ceux qui habitent à moins de 10 km de leur travail se lèveraient une heure et demie plus tôt et marcheraient, et à moins de 20 km ils prendraient un vélo. A plus on partagerait les voitures restantes transformées en taxi. Bus et train seraient aussi mieux remplis.
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Les courses seraient faites à pied ou vélo avec un sac à dos. Nous arrêterions de partir en vacances en voiture, et la vie sociale en prendrait un coup. Un certain nombre de personnes accepteraient un travail un peu moins intéressant mais plus proche. Etc. Tout cela serait pénible voire douloureux, mais rarement mortel.
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Mais si demain matin nous n'avions plus que 10% des camions dans le pays, 90% des marchandises - qui en tonnage sont pour un tiers de la nourriture - ne circuleraient plus. La disette menacerait partout (sans camions les villes meurent de faim au sens propre), de nourriture comme de casseroles ou de détergents.
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C'est dire que le déclin pétrolier, qui arrive déjà et va massivement s'amplifier dans les décennies à venir, pour des raisons de climat ou de géologie (https://bit.ly/3DPdMQv ), pose une question bien plus cruciale que celle du déplacement des personnes à notre économie mondialisée, où plus rien n'est vraiment local (même la patate locale a nécessité un tracteur en acier pas local et fonctionnant au pétrole pas local) : le déplacement des marchandises.
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De ce fait, s'il doit y avoir - et il y aura - une contrainte physique sur les métaux pour batteries, vaut-il mieux d'abord garder des voitures d'une tonne, remplies avec une seule personne une très large partie du temps, et les électrifier, ou passer la voiture à pétrole d'une tonne au vélo électrique (avec remorque pour les enfants et les courses) de 20 kg, et électrifier les camions ? (et développer le train ?)
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Avec ce qui est écrit ci-dessus, poser la question c'est y répondre. Après, la bonne question est de savoir comment électrifier le fret. Car on peut soit avoir des camions avec des grosses batteries pour faire 500 km, comme le propose Daimler, soit transformer les camions en trolleybus et les faire circuler sur l'électricité du réseau tant qu'ils sont sur autoroutes et voies majeures (https://bit.ly/3BKTlBz ), pour utiliser une plus petite batterie batterie juste sur le segment terminal, ou assurer ce dernier avec d'autres véhicules.
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Dans un monde où les matériaux (qui en Europe "viennent de loin" et demandent des bateaux... au pétrole !) se raréfient rapidement, mieux vaut affecter les batteries d'abord aux vélos et au fret.
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date: '2022-09-23T16:05:44'
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title: CHANGE_ME 139
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Le 4 octobre prochain, Carbone 4 participe à un événement de présentation d'un travail méthodologique qui nous a pris "un certain temps", et qui porte sur la manière de compter une opération de préservation ou de restauration de la biodiversité.
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Notre entreprise s'est en effet lancée dans ce domaine il y a désormais un an, à la fois dans le domaine financier (via l'offre BIA-GBS, élaborée en partenariat avec CDC Biodiversité, et destinée aux acteurs du secteur) et dans le domaine du conseil (incidemment nous cherchons un mouton ou une brebis à 5 pattes pour compléter l'équipe : https://lnkd.in/eEUKcFKZ ).
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Comme souvent quand nous démarrons une activité, nous avons besoin de proposer quelque chose de différent de ce qui existe déjà, et le meilleur moyen pour cela est de développer une méthodologie pour répondre à une question qui n'est pas encore traitée ailleurs.
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C'est ce que nous avons fait en l'espèce, la question étant de savoir "comment compter le bénéfice" quand on fournit des moyens pour éviter une dégradation ou pour restaurer une zone. Vue la vitesse à laquelle la biodiversité s'érode, nous pensons que ce n'est pas complètement inutile de se pencher sur la question...
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Si vous êtes dirigeant(e) d'entreprise, expert(e), au sein d'une ONG du secteur, dans le monde académique, ou journaliste, nous vous proposons de venir à cette présentation. Le formulaire d'inscription et des explications complémentaires figurent ci-dessous.
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date: '2022-09-23T13:21:25'
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title: CHANGE_ME 140
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Que signifie de devoir s'adapter à la décarbonation pour une école de commerce ? Voilà la question qui est au coeur de la réflexion menée par The Shift Project dans le cadre du projet "Climasup Business" (https://lnkd.in/emKRFKAH ), projet dans le cadre duquel j'ai été faire une (plus courte que d'habitude !) conférence suivie d'un débat avec des étudiant(e)s d'Audencia.
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J'ai proposé à l'assistance de réfléchir aux questions suivantes :
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- à quoi peuvent/doivent servir les diplômés d'une école de commerce dans un monde qui se démondialise (l'essentiel des diplômés vont actuellement dans des grandes entreprises mondialisées, ou chez leurs supplétifs directs que sont les financiers ou les cabinets de conseil en tout genre)
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- quels sont les débouchés avec une économie qui se contracte de manière structurelle (ce qui est probablement ce qui va se passer pendant l'essentiel de l'existence des élèves que j'ai eus dans la salle).
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En une heure de temps et avec juste 4 ou 5 questions de l'assistance (des contraintes horaires sur le train ont malheureusement empêché que ce soit plus long), il m'est difficile de "prendre la température" du public que j'ai en face de moi (pour cela il faut beaucoup de questions et donc beaucoup de temps).
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Mais d'expérience la réaction du public après ce genre d'intervention est pour partie de la colère, pour partie du déni, pour partie du "à quoi bon faire des efforts, autant consommer un max tant qu'il en reste", pour partie "demain il fera jour", et pour partie l'envie de décroisser la Lune, comme le chantait Brel.
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Les jeunes ne sont pas aux manettes. Il est donc illusoire que la génération actuellement aux commandes se repose sur eux, en se disant que, comme les suivants seront mieux outillés, autant attendre de leur laisser la place et les problèmes seront résolus. Nous n'avons pas le temps pour cela.
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Par contre, des jeunes bien formés peuvent peser à court terme sur les décisions de leurs ainés : en refusant d'aller travailler pour les entreprises où l'action ne leur semble pas à la hauteur. De ma propre expérience, sur les quelques années qui viennent de s'écouler, la crainte du "défaut de talents" est un facteur qui a contribué à rendre un certain nombre de dirigeant(e)s d'entreprises plus actifs sur la question environnementale en général, et le climat en particulier.
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J'espère donc que c'est utile d'aller tenir un "discours vérité" aux élèves d'établissements de cette nature. Ca va peut-être un peu en secouer certain(e)s, mais ce n'est pas complètement sans effet sur les décisions à suivre.
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date: '2022-09-22T13:49:26'
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title: CHANGE_ME 141
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Pour celles et ceux qui ont mon âge aujourd'hui, rares ont été les ingénieurs qui ont dévoué leur vie à la question environnementale. Ils et elles ont plutôt contribué à nous immerger dans les usines, les mines et puits de pétrole, le territoire aménagé (comprendre bétonné !) avec force routes, autoroutes et aires urbaines diverses, les voiture ou le digital.
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D'autres ont financiarisé l'économie, l'ont mondialisée, américanisée, et ont installé la prééminence des indicateurs économiques sur l'état des ressources naturelles. A l'époque nous avons toutes et tous (enfin nos parents pour une partie d'entre nous) trouvé cela très bien pour l'essentiel, nonobstant Dumont et quelques autres avant-gardistes.
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Mais voilà, les temps changent. A mesure que nous approchons des limites planétaires, identifiées "en ordre de grandeur" par l'équipe Meadows et. al il y a 50 ans (https://bit.ly/2HkwcIl ), une fraction croissante des jeunes ingénieurs souhaitent autre chose pour leur avenir professionnel. Leur ordre de préférence met le service public en tête de liste (preuve s'il en est que l'argent ne fait pas tout partout), et ils et elles rêvent d'une "révolution de l'intérieur".
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Leur choix est courageux. Car ils portent des compétences et un prisme de lecture qui seront utiles - essentielles même - lorsque les bifurcations viendront - nous en vivons déjà de petites aujourd'hui - et que le pouvoir politique choisira de faire les choses "en grand". Mais... ils devront peut-être, avant cela, passer par une période pas drôle où ils devront servir des instructions politiques qu'ils savent être "à côté de la plaque", et ce sans pouvoir désobéir facilement à la hiérarchie.
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Certes leur présence dans l'appareil public augmente la probabilité d'avoir une classe politique bien conseillée. Mais in fine les décisions structurantes de cette dernière viennent généralement d'une pression électorale, et pas de plans cohérents mais qui n'ont pas encore été compris du public. Et les fonctionnaires peuvent rarement s'exprimer dans l'espace public pour faire la pédagogie d'une construction qui n'est pas celle mise en oeuvre par les pouvoirs publics (ca s'appelle le devoir de réserve).
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J'espère que l'histoire leur donnera raison. Ce n'est pas que leur intérêt : c'est aussi le nôtre. La décarbonation de l'économie, dans le respect des autres limites planétaires (biodiversité, métaux, espace...), et sans provoquer de déstabilisation sociale majeure, est un des plus complexes problèmes d'optimisation sous contrainte qu'il nous soit donné d'avoir à résoudre (à côté savoir comment concevoir un téléphone 5G ou aller sur Mars est de la gnognotte).
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Il est donc plus que souhaitable que ce problème attire des cervelles parmi les analytiquement les plus affutées de notre pays. Et en plus cela rend parfois perplexes - de la bonne manière - leurs ainés déjà en place. Allez-y les jeunes !
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date: '2022-09-21T21:25:21'
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title: CHANGE_ME 142
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C'est le monde à l'envers : par les temps qui courent, le jeu de rôle entre patrons et journalistes est généralement d'avoir un(e) patron(ne) expliquant que son objectif est de faire de la croissance, et en face un(e) journaliste lui demandant si il ou elle a pensé aux limites planétaires.
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Mais cette séquence sur BFM Business se joue sur le mode exactement inverse : le patron d'Aéroports de Paris explique qu'il s'accommodera d'un trafic aérien en baisse si cela est nécessaire pour la décarbonation du transport aérien, et c'est la journaliste qui a l'air de beaucoup tenir à ce qu'il dise l'inverse !
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Peut-être que le rapport d'AÉRO DÉCARBO et du Shift Project "Pouvoir Voler en 2050" (https://lnkd.in/d3h_4QA ) est parvenu jusqu'au bureau de l'invité du jour de la radio. Car le travail de modélisation qui avait été effectué par des professionnels du secteur concluait sur le fait qu'il serait impossible au secteur aérien de baisser ses émissions de 5% par an sans baisse du trafic. Les innovations techniques n'arriveront pas assez tôt et/ou ne seront pas du bon ordre de grandeur.
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Peut-être aussi qu'Augustin de Romanet a pris ses informations en ce qui concerne le futur de la production pétrolière, qui devrait entamer son déclin tendanciel dans les années à venir (https://lnkd.in/dMFCWQFw ). Comme il n'y a pour le moment pas le moindre substitut à l'échelle, et que par ailleurs le pétrole (en volume) pilote le PIB, ca veut dire qu'il y aura moins de kérosène et globalement moins de pouvoir d'achat pour se déplacer.
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Au lieu de vouloir à toute force lui faire dire qu'il fallait que le trafic augmente, la journaliste aurait été mieux inspirée de demander à son invité quelle était la raison profonde qui le poussait à cette conclusion. Une autre fois peut-être !
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date: '2022-09-20T17:54:36'
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Pouvoir d'achat ou pouvoir de vivre ? Dans cette chronique diffusée Samedi dernier sur RTL, je tente d'expliquer qu'il serait pertinent de basculer sur quelque chose qui ressemblerait plus à la deuxième appellation, et pourquoi.
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Dès lors que l'énergie est le premier facteur limitant du système productif (qui repose en fait sur des machines), et dès lors que cette énergie est appelée à largement se contracter dans les décennies à venir, nous allons assister à un mouvement qui sera l'inverse des Trente Glorieuses : la contraction de notre "pouvoir d'acheter" tout ce qui est physiquement produit par l'économie : des mètres carrés de logement, des tonnes de voiture, des km/h de vitesse de déplacement, des litres de soda, des kg de nourriture, des m3 d'eau du robinet, des litres de détergent ou des m2 de chemises, et bien sur des kWh de gaz...
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Dans ce contexte, promettre la hausse du pouvoir d'achat va créer des malentendus (qui eux-mêmes créeront de l'instabilité politique), mais pas un plan qui va pouvoir se réaliser (c'est peut-être triste mais c'est hélas ce qui va se passer).
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Il faut arriver à créer assez vite un indicateur qui intègre d'autres paramètres qui influent de fait sur notre bonheur (la qualité de notre santé, le niveau de bruit ou de pollution, l'accès à de la verdure, le sentiment de sécurité, le niveau d'entraide, le confort affectif, etc) et optimiser un ensemble dans lequel la taille du caddie de supermarché n'est pas notre seul critère.
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Bien sur que pour une partie de la population optimiser ce critère reviendra à se préoccuper avant tout de choses très matérielles essentielles (logement, nourriture). Mais pour une partie seulement.
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Je n'ai évidemment pas de solution toute prête à proposer à l'instant. Mais il me semble qu'il y a là un domaine où un peu de jus de cerveau pourrait produire des propositions pertinentes, sachant que, pour être pleinement opérationnel, un indicateur alternatif devra pouvoir s'utiliser dans énormément de situations de la vie courante (comme l'argent).
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Les indicateurs globaux sont en effet de peu d'effet dès lors qu'ils sont en compétition avec un indicateur qui peut s'utiliser au quotidien. C'est là le défi pour toute alternative.
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date: '2022-09-20T07:06:11'
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title: CHANGE_ME 144
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Depuis la création de l'Euro, la création monétaire dans la zone est la prérogative exclusive de la Banque Centrale Européenne (BCE). Du coup, les états adhérents à la monnaie unique ne peuvent plus financer le déficit de l'Etat par de la création monétaire décidée unilatéralement : dès qu'il y a un trou, il faut emprunter de l'argent, "sur les marchés", c'est à dire en pratique à des épargnants (l'assurance vie contient surtout des emprunts d'Etat, par exemple).
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Si l'économie souffre, et que les flux d'épargne baissent alors même que les recettes fiscales diminuent, la seule solution pour l'Etat est de monter les taux des emprunts qu'il effectue. Cela déclenche potentiellement une spirale infernale, avec des emprunts perpétuellement croissants en nominal pour rembourser capital et intérêts des emprunts passés, et alors que les produits des impôts n'augmentent pas (la création monétaire permettait de boucher le trou, mais avec un inconvénient qui était la dévaluation de fait de la monnaie).
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Pour éviter aux état européens concernés de se retrouver dans une trop mauvaise passe après 2008 (date qui marque une "inversion des flux physiques" en Europe ; le covid ayant rajouté une couche à une évolution de fond), la BCE a depuis massivement acheté les obligations émises par les états (avec de l'argent magique puisqu'elle peut en créer autant qu'elle veut).
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Elle a fait de même avec les entreprises, pour soutenir l'économie, avec pour conséquence que son "total de bilan" (la valeur de tout ce qu'elle détient, essentiellement des titres) a été multiplié par... 8 en 14 ans (voir graphique en commentaire).
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A quelque chose malheur est bon : la BCE a décidé en juillet dernier qu'elle allait désormais faire intervenir le critère carbone dans ses achats d'obligations d'entreprises (les obligations d'état, dites "souveraines", ne sont pas - encore ? - concernées). En pratique elle va faire de plus en plus la fine bouche pour acheter des obligations émises par des entreprises dont l'activité n'est "pas raccord" avec la baisse des émissions. C'est un geste majeur, parce que jusqu'à récemment la BCE considérait que son rôle n'était pas de se substituer aux états pour orienter l'économie vers la décarbonation (la politique monétaire doit être "neutre").
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La BCE a publié hier la manière dont elle allait procéder. 3 critères vont être utilisés pour évaluer les entreprises concernées :
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- l'empreinte carbone et son évolution passée
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- les objectifs fixés
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- le degré de transparence sur la publication des émissions.
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A Carbon 4 Finance nous croisons les doigts : il se trouve que la BCE est notre cliente depuis quelques mois (https://bit.ly/3BR9B5k ), et il se trouve que notre méthode Carbon Impact Analytics propose très exactement les métriques qui seront utilisées (https://bit.ly/3Unlwza ). Comme notre première vocation est d'avoir de l'impact ("être utiles à quelque chose"), nous serions heureux de contribuer à cette évolution.
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date: '2022-09-19T14:03:27'
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title: CHANGE_ME 145
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C'est une bataille qui se joue dans les coulisses, et qui attire un peu moins l'attention que l'Euro de foot ou les matchs de Roland Garros. Mais elle pourrait avoir un impact très significatif sur la manière dont les entreprises seront contraintes - ou pas - de diffuser des informations sur leur prise en compte de la question climatique.
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A la base de ce débat se trouve une notion qui s'appelle la "matérialité du risque". De quoi s'agit-il ? Il s'agit de disposer d'éléments qui sont associés à l'existence d'un risque (et donc qui permettent de le "matérialiser".
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Dans le domaine du climat, le premier camp est composé des partisans de la "simple matérialité", qui disent que la seule chose importante est de s'occuper de ce qui peut créer un risque financier à relativement court terme pour l'entreprise (sans surprise les américains sont généralement de ce côté là).
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A ce moment on demande à l'entreprise de produire uniquement les indicateurs qui sont susceptibles de se traduire en un risque direct et proche dans le temps, via une taxation du carbone par exemple.
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En face se trouve le camp des partisans de la "double matérialité". Ceux là disent qu'il faut aussi inclure ce qui permet de comprendre l'impact de l'activité de l'entreprise sur le climat, parce que cet impact contribue au risque pour l'ensemble de la société (et pas juste pour l'entreprise). Ce camp là est plutôt représenté par les européens et demande beaucoup plus d'indicateurs que les autres. Mais comme il est plus contraignant, et que les entreprises n'innovent que sous la contrainte, il est aussi potentiellement plus efficace !
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Au travers de diverses initiatives - dont la création de l'ISSB par la fondation IFRS - les américains sont en train d'essayer de normaliser le reporting carbone à leur avantage (donc avec peu d'indicateurs et peu de contraintes).
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On note en ce moment l'omniprésence de Bloomberg dans ce combat, lequel Bloomberg a réussi à se faire nommer envoyé spécial de l'ONU "pour l’ambition et les solutions en faveur du climat" : https://lnkd.in/eVhR8QJv
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Avouez qu'avoir l'ONU comme agence de RP pour vendre ses données (car le métier de Bloomberg est de vendre de la donnée aux financiers) ca en impose !
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Cela en impose tellement que le même Bloomberg a récemment réussi à embarquer notre président dans une initiative contraire aux intérêts de notre pays, ce qui avait conduit à la publication de cette tribune dans Le Monde : https://bit.ly/3DwDTM5
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L'auteure de la tribune ci-dessous se demande également pourquoi notre président soutient "le camp adverse" alors que notre pays est en avance sur les USA dans le domaine des méthodes de reporting, et que celui qui fait la norme fera le marché. Bonne question.
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date: '2022-09-18T16:38:33'
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title: CHANGE_ME 146
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A la suite de mon passage sur C Politique il y a une semaine, j'ai vu passer des critiques sur ma position qui serait trop complaisante sur le nucléaire civil. En espérant que cela sera utile, j'aimerais préciser quelques points :
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- mes investigations sur le nucléaire datent de mes débuts dans le domaine énergie climat, en 2000-2001, à une époque où je n'avais aucun acteur de cette filière comme client (mon client le plus important était l'Ademe pour le Bilan Carbone ; si j'avais du avoir des conclusions par intérêt je serais devenu anti !)
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- longtemps - et peut-être encore maintenant - mes prises de position publiques ont contrarié plus de clients de Carbone 4 qu'elles n'en ont flatté. Mes conclusions sur ce dossier ne proviennent pas d'abord de mon intérêt économique (et pas plus au Shift Project où nous acceptons sans problème de perdre un mécène en cas de divergences de vues).
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- je n'ai jamais dit et ne dirai jamais que le nucléaire est sans risques. Par contre il faut quantifier ces derniers, et ceux des alternatives, pour savoir quelles conclusions tirer. Voir par exemple https://bit.ly/3dlGrlE (qui date d'il y a 20 ans mais l'essentiel reste valable)
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- je n'ai jamais dit que de recourir au nucléaire nous exonérait d'efforts massifs de sobriété. J'ai toujours dit et écrit l'inverse.
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- je n'ai jamais été "anti ENR", terme qui ne veut rien dire. Par contre j'ai toujours considéré - et je maintiens - que de chercher à remplacer du nucléaire par de l'éolien et du solaire revenait à augmenter le risque global que nous courrons. En pareil cas nous consacrons du temps et des ressources à essayer de supprimer un risque faible au lieu d'allouer ce même temps et ces mêmes ressources à nous occuper d'un risque majeur. Lorsque nous sommes dans une course contre la montre - et nous le sommes - c'est l'assurance raisonnable de prendre des coups en plus (on ne va pas tarder à s'en rendre compte).
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- pour autant je n'ai jamais dit que solaire et éolien étaient sans intérêt quelles que soient les circonstances.
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- je pense que dans les pays plats, densément peuplés, et fortement industrialisés, nous n'aurons jamais un système 100% ENR permettant un "mode de vie" ressemblant de près ou de loin à ce que nous avons aujourd'hui. Vouloir supprimer le nucléaire pour le remplacer par des ENR nous expose à un risque que les allemands (qui ont pourtant mis le paquet) s'apprêtent à connaître cet hiver (et surtout les suivants) : avoir remplacé une partie du nucléaire par... rien.
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- enfin je maintiens que les grands media - en tête le service public - ont pris le nucléaire en grippe jusqu'à récemment, et ont créé dans la population une crainte qui n'est pas en rapport avec les risques réels. Elle n'est pas seule en cause, mais notre presse porte assurément sur ses épaules une part de responsabilité pour la situation actuelle de la filière. C'est pour cela qu'avoir des media qui sachent toujours faire la différence entre un fait et une opinion est essentiel.
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date: '2022-09-16T10:34:29'
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title: CHANGE_ME 147
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Le changement climatique n'est bien sur qu'une des pressions amenées par la croissance de la population humaine et de la consommation de biens et d'objets par personne. Il y en a d'autres : l'érosion de la biodiversité, ou la pollution, par exemple.
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La première cause d'érosion de la biodiversité est la destruction d'habitats (pour les espèces), et une des causes de destruction d'habitats est l'artificialisation des sols. Ce n'est certes pas la première (qui est de loin l'augmentation des surfaces cultivées ou pâturées) mais elle y contribue.
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Dans notre pays, cette artificialisation des sols - très significative - est un autre exemple de hiatus entre le discours et les actes. Cela fait des années ou même des décennies que l'étalement urbain est considéré comme une tendance à combattre, et pour autant il ne cesse de se développer (le Grand Paris étant un projet d'étalement urbain parmi d'autres, quelles que soient ses justifications).
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Pour voir comment a évolué la consommation d'espace pour artificialisation de 2009 à janvier 2021, le ministère de l'environnement (on me pardonnera de ne pas donner à chaque fois le nom à rallonge du moment et surtout de ne pas parler de développement durable :) ) publie une carte très parlante : https://bit.ly/3RWb0xm
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La France s'est fixé un objectif de "zéro artificialisation nette" dans la loi climat de 2021, qui prévoit que d'ici à 2030 le rythme d'artificialisation soit divisé par 2. Mais évidemment quand il s'agit de rentrer dans le dur les élus locaux expliquent facilement que cet objectif doit surtout concerner les voisins : https://bit.ly/3LhAR06
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Cela n'est pas très étonnant que les élus locaux résistent. Car ce que l'on appelle "aménager" signifie en pratique couler du béton. A mon modeste niveau d'utilisateur occasionnel d'une voie cyclable située au sud de Paris (la Coulée verte), à chaque fois que je vois un panneau annonçant un "aménagement" de cette piste je sais que cela signifie que l'on va bétonner/bitumer une partie de la voie ou de ses abords (et ca ne rate jamais !).
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Tout élu local adore en général délivrer des permis de construire. Cela augmente la population dont il a la charge et donc à la fois son importance comme "personne ayant charge d'âme", et les impôts ou dotations de toute nature qui arrivent dans ses caisses.
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Une des choses qu'il faudra faire si l'on veut inverser la donne sur l'artificialisation sera probablement d'indexer les dotations de l'Etat sur des critères d'attribution qui ne sont pas avant tout la population (mais par exemple la surface non bâtie ou la superficie forestière).
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Ce qui est sur, c'est qu'avec les incitations actuelles à à faire grossir les grandes aires urbaines, parce qu'elles sont "mieux placées pour l'économie", nous avons un autre conflit d'objectif entre économie (qui ne compte que l'apport humain) et destruction de ressources gratuites (sols, espèces).
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date: '2022-09-15T16:43:38'
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title: CHANGE_ME 148
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Cet hiver va donc être placé sous le signe des économies d'énergie. Les pouvoirs publics vont évidemment nous inciter - voire nous obliger - à sauver ces précieux kWh, mais l'Institut Français de la Performance Energétique du Bâtiment compte faire sa part en jouant sur un autre ressort : l'émulation.
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Depuis plusieurs années cette association organise le concours Cube, initialement limité au bâtiment tertiaire, mais qui, désormais, couvre d'autres usages, comme les flottes automobiles, ou les logements collectifs.
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Pour l'occasion, l'ensemble est regroupé dans un "championnat de France des économies d'énergie" : https://lnkd.in/d4rJus5h
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L'idée est bien sur de jouer sur une motivation vieille comme le monde : l'envie de figurer dans un classement :)
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L'expérience montre que, en moyenne et pour les bâtiments, les participants au concours baissent assez facilement la consommation d'énergie de 10 à 20% dans l'année. C'est donc dire que les 10% évoqués par les pouvoirs publics sont, au moins pour une partie importante de nos usages, à portée de main sans sacrifice majeur.
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Le règlement ne dit pas si Dame Elisabeth fera la bise aux lauréat(e)s. Mais, plus que jamais, la devise de Coubertin peut s'appliquer : l'important est de participer !
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Bercy explique qu'il va falloir composer avec une croissance faible et une inflation qui se développe. Bienvenue au 21è siècle.
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Quiconque prend le temps de regarder ce qu'est, sur le plan physique, un système productif, comprend qu'il s'agit en fait d'un ensemble de flux physiques de transformation (https://bit.ly/3qAkHoO ). Cela explique le rôle central de l'énergie, puisque cette dernière est par définition ce qui permet de créer ces flux.
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Dès lors que, pour des raisons physiques, les énergies fossiles (qui ont historiquement progressivement remplacé les énergies renouvelables) sont dominantes dans l'approvisionnement mondial, il n'est pas très compliqué de comprendre que la diminution rapide de ces énergies, pour des raisons de climat (elles sont directement à l'origine de la majorité de nos émissions de gaz à effet de serre) ou pour des raisons d'épuisement géologique des gisements de pétrole et de gaz (https://bit.ly/3UaDJjq ) est inexorable.
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Cette baisse provoquera en retour une diminution des flux physiques (on ne reviendra pas aux énergies renouvelables à "mode de vie constant"), et donc une "inversion de la croissance". D'ici pas très longtemps (quand est toute la question) la "croissance structurelle de long terme" sera remplacée par la "décroissance structurelle de long terme". Meadows et al. avait déjà très bien expliqué cela il y a 50 ans : https://bit.ly/2HkwcIl
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Au niveau du consommateur final, après qu'il ait été possible d'avoir de plus en plus de choses à consommer pour une même durée de travail (ca s'appelle l'augmentation du pouvoir d'achat), nous allons vivre l'évolution inverse (d'autant plus marquée par personne que la démographie augmente puisque la contrainte est sur la production totale).
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En pratique elle va s'exprimer par deux processus qui vont aussi devenir de plus en plus fréquents : la pénurie et l'inflation. Nous en vivons du reste aujourd'hui des signes avant-coureurs : pénurie sur des composants issus de la mondialisation, inflation sur nombre de biens de consommation.
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Bercy a tort de raconter que ca sera une mauvaise passe et qu'après "ca ira mieux". Cela engendre dans la population l'espoir que cela soit physiquement possible. Mais ce qui est physiquement possible est d'apprendre à être heureux avec moins (tout le défi est d'y arriver !).
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Postuler que nous ne devons nous projeter que dans un monde où il y aura toujours plus de flux physiques est perdre notre temps : au lieu d'utiliser nos neurones à réfléchir à ce qui serait optimum avec une évolution à la fois proche - en fait déjà en cours en Europe - et inexorable, nous les utilisons à réfléchir à ce que nous pourrions faire si les miracles existaient.
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Pourquoi le faisons nous alors ? Parce qu'une part le cahier des charges des élus en démocratie est hélas de promettre des miracles (relire https://bit.ly/3S3Dbd4 !), et d'autre part et surtout il n'y a pas de plan conçu pour l'hypothèse inverse. Il est temps d'y réfléchir sérieusement !
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date: '2022-09-13T07:13:40'
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title: CHANGE_ME 150
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Depuis que le monde financier s'est emparé de la question climatique, l'indicateur le plus souvent utilisé pour savoir si ses acteurs sont "du bon côté de la barrière" est de mesurer le caractère "compatible ou pas avec la décarbonation" des activités des entreprises ou états dont l'acteur financier détient des actions ou obligations, ou auxquels il accorde des crédits.
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Les méthodes utilisées pour répondre à la question sont multiples, mais sur le principe même on peut se demander en quoi une banque contribue plus à la transition si elle cède à un tiers des actions d'une entreprise "trop carbonée", ou si elle ne lui prête pas mais qu'une autre banque le fait. En pareil cas, l'activité de l'entreprise ne change pas : il y a juste changement de propriétaire d'une action ou d'un prêt. Du coup les émissions mondiales ne changent pas non plus : elles sont juste allouées à des entités différentes.
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En outre, avec la quantité totale d'argent à placer dans le monde (l'épargne par capitalisation des futurs retraités, et l'épargne financière autre), il n'existe pas assez d'activités "réellement bien placées" pour que les financiers deviennent tous "verts". C'est pour cela que chaque acteur fait un peu de "vert" dans un ensemble qui reste de la couleur de l'économie globale.
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Mais le monde financier, et en particulier les banques, peut aller plus loin. Il peut influer sur l'activité de l'entreprise en conditionnant les modalités de mise à disposition de son argent aux performances climat - ou sur un autre critère - de ladite entreprise. C'est le principe du "prêt à impact". On peut envisager deux modalités :
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- le taux d'intérêt est fonction des performances de l'entreprise sur un critère extra-financier. Par exemple si on prête à un fabriquant de vélos électriques, plus il vend à des gens qui mettent leur voiture à la casse pour se déplacer à vélo (donc plus il évite d'émissions) et plus le taux est bas
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- le capital restant du devient immédiatement exigible si un critère cesse d'être respecté. Par exemple, si un aciériste emprunte de l'argent pour baisser ses émissions, et ces dernières ne baissent pas au rythme promis, alors l'argent prêté doit être immédiatement remboursé.
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Dans les deux cas de figure ci-dessus, on voit bien que les modalités du prêt poussent spontanément l'entreprise à contribuer - soit sur son empreinte carbone propre, soit sur ses émissions évitées - à la baisse des émissions humaines.
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Pour avoir des banques réellement actrices de la transition, le sens de l'histoire est donc probablement que le taux variable ou le critère de remboursement anticipé - basés sur le respect d'un critère carbone pertinent - deviennent la règle pour les prêts. Pour les actions, il sera probablement plus difficile de "trouver quelque chose".
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Là comme ailleurs c'est le passage à l'échelle qui attestera de l'ampleur de l'effort. Et effort titanesque il doit y avoir si les émissions mondiales doivent devenir nulles d'ici quelques décennies !
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date: '2022-09-12T18:20:38'
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title: CHANGE_ME 151
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Pour confronter les entreprises au défi climatique, il faut des repères et des outils. Pour le moment, l'essentiel de ce qui est disponible pour les acteurs économiques dérive de "scénarios 2°C" ou "1,5 °C" qui sont publiés par l'Agence Internationale de l'Energie.
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Le principe est le suivant : à partir d'une baisse des émissions globales compatible avec le respect d'une hausse de température donnée, l'AIE propose une répartition par secteur (transports, industrie, etc) puis sous-secteur (et aussi par géographie parfois) du budget carbone annuel, et cela sert de cadre pour fixer aux entreprises un rythme de baisse qui les rend "compatibles 2°C" ou "compatibles 1,5 °C" en fonction de leur secteur d'activité et de leurs implantations.
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Ces scénarios de l'AIE ont cependant plusieurs défauts :
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- ils comptent sur la capture et séquestration des émissions (https://bit.ly/3eDBKDT ; c'est un peu vieux mais ca fixe les idées) de manière irréaliste, ce qui allège d'autant les efforts sur les émissions du reste de l'économie
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- ils aboutissent à des ratios unitaires (émissions par $ de CA ou de VA, ou par kWh...), qui ne sont pas réajustés en permanence en fonction de l'évolution de l'économie et du nombre global d'acteurs.
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Pour le pilotage de l'action, une entreprise a ensuite besoin de "descendre" dans les évolutions physiques sous-jacentes à l'économie. Pour calculer son CA, un constructeur de voitures a besoin du nombre de véhicules qu'il pense pouvoir vendre, et cela est pareil pour un producteur de vêtements ou un gestionnaire de salles de cinéma (qui se demande d'abord combien de personnes viendront voir un film).
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Mais les scénarios de place ne donnent que rarement des "flux physiques" sur les ventes. Il y a surtout des flux monétaires. Du coup il est très difficile pour les entreprises de savoir comment rapprocher leurs plans "physiques" (en nombre d'unités vendues) des plafonds permis par les budgets carbone.
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Pour pallier ce manque, Carbone 4 a décidé il y a 2 ans de lancer l'initiative Iris, pour créer une "boite à outils" qui permettra de faire des scénarios 2°C ou 1,5 °C en explicitant les flux physiques sous-jacents de l'économie qui y correspondent.
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Cela permettra par exemple de dire combien on peut vendre de voitures et de quel type, ou fabriquer de machines à laver au fil du temps, dans un monde qui veut respecter tel budget carbone, ou qui dispose de ressources fossiles ou métalliques limitées (les pics de production sur les fossiles - hors volonté d'agir pour le climat - ou sur les métaux seront activables).
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La production de cette boite à outils va se lancer. Pour cela nous recrutons :
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- un(e) chef(fe) de projet "construction de scénarios prospectifs" : https://bit.ly/3BbXU7V
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- un(e) chargé(e) de conception de l'outil de modélisation : https://bit.ly/3Dre7IS
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- un(e) chargé(e) de projet scénarisation prospective : https://bit.ly/3qwk3ZD
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Si tenter de reproduire Meadows à l'échelle microéconomique vous parle, à vos CV !
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date: '2022-09-12T06:42:36'
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title: CHANGE_ME 152
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La guerre en Ukraine l'a peut-être appris à un certain nombre de mes concitoyen(ne)s : nous mangeons du gaz. Les esprits chagrins feront remarquer que le gaz se respire à la rigueur, mais ne se mange pas, sauf que le gaz dit naturel, quand on regarde ce que nous en faisons, se mange bel et bien.
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Pas sous forme de gaz cependant : une partie du composant principal du gaz naturel, le méthane, de formule CH4, va servir à produire des engrais (on appelle le gaz "naturel" par opposition au gaz "artificiel", qui était fabriqué dans les "usines à gaz", par réaction entre du charbon et de la vapeur d'eau, et qui créait un mélange - hautement toxique quand on le respirait - de monoxyde de carbone et d'hydrogène appelé "gaz de ville").
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Pour cela on commence par extraire l'hydrogène du méthane, avec une opération appelée reformage, qui consiste à chauffer très fort un mélange de méthane et de vapeur d'eau, pour provoquer la réaction CH4 + 2*H20 -> 4*H2 + CO2. Pour une tonne d'hydrogène il se dégage 10 tonnes de CO2 (combustion du gaz de chauffage & réaction chimique confondues).
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Puis on associe l'hydrogène à de l'azote - prélevé dans l'air - pour fabriquer de l'ammoniac, de formule NH3. Ce dernier sert alors à fabriquer des ammonitrates (ou nitrate d'ammonium), qui sont utilisés comme fertilisants pour l'agriculture (accessoirement quand ils sont mélangés à du fioul ils forment un explosif puissant, ce que récemment Beyrouth a hélas appris à ses dépends : https://bit.ly/3eKRCnW ).
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Ces engrais azotés ont joué un rôle central dans le passage des rendements du blé de 10 à 15 quintaux par hectare en 1945 à 70 à la fin des années 1990 (https://bit.ly/3L4oSmv ). Nous mangeons donc du gaz.
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L'ammoniac valant plus cher que le gaz, une partie des producteurs de gaz - dont les russes - se sont intégrés à l'aval et ont construit des usines pour fabriquer de l'ammoniac, voire produire directement des engrais azotés.
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Avec le gaz, une partie de l'ammoniac et des engrais (la partie russe) est donc aussi devenue plus difficile d'accès et les prix de marché ont monté. Si des difficultés d'approvisionnement sur les volumes persistent, le rendement des cultures ne pourra que baisser. Le bio, par exemple, qui n'utilise pas d'engrais de synthèse, présente typiquement dans les céréales un rendement de moitié par rapport à ce qui s'appelle le "conventionnel".
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Une large partie des cultures (notamment tout le maïs) servant à nourrir des animaux, nous ne risquons pas de mourir de faim. Il suffira de cultiver des végétaux que nous pouvons manger en direct (car manger du maïs fourrage on risque de ne pas trouver ca terrible !) au lieu de cultiver de la nourriture pour animaux.
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Ne plus manger de gaz finira fatalement par arriver : le gaz, comme le pétrole, est épuisable, et son pic mondial devrait arriver vers 2030, climat ou pas. A quelque chose malheur est bon : tâchons de profiter de la situation actuelle pour démarrer une transition inexorable de toutes façons.
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date: '2022-09-11T09:09:27'
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title: CHANGE_ME 153
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Depuis que l'Europe cherche frénétiquement comment se passer d'une partie de son gaz et de son pétrole pour lesquels nous sommes dépendants des russes, un mot est apparu souvent dans l'espace médiatique : la sobriété.
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Comme beaucoup de mots utilisés dans le discours politique, celui-ci est souvent utilisé sans qu'il n'ait été défini au préalable. Dans cette chronique du Samedi matin sur RTL (en l'espèce c'était celle d'hier), je tente d'en fournir une définition "globale", et tant que j'y suis j'ai fait de même pour l'efficacité énergétique et la pauvreté énergétique (qui est en fait de la pauvreté tout court).
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Ces trois définitions m'étaient nécessaires lorsque j'ai démarré mon cours à l'Ecole des Mines de Paris (https://lnkd.in/dM7u2j7 ), parce que je cherchais à expliquer à mes étudiant(e)s comment différencier les diverses manières d'économiser de l'énergie et les implications que l'on peut en tirer sur l'économie et les "modes de vie" (sujet qui occupe l'intégralité du 5è module du cours).
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Une des conclusions que j'en tire est que la sobriété est indissociable de la planification, c'est à dire d'une vision de long terme conduisant à mettre progressivement en place, de manière désirée, des modes de vie moins consommateurs d'énergie, ce qui a des implications profondes sur tout, dont l'emploi (voir le chapitre correspondant du Plan de transformation de l'économie française : https://lnkd.in/esiqHkbf ).
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Corrélativement, la sobriété "d'urgence" n'existe pas, puisque la réaction dans l'urgence face à un événement non anticipé - ce qui est exactement ce qui nous arrive aujourd'hui - ne s'appelle pas vraiment une réaction planifiée...
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Et, à cause des limites géologiques sur l'approvisionnement en énergie fossile, limites qui existent quand bien même nous ne voudrions pas baisser notre consommation pour des raisons climatiques, les économies sont certaines à l'avenir, sous une forme ou sous une autre.
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Comme l'efficacité ne va pas assez vite - et n'ira pas assez vite à l'avenir, pour des raisons physiques (rappelons que l'énergie est avant tout une grandeur physique !) - pour permettre de la croissance verte (même si la loi votée au parlement français à l'époque d'une certaine Ségolène affirme le contraire), le seul débat est de savoir si nous préférons la sobriété ou la pauvreté.
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date: '2022-09-10T08:52:42'
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title: CHANGE_ME 154
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L'été dernier comme le covid ont rappelé à notre mémoire, s'il en était besoin, d'une part que notre économie dépend désormais de chaines de valeur dont le début est à peu près systématiquement situé en dehors de nos frontières, et d'autre part que le système climatique a commencé à nous sortir significativement de la stabilité qui prévalait depuis des milliers d'années et qui a permis le développement de notre civilisation sédentaire.
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La combinaison de ces deux facteurs fait qu'il n'est pas aisé, pour une entreprise, de savoir vers quoi s'orienter pour son activité future (et si c'est possible et à quelles conditions), ni de savoir où pourraient prendre place des "craquements" dus à la dérive climatique et qui auront une répercussion plus ou moins importante sur son activité.
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Car une partie des enchaînements ne relèvera pas du lien direct. Exemple : sécheresse en Chine -> défaut de production électrique sur place -> baisse de la production d'une usine -> moins de composants exportés en Europe -> défaut de production sur notre continent.
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Autre exemple : vagues de chaleur simultanées dans plusieurs pays du monde -> prise de conscience -> volonté d'accélérer sur les nouvelles renouvelables partout au même moment -> défaut de disponibilité de certains composants -> forte hausse des prix et impossibilité de "tenir le rythme" qui avait été souhaité.
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Et il ne faut pas oublier que, dans le même temps, il va y avoir des problèmes croissants de disponibilité locale ou régionale en pétrole et en gaz, pour des raisons géologiques (pour le pétrole c'est dès maintenant : https://lnkd.in/dqWtnMPi ) ou logistiques.
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Pour y voir clair dans les enchaînements possibles, il faut une méthode. "Taper au hasard" pour regarder ce qui pourrait dysfonctionner, et dans quelle mesure, ne garantit pas de voir tout ce qui est potentiellement majeur, et ne garantit pas une priorisation optimale des mesures à entreprendre ensuite.
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Le 11 octobre prochain, Carbone 4 organise un webinaire pour présenter aux entreprises les méthodes que nous avons développées (notamment OCARA : https://lnkd.in/en6TuiVQ ) pour cartographier et qualifier les risques liés aux impacts du changement climatique et à leurs trajectoire d’adaptation. Il y aura la présentation de cas pratiques. Nous espérons que ca intéressera quelques personnes "dans la cible" ! (en termes de fonctions, plutôt gestionnaires de risques/assureurs/responsables de sites/patron(ne)s d'unités/DG).
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date: '2022-09-09T06:47:42'
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title: CHANGE_ME 155
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Dans les informations qui ont été publiées par la presse britannique hier, il y a malheureusement pire que le décès d'Elizabeth II : The Guardian rapporte un article tout juste paru dans Science, et qui inventorie les seuils de température au-delà desquels pourraient se déclencher des conséquences irréversibles (du moins à l'échelle de millénaires) de la dérive climatique actuelle : https://bit.ly/3erengE
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Toutes les conséquences en question ont déjà fait l'objet de parutions scientifiques bien sûr, mais l'intérêt (si l'on peut dire) de cet article est de tout rassembler en un même lieu.
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Un autre intérêt est de donner des fourchettes hautes et basses pour le déclenchement des conséquences, puisqu'il y a bien sur une incertitude sur les valeurs. Mais... il faut se garder de penser qu'une incertitude est une invitation à l'inaction "en attendant d'y voir plus clair". C'est au contraire un signal d'alarme majeur.
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S'il y a une incertitude sur la présence d'un cambrioleur meurtrier dans votre quartier, il est peu probable que votre réflexe soit de laisser la porte grande ouverte "en attendant d'y voir plus clair". De même, s'il y a une incertitude sur la présence d'un camion en travers de la chaussée après un virage un jour de brouillard, il est peu probable que votre réflexe soit d'appuyer encore plus fort sur l'accélérateur.
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Pourtant, avec l'incertitude sur les conséquences, c'est l'inverse que nous choisissons de faire : de délibérément accélérer en pariant sur le fait qu'il n'y aura pas de pépin. Heu...
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Dans les conséquences évoquées dans cet article, les processus suivants pourraient prendre place avec le respect de l'Accord de Paris (élévation < 2°C) :
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- la fonte/désintégration du Groenland, qui a probablement déjà démarré (valeur centrale des estimations du seuil de déclenchement = 1 °C de réchauffement)
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- la fonte/désintégration de l'Antarctique de l'Ouest (cette partie de la calotte qui regarde le Chili et l'Argentine ; avec le Groenland on parle potentiellement de 6 à 9 m d'élévation du niveau de l'océan mondial en quelques siècles
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- la mort de tous les coraux tropicaux (le dernier rapport du GIEC les voyait tous disparus à 2°C)
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- la fonte du permafrost
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- l'arrêt du courant du Labrador.
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A un peu plus que 2°C (qui est ce que nous aurons en nous contentant d'attendre les pics de production du pétrole, du gaz et du charbon) nous entrons aussi dans la zone où une disparition de la forêt équatoriale amazonienne est possible (les modèles climatiques voient un assèchement de la zone à 2°C), un ralentissement ou arrêt de la dérive Nord Atlantique (improprement appelée Gulf Stream mais c'est le courant qui réchauffe l'Europe), et autres joyeusetés.
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Répétons le : comme le changement climatique est une expérience grandeur nature, toutes les conséquences ne sont pas prévisibles à l'avance. Mais elles sont toutes irréversibles. Agir massivement pour en diminuer la probabilité d'occurrence n'est pas gaspiller nos moyens de manière irréfléchie.
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date: '2022-09-08T10:53:11'
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title: CHANGE_ME 156
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Elle ne fait que 2% du PIB, mais elle nourrit 100% de la population, occupe 2/3 du territoire (pâturages inclus), entretient une biomasse animale (celle des bovins) du même ordre que celle des français(es) - avec 15 millions de bêtes à corne pesant en moyenne quelques centaines de kg - et engendre 20% de nos émissions de gaz à effet de serre.
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Si l'on regarde sa part dans l'économie, l'agriculture est un non sujet. Pire : pour rapidement "créer de la valeur" (expression plus que discutable !) qui attirera l'attention de la presse économique et des pouvoirs publics, mieux vaut faire des licornes pour développer des jeux en réalité virtuelle ou améliorer un logiciel de trading (aucun des deux ne remplissant nos estomacs) que de démarrer une exploitation agricole vertueuse.
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L'agriculture partage une caractéristique avec le climat : pour qu'elle (re)devienne un sujet sérieux, il faudra arrêter de tout réduire à des indicateurs économiques, et revenir à des indicateurs physiques - ceux qui comptaient le plus avant que nous ne devenions une civilisation d'urbains déconnectés de ce qui se passe "en dehors".
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Parce que ce secteur a beau représenter beaucoup moins que les télécoms ou la voiture dans le PIB, il se trouve à la base de la pyramide de Maslow, et sans base une pyramide a du mal à rester debout. Sans nourriture, adieu la start-up nation !
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Or, ce sujet de la production de nourriture est par ailleurs lié à l'actualité "par tous les bouts" : à l'amont du champ, les combustibles fossiles servent à fabriquer des engrais et à alimenter des engins agricoles, et à l'aval ils servent à transporter les récoltes jusqu'aux élevages ou usines de l'agroalimentaire, puis des usines aux magasins ; ils servent à transformer et emballer... de telle sorte que la dépendance de la chaine alimentaire aux hydrocarbures est massive.
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Il faut y rajouter les "aleas climatiques", qui sont de moins en moins des aleas et de plus en plus une nouvelle normalité : sécheresses, gels alors que l'hiver doux a lancé la végétation trop tôt, grêle, inondations parfois...
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Il est évidemment urgent de s'occuper du sujet, car les temps de transformation sont longs en agriculture. Pour voir des cultures ou animaux différents, cultivés ou élevés différemment, transformés et distribués différemment, à des consommateurs qui vont devoir moins habiter en ville (car la ville ne peut "vivre" qu'avec des flux importants qui demandent une énergie abondante) et qui auront des habitudes alimentaires différentes, il va falloir des décennies.
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La première action qui attestera de la volonté présidentielle rapportée par les Echos sera le nombre de personnes, leur qualité et leur temps disponible, qui vont plancher sur le sujet (et devoir discuter avec une administration européenne qui tient une partie importante des manettes). On ne devrait pas tarder à avoir la réponse !
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date: '2022-09-07T18:23:56'
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li-id: 6973345125192069120
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title: CHANGE_ME 157
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Il a fait chaud et sec en Europe, mais pas que. Pour ne citer que deux autres exemples qui font l'actualité, la Californie fait actuellement face à une vague de chaleur intense avec incendies et coupures de courant à la clé (https://bit.ly/3KU01la ), et la Chine a enregistré en août la vague de chaleur la plus intense depuis le début des relevés, et un de ses étés les plus secs (https://bit.ly/3eotcR3 ).
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Il n'est donc pas totalement étonnant de voir le sujet climat arriver désormais de façon assez récurrente dans les priorités de tête des habitants de très nombreux pays dans le monde (pas que des pays occidentaux).
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Certes l'inflation fait encore mieux actuellement (le sujet est considéré comme l'un des trois plus importants du moment par la moitié des personnes interrogées dans 20 pays différents), mais le climat arrive derrière, avec 36% des sondés qui le mettent dans les 3 sujets les plus importants du moment (espérons que ca comprenne quelques supporters du PSG :) ).
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Une fois que l'on a dit cela, on a dit beaucoup et rien en même temps. On a dit beaucoup, parce que dans les démocraties, qui constituent l'essentiel du panel analysé, il faut qu'un sujet devienne une préoccupation d'une large fraction de la population pour qu'il remonte sur l'agenda politique. Donc que la population soit préoccupée par la chose est malheureusement un point de passage obligé pour que "ca bouge" à l'étage au-dessus.
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Mais on a rien dit, puisque l'action n'a pas encore pris place. Du reste quand, face à un problème, la bonne action préventive ou corrective est en place, le niveau de préoccupation sur le problème retombe en général un peu.
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Ce que dit donc ce sondage est donc que, à tort ou à raison (et en général plus souvent à raison qu'à tort malheureusement), l'action n'est pas encore perçue comme étant "au niveau de la menace".
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Le paradoxe, mais qui est connu depuis longtemps, est que à cause de l'inertie du système industriel qui cause les émissions, et de certains paramètres du climat ou de la réponse des écosystèmes qui évoluent même après arrêt des émissions, le passage à l'action (donc la baisse des émissions) n'empêchera pas la situation de continuer à se dégrader pendant "un certain temps" (il faut attendre l'arrêt complet des émissions pour que la température s'arrête de monter, et pour certains paramètres - la montée de l'océan par exemple - il faudra attendre des millénaires après arrêt des émissions pour que la dérive s'arrête).
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Il faut donc préparer les opinions publiques à agir sur les deux fronts de la baisse des émissions et de la préparation à des conséquences plus adverses, et il faut aussi la préparer à ne pas se décourager alors même que le début de l'action n'atténuera pas l'ampleur des conséquences à court terme.
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Ca va demander une très bonne compréhension de ce que l'on peut promettre et ne pas promettre de la part des dirigeant(e)s. Le maintien d'une forme de stabilité politique sera aussi à ce prix.
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date: '2022-09-06T06:30:22'
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li-id: 6972803161589747712
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title: CHANGE_ME 158
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6 milliards d'euros de dépense publique servent chaque année à soutenir la recherche et développement dans les entreprises. Cela s'appelle le crédit impôt recherche (CIR) et le crédit impôt innovation. Le principe est le suivant : si une entreprise peut justifier qu'elle a financé des dépenses de R&D ou d'innovation avec un résultat qui n'était pas "garanti à l'avance" (donc avec une prise de risque), l'Etat paye 20% (innovation) à 30% (recherche) des couts (https://bit.ly/3AThsOf ).
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Un certain nombre de personnes - dont votre serviteur - soutiennent que, si le projet de la société est de décarboner l'économie, alors il faut rendre ce crédit impôt recherche conditionnel sur la question du carbone.
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Une première manière est de créer une taxonomie et de n'accorder ce crédit impôt que pour des recherches qui visent à améliorer des objets qui sont réputés concourir à la décarbonation. Si l'on choisit cette règle, cela signifie que les recherches sur les pompes à chaleur, les vélos électriques, le nucléaire ou les matériaux d'isolation sont éligibles, mais pas la recherche pour proposer une nouvelle gamme de boissons sucrées ou de mobilier de salon.
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Une variante est de faire non point une liste verte mais une liste noire. A ce moment on exclut le CIR si l'entreprise qui le demande opère dans certains champs d'activité (typiquement l'extraction ou l'utilisation de combustibles fossiles).
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Cette règle a l'avantage d'une relative simplicité (l'administration fiscale dispose d'une liste éligible ou d'une liste à exclure, et vérifie que l'entreprise s'occupe des bons produits ou services pour accorder le CIR). Elle a l'inconvénient de ne pas garantir que les activités de l'entreprise substituent des usages carbonés et non s'y rajoutent.
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Par exemple si on considère que les vélos sont décarbonants, on ne s'occupe pas de savoir si les clients en achètent pour aller en faire le week-end (éventuellement en utilisant d'abord une voiture !), sans effet sur la baisse des émissions, ou s'ils remplacent un engin motorisé pour une partie des déplacements du quotidien.
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Une deuxième manière serait de demander à l'entreprise qui réclame le CIR de faire la preuve que ses produits substituent des usages plus carbonés, quels que soient les produits ou services vendus. A ce compte là, une entreprise qui vend des vélos à des personnes qui s'en serviront pour ne pas prendre une voiture est éligible, mais pas celle qui vend des vélos à des personnes qui commenceront par le mettre dans la soute d'un avion pour aller se promener ailleurs.
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Cette règle est bien plus complexe à mettre en oeuvre, mais a pour but d'avoir une garantie sur le résultat.
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Les dépenses de R&D des entreprises conditionnent très fortement ce qu'elles feront ou pas à l'avenir. Leur dire que la collectivité ne les aide pas à prendre de risques si leurs plans pour l'avenir ne sont pas compatibles avec la baisse des émissions serait juste une forme de bon sens.
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date: '2022-09-05T07:06:32'
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li-id: 6972449875397341184
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title: CHANGE_ME 159
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Et de deux : Eric Le Boucher, éditorialiste aux Echos, rejoint les "post-libéraux". Lui qui fut un grand défenseur du "marché" signe une tribune dans le quotidien de l'économie dans laquelle il prend acte du fait que, dans un certain nombre de domaines, cette manière de voir n'a pas amené le monde merveilleux.
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Prix qui font n'importe quoi (pour l'électricité et le gaz c'était par ailleurs le sujet de ma chronique de Samedi dernier sur RTL : https://bit.ly/3THuUNA ), sécurité d'approvisionnement non garantie, bulles sur les actifs, et pas plus de prise en compte du changement climatique qu'avant : la concurrence partout et tout le temps n'est donc pas le système parfait qui permettrait de faire à la fois une planète préservée, un cadre prévisible et un consommateur comblé.
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Mais alors, par quoi remplacer cette "économie libérale" qui a été largement au centre de la production du monde académique - et donc des politiques publiques - ces dernières décennies ? Le Boucher fait le constat - que je partage - que pour le moment il n'y a pas de relève théorique. Il y a bien des promesses simplistes dans certains courants politiques, mais pas de système économique conceptualisé de A à Z qui partirait d'hypothèses différentes de celles qui alimentent aujourd'hui la pensée dominante.
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Etonnamment, la pensée libérale s'invite même quand il s'agit de régler le problème causé par la pensée en question ! Par exemple nombre d'économistes du changement climatique postulent que le bas prix des ENR aujourd'hui garantit leur disponibilité physique demain, ce qui est très exactement la manière de voir pour tout bien qui prévaut en économie libérale (si les prix ont baissé hier alors la disponibilité physique croissante est garantie demain, mais on voit bien avec le passé récent que ce n'est pas aussi simple).
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Le Boucher ose aussi écrire "Comme une économie décarbonée sera moins efficace et plus chère (sauf rupture technologique), la lutte pour le climat se résume en fait à un problème social. Il va falloir enfin le dire clairement et ajouter que pour aider les plus fragiles, il faudra bien prendre l'argent ailleurs et où."
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Il a tout à fait raison, puisque le carbone c'est notre costume d'Ironman qui rend l'économie efficace (c'est-à-dire productive). C'est l'impensé des Nations Unies qui, avec les 17 objectifs du développement durable, affirment explicitement que nous aurons de la croissance verte (l'objectif 8 c'est la croissance économique).
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Penser l'économie autrement demande donc de repartir des axiomes de départ et d'en prendre d'autres (en particulier d'intégrer explicitement les ressources physiques dans la fonction de production). Il s'agit donc de rien moins que de mettre bas l'essentiel de la littérature académique passée pour repartir sur de nouvelles bases. La question est : aurons nous le temps de théoriser ce qu'il faut faire avant de nous lancer dans l'action ?
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date: '2022-09-04T10:02:26'
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li-id: 6972131755885527040
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title: CHANGE_ME 160
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L'article date d'il y a 2 mois, mais après l'été que nous venons de vivre il n'est peut-être pas inutile de le recycler. Dans cette tribune de George Monbiot, un éditorialiste du Guardian qui mêle références précises et style incisif, il est question de la pertinence de développer les "biocarburants" dans nos stratégies de lutte contre le changement climatique.
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Sur les terres émergées de la planète, nous pouvons y avoir les usages suivants, qui en pratique s'excluent mutuellement :
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- produire des végétaux que nous mangerons, ou que nous donnerons à manger à des animaux que nous mangerons (ou pas : la viande pour nourrir des animaux de compagnie - et ce ne sont pas que des "rebuts de l'alimentation humaine" qui y passent - n'est pas négligeable en occident)
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- produire des matériaux ou matières premières non alimentaires (bois, lin, coton, chanvre, pois ou pommes de terre pour la chimie de l'amidon, etc)
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- avoir de l'énergie : bois énergie, méthanisation - les allemands ont massivement développé cela - et agrocarburants
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- enfin "fiche la paix à ce qui s'y trouve", qui s'appelle préserver la biodiversité.
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Localement certains usages peuvent évidemment être mixtes (agriculture ou foresterie et biodiversité par exemple).
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De ce fait, tout ce qui est utilisé pour l'énergie est autant en moins pour les autres usages. Cela pose d'inextricables problèmes de méthode pour calculer le contenu en gaz à effet de serre de ces agrocarburants, incidemment. Sur une planète qui continue à déforester, faut-il imputer à tout ajout marginal de cultures énergétiques les émissions de la déforestation marginale par exemple ?
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Ce qui est sur, c'est que 40% du maïs US (13% du maïs mondial) finit sa vie dans un réservoir de voiture, et que cela est aussi valable pour une fraction du blé, du tournesol, du colza, du palme, ou de la canne à sucre et des betteraves à sucre. Si, au lieu de mettre 10% d'agrocarburants dans ce que nous achetons à la pompe, on forçait les voitures à consommer 10% de moins, ca ne changerait pas la face de nos déplacements, et cela éviterait de mobiliser des surfaces majeures pour nos machines à roulettes ou à ailettes (le secteur aérien compte massivement sur les agrocarburants pour faire de la "croissance verte", mais les ordres de grandeur n'y seront pas).
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Comme le rappelle très bien cet article, les politiques de promotion des agrocarburants n'ont pas été mises en place pour des raisons environnementales. Elles datent de l'époque des surplus agricoles qui déprimaient les prix.
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Alors que le changement climatique va diminuer les rendements des cultures, la meilleure manière de baisser la consommation d'énergie fossile des transports est de baisser leur consommation d'énergie tout court. Vélo sous toutes ses formes, petites voitures électriques et moins nombreuses, camions électriques et bus et train doivent faire l'essentiel le plus vite possible. Dans https://lnkd.in/esiqHkbf, il n'y a pas d'agrocarburants à large échelle. Pas la place.
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date: '2022-09-03T11:44:37'
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li-id: 6971795082949623808
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title: CHANGE_ME 161
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Cela fait 31 semaines que Le Plan de Transformation de l'Economie Française (PTEF) est en vente dans notre pays. Et fin août ce livre occupait la 6è place au sein des ouvrages les plus achetés dans le pays, avec plus de 80.000 exemplaires écoulés depuis la parution.
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Il faut savoir que dans notre pays un essai qui est un "carton" totalise 100.000 exemplaires payants ou plus. Avec les niveaux actuels de ventes hebdomadaires (qui ne vont pas plus tomber à zéro demain matin que les émissions de CO2 planétaires), c'est très probablement un seuil que nous allons dépasser.
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Lorsque ce livre a été réalisé, nous avions avant tout pour objectif de pouvoir offrir un "souvenir" à toutes les personnes qui ont contribué au financement participatif qui a permis d'avoir les moyens de réaliser le PTEF, soit quelques milliers d'individus. Je pensais que la vente "grand public" à des "non donateurs" se monterait à quelques milliers d'exemplaires supplémentaires, c'est-à-dire l'ordre de grandeur de la diffusion du "Manifeste pour Décarboner l'Europe" que nous avions publié quelques années auparavant.
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Quelques milliers d'exemplaires vendus, c'est ce que j'ai eu pour mon premier essai (https://lnkd.in/eGXHDmU3 ), et c'est aussi la diffusion moyenne d'un livre dans notre pays tous genres confondus. Pour un ouvrage collectif (l'auteur du livre est "The Shift Project"), je n'escomptais pas beaucoup plus.
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Pour une fois, je suis ravi d'avoir fait une grosse erreur d'appréciation. Car cela signifie que le sujet est fortement monté en puissance depuis la publication du "Manifeste pour Décarboner l'Europe". En effet, si l'on prend les mêmes auteurs (le Shift Project avec une préface de votre serviteur), le même thème (la décarbonation), et le même mode de diffusion (le livre), et qu'en 5 ans de temps les ventes sont multipliées par 20, c'est que le fait générateur est externe aux auteurs.
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De quoi est-il question dans ce livre, pour celles et ceux qui ne l'ont pas lu ? De sobriété. C'est-à-dire d'une diminution planifiée (et donc souhaitée en démocratie) des flux physiques qui sont à l'origine d'une pression excessive sur notre maison commune, une certaine planète Terre.
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Avec ce livre, nous proposons une approche (parler d'économie sous l'angle des flux physiques et des emplois avant de parler d'euros) dont nous espérons qu'elle sera vue comme pertinente pour réfléchir à la manière de "sortir par le haut" de la situation - pas simple - dans laquelle nous sommes.
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Ce livre va avec un site internet baptisé "il nous faut un plan" : https://lnkd.in/esiqHkbf. 6 mois après sa sortie, il reste évidemment d'une actualité brûlante.
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date: '2022-09-02T13:34:09'
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title: CHANGE_ME 162
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Entreprise dont les orientations stratégiques sont ballotées au gré des campagnes électorales et des promesses du moment, qui doit produire un tiers à perte pour fournir des concurrents subventionnés, dont les caisses sont à tout instant à la merci du gouvernement pour financer les missions de protection sociale de l'Etat alors même qu'on lui demande de trouver des dizaines - voire des centaines - de milliards pour ses investissements, à qui on a demandé d'imiter les allemands alors que cela n'avait pas d'intérêt pour nous, et qui doit subir la volonté constante de la Commission de la découper encore plus en tous petits morceaux, cherche patron(ne).
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On ne se bouscule pas au portillon ? Quelle surprise !
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Les deux problèmes les plus ennuyeux dans cette affaire sont d'une part la valse-hésitation de la tutelle (le pouvoir politique), qui n'en peut plus de ne pas choisir (et d'être incapable de faire la pédagogie de ses choix sur la base de faits observables), et qui en plus n'assume pas ses erreurs passées (https://lnkd.in/e4SyEcTb), et la structure de marché en Europe. Tant que ces deux problèmes ne seront pas réglés, même un génie au poste de patron(ne) d'une EDF renationalisée ne fera pas de miracles.
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date: '2022-09-02T08:07:28'
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li-id: 6971378047006478336
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_sondage-exclusif-pouvoir-dachat-le-gouvernement-activity-6971378047006478336-GHaw
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title: CHANGE_ME 163
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"la question du pouvoir d'achat (...) trône au centre de toutes les préoccupations", écrivent Les Echos dans un article réalisé à partir d'un sondage mené auprès de nos concitoyen(ne)s.
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Reprenons depuis le début : en économie, le pouvoir d'achat correspond à "la quantité de biens et de services qu’un revenu permet d’acheter" (https://bit.ly/33SRrMZ ).
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Mais... pour "pouvoir acheter", il faut que des biens et services aient été produits. Il faut alors des ressources naturelles pour fabriquer fourchettes et cartables, jouets pour Noel et chemises, voitures et immeubles, rouges à lèvres et papier toilette, et il faut des machines pour transformer ces ressources bien plus puissamment que nos muscles (voir https://bit.ly/3KGa7pC ou relire Le Monde sans Fin !).
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Même les services sont dépendants de substrats matériels (typiquement l'ordinateur sur lequel je tape ce post) et ont un "contenu matière et énergie".
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Regardons maintenant devant nous. La machinerie mondiales utilise avant tout du pétrole, du gaz et du charbon. Que ce soit pour des raisons climatiques, ou par épuisement des ressources, ces "croquettes pour machines" vont devoir baisser. Idem pour les métaux (les mines sont épuisables), les espèces vivantes, sans lesquelles l'appareil productif s'arrête, et avec les produits et services disponibles. Le "pouvoir d'achat" va donc fatalement baisser (par inflation ou par pénurie) en tendance à l'avenir.
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Lorsqu'un indicateur que nous aimerions voir monter doit baisser, il est sage d'arrêter de se focaliser dessus. Par quoi, alors, remplacer ce fichu pouvoir d'achat, qui va nous donner quelques sueurs froides à un horizon proche ?
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Un certain nombre d'organisations - syndicales, associatives, mutualistes - ont proposé le concept de "pouvoir de vivre", qui tient compte de 66 critères, certains économiques, mais beaucoup sociaux et environnementaux (https://bit.ly/3ehl8ll ).
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Dans le contexte actuel, cette démarche paraît tout à fait sensée. Si l'on inclut dans nos objectifs le "pouvoir voir un arbre" (ce qui est bon pour le moral, les études le montrent), "pouvoir respirer un air correct", "pouvoir compter sur ses voisins", "pouvoir avoir le sentiment d'être reconnu", "pouvoir disposer d'un climat pas trop déréglé", etc, et pas juste "pouvoir acheter un smartphone plus gros" ou "pouvoir acheter une bouteille de coca", il doit être possible de faire un indicateur qui lui montera alors même que nous allons devoir devenir sobres.
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Mais il ne suffit pas d'un concept pour aller de l'avant : il faut aussi des outils pratiques. Comment pondérer la vue sur un arbre vs. l'achat d'un kinder bueno (noté E au nutriscore) ? Comment établir des comptes individuels (ce que l'argent permet) avec ce concept et en faire un indicateur d'arbitrage au quotidien ? Voici qui devrait urgemment inspirer un millier de thèses en "économie" dans notre pays. Car, sans proposition pratique, il sera hélas impossible d'avancer avant de subir.
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date: '2022-09-01T06:54:16'
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li-id: 6970997238260973570
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title: CHANGE_ME 164
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L'été fut chaud, la rentrée l'est aussi, mais pas exactement pour les mêmes raisons. L'urgence du jour est moins de se mettre à décarboner pour raisons climatiques que pour raisons poutinesques, avec un prix du gaz qui a été multiplié par 10 en un an sur le marché de gros.
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Mais les mesures à prendre étant sur le fond les mêmes que la cause soit la pénurie à venir ou le besoin de limiter nos émissions, le gouvernement s'est emparé du sujet au point d'en faire un des éléments forts de son séminaire de rentrée. Valérie Masson-Delmotte a eu droit à une demi-heure lors de cette réunion ministérielle, ce qui est beaucoup pour ce genre d'événement, mais seulement un quarantième du temps minimum qu'il faudrait que le gouvernement consacre à comprendre le problème à traiter, comme je le rappelle dans cette intervention de 15 minutes (ce qui est beaucoup pour la télé et très insuffisant sur le fond !) dans l'émission C à Vous, juste avant que l'on parle des déboires d'un footballeur en vue :)
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Car dans ce séminaire il manquera un point central : l'exposé du lien entre flux physiques et économie, dit autrement entre énergie et économie (il y a aussi le facteur limitant de toutes les ressources physiques - comme par exemple les métaux, les espèces vivantes ou les sols - dans l'affaire).
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Faute d'avoir compris ce lien, qui oblige à ce que nous réglions le problème climatique (à la fois pour limiter les émissions et pour nous "adapter") dans une économie qui va se contracter, la réponse du gouvernement va être qu'il a bien compris le problème mais que nous allons faire de la croissance verte (ce qui est du reste exactement ce qu'a dit Elisabeth BORNE lors de son discours à l'université d'été du MEDEF).
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Il n'y a pas 36 moyens pour que le gouvernement poursuive dans la voie de la compréhension des limites physiques : que cela soit un enjeu électoral. Car un gouvernement en démocratie arbitre des rapports de force. Il est essentiel de s'en souvenir.
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