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title: CHANGE_ME 45
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Une des équations infernales de la transition énergétique, c'est de pouvoir disposer de plus en plus de métaux, dans un monde où les flux internationaux seront de plus en plus chahutés et l'énergie
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Pour ceux qui ont le temps (ou le prendront !), dans les auditions récentes de la commission d'enquête sur la perte de souveraineté énergétique de la France, il y a celle de Christophe Poinssot, qui fournit un certain nombre d'éléments très intéressants sur les usages et la disponibilité future des métaux : https://lnkd.in/ef4BhrY5
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On y apprend notamment que le monde utilisait principalement 10 métaux en 1900, alors que c'est désormais de l'ordre de 60, et que nombre d'entre eux sont utilisés de manière trop diluée dans les objets qui les contiennent pour pouvoir être récupérés ensuite.
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On y apprend aussi qu'il faut en moyenne 17 ans (dans le monde) entre la décision d'ouvrir une mine et le moment où l'exploitation démarre. Ceci explique par exemple que la disponibilité mondiale en cuivre ne va pas beaucoup augmenter (voire légèrement diminuer) dans les 20 ans qui viennent (information rappelée par Poinssot), et il faut voir si cela est compatible avec les plans d'électrification massive qui supposent une consommation accrue de ce métal.
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Même s'il faut toujours être prudent avec les prévisions de prix des matières premières (un des gags dans le monde du pétrole consiste à dire : "vous pouvez prévoir un prix, vous pouvez prévoir une date, mais il ne faut jamais faire les deux en même temps !"), il est logique de penser que cette tension devrait finir par se voir dans les prix. Dans cet article des Echos, les négociants interrogés tablent tous sur des hausses significatives pour l'année prochaine.
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Dans les scénarios de transition énergétique, les alternatives sont souvent évaluées à l'aune des montants respectifs d'investissements demandés. Mais ces derniers peuvent fortement dépendre des cours des matières premières, en particulier pour les moyens qui sont "gourmands" en métal par kWh produit (ce qui est le cas - pour de bêtes raisons physiques - des collecteurs d'énergies diffuses).
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La sagesse voudrait donc que nous prenions nos paris avant tout sur la base des paramètres "physiques", en ne donnant pas aux couts actuels plus de valeur prédictive qu'ils n'en ont. Ca sera mon voeu pour 2023, puisque c'est l'époque !
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date: '2022-12-30T10:04:27'
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title: CHANGE_ME 46
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Le Monde Sans Fin a bien marché, il semblerait :) . Peut-on tenter de comprendre pourquoi ?
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Il y a tout d'abord le thème traité qui fait que l'on "surfe sur la vague" : arrivant désormais régulièrement en tête des sondages sur les préoccupations pour l'avenir, le changement climatique, et plus récemment l'énergie, intéressent de plus en plus de monde. Un livre des mêmes auteurs sur la reproduction des bulots aurait probablement connu un destin un peu différent.
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Il y a l'objet ensuite. Lorsque Christophe m'a contacté, il m'a dit la chose suivante : "tes conférences sur Youtube permettent de très bien comprendre la situation, mais quand on veut réexpliquer à quelqu'un d'autre, on se rend compte que l'on n'y arrive pas".
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Il avait donc déjà en tête de faire un livre graphique (car plus facile à comprendre) qui puisse s'offrir en disant "tiens, tu vas comprendre". C'était sa façon de contribuer à un acte militant mais très bien toléré (offrir un livre). Et de fait, c'est un album qui a été très souvent acheté pour quelqu'un d'autre (quelques entreprises en ont même acheté des milliers pour leurs salariés !).
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Il y a Christophe enfin. Il n'est pas qu'un maître du crayon : c'est aussi et surtout un perfectionniste qui ne laisse absolument rien passer sur le fond. Tant qu'un élément reste incompris, obscur ou incohérent avec le reste, il y revient. Il ne faut pas du tout croire qu'il a dessiné sous ma dictée : il m'a bombardé de questions, et nous avons passé des heures carrées sur chaque case de l'album, jusqu'au moment où l'explication était complète et l'enchainement fluide. Accessoirement (!) c'est aussi lui qui a convaincu Dargaud.
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Avions nous une ambition en matière de ventes ? Pour ma part, je souhaitais "faire beaucoup mieux que les essais", mais cela démarrait à 50.000 exemplaires, nombre qu'aucun de mes essais n'avait atteint.
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Christophe, lui, voulait créer "un phénomène". Au moment de notre rencontre il était déjà "pris aux tripes", considérait que le sujet traité était "le" sujet, et que ce livre devait être "le" livre. En conséquence, il voulait faire mieux que Quai d'Orsay, dont le premier tome a été vendu à 250.000 exemplaires. C'est lui qui a eu raison :)
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Pour ma part, j'avais deux autres souhaits : d'abord qu'une BD permette de toucher des gens qui n'auraient jamais acheté un essai. Sur ce plan là, on peut dire que le pari est réussi. Et ensuite, que plus de femmes s'intéressent à la question énergétique.
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Pour les mails spontanés que je reçois, les demandes de connexion linkedin (que je ne peux plus satisfaire la quasi-totalité du temps, car je suis proche de mon quota !), les réactions à mes posts ici, et quelques autres "points de sonde", dans plus de 80% des cas j'ai affaire à un homme (et >98% quand c'est un commentaire agressif :) ).
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Je ne sais pas si cette nouvelle forme d'expression a un peu corrigé ce déséquilibre (pas pour les agressions !), mais si oui j'en serai heureux.
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date: '2022-12-29T08:06:29'
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title: CHANGE_ME 47
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Très intéressante audition de Patrick Pouyanné par la "Commission d'enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d'indépendance énergétique de la France".
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Qu'on le veuille ou non, à très court terme la sécurité d'approvisionnement du pays dépend largement du comportement des acteurs du monde pétrolier et gazier, de fait numériquement moins couvert par les auditions de cette commission que le secteur électrique, alors que les hydrocarbures dominent dans l'approvisionnement national. Les quasiment 2 heures passées avec le PDG de Total permettent de comprendre, de façon bienvenue, beaucoup de choses sur le fonctionnement de ce monde là.
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Une des préoccupations du moment est bien sur l'approvisionnement en gaz. Avec l'arrêt des importations russes, la marge de manoeuvre restante est le Gaz Naturel Liquéfié, pour lequel nous sommes en concurrence avec le reste du monde. Un moyen de faire baisser les prix à court terme serait de nouer des contrats de long terme. Mais.... cela signifie que l'on s'engage à consommer du gaz longtemps, ce qui est contradictoire avec l'engagement de neutralité !
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Pouyanné explique aussi pourquoi il a investi dans les centrales électriques à gaz : l'essor des modes électriques intermittents rend de toute façon nécessaires ces moyens de production si l'on veut un approvisionnement électrique continu (à ce propos il affirme que le nucléaire français n'est pas modulable, ce qui est inexact et est une des deux erreurs que j'ai relevées dans son propos).
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Pouyanné confirme dans cette audition que le taux naturel de déclin des puits de pétrole en production dans le monde est de 4% à 5% par an, ce qui lui fait conclure que, pour que son secteur fasse sa part dans les objectifs climat, il suffit d'arrêter d'investir (mais il dit que ce n'est pas encore le moment, ce qui est inexact puisque les émissions devraient baisser de 5% par an dès demain matin pour tenir les 2°C).
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Il indique que Total a regardé le nucléaire mais a reculé à cause de la longueur des engagements, qui ne lui semblent compatibles qu'avec le mode de fonctionnement d'une entreprise publique.
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Il s'exprime aussi sur le solaire, l'éolien, la "concurrence" sur l'électricité, le biogaz, l'hiver 2023 qui sera plus compliqué que l'actuel, la demande énergétique des pays émergents qui pour le moment est impossible à satisfaire sans fossiles additionnel, la Californie et le Qatar...
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A défaut de fournir les bonnes réponses pour certain(e)s, cette audition permet de poser quelques questions qui piquent un peu. Et quand la réponse de Pouyanné nous agace, c'est parfois tout simplement parce qu'il nous place face à nos propres contradictions.
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date: '2022-12-28T17:26:48'
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title: CHANGE_ME 48
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On peut appeler cela un miracle ou une hérésie, selon le point de vue : selon Les Echos, les Pays Bas, pays de 42.000 km2 de superficie, est le 2è exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires, derrières les USA, pays 230 fois plus vaste, et devant la France, qui est plus de 10 fois plus vaste, et tout cela avec 52.000 agriculteurs seulement, qui commandent forcément à beaucoup beaucoup de machines.
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Car, évidemment, ce n'est pas tant aux vastes terres fertiles de ce pays très densément peuplé que l'on doit cela, mais à l'énergie. Le modèle néerlandais s'est basé largement sur les exploitations intensives qui demandent des engrais (du gaz et du pétrole), des serres (du gaz pour les chauffer et pour faire le verre), des élevages intensifs, impossibles à approvisionner sans d'importants volumes de transport associés (pour faire venir les aliments) et des produits végétaux pas chers. Un modèle fortement exportateur est aussi un modèle fortement dépendant des transports internationaux (du pétrole à nouveau).
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Ce développement est évidemment allé avec une augmentation de quelques pressions environnementales (effluents ou émissions), et est dépendant d'une énergie abondante et pas chère. Le désir de limiter les nuisances environnementales et la "crise du gaz" rebattent fortement les cartes.
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Rappelons que la production hollandaise de gaz, qui était encore très significative il y a quelques années, s'est brusquement effondrée après la décision d'arrêter l'exploitation du plus grand champ gazier d'Europe du Nord (Groninge), qui avait fait de ce pays une petite Norvège pendant de longues décennies.
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Cet exemple hollandais est en fait emblématique de ce qui finira par arriver ailleurs. Une agriculture avec peu de monde, très mécanisée, très dépendante des transports amont et aval, et très dépendante des engrais et des phytosanitaires, est un enfant de la mondialisation, et aura du mal à survivre face à la décrue énergétique.
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Comme le paysage agricole est très long à réorienter (parce que c'est un domaine de traditions, et parce que l'organisation globale mise en place ne se modifie pas en une semaine), il n'est que temps de se demander à quoi elle devra ressembler si les conditions climatiques et énergétiques de cette année 2022 deviennent la norme, voire "moins pire" que cette dernière.
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Au Shift Project, cela fait partie de nos ambitions pour 2023 que d'y revenir (le chapitre du PTEF sur l'agriculture n'est pas suffisant à nos yeux et manger est raisonnablement vital). Mais nous espérons bien ne pas être les seuls à avoir envie de mettre un peu de jus de cerveau dans la question !
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date: '2022-12-27T17:04:49'
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title: CHANGE_ME 49
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Depuis quelques semaines, le ton monte parfois sur ce réseau à propos de certaines de mes prises de position. Puisque la fin de l'année (ou plutôt le début de l'année nouvelle) c'est le moment des bonnes résolutions, je voudrais en proposer quelques unes pour les échanges qui peuvent avoir lieu sur ce que j'aurais dit ou écrit.
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Cela s'applique idéalement à ceux qui me critiquent (un exercice utile pour moi car on ne progresse qu'en étant sorti de sa zone de confort), et plus encore à ceux qui prennent le clavier pour répondre aux premiers.
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Essayez de séparer le message du messager. Un argument s'examine au fond, et non en fonction de celui qui l'invoque. Si une personne que je déteste cordialement dit que 2 et 2 font 4, il n'a pas tort parce que sa tête ne me revient pas. C'est seulement une fois que l'on a éventuellement fait la preuve d'un raisonnement erroné que l'on peut se demander si cela a a un rapport avec la profession - ou une autre caractéristique - de la personne qui l'a tenu.
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Mais ca va dans cet ordre là et pas dans le sens inverse. A titre personnel je n'invoque à peu près jamais la profession de mes "contradicteurs" dans un argumentaire (même si parfois il me semble évident qu'elle explique la motivation).
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Essayez de rester courtois. L'agressivité - ou pire, l'insulte ou la calomnie - clarifient rarement le débat. Les échanges étant publics, on s'adresse autant à son contradicteur qu'à toutes les personnes qui vont lire l'échange, et ces dernières apprendront plus avec des argumentaires posés qu'avec des invectives. Linkedin n'est normalement ni un prétoire ni un plateau de télévision !
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Ne faites pas dire à votre opposant ce qu'il ne dit pas. Le procédé qui consiste par commencer à déformer ce que dit l'adversaire pour ensuite mieux le combattre est malheureusement assez répandu, mais dans le débat d'idées il va assez souvent se retourner tôt ou tard contre celui ou celle qui l'emploie.
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Débattre prend du temps. Mieux vaut s'abstenir de répondre que de le faire de manière inappropriée faute de temps pour mettre son raisonnement en forme.
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Dans le même esprit, il arrive malheureusement que, avec certaines personnes, il soit impossible de sortir du dialogue de sourds (on revient encore et encore sur les mêmes arguments alors que l'on y a répondu N fois). A ce moment il faut savoir qu'à l'impossible nul n'est tenu et la meilleure des choses à faire est d'arrêter l'échange.
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Il est essentiel qu'en démocratie il y ait confrontation d'idées. C'est comme cela que l'on finit par avoir de la convergence (nécessaire pour dégager des majorités). Mais quand la forme employée aboutit à des crispations dures, on s'éloigne en fait de l'objectif que l'on voulait atteindre (converger). Donc autant l'éviter, et ce d'autant plus que l'on parle d'un sujet essentiel !
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date: '2022-12-26T19:53:26'
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title: CHANGE_ME 50
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Moins cher, plus rapide en ville, et évidemment beaucoup plus bas carbone que la camionnette, même électrique : le vélo-cargo pointe de plus en plus le bout de sa roue en univers urbain (ou de sa pédale).
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Moins cher à l'achat, le vélo cargo l'est presque d'un facteur 5 à 10 si l'on compare son prix neuf avec celui d'un véhicule de type Kangoo (thermique ou électrique) neuf. Mais, avec une consommation de l'ordre de 10 Wh par km, il l'est aussi à l'usage : face à un véhicule thermique il n'y a pas photo (6 litres de pétrole aux 100 km = 600 Wh de pétrole par km), et même face à une camionnette électrique il y a plus d'un facteur 10.
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Son bilan carbone est aussi considérablement plus faible :
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- la batterie étant 100 fois plus petite (0,5 kWh contre 50 en gros) ses émissions de fabrication le sont aussi
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- le poids étant 20 fois plus faible (50 kg contre 1000 kg) les émissions de fabrication du véhicule hors batterie sont en proportion identique.
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Même dans un pays produisant toute son électricité au charbon, passer d'une camionnette thermique à un vélo cargo divise les émissions de livraison par un facteur de plusieurs dizaines.
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Enfin, en ville, il est plus rapide qu'une camionnette. Cette fois ci c'est l'espace au sol qui lui procure son avantage : les bouchons ont moins de prise !
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Ajoutons que c'est aussi moins bruyant, et engendre très peu de pollution locale (les particules des freins et des pneus essentiellement).
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Pour autant il n'est pas difficile de voir que l'essentiel de ce qui circule en ville (du moins en Occident) reste actionné par un moteur thermique. A l'évidence le vélo cargo ne peut pas rivaliser sur tous les plans (un réservoir avec le plein d'essence procure une bien plus grande autonomie qu'une batterie chargée de vélo électrique), et par ailleurs les moyens de transport sont toujours dimensionnés à leur usage de pointe et la charge utile maximale d'une camionnette reste supérieure à ce que peut transporter ce genre de véhicule. Mais cela ne s'applique pas tout le temps, puisque quelques intrépides "basculent" !
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Le témoignage d'une des personnes interrogées dans cet article indique qu'il a opté pour ce mode de transport à la suite d'une panne de son véhicule précédent. Il n'est probablement pas le seul qui ait opté pour le vélo (cargo ou pas) contraint au début, par choix ensuite. Comme on disait dans une vieille pub, l'essayer c'est apparemment souvent l'adopter.
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Peut-être que l'on pourrait imaginer que dans le cadre de toute formation d'artisan il y ait de manière obligatoire l'essai de ce genre de véhicule :) ?
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date: '2022-12-24T15:25:09'
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title: CHANGE_ME 51
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Sapin en plastique artificiel réutilisable ou sapin naturel qui ne l'est pas ? C'était traditionnellement la question de la rubrique écolo sur les radios dans les jours et semaines précédant Noel.
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En fait, cette question est l'arbre qui cache la forêt. Car dans les émissions de gaz à effet de serre associées à cette fête de fin d'année, les gros morceaux sont ailleurs, et principalement dans les postes suivants :
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- les cadeaux
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- les déplacements pour se retrouver en famille
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- et après on va trouver la nourriture (car entre le fois gras et le chapon, c'est rarement un repas pauvre en produits animaux).
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Dans cette chronique je n'ai pas mentionné les logements secondaires chauffés, qui ne sont pas propres à Noel, mais concernent toutes les vacances d'hiver, cependant c'est aussi un poste qui va peser quelque chose dans l'ensemble.
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Faut-il se priver de tout pour être écolo alors ? Cet exemple illustre lui aussi que d'être heureux dans un monde de limites va nous demander un peu de créativité et des normes sociales qui changent.
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Il y a quand même une bonne nouvelle dans l'ensemble : à condition de ne pas incinérer les coquilles ensuite (sinon le CO2 est relâché dans l'air), manger des huitres ne réchauffe quasiment pas le climat. En effet le calcaire des coquilles n'est rien d'autre que du carbone atmosphérique séquestré par le métabolisme des petites bêtes.
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1 kg de coquilles d'huitres contient 450 grammes de CO2. C'est beaucoup plus que les émissions de son transport depuis le lieu d'élevage. Il faut certes ajouter les émissions de l'exploitation ostréicole, mais c'est très certainement la protéine la plus bas carbone du réveillon. Et la nuit sera plus calme après une douzaine d'huitre qu'après une douzaine de dindes aux marrons !
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date: '2022-12-23T11:17:39'
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title: CHANGE_ME 52
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Certain(e)s d'entre vous se sont peut-être demandés un jour d'où sortait l'abaissement de la part du nucléaire à 50% de la production électrique (initialement en 2025 quand Hollande est élu président, en 2012) figurant dans la Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte de 2015.
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Cette audition de François Brottes (ancien président de la Commission des Affaires Economiques à l'Assemblée au moment de la discussion et du vote de cette loi, ancien président de RTE) donne la réponse. Cet objectif découle uniquement d'un "jugement de Salomon" rendu dans l'alliance Verts-PS de 2011, entre ceux qui voulaient un objectif de sortie complète du nucléaire, et ceux qui voulaient en garder autant. La négociation a débouché sur ces 50% médians, censés contenter à peu près tout le monde.
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Mais Brottes dit dans la même audition que, devenu président de RTE, il n'aura eu de cesse d'expliquer au gouvernement que cet objectif de 50% en 2025, qu'il a fait voter comme artisan de la LTCEV, n'était pas réaliste ! Il dit aussi qu'il regrette de ne pas avoir pris l'avis de RTE avant de faire voter la loi... comme quoi de temps en temps écouter les gens du métier avant de décider plutôt qu'après n'est pas nécessairement une mauvaise idée.
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Brottes insiste beaucoup sur le fait que la baisse du nucléaire était nécessaire pour "développer les ENR", et que cela a été "un succès". Mais la question ne lui est pas posée de savoir pourquoi taper sur le nucléaire était un prérequis pour augmenter les ENR, ni pourquoi il était pertinent de remplacer une production électrique sans combustion par une autre, sachant que les éoliennes et panneaux solaires (et le réseau à développer, ce qu'indique aussi Brottes) ne sont ni plus ni moins renouvelables que les centrales nucléaires (et pas nécessairement moins risqués).
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On apprend aussi qu'un réseau avec beaucoup de dispositifs de production répartis demande de l'électronique partout, alors que les réseaux électriques "descendants" et les réacteurs nucléaires peuvent fonctionner de manière analogique. Personne n'a demandé si cela était gênant ou pas pour la souveraineté énergétique.
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Brottes explique aussi qu'il a été à l'origine de l'arenh, qui a été une manière d'éviter la scission du parc nucléaire entre deux exploitants (autre manière de supprimer le monopole, ce qui était l'objectif européen).
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En fait le mal originel a été de faire de l'électricité un produit "ordinaire", comme des chaussettes ou des yaourts, devant donc faire l'objet d'un marché "ordinaire", au passage sans monopole d'aucune sorte. Une fois cette décision prise, il n'y avait que de mauvaises manières de s'en sortir...
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Dans l'ensemble il faut s'armer de patience pour dénicher les faits intéressants dans cette audition, assez "louvoyante" et où l'absence de réponse claire à la question posée est plus la règle que l'exception. Mais la compréhension est parfois à ce prix !
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date: '2022-12-21T22:41:14'
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li-id: 7011460603802230784
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title: CHANGE_ME 53
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Depuis maintenant presque 2 ans, Carbone 4 propose aux particuliers (gratuitement) et entreprises (en payant ; à un moment il faut bien que quelqu'un paye !) un calculateur d'empreinte carbone personnel un peu particulier, MyCO2 (http://www.myco2.fr).
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Il est un peu particulier parce que ce calculateur ne peut pas s'utiliser seul. Il faut nécessairement participer à une découverte collective, une espèce de carboniques anonymes :), au cours d'une "conférence interactive". La raison est que l'effet de groupe libère du stress et favorise le passage à l'action (ce qui est bien le but). Et l'interactivité permet aux personnes faisant le calcul de poser toutes sortes de questions sur les modalités de ce dernier.
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Lors de ces conférences interactives, il est possible de collecter quelques informations (non nominatives évidemment) sur les participant(e)s. La première est évidemment le résultat (combien chaque participant "pèse" en carbone). Mais il y a également la réponse à quelques questions posées au début de l'exercice. Et notamment celle-ci : "comment évaluez vous votre degré de connaissances sur le changement climatique ?".
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Et le résultat, qui figure ci-dessous, est très intéressant : plus les gens déclarent en savoir long sur l'enjeu, plus leur empreinte carbone est basse. Dit autrement, il y a une corrélation entre degré de connaissance et action. Comme il est peu probable que l'action ait précédé la connaissance, le plus vraisemblable est donc l'inverse : avoir compris le problème pousse à s'en occuper.
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Ce n'est donc pas totalement un hasard - et pas juste un effet du radotage du à l'âge :) - si la bonne compréhension des enjeux est de mes chevaux de bataille, notamment pour les gens qui sont à des poste de décision.
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En attendant, si vous n'avez pas d'idée de cadeau pour Noël, offrez (ou offrez vous) la découverte de votre empreinte carbone : c'est assurément un cadeau utile !
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date: '2022-12-20T16:12:56'
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title: CHANGE_ME 54
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Il y a 2 siècles, l'émergence du charbon "de terre" en Europe a contribué à sauver ce qui restait des forêts. A cette époque, tout terrain de plaine ou à peu près avait été défriché pour faire place aux cultures, mais il restait des forêts situées sur des terrains trop pauvres ou trop accidentés pour être facilement utilisés pour l'agriculture. Ces forêts étaient mises à rude épreuve par l'utilisation croissante du bois par les forges et le chauffage des villes.
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Depuis que les combustibles fossiles ont été utilisés en quantités croissantes, les forêts sont partiellement revenues. D'abord la pression sur le bois de feu a baissé, ce dernier étant remplacé d'abord par le charbon (chauffage et cuisson), puis par le gaz pour les mêmes usages.
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La productivité à l'hectare a fortement augmenté grâce à la mécanisation et aux intrants (engrais et phytosanitaires), c'est à dire grâce au pétrole et au gaz. Cela permet de produire plus avec moins de surfaces (avec quelques effets de bords sur la biodiversité...), et a engendré une "reprise forestière" sur d'anciens terrains agricoles ou pâturages cessant d'être exploités.
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Mais voilà : le stress croissant sur les énergies fossiles est en train d'inverser la donne. Cet article du Guardian explique que les irlandais reviennent à la tourbe (le pire en matière d'émissions de CO2 par unité d'énergie) parce que le gaz et le pétrole sont plus chers (car moins disponibles), et les allemands au bois (mais ca doit probablement être aussi vrai pour les français), avec dans ce dernier cas du "braconnage", c'est à dire des prélèvements illégaux qui augmentent.
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Il était à craindre que, au moment où les combustibles fossiles feraient défaut, cela ferait revenir la pression sur le bois et la biomasse en général que charbon, pétrole et gaz avaient supprimé. C'est exactement ce que l'on constate actuellement : les ménages veulent se chauffer, les voitures rouler, les avions voler,et l'industrie tourner à la biomasse, et tout cela est en train de créer une pression croissante sur le vivant.
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Si nous voulons garder des forêts dans un contexte de pression climatique croissante et de pression énergétique croissante, il va falloir à la fois (re)planter les bonnes espèces, bien gérer les usages aval pour répartir au mieux la ressource rare, et... probablement embaucher quelques gardes forestiers de plus.
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date: '2022-12-19T19:37:11'
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title: CHANGE_ME 55
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Fin du monde contre fin du mois : l'agenda présidentiel a factuellement penché du deuxième côté pendant la semaine qui vient de s'écouler. La préservation contre la fin du monde - comprendre la défense de la biodiversité - n'aura justifié aucun déplacement de haut niveau pour soutenir les négociateurs français et européens, pourtant crédités du succès obtenu au Canada par notre premier magistrat sur ce réseau (https://bit.ly/3FDV9P2 ).
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Le Qatar et le foot (à moins que ce ne soient le foot et le Qatar) auront donc vu deux fois les roues de l'avion présidentiel (dont Sud Ouest a évalué l'empreinte carbone : https://bit.ly/3Webuky ) en une semaine, la cote de popularité et le gaz ayant manifestement des charmes que les papillons et coraux n'ont pas.
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Pourtant, si l'on replace les choses dans le bon ordre, sur une planète sans espèces végétales et animales (c'est cela la biodiversité), il va être un peu difficile d'organiser des tournois de foot... et tout aussi difficile de faire tourner une économie. Incidemment, l'article des Echos ci-dessous contient la phrase "Il faut rappeler que plus de la moitié du PIB mondial est tributaire de la biodiversité et de ses services.". Objection votre honneur : c'est 100% puisque sans espèces animales et végétales il n'y a plus d'humanité et plus de PIB du tout !
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La presse qualifie cet accord de succès parce que les aires protégées doivent monter à 30% de la surface terrestre. Mais la vraie victoire, elle sera à chercher, ou pas, dans les réglementations nationales - ou éventuellement les accords commerciaux - qui imposeront des obligations concrètes aux acteurs domestiques.
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Car on peut appeler "protégée" une zone qui en pratique ne l'est pas (par exemple une aire marine protégée qui est chalutée comme si elle ne l'était pas), ou encore créer une réserve avec 3 gardes et demi pour des milliers de km2, qui restent en pratique soumis aux mêmes pressions qu'avant ou presque.
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Les obligations de transparence créées pour les entreprises sont une étape bienvenue, mais le Diable sera aussi dans les détails. Pour le moment, les méthodes sont émergentes (nous le savons à Carbone 4 pour travailler dessus !), et les moyens alloués par les acteurs économiques pour "bien compter" les pressions environnementales (biodiversité ou climat) restent bien plus faibles que pour les euros. On peut aller en prison quand on compte l'argent de travers (fraude fiscale, comptabilité non tenue, etc), mais c'est rarement le cas quand on compte le CO2 ou la biodiversité de travers !
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Le vrai sérieux des pays ratificataires se mesurera donc à l'aune de ce qu'ils seront capables d'imposer à leurs acteurs domestiques. Pour la biodiversité, comme pour le climat, il va falloir y consacrer un peu plus de temps que celui de simples félicitations adressées entre deux avions pour aller voir un match.
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date: '2022-12-18T11:25:36'
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li-id: 7010203411170131968
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title: CHANGE_ME 56
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Ce n'est pas une bonne nouvelle pour le climat : la consommation mondiale de charbon en 2022 devrait être la plus haute depuis le début de l'utilisation de ce combustible.
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En cause, il y a la très forte hausse du prix du gaz liquéfié qui a suivi les troubles en Europe (laquelle devait compenser au mieux par du GNL les importations disparues d'une partie du gaz russe), et qui a conduit à un basculement du gaz vers le charbon pour une partie de la production électrique dans le monde. Rappelons qu'environ 2/3 du charbon planétaire sert à produire de l'électricité (voir https://bit.ly/3uXedCM - qui date un peu mais l'essentiel reste valable - pour avoir un aperçu de ses usages dans le monde).
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L'AIE publie aussi un graphique qui décompose la variation de la production électrique dans le monde de 2021 à 2022. Les deux "moteurs" de la hausse de la consommation de charbon dans ce secteur sont la hausse de la consommation électrique tout court et... la baisse du nucléaire.
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Dans un contexte de stress sur l'approvisionnement en gaz (qui était envisageable pour la période actuelle à défaut d'être certain), l'arrêt des réacteurs de nos voisins du Nord a en particulier directement débouché sur une hausse de la pire manière de produire de l'électricité (voir https://bit.ly/3j60iYh ), ce qui se constate assez facilement en ce moment en regardant par exemple la décomposition de la production électrique disponible sur https://lnkd.in/ecWPwUDV
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L'AIE fournit aussi un pronostic d'ici à 2025. Dans ce dernier, la hausse attendue de la consommation électrique n'est pas assurée en totalité par les renouvelables, et il y a aussi un poil d'augmentation de charbon. Certes la hausse est dans l'épaisseur du trait selon cette projection, mais si ce combustible solide suivait le chemin demandé par la "trajectoire 2°C" il faudrait que sa consommation baisse de 14% (dans le monde) en 3 ans.
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Appliquée à l'électricité, cette baisse signifie 1450 TWh (électriques) de production au charbon en moins en 3 ans (1 TWh = un milliard de kWh). Par ailleurs l'AIE envisage une hausse de la demande électrique de 2500 TWh sur la même période. Pour que l'équation soit tenue il faudrait donc 4000 TWh de production non carbonée en plus, soit :
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- un doublement de l'hydro
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- ou une multiplication par presque 5 du solaire (qui a augmenté d'environ 14% par an de 2018 à 2021)
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- ou une multiplication par 3 de l'éolien (qui a augmenté d'environ 10% par an de 2018 à 2021)
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- ou une multiplication par 2,5 du nucléaire (qui est stable de 2018 à 2021).
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Même en combinant tout cela, on voit le formidable décalage entre les discours de décarbonation et les actes. Si nous voulons 2°C, il va surtout falloir consommer moins d'électricité dans le monde...
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NB : la photo d'illustration choisie par l'AIE est assez mal venue : il aurait mieux valu montrer une mine ayant remplacé la végétation, ou un train traversant un paysage desséché, cela aurait été plus à propos !
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date: '2022-12-17T16:29:11'
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li-id: 7009917420706365440
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title: CHANGE_ME 57
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Décembre, c'est l'époque du courrier presque du coeur au Père Noël ! Côté Shift Project, et même si nous savons que les rennes commencent à souffrir du réchauffement climatique, nous avons aussi un souhait sur le contenu de la hotte. Il s'appelle un(e) chef(fe) d'entreprise militant(e).
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Plus précisément, ce que nous souhaiterions trouver sous le sapin, ce sont des entreprises membres, c'est à dire qui adhèrent à l'association et qui versent une cotisation. Cette dernière est d'abord bienvenue parce que nous avons en permanence plus d'idées que de moyens. Et, quand nous sommes dans une course contre la montre, avoir les moyens de creuser ses idées est plus utile avant les ennuis qu'après !
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Une entreprise qui adhère c'est aussi un acteur économique de plus qui "soutient la cause". Il n'est pas nécessaire de soutenir l'intégralité de ce que nous faisons ou disons pour adhérer : il suffit juste de considérer que notre existence est globalement utile à la collectivité, sans être frontalement antagonistes des activités du membre concerné.
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Nous ne cherchons donc pas à avoir toute entreprise de ce pays comme membre : juste celles qui ont sincèrement envie de nous voir travailler, proposer et exister dans le débat public, parce que c'est leur intérêt, ou parce que leurs instances dirigeantes sont profondément convaincues que de toute façon "nous n'y couperons pas", et à ce moment autant le faire en ayant réfléchi le plus possible au plan d'ensemble (ce qui est notre ambition).
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On pourra nous reprocher une collusion avec le grand capital. C'est inévitable dès lors que nous avons choisi une position moins pure que de protester de l'extérieur : nous avons ciblé le monde économique, et nous cherchons à y mobiliser "de l'intérieur". C'est moins visible et plus ingrat, mais c'est aussi là que se gagnent une partie des batailles. Nos membres acceptent aussi que nous les asticotions un peu de temps en temps : pour progresser, il faut sortir de sa zone de confort.
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On pourra aussi nous reprocher de ne pas être à la hauteur de l'enjeu, puisque la situation globale continue à évoluer dans le mauvais sens. Mais, tant qu'il n'y a pas de plan B, il n'y a aucune chance de voir l'économie se réorienter : vers quoi le ferait-elle ? Avoir des propositions opérationnelles n'est pas suffisant, mais c'est assurément nécessaire.
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En 2022, le budget du Shift Project aura été de 2 millions. Avec les Shifters, notre force de frappe est multipliée par 2 ou 3, mais cela reste faible face aux milliards qui vont, de par le monde, dans la recherche économique "traditionnelle", ou aux centaines de milliards qui vont dans la recherche "purement technologique", qui ne suffira pas, loin s'en faut, à nous faire atterrir en douceur.
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Si vous avez le carnet de chèques de votre entreprise, donc, et que vous pensez que quelques cervelles de plus mobilisées sur la décarbonation ne sont pas de trop, vous savez ce qui nous ferait plaisir sous le sapin !
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date: '2022-12-16T10:35:38'
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title: CHANGE_ME 58
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Dès que l'on parle d'argent, cela intéresse du monde :) : pour la présentation du rapport du Shift Project sur l'intégration des enjeux environnementaux dans la formation des futurs (et actuels) salariés du monde financier, avaient fait le déplacement jusqu'à l'amphi Bruno Le Maire et François Villeroy de Galhau, entre autres.
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NB : Pour celles et ceux qui n'ont pas regardé cette présentation la vidéo est disponible sur Facebook : https://lnkd.in/eAWNaJKd (aller directement à 21 minutes du début, car il y a eu un peu de retard, et avant c'est juste un plan fixe sur l'image ayant servi à l'annonce).
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Le rapport en question a fait l'objet d'une présentation synthétique, mais vous pouvez d'ores et déjà le télécharger sur la page dédiée du site du Shift Project (lien ci-dessous) et voir quelles sont nos propositions pour les futurs employés du grand (et du petit, et parfois public) capital.
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Deux chiffres essentiel résument l'avant et après :
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- actuellement, sur 1400 cursus (de formation de futurs "financiers") examinés, seuls 5% intègrent les enjeux écologiques de manière acceptable dans l'enseignement dispensé, et c'est essentiellement pour des personnes qui suivent un parcours spécialisé dans l'extrafinancier. Ailleurs il n'y a rien, ou quasi.
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- pour commencer à disposer d'une compréhension acceptable des enjeux (changement climatique, biodiversité, ressources minérales, etc), et de la boite à outils pour "penser système" et arbitrer les conflits d'objectifs, il faut compter un peu plus de 150 heures de formation.
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Comme les épisodes précédents pour les ingénieurs et les gestionnaires, ce rapport aborde des questions très pratiques, comme par exemple la formation ou le recrutement des enseignants, la conception d'une maquette pédagogique, la question des classements, et plein d'autres aspects concrets auxquels est confronté tout responsable d'établissement de bonne volonté.
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Il ne se passe désormais plus un jour sans annonce de verdissement dans le secteur financier. Mais pour passer des déclarations aux actes il y a des étapes incontournables : être capable d'inclure la question environnementale (et en particulier climatique) dans les processus du quotidien, avoir des seuils et des objectifs servis par ces processus, et être capable d'arbitrer les conflits d'objectifs qui sont inévitables dès qu'il y a réorientation stratégique.
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Cet ensemble demande notamment (mais pas que) des salariés correctement formés sur les enjeux et les méthodes pour les inclure dans les processus. Ce qui a été présenté hier soir n'est donc pas suffisant, mais à l'évidence c'est nécessaire : on peut douter de la crédibilité d'entreprises du secteur financier qui ne se préoccuperaient pas de la montée en compétence de l'ensemble de leurs salariés (c'est bien l'objet du rapport) et pas juste de leur équipe RSE. Au travail !
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date: '2022-12-15T11:18:12'
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li-id: 7009114386082504704
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title: CHANGE_ME 59
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La Commission est raccord avec The Shift Project, même si c'est pour tirer une forme de signal d'alarme (https://lnkd.in/eVVGtZCc ) : la situation gazière actuelle ne fait qu'annoncer un avenir qui sera probablement de plus en plus compliqué à gérer, et ce dès l'hiver prochain.
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Lors d'un hiver "normal", le gaz utilisé provient de deux sources :
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- les stocks qui ont été constitués pendant l'été, à un moment où l'approvisionnement (via gazoduc ou GNL) dépasse la consommation
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- mais aussi du gaz qui continue d'être acheminé en continu par les mêmes moyens.
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Avant la guerre en Ukraine, le gaz russe représentait 40% des approvisionnement de l'Union. Désormais Nordstream est hors service (il avait une capacité de 25% de la consommation européenne environ), et seul subsiste l'approvisionnement via le gazoduc qui passe par l'Ukraine... qui est un point d'interrogation. On peut très bien imaginer que dès que les russes auront réalisé les infrastructures physiques leur permettant de commercer avec la Chine, cet approvisionnement là aussi puisse baisser ou disparaître (car il permet aussi aux ukrainiens d'avoir du gaz).
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Avant même que cette hypothèque ne se concrétise, la faiblesse de l'approvisionnement "en continu" depuis la guerre pourrait obliger les européens à complètement vider les stocks pour passer l'hiver, et cette même faiblesse nous empêcher de disposer d'assez de gaz pou faire face à la demande l'hiver prochain.
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Incidemment cette faiblesse de l'approvisionnement en gaz devrait maintenir des prix de marché élevés, et, à "market design" identique sur l'électricité, maintenir des prix très élevés pour l'électricité européenne.
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Face à cela, les mesures palliatives sur l'offre sont lentes : plus d'ENR (ou de nucléaire) demande du temps, outre que les ENR électriques non pilotables concourent peu à la sécurité d'approvisionnement (il suffit de regarder https://lnkd.in/eRvA7w-a depuis une semaine pour voir que l'Allemagne - et nous via importations pour une petite partie - tourne fortement au charbon parce qu'il y a peu de soleil et peu de vent depuis une semaine).
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Les mesures "purement techniques" sur la demande sont aussi lentes à mettre en place : on ne peut pas multiplier par 10 le nombre d'opérations lourdes de rénovation des bâtiments "comme cela".
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Si la baisse est significative, il y a donc fort à parier que ce sont des "mesures rapides" sur la demande qui vont devoir faire le job (car de fait on ne peut pas consommer un gaz qui n'existe pas !). Baisse du thermostat, de la consommation électrique et de la production industrielle sont donc à envisager. Il faut malheureusement aussi se préparer à cela.
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date: '2022-12-14T11:20:13'
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li-id: 7008752503869554688
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title: CHANGE_ME 60
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L'Union européenne vient de se doter d'un mécanisme pour protéger les industriels du continent contre leurs compétiteurs étrangers qui n'ont pas à payer pour leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette mesure est réclamée depuis longtemps par les milieux économiques au motif - légitime dans son principe - que, pour des produits soumis à la concurrence internationale, payer pour le CO2 renchérit les couts face à la concurrence.
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Il y a certes quelques secteurs qui crient un peu fort avant même d'avoir mal. Par exemple le ciment voyage peu, et les échanges internationaux sont faibles. Mais pour d'autres produits de base - et a fortiori manufacturés - c'est plutôt la règle. L'intention européenne est donc pertinente.
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Revenons un peu sur les quotas : ils sont attribués site par site (et non par entreprise) pour un peu plus de 10.000 sites très émissifs (centrales électriques, cimenteries, aciéries, etc).
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Depuis 2013 la les quotas sont vendus aux enchères. En début de période (car les quotas sont valables pour une période de quelques années), la Commission permet à chaque site concerné de se procurer des autorisations administratives d'émettre (appelées quotas), qui sont payants (vendus aux enchères), et disponibles en quantité limité pour un site donné (https://bit.ly/3YlMJ7m ).
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C'est donc payant... mais il y a plein de dérogations permettant d'avoir ces mêmes quotas gratuitement : pour les sites très exposés à la concurrence, pour ceux qui se modernisent, etc (https://bit.ly/3hnL28R ).
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L'idée de cette "taxe aux frontières" est justement de pouvoir - entre autres - supprimer ces exceptions parce que les compétiteurs internationaux vont aussi devoir payer quelque chose. En pratique l'Europe ne peut pas taxer des usines situées hors de ses frontières : ce sont les importateurs qui vont devoir acheter des quotas. Ce n'est donc pas une taxe carbone à proprement parler, à savoir un prix fixe par tonne de CO2 émise par les industriels qui exportent des produits en Europe.
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Pour savoir combien de quotas les importateurs vont devoir se procurer, il va donc falloir se mettre d'accord sur un "contenu en carbone" par unité de produit importée. Il faudra aussi se mettre d'accord sur la source de ces quotas (achetés sur le marché sans augmentation du volume global de quotas disponibles ? Issus d'une nouvelle enveloppe supplémentaire et vendus aux enchères ? Autre ?), et le mécanisme qui va garantir que le prix moyen à la tonne de CO2 payé par l'importateur sera équivalent au prix moyen payé par l'industriel européen pour la fabrication du même produit (et sur ce dernier point tout n'est pas si simple : une tonne de poutrelle en acier est-elle équivalente à une tonne de feuille d'acier en rouleau ?).
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Il n'empêche : cette innovation est bienvenue. Rappelons qu'en France, acier, ciment et chimie de base représentent les 3/4 des émissions industrielles. Ce système de compensation aux frontières interagit avec un gros paquet d'émissions.
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date: '2022-12-13T08:16:06'
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title: CHANGE_ME 61
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Dans le débat sur la manière de décarboner l'industrie européenne, un argument est souvent mis en avant par les adversaires de la taxe carbone : elle créerait une distorsion de concurrence avec les industriels étrangers, qui n'y seraient pas soumis.
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Cet argument est de fait souvent recevable (pas toujours : sur les pondéreux qui voyagent peu, par exemple le ciment, le risque de "fuites" aux frontières est limité). Il y a une autre manière de faire, que l'Europe vient de décider à propos des batteries : limiter l'empreinte carbone d'un produit ou service.
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De fait, pour une voiture électrique, la fabrication de la batterie engendre la moitié des émissions de fabrication de l'ensemble. Cela n'empêche pas un véhicule électrique d'être, sur sa durée de vie, significativement moins émissif qu'un véhicule à pétrole de taille et puissance équivalentes pour beaucoup de pays européens, mais diminuer l'empreinte carbone de la batterie reste un objectif important pour baisser le contenu carbone d'un véhicule électrique.
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La législation européenne qui vient d'être décidée, dont je confesse ne pas encore avoir regardé les détails, est donc pertinente. Il n'échappera à personne que cette réglementation est aussi une arme anti-importation et pro-filière européenne. En effet, la fabrication d'une batterie est un processus assez gourmand en électricité et en énergie fossile "en direct". Pas juste pour l'assemblage final des packs de cellules (qui est négligeable dans l'ensemble de l'empreinte carbone), mais pour les étapes amont : extraction des minerais, raffinage des divers métaux (nickel, cobalt, lithium, cuivre), fabrication des principes actifs des composants (anode, cathode, électrolyte), et fabrication des cellules.
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Pour décarboner significativement la fabrication d'une batterie, il faudra donc non seulement des usines d'assemblage (les fameuses "gigafactories"), mais surtout rapatrier en Europe - et préférentiellement dans les pays à électricité peu carbonée, à supposer que l'on en ait assez :) - la fraction maximale des étapes qui vont juste à l'aval de la mine (sachant que la mine sera difficile à rapatrier en Europe !) : raffinage des métaux, principes actifs, et cellules.
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C'est bien ce mouvement que l'Europe cherche à enclencher avec le règlement européen adopté (rappelons qu'un règlement est d'application directe dans les états membres et n'a pas besoin de transposition par les parlements nationaux comme une directive). Reste à ce que la physique soit d'accord (pour avoir assez d'électricité décarbonée pour faire ET des batteries ET de l'hydrogène ET de la mobilité ET alimenter des pompes à chaleur ET électrifier d'autres industries...) et que l'industrie soit d'accord pour investir.
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Il y aura aussi un débat à avoir sur l'usage de ces batteries : avec de quoi électrifier un "tank électrique" de plus de 2 tonnes on peut motoriser 200 vélos électriques. A l'heure de la raréfaction des ressources ce débat là est aussi essentiel.
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date: '2022-12-12T15:02:03'
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title: CHANGE_ME 62
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Pourra-t-on un jour avoir une finance "verte" ? Un jour viendra peut-être où nous aurons le graal d'une performance environnementale et d'une performance financière allant de pair. A ce moment là, les financiers pourront faire l'esprit tranquille ce qui est leur métier habituel : maximiser le rendement des capitaux investis pour un risque donné, puisque par construction cela minimisera à l'occasion le risque environnemental.
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Pour en arriver là, il faut cependant une petite condition aux limites : que l'ensemble des contraintes applicables aux entreprises les poussent dans une direction telle que ce qui est le meilleur pour l'environnement est aussi le plus rentable pour elles (ou le moins "moins rentable" !).
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Mais pour le moment cette convergence n'est pas là, comme le rappelle un article récent des Echos (https://lnkd.in/e4BJit5P ), et il est donc nécessaire de donner aux acteurs du monde financier les outils et méthodes pour arbitrer entre les deux.
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Le financier "de base" doit donc regarder séparément économie et environnement pour savoir si les deux sont raccord ou pas. Cela signifie qu'il ou elle doit comprendre à peu près il retourne quand il est question d'environnement, et plus particulièrement de climat et de ressources énergétiques.
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Remontons d'un cran : pour que notre financier(e) ait les bases en matière d'énergie et de climat, il faut bien qu'il ou elle les ait apprises un jour. Il faut aussi qu'il ou elle n'apprenne pas, ou ne "conserve" pas, en matière de finance ou d'économie, des choses qui présupposent que les limites planétaires n'existent pas.
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Admettons que notre futur(e) financier(e) soit encore en train de suivre sa formation initiale. A ce moment la question devient : que doit-on apprendre, et ne pas apprendre (ou désapprendre !), pour faire converger la logique du secteur et la préservation de l'environnement ?
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Après les ingénieurs et les gestionnaires, The Shift Project s'attaque à cette question de la formation initiale du supérieur pour les futurs salariés de ce secteur (on appréciera la gradation de la difficulté !), et vous propose, le Jeudi 15 décembre, un webinaire de présentation de nos travaux sur le sujet.
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Cela n'épuise pas le sujet de la formation, puisque les personnes déjà en activité ne peuvent plus, par la force des choses, retrouver leurs 20 ans et redevenir étudiantes. Espérons que nos suggestions, qui incluent le corpus de connaissances de base sur l'environnement qu'il faut absolument avoir acquises pour être pertinent sur le sujet, infuseront aussi très vite la formation continue !
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Programme et modalités d'inscription ci-dessous.
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date: '2022-12-11T12:16:07'
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title: CHANGE_ME 63
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La Commission d'enquête "visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d'indépendance énergétique de la France", devant laquelle j'ai été auditionné (https://bit.ly/3FHL0BV ), va passer à ce qui était probablement son objectif premier depuis le début : nommer des "responsables" à la situation difficile dans laquelle nous sommes, préférentiellement des adversaires politiques de l'initiateur :).
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Ce n'est pas la première fois que je le constate : j'ai été convoqué par deux autres Commissions d'enquête du Parlement :
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- une sur "l'impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables, sur la transparence des financements et sur l'acceptabilité sociale des politiques de transition énergétique" pilotée par un député LR : https://bit.ly/3iSJ9kV
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- une sur le "coût réel de l'électricité afin d'en déterminer l'imputation aux différents agents économiques" demandé par un sénateur Vert : https://bit.ly/3PjgRw3
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A chaque fois un des buts était bien "d'épingler" des adversaires politiques, au motif qu'ils avaient décidé d'actions contraires à la conviction du parlementaire qui déclenchait la Commission.
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Cela n'empêche évidemment pas d'apprendre des choses intéressantes pour qui prend le temps d'écouter les auditions ou de lire les rapports, et c'est bien en entrant dans ce niveau de détail que l'on peut profiter de ces travaux. La partie "tribunal pour politiques" n'est qu'une partie émergée - et pas la plus intéressante - de l'iceberg, sauf à permettre à l'ensemble de la classe politique de devenir plus adulte ensuite, et ce n'est pas garanti !
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A l'évidence, fermer Fessenheim a privé le pays d'une production électrique bas carbone qui serait précieuse aujourd'hui. Mais qui en est responsable ? Royal parce qu'elle a signé le décret ? Hollande parce qu'il a pris cet engagement dans la campagne ? Macron parce qu'il n'est pas revenu dessus alors qu'il le pouvait ? La presse qui a longtemps et majoritairement présenté le nucléaire comme bien plus dangereux que ses alternatives et facile à remplacer sans trop se demander si l'argumentation était factuellement solide ? Jospin qui a donné le coup d'envoi de 20 ans de nucléaire honteux ? Les experts techniques qui n'ont pas su faire la pédagogie des seuls faits ? L'Education Nationale qui a laissé circuler des manuels scolaires contenant des contre-vérités ? L'Allemagne qui a fait tout ce qu'elle a pu pour faire émerger des règles européennes défavorables au nucléaire et nous jeter dans les bras des russes ?
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Clouer Royal au pilori ne nous aidera que peu à mieux réfléchir à l'avenir. Plus que des noms, notre premier objet d'attention doit être l'adéquation entre processus de décision et problème à traiter. Ce sont les mécanismes structurels à l'oeuvre (cadre de marché, partage des faits, horizon temporel de l'action), qu'il faut examiner et éventuellement corriger. C'est moins spectaculaire que de conspuer un individu (même peu sympathique), mais bien plus fondamental.
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date: '2022-12-10T18:36:05'
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li-id: 7007412643036545024
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20.000 personnes dans 30 pays : tel est l'échantillon dont Ipsos a sondé début septembre les coeurs et les reins pour avoir des avis sur un certain nombre de sujets concernant l'environnement et l'énergie.
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Le rapport complet propose 100 pages de tableaux de chiffres : https://bit.ly/3W8qaB0 Idéalement il faut tout lire (et ne pas juste lire les enseignements - disponibles sur https://bit.ly/3HqkBKn) pour se faire sa propre idée.
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L'environnement c'est important, mais la hausse du cout de la vie l'est un peu plus dans tous les pays... sauf un : l'Inde, où la hiérarchie est inverse.
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La Chine est le pays où il y a le plus fort taux de répondants considérant que la situation environnementale y est bonne ou très bonne (chacun peut voir midi à sa porte !). La Corée du Sud et l'Espagne sont les pays de l'autre extrémité du spectre.
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Le pays le plus climatosceptique de l'échantillon est l'Arabie Saoudite, suivie juste après par les USA puis la Russie. En Europe c'est la Norvège. Il y aurait comme un lien entre le climatoscepticisme et l'importance des hydrocarbures dans l'économie domestique :) (en Norvège il y a en plus une majorité qui considère que le réchauffement est globalement neutre ou positif pour le pays).
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Sur un sujet qui concerne plus directement EDF, dans l'essentiel des pays sondés le nucléaire est majoritairement vu comme une source significative de gaz à effet de serre (alors que pour l'agriculture ou le digital seule une minorité l'affirme), ce qui n'empêche pas le soutien (dans une autre question) du remplacement des centrales à combustibles fossiles par du nucléaire !
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Les brésiliens et indonésiens préfèrent même le charbon au nucléaire, et préfèrent remplacer le charbon par du gaz plutôt que par du nucléaire. Ils sont loin de Poutine ! Les chinois sont les plus favorables au nucléaire et les colombiens le moins. Toutes les populations sont favorables au solaire et à l'éolien.
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Ce sont les japonais les plus sévères avec leurs responsables politiques (qui sont vus comme très peu actifs) et les chinois les plus laudatifs. C'est aussi en Chine qu'il y a la plus grande fraction de la population qui considère que leur pays est dans le peloton de tête des efforts contre le changement climatique.
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Ce sont les turcs les plus nombreux à vouloir que l'on privilégie l'environnement sur la croissance (65% vs 25%). Mais ce sont les chinois les plus persuadés que leur pays va donner la priorité à l'environnement dans un avenir proche même si cela nuit à la croissance !
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A la fin de l'enquête sont testées les acceptabilités d'un certain nombre de mesures. Sans grande surprise, tout ce qui est taxes et limitations est bien moins accepté que le développement (gratuit on suppose !) des énergies bas carbone (y compris le nucléaire).
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Evidemment on sort de cette avalanche de chiffres en voyant bien des contradictions dans les réponses. Mais on y voir aussi des indications utiles pour que certaines actions de sobriété soient d'ores et déjà menées.
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date: '2022-12-09T09:13:37'
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title: CHANGE_ME 65
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Depuis sa création, Carbone 4 s'est historiquement intéressé au carbone fossile, celui des combustibles éponymes. Mais il y a aussi du carbone "vivant" : la biodiversité. Nous avons décidé, il y a un peu plus d'un an, de nous lancer aussi dans cette direction là.
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Pour chaque nouveau domaine ou secteur, notre manière de faire est toujours la même : nous commençons par nous creuser un peu la cervelle pour savoir ce que nous pourrions apporter d'utile et de nouveau en matière de méthodes. Et la méthode qui découle de notre réflexion est généralement rendue disponible en accès libre.
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La comptabilité carbone pratiquée par Carbone 4 est ainsi venue après la création du Bilan Carbone. Notre approche de la neutralité après la mise au point de Net Zero Initiative (https://bit.ly/3uAeYl1 ). Les études de résilience d'une activité face aux risques physiques du changement climatique après la mise au point d'Ocara (https://bit.ly/3W6LpTI ). La notation carbone d'une entreprise après la mise au point de CIA (https://bit.ly/3FCFIYh ) et de CRIS (https://bit.ly/3F7CTNq). L'alignement (= la "compatibilité") d'une infrastructure avec une trajectoire 2°C sur les émissions après la mise au point de CIARA (https://lnkd.in/dAMBzut).
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Et, dans cette même veine, nos premiers pas dans la biodiversité ont concerné la création de méthodes dont nous espérons qu'elles "amènent quelque chose" à la prise en compte de ces enjeux dans l'activité économique.
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La première brique a été Biodiversity Impact Analytics (https://bit.ly/3iMwdwQ ), développé en partenariat avec la CDC Biodiversité, et qui permet de "noter" les titres (actions ou obligations) d'une entreprise (c'est donc une méthode destinée au secteur financier).
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Nous venons d'en publier une deuxième, portant sur des "certificats biodiversité". De quoi s'agit-il ? De fournir une réponse à la question suivante : comment compter le bénéfice associé à une action qui vise à restaurer de la biodiversité, ou à empêcher sa dégradation ? En effet, si l'on veut attirer des moyens dans la préservation ou la restauration de la biodiversité, il faut pouvoir comparer des alternatives entre elles pour savoir où ces moyens seront le plus utiles. Mais cela soulève de multiples questions.
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Comment évaluer des gains biodiversité alors que la nature est souvent considérée comme étant trop complexe pour être mesurée ? Peut-on développer une méthodologie universelle, robuste et facile à mettre en œuvre sur le terrain ? Comment dépasser la logique de compensation, dont on a vu les effets pervers en matière de climat ? Quelle doit être la place des certificats dans la stratégie biodiversité des entreprises ?
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Carbone 4 et le Muséum national d'Histoire Naturelle ont conçu un cadre méthodologique pour tenter de répondre à ces questions, que nous proposons aux personnes intéressées de découvrir et de commenter. Ce n'est bien évidemment qu'une première étape, mais il faut bien commencer un jour !
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date: '2022-12-08T07:50:17'
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title: CHANGE_ME 66
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On n'en attendait pas moins de la société qui "héberge" l'un des auteurs de la commission qui a fixé une trajectoire de prix pour la "valeur tutélaire du carbone" (Alain Quinet) : la SNCF a annoncé qu'elle allait introduire un "prix du carbone" dans ses achats.
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Le mécanisme précis n'est pas détaillé dans cet article de Novethic (et pas plus dans les autres articles qui sont disponibles dans l'espace public), mais, "vu de Mars" (pardon Elon, on t'emprunte ta future résidence secondaire), j'imagine qu'il s'agit de recalculer des prix en ajoutant à l'offre en euros un montant correspondant au contenu carbone de l'offre (fourni ou déduit du bilan carbone du fournisseur) multiplié par le prix de la tonne de carbone (si ce n'est pas ce mécanisme, il serait intéressant que Mikaël Lemarchand précise en commentaire quelle procédure sera utilisée).
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Dans le monde des sociétés marchandes, seule la contrainte fait avancer les entreprises commerciales à la bonne vitesse. La contrainte peut venir de la réglementation, des clients, des ressources humaines (les "ressources rares" qui ont le choix de leur employeur orientent un peu l'action de ces derniers)...
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Que le client mette une haie à franchir qui s'appelle le carbone va donc dans le bon sens. Accessoirement une partie des fournisseurs de la SNCF sont des sociétés importantes (de travaux publics, de matériel roulant ou fixe, etc) qui seront soumises à l'obligation de publier un bilan carbone au titre de la nouvelle réglementation européenne CSRD.
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Une des "conditions aux limites" qui fera de ce genre de mesure un accélérateur de la décarbonation s'appelle la formation. En effet, seule la formation large des salariés permet de décentraliser l'action et l'initiative de terrain après avoir annoncé une intention : sans cela, il faut garder une fonction centralisée de décision et de contrôle qui gère quasi-exclusivement le sujet et impose les résultats aux autres entités de l'entreprise, où il n'y aura alors que peu de capacité d'initiative ou de motivation (voire une franche résistance !).
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La formation n'est évidemment jamais suffisante. Mais c'est une condition nécessaire pour que les "décisions intelligentes" (et mettre le carbone dans la relation client-fournisseur en est une) produisent leurs pleins effets.
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date: '2022-12-07T11:57:17'
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title: CHANGE_ME 67
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Quand bien même il n'y aurait pas eu de guerre en Ukraine, notre continent allait de toute façon devoir faire face à une baisse "physique" de la possibilité d'importer du gaz à l'avenir. Bien évidemment, nos démêlés avec un pays qui fournissait, avant conflit, 40% du gaz consommé dans l'Union, agissent comme un accélérateur, mais le coup était parti.
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Telle est la conclusion à laquelle nous parvenons au Shift Project, à l'issue d'une analyse portant sur les possibilités d'approvisionnement en gaz de l'Union Européenne sous seule contrainte géologico-technique (on ne prend donc en considération comme facteurs limitants que le contenu des gisements et la capacité à faire des infrastructures d'extraction et de transport) : https://bit.ly/3HhowJ7
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Ce travail - soutenu financièrement par le Ministère des Armées, RTE et le BRGM - a été mené avec comme matière première l'inventaire de la totalité des gisements mondiaux (y compris ceux restant à découvrir) fourni par Rystad Energy, ainsi que les les perspectives de production par gisement, ou encore les contrats déjà passés en GNL pour chaque pays importateur et chaque pays producteur.
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Le graphique ci-dessous résume notre analyse. Il fournit les divers approvisionnements identifiés (via gazoducs ou via contrats pour le GNL) pour l'Europe, ainsi que divers niveaux de consommation possibles :
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- la courbe orange est du "tendanciel avec économies"
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- la croix jaune est le point d'arrivée en 2030 dans le scénario "Fit for 55"
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- la croix rouge est le point d'arrivée dans "Repower EU" (https://bit.ly/3VUBy3s )
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On voit facilement que la situation que nous allons vivre cette hiver ne devrait pas être suivie d'un "retour à la normale" sur les approvisionnements (et il se discute de savoir ce qu'est "la normale" quand la consommation de gaz devrait de toute façon baisser très rapidement pour des raisons de climat !).
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Pour remplacer les importations qui n'ont plus lieu par gazoduc il faut recourir au GNL, sur lequel nous sommes en concurrence croissante avec les pays asiatiques, et il n'y en aura pas pour tout le monde. En outre le pic mondial sur la production gazière (sous seule contrainte géologique) est attendu aux alentours de 2030 avec les données fournies par Rystad.
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Climat ou pas, Ukraine ou pas, le coup était aussi parti sur le pétrole (https://bit.ly/3F7Ty3y ). Rappelons que le charbon est aussi en baisse subie depuis les années 1950 (car les mines européennes sont de plus en plus vides et le commerce international de ce pondéreux solide n'est pas si simple).
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Quand bien même nous ne voudrions pas faire d'efforts parce que l'UE ce n'est que 10% des émissions, que les américains ont une empreinte carbone individuelle 2 fois plus élevée que la nôtre, etc, nous allons devoir décarboner de toute façon. Il est plus qu'urgent de comprendre que nous sommes au début d'une évolution structurelle, et pas dans un accident de parcours.
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date: '2022-12-06T09:29:40'
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title: CHANGE_ME 68
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Alors même que l'Etat français souhaite accélérer sur les énergies renouvelables (dont l'éolien et le solaire pour une large part), le contexte international fait ce qu'il peut pour contrarier ce plan, en renchérissant fortement le cout des matières premières nécessaires.
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La raison ? C'est "l'imbrication des énergies", évoquée par Jean-Baptiste Fressoz dans cette vidéo (et dans d'autres) qui date d'il y a quelques mois : https://lnkd.in/eWKNDxK9
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Aujourd'hui, toutes les énergies sont imbriquées les unes dans les autres. Il faut du charbon pour la métallurgie, du pétrole pour la chimie organique et les transports, et du gaz pour l'industrie et l'électricité, et sans ces énergies fossiles l'industrie mondialisée est moins disponible, et donc le prix de n'importe quoi augmente... y compris celui des dispositifs de production à base de vent et de soleil (et aussi le cout des composants pour le nucléaire, bien sûr !).
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Les scénarios énergétiques que nous avons discutés ces dernières années ignorent cette éventualité. Ils supposent que dans un monde se heurtant aux limites physiques nous conservons un cadre tranquille, sans accidents, sans pénuries de matières premières, et sans disruptions des chaines mondialisées qui permettent de s'approvisionner en tout et n'importe quoi à prix sans cesse en baisse.
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Il y a donc une contradiction interne qui commence à devenir visible : ces scénarios supposent de garder le bénéfice des combustibles fossiles (la formidable "productivité" de l'économie) tout en se débarrassant de ces mêmes combustibles. La traduction économique est des prix supposés rester bas pour les dispositifs ENR alors même que ces ENR bénéficient de la productivité fossile.
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RTE a annoncé publiquement il y a quelques mois avoir mis en chantier une variante de ses scénarios appelée "mondialisation contrariée". Il est pertinent de penser les options possibles dans un monde où se procurer tout ce qui est lointain devient de plus en plus difficile, et où la productivité du travail (qui vient avant tout des machines, lesquelles sont avant tout nourries à l'énergie fossile, et qui sont pour une large part situées à l'extérieur du pays) est structurellement orientée à la baisse et non à la hausse.
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Pour désagréable que soit peut-être un exercice de pensée consistant à imaginer que tout puisse aller de travers, il correspond à une évolution possible du monde (car gouverner c'est prévoir !). Il y a fort à parier que dans un tel cadre :
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- aucune option n'apparait comme sans risque (le risque premier étant de ne "pas y arriver" et donc d'avoir des pénuries électriques chroniques, et les impacts sur le fonctionnement du pays qui vont avec)
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- la hiérarchie des options sera bien plus différenciée que dans le monde "en croissance verte" de tous les scénarios déjà publiés (y compris ceux de l'Ademe).
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Nous n'avons qu'un seul essai pour bâtir le système énergétique décarboné de 2100. Se tromper de plan est pour partie non rattrapable.
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date: '2022-12-05T18:46:07'
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li-id: 7005603227807186944
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title: CHANGE_ME 69
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Il aura fallu la menace de délestages en janvier pour que le pays se rappelle que toute notre société moderne repose sur l'électricité. De fait, sans électricité, comment faire pour passer un coup de fil, accueillir les élèves à l'école, conserver le lait au frais, maintenir une ligne de production, faire un retrait d'argent ou un virement, monter dans l'ascenseur, travailler n'importe où après la tombée du jour ou dans un local sans fenêtres, faire ses courses dans une grande surface (qui a besoin de lumière car il s'agit généralement d'un local borgne, et besoin de caisses enregistreuses), s'informer, ou faire avancer un train ? Il faut des électrons pour tout et partout aujourd'hui, y compris... pour apprendre qu'il n'y en aura peut-être pas demain !
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Ce qui se discute actuellement, cependant, n'est pas comparable à ce qui se passe dans Ravage de Barjavel (un roman basé sur la disparition instantanée de l'électricité dans une civilisation "avancée", avec retour à la barbarie) : il est juste question de possibles délestages de 2 heures, avec un seul délestage par client pour l'ensemble de l'hiver.
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Mais à quelque chose malheur est bon : espérons que cet épisode, qui nous fait toucher du doigt que le risque d'un défaut d'électricité par manque de moyens de production est possible, va nous inciter (et inciter les politiques) à consacrer plus de temps et d'intelligence à bien peser les risques dans le choix d'un scénario électrique pour l'avenir.
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Actuellement, nous voyons un peu la trace des choix faits dans le passé (pas que, il y a aussi le nucléaire en réparation ou maintenance en France) : capacités nucléaires délibérément abandonnées (Allemagne, en Belgique et en France), moindre disponibilité du gaz qui devait "assurer la transition", modes intermittents qui ne sont pas complétés par du stockage.
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La conséquence est "juste" un recours accru au charbon alors que le plan était de s'en passer (les émissions instantanées de l'électricité sont assez élevées à l'heure où je tape ces lignes : https://lnkd.in/eRvA7w-a ), et éventuellement un risque de quelques coupures courtes.
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Mais le système peut parfaitement devenir bien plus instable. Il suffit pour cela qu'il y ait de moins en moins de gaz à l'avenir (rendez vous demain soir pour le savoir ! https://bit.ly/3h23tja ), pas plus de nucléaire (ce qui sera le cas pour les 10 à 15 ans à venir), pas beaucoup de capacités de stockage saisonnier (sans lesquels une hausse de l'éolien et du solaire ne contribuent que très peu à la sécurité d'approvisionnement), et pas plus - voire moins - de charbon.
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Dans nos débats sur l'avenir électrique, nous avons souvent considéré que le risque majeur était celui lié à un mode de production (le nucléaire). En fait, il est d'abord de se retrouver avec un système sur lequel on ne peut plus compter en toutes circonstances. En pareil cas il n'y a plus de sortie facile à brève échéance.
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date: '2022-12-04T18:39:17'
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li-id: 7005239120478224384
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title: CHANGE_ME 70
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La biomasse est-elle "neutre en carbone" ? Dit autrement, lorsque l'on utilise de la biomasse (du bois bûche, des granulés de bois, du biogaz, un "biocarburant"), peut-on compter pour zéro les émissions de CO2 issues de la combustion du carbone organique contenu dans les végétaux utilisés ?
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Oui disent généralement les inventaires d'émission (dont le bilan carbone). Oui, dit actuellement la réglementation européenne ou française. Certes il faut compter le carbone fossile utilisé pendant le procédé de transformation qui va de la plante jusqu'au vecteur énergétique qui sera utilisé (par exemple pour de l'éthanol qui remplace de l'essence, il faut compter le carburant et la fabrication du tracteur, la distillation du "jus" obtenu après fermentation des betteraves ou du maïs, et encore quelques bricoles), mais le carbone qui était contenu dans la plante, non.
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Ca se discute, explique un "commentaire" paru dans Nature (un "commentaire" est un article qui ne donne pas lieu à un processus de revue par les pairs, la rédaction de la revue décidant seule si elle le prend ou pas). Car si l'on regarde au plan mondial, il y a de la déforestation nette pour obtenir de nouvelles surfaces agricoles.
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Si l'Europe rajoute des cultures énergétiques en plus des cultures alimentaires, il faut disposer de plus de surface au total. Soit l'Europe déforeste chez elle, soit elle importe directement de la biomasse énergétique, et alors elle va accroître encore plus la déforestation à l'extérieur, par effet de domino si ce n'est en direct.
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Si la population de l'Europe continue d'augmenter un peu, et que les régimes alimentaires ne changent pas, le recours accru à la biomasse est donc assuré d'engendrer plus de déforestation de manière globale.
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Incidemment, les auteurs ont postulé - de manière surprenante puisque le GIEC souligne abondamment le risque d'un stress accru sur les rendements agricoles - sur une augmentation à l'avenir des rendements des cultures. Si l'on enlève cette hypothèse optimiste, la conclusion est encore plus nette.
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Il y a 20 ans, nous aurions pu choisir d'économiser du gaz et du pétrole essentiellement par une baisse de la consommation (consommation des véhicules neufs baissant bien plus vite, trafic aérien limité en volume, rénovation plus vigoureuse des bâtiments), ce qui aurait permis de diminuer la quantité de pétrole et de gaz utilisés sans avoir besoin de compenser par la biomasse.
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Et aujourd'hui ? L'option nucléaire en plus comme l'option électricité ENR en plus prenant des décennies pour des quantités significatives, et la rotation du parc (de voitures, de bâtiments rénovés) étant lente, si nous voulons faire manger de la biomasse à nos voitures et nos bâtiments existants, il faut en manger moins nous-mêmes, sauf à sacrifier un peu plus la biodiversité. Il n'y a qu'un sol !
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date: '2022-12-03T10:23:55'
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li-id: 7004752069165203457
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title: CHANGE_ME 71
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Aurons nous du gaz cet hiver ? Derrière cette question s'en cache une autre, qui est la même mais à des horizons de temps plus éloignés : aurons nous du gaz les hivers d'après ? The Shift Project vous propose d'assister, le 6 décembre prochain à 18h, à la présentation d'un travail qui a été mené par notre association et qui permet entre autres de disserter sur cette question.
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Plus précisément, nous fournirons notre analyse sur les possibilités "physiques" maximales (donc avec pour seules limites les capacités de production contraintes par la seule géologie, et les capacités de transport déployables à l'avenir) d'approvisionnement en gaz de l'Union Européenne d'ici à 2050.
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Nous avons utilisé la même méthode que celle qui avait été suivie pour les perspectives d'approvisionnement en pétrole dans l'Union Européenne d'ici à 2050 (https://lnkd.in/dwPcgve ). Nous avions alors eu accès à une base de données (non publique) recensant l'intégralité des gisements pétroliers dans le monde, exploités ou non, incluant les gisements restants à découvrir (en volume), et des experts du secteur (mentionnés en tête du rapport) en ont déduit, après analyse, la production maximale possible d'ici à 2050, sous seule contrainte géologique, des 16 premiers pays fournissant l'Europe (qui sont aussi les 16 premiers producteurs mondiaux, hors Brésil et Canada).
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Nous avons reproduit la même démarche avec les gisements de gaz. Incidemment ces derniers sont pour partie aussi ceux fournissant du pétrole, puisqu'une partie du gaz produit dans le monde est issu de gisements mixtes (contenant du pétrole et du gaz).
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Ce travail - inédit en France dans l'espace public - a fait l'objet d'un financement spécifique de RTE (rappelons que 20% environ de l'électricité européenne était produite avec du gaz en 2021), de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) du Ministère des Armées, et du BRGM, le service géologique national (https://lnkd.in/etMp4BRp).
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C'est donc Mardi prochain que vous pourrez "venir au résultat". Sans divulgâcher le résultat, comme disent nos amis québecois, et sans mauvais jeu de mots, vous découvrirez en quoi, après le pétrole (dont le flux entrant en Europe devrait baisser de manière massive d'ici à 2050 même si la question climatique n'est pas gérée), ca risque aussi d'être chaud pour le gaz...
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Inscription gratuite à partir de la page en lien dans l'image. Si vous êtes journaliste, une conférence de presse aura lieu le même jour à 9h30 (détails d'inscription sur la même page). A vos cols roulés !
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date: '2022-12-02T08:42:27'
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title: CHANGE_ME 72
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"Ile ne passera pas l'hiver" : cette vieille maxime rappelle que le froid tue. Il tue en direct car il augmente les risques cardiovasculaires (le froid stresse un peu le système circulatoire), et en indirect car il favorise la survie des virus pendant leur séjour dans l'air, et nous rassemble dans des intérieurs peu ventilés où la contamination est plus rapide (c'est pour ces deux raisons que les épidémies de grippe ont lieu l'hiver).
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Chez les êtres humains, une saison hivernale plus froide tue donc un peu plus (ce n'est pas le cas pour nombre de végétaux des moyennes latitudes, où un hiver trop doux n'élimine pas les ravageurs). En Europe, cet effet de surmortalité hivernale est d'autant plus prononcé que la température moyenne du pays est élevée. Un hiver "plus froid que la normale" fait donc plus de morts au Portugal qu'en Finlande, parce que dans les pays du Nord les infrastructures sont conçues "à la base" pour protéger les gens du froid alors que ce n'est pas autant le cas au sud.
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Par ailleurs, quand les prix de l'énergie sont élevés, les gens se chauffent moins, et cela fait des morts en plus. Cet effet avait déjà été constaté au Japon suite à Fukushima, et avec l'envolée des prix du gaz et de l'électricité sur notre continent, il va malheureusement aussi s'appliquer l'hiver prochain (et possiblement les hivers d'après, car nous n'avons pas fini d'avoir des sujets avec l'approvisionnement en gaz sur notre continent : https://lnkd.in/dmPNvP3V ).
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The Economist a ainsi fait des simulations sur le nombre de morts que la guerre en Ukraine allait provoquer avec cet effet de hausse des prix. La conclusion est que les morts par défaut de chauffage seront plus nombreux que ceux directement liés au conflit. Mais évidemment ce ne sont pas les mêmes : sans que ce constat ne porte en quoi que ce soit un jugement de valeur, la guerre tue surtout des gens jeunes et "bien portants", le froid surtout des gens âgés et/ou déjà en mauvaise condition sanitaire.
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Ce serait en Italie que cet effet serait le plus ample, et en France et en Espagne le moins.
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Cet épisode rappelle qu'il y a une différence importante entre la sobriété et la pauvreté : les deux vont avec une baisse de l'énergie utilisée parce que nous nous passons de services auparavant utilisés (par exemple des mètres carrés chauffés), mais dans le premier cas c'est désiré et planifié (par exemple on optimise l'occupation des bâtiments existants en diminuant l'énergie pour chauffer ou refroidir le parc, mais sans diminuer le confort thermique des occupants), ce qui minimise les conséquences désagréables ; dans le second c'est subi alors que nous n'avions rien demandé, et fatalement ca se passe moins bien.
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