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title: CHANGE_ME 402
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Dans le cadre de la reprise quotidienne de propositions du Plan de Transformation de l'Economie Française, le site des Echos évoque aujourd'hui le numérique.
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L'occasion de rappeler que l'apparition du digital n'a pas permis de faire reculer les émissions planétaires, qui ont continué à croître comme avant après qu'aient été créés Internet, les vidéos en ligne et les univers "virtuels".
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Dans une vidéo disponible sur la page, Maxime Efoui-Hess, qui a largement contribué aux travaux du Shift Project sur le numérique, rappelle les enjeux et surtout plaide pour que le déploiement du numérique se fasse désormais avec une gouvernance modifiée, pour que la société n'ait pas en permanence un train de retard sur les concepteurs de dispositifs techniques.
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De fait, tant que nous sommes (collectivement) passifs et que la société ne donne pas de limite aux fournisseurs de matériels et de services, leur logique intrinsèque sera toujours d'essayer d'empiler (sans gain) et non de substituer.
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date: '2022-01-31T08:17:02'
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title: CHANGE_ME 403
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Il est question d'un tiers des émissions humaines de gaz à effet de serre quand on parle d'agriculture. Cela valait donc la peine d'en faire 4 minutes d'antenne, pour rappeler les processus qui sont en jeu, et qui ne sont pas concernés (ou très peu) par la "transition énergétique".
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A la différence des combustibles fossiles, où il est possible de "monter très haut" dans l'empreinte carbone d'un individu s'il lui prend l'envie de se doter de gadgets particulièrement énergivores (un palace de milliers de m2 chauffé au fioul ou climatisé à l'électricité au charbon, une fusée pour aller faire joujou à quelques dizaines de km de la terre, un gros Airbus transformé en avion privé...), les émissions par personne pour l'alimentation peuvent moins facilement monter jusqu'au ciel (sans mauvais jeu de mots), car, comme le disait Dassault, "on ne peut pas manger 6 poulets par jour".
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Riche ou pauvre, la taille de l'estomac est à peu près la même, et le métabolisme de base d'un individu aussi. Ce qui fait beaucoup varier l'empreinte carbone de l'alimentation, c'est la part de viande et de produits animaux, qu'il est donc sage de baisser significativement si nous voulons limiter la pression sur l'environnement.
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La "mauvaise nouvelle" est donc que les émissions dans ce secteur sont plus dépendantes de la taille de la population que celles liées aux combustibles fossiles. La "moins mauvaise", cependant, est que le méthane, un des deux gaz à effet de serre qui dominent dans le secteur agricole (l'autre est le protoxyde d'azote), est le seul qui s'épure dans l'atmosphère par un processus chimique. L'effet sur le réchauffement - ou plus exactement son ralentissement - est donc bien plus rapide quand on baisse les émissions de méthane que lorsque nous baissons les émissions de CO2.
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Rappelons qu'il y a 1,5 milliards de bovins sur terre et que, selon les pays, 50% à 80% de la surface agricole (pâturages inclus) sert à nourrir des animaux : diminuer les tailles de cheptel est donc une marge de manoeuvre importante pour baisser la pression environnementale, qu'il s'agisse de climat ou de biodiversité.
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date: '2022-01-30T15:56:12'
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title: CHANGE_ME 404
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Il nous faut un plan (dans les infrastructures essentielles) : c'est en gros le message de cette chronique d'Eric Le Boucher parue Vendredi dernier dans Les Echos.
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L'auteur fut pendant longtemps un grand défenseur d'une version très "libérale" de l'économie. Il est donc d'autant plus intéressant de noter que dans ce texte il conclut que cela ne fonctionne pas pour certains services essentiels.
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On pourrait se dire que c'est évident que cela ne marche pas et qu'il faut procéder autrement. Mais cette évidence n'est toujours pas parvenue aux oreilles de la DG Concurrence à la Commission qui, pour les échos (sans mauvais jeu de mots) que j'en ai, continue à penser que c'est la bonne direction à prendre.
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Il y a en effet une partie des régulateurs de l'économie pour lesquels un système qui ne fonctionne pas n'est pas une preuve que la théorie n'est pas fondée, mais juste une preuve du fait qu'elle est mal appliquée. Et puis, comme toujours à la Commission, les intérêts nationaux (dont ceux des pays antinucléaires) sont ravis que le cadre "casse" (avec la complicité active des opposants français au nucléaire) un système nucléaire intégré français qui était en pratique supérieur aux autres.
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Nous avons le choix : attendre je ne sais quel miracle qui remettra le système d'aplomb à l'avenir, en imaginant que l'on aura toujours un EDF sectoriel à qui faire les poches en cas d'incendie (ce qui est évidemment un leurre). Ou bien, comme le suggère opportunément Eric Le Boucher, repartir des objectifs et repenser le système en conséquence.
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La deuxième option suppose de sortir de notre adoration pour le "Dieu Marché" (voir à ce propos https://lnkd.in/d-vx4tP ) et de réfléchir à la manière de renationaliser peu ou prou la colonne vertébrale du système. Dépêchons nous de le faire pendant que nous en avons encore la possibilité.
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date: '2022-01-29T17:27:15'
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title: CHANGE_ME 405
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Au tour de France Inter dans le "parcours médiatique" associé au plan de transformation de l'économie française : j'ai été (pas méchamment) "passé sur le gril" du "Grand Face à Face" à l'occasion de la sortie du livre qui résume ce plan.
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L'émission étant en 2 parties, celle qui me concerne (enfin concerne surtout le PTEF !) démarre à 22 minutes et 22 secondes.
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Bonne audition ! (c'est juste du son et plus ne serait pas nécessaire)
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date: '2022-01-28T07:36:28'
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title: CHANGE_ME 406
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A l'occasion de la sortie du livre qui le résume, le plan de transformation de l'économie française (dit PTEF) du Shift Project était hier matin sur France Culture, sous la forme d'une invitation de votre serviteur dans la matinale de Guillaume Erner.
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Autant le dire tout de suite : l'illustration ci-dessous est un peu trompeuse puisque, probablement pour compenser la première fois où nous étions ensemble dans le même studio de la même radio, il n'a été question de nucléaire que quelques très courts instants et tout à la fin de l'émission :)
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Par contre, nous avons parlé rôle de l'énergie dans le monde, décarbonation de l'agriculture, hausse du prix des carburants et de l'électricité, ampleur du défi climatique, nécessité d'un plan cohérent ; bref en l'espace de 40 minutes nous avons fait un tour d'horizon nécessairement partiel par rapport à la complexité du sujet, mais dans un temps limité (même si 40 minutes c'est très très long à la radio !) il n'est évidemment pas possible de parler de tout.
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Le Monde sans Fin a aussi été évoqué, ce qui est assez logique puisque, "vu du profane", les deux ouvrages se complètent : la BD pose le cadre puis le défi, et le PTEF propose la manière de s'y attaquer.
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date: '2022-01-27T09:58:46'
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title: CHANGE_ME 407
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Il n'était que temps (et ce n'était que justice) : pour une fois c'est Christophe Blain qui est à l'honneur dans un sujet médiatique sur Le Monde sans Fin, dans ce reportage de France Info sur la BD "d'actualité".
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Le lecteur interrogé dit exactement ce que nous avions en tête en faisant cet ouvrage (désormais de nouveau disponible !) : que c'est "plus pédagogique" qu'un essai ordinaire, et du reste le nombre d'exemplaires déjà mis en circulation ne lui donne pas tort, puisqu'un "essai qui marche très bien" avec "juste du texte" diffuse plutôt à 50.000 exemplaires.
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Cet ouvrage reste très complémentaire du "plan de transformation de l'économie française" qui vient de sortir chez Odile Jacob (https://lnkd.in/ekHwBzqi ). L'idéal est de lire la BD puis le plan !
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date: '2022-01-26T06:59:04'
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title: CHANGE_ME 408
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Au moment du premier confinement du au covid, en mars 2020, The Shift Project a fait le constat que, en cas d'imprévu significatif, il n'tait pas possible au gouvernement d'en profiter pour faire repartir l'activité du pays sur des bases beaucoup plus "décarbonantes", parce que le jeu de mesures opérationnelles permettant de le faire n'existait pas.
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Nous nous sommes alors lancés dans une aventure qui est celle de beaucoup d'entrepreneurs : concevoir le produit que nous aurions aimé trouver sur étagères à ce moment là, à savoir un plan opérationnel complet permettant de cadrer et enclencher une décarbonation systémique et cohérente de notre économie.
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Et, plus précisément, l'enjeu était de proposer au/à la prochain(e) locataire de l'Elysée les mesures à prendre pour que, à la fin de son mandat, les émissions du pays (et son empreinte carbone) aient baissé d'environ 25%, c'est-à-dire en ligne avec le rythme de baisse qui est "physiquement" demandé par l'accord de Paris.
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Après 2 ans de travail ayant mobilisé des centaines de personnes, cela prend forme. Plus exactement cela prend la forme d'un ouvrage publié chez Odile Jacob (https://lnkd.in/ekHwBzqi ), et d'un site web intitulé "il nous faut un plan" (https://lnkd.in/esiqHkbf ) reprenant toutes les propositions mais aussi des éléments additionnels, comme des interviews vidéo des chefs de projet ou des infographies que nous espérons didactiques.
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Les Echos ont accepté de reprendre, dans la rubrique idées, les "bonnes feuilles" de notre livre pour nous aider à mettre nos propositions en avant : https://lnkd.in/eeAuS8hn Cette reprise s'étalera sur plusieurs jours, avec un thème par jour.
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Nos propositions ne sont probablement pas parfaites, mais représentent tout aussi probablement le travail le plus exhaustif réalisé à ce jour dans notre pays (et probablement ailleurs, puisque nous avons déjà des demandes de pays étrangers pour reproduire la méthode) sur les mesures opérationnelles permettant la décarbonation du pays tout en préservant l'emploi. Nous souhaitons donc que tous les décideurs économiques, syndicaux et et politiques en prennent connaissance, et nous serons heureux de répondre à leurs questions.
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Je rappelle qu'un événement de présentation en ligne aura lieu le 7 février prochain ; inscriptions et renseignements sur https://lnkd.in/e8m9JS_S
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Bonne lecture !
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date: '2022-01-25T07:33:57'
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title: CHANGE_ME 409
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Après le gaz, après l'électricité, (re)voici les carburants !
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Dès la crise du covid, ce qui est en train de se passer était pour partie écrit. Reprenons : début 2020, la demande de pétrole plonge. Du coup les prix aussi. Conséquence, les investissements dans l'exploration-production pétrolière (et gazière, c'est la même) sont divisés par 2. Conséquence un peu plus tard : la production d'or noir n'arrive pas à suivre le regain de la demande, et les prix augmentent.
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Pour autant, un baril à 85 dollars - c'est haut mais loin du maximum à 130 en moyenne sur 2011 - ne suffit pas à expliquer que le prix à la pompe atteigne des records. Deux autres éléments ont contribué :
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- l'euro a eu tendance à s'affaiblir face au dollar. Cela renchérit les importations de pétrole (qui s'achète en dollars) à cout du baril constant,
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- la fiscalité spécifique sur les carburants a augmenté, en particulier celle sur le gazole qui a cru de 50% environ de 2014 à 2018, dans le cadre d'un rattrapage essence-gazole.
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Notons qu'une partie des taxes spécifiques sur les carburants finance de manière affectée le développement des ENR électriques, qui ne contribuent pourtant pas directement à diminuer la dépendance aux carburants (il eut été plus pertinent, peut-être, de financer le développement du vélo ou des pompes à chaleur - qui n'évitent pas de carburant mais évitent du fioul - avec le même argent...).
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Si les carburants sont trop chers à cause du prix du pétrole, à bref délai nous ne pouvons rien faire d'autre que subir. De même, le taux de change euro-dollar n'est pas tellement modifiable par le gouvernement français au moment où le pétrole vaut trop cher.
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Enfin dans le domaine du pétrole il n'y a pas de société publique dont le gouvernement puisse faire les poches, comme cela vient d'être le cas avec EDF.
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Ne reste donc qu'une baisse de la fiscalité. Mais la TICPE est devenue un impôt de rendement, c'est-à-dire qu'elle est structurellement nécessaire à l'équilibre des finances publiques. Tout baisse, même modeste, se chiffre immédiatement en beaucoup de milliards en moins. Notons au passage que cela signifie que la suppression des combustibles fossiles dans les transports obligera l'Etat à trouver d'autres impôts en remplacement, et pas pour 3 centimes. C'est un des inconvénients d'une fiscalité dissuasive (la taxe carbone) quand son produit devient nécessaire au budget : faire disparaître la nuisance pose un problème aux finances publiques !
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En outre, une telle baisse (de la fiscalité) fait désordre face à un discours de "neutralité carbone" dont la traduction en actes est déjà faiblarde.
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Nous sommes donc un peu coincés. Comme pour l'électricité et le gaz, ce n'est pas au moment où se déclare l'incendie que l'on construit le plan d'évacuation. Ce dernier demande... un plan, et des décennies d'efforts continus ensuite. A défaut, la baisse subie de la production de pétrole engendrera de plus en plus d'épisodes de cette nature, sans remède évident à court terme.
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date: '2022-01-24T07:55:56'
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title: CHANGE_ME 410
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Une fois n'est pas coutume : Le Monde publie un long article sur l'énergie... où il n'est pas question de nucléaire ni d'éolien. Il y est question uniquement de pétrole, dont le quotidien rappelle, à raison, qu'il reste la première source de "croquettes pour machines" (ou plutôt de bibine pour machines !) sur la planète Terre.
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Cet article cite explicitement le "rapport de l'AIE" (en fait le World Energy Outlook) de 2008 qui indiquait que le pic de production du pétrole conventionnel a été franchi en 2008, ceci expliquant peut-être cela, à savoir que certains pays de l'OPEP n'arrivent plus, dès à présent, à produire au niveau de leur quota, et que le prix de l'or noir va désormais se mettre à "faire n'importe quoi" de plus en plus souvent.
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Cet article rappelle aussi que, outre qu'il représente l'énergie la plus commode à utiliser (dense par unité de volume et liquide), le pétrole est aussi une matière première que l'on va retrouver dans une quantité considérable d'objets du quotidien, du plastique des ustensiles de cuisine à celui des châssis de fenêtre, des gaines de câbles électriques aux chaussures de sport et aux brosses à dent, des capots de tondeuse aux cosmétiques et au bitume des routes, des pales d'éoliennes aux montures de lunettes et aux bougies pour souper en amoureux....
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Par quoi le remplacer ? Par de l'électricité dans la mobilité, certes, mais avec la quantité de moteurs à explosion que nous avons en circulation (1 milliard de voitures particulières d'une tonne ou plus sont en circulation dans le monde, par exemple, sans parler des camions, bateaux, avions...) nous allons buter sur un problème d'ordre de grandeur pour déployer des batteries, des bornes de recharge et des moyens de production électrique bas carbone dans les délais.
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Par de la chimie à partir de biomasse pour les plastiques, certes, mais cette biomasse va entrer en compétition avec celle requise pour les matériaux de structure devant remplacer acier et ciment (eux aussi produits avec des combustibles fossiles !), avec la production de nourriture (devenant moins facile avec moins de combustibles fossiles qui produisent engrais, mécanisation, et phytosanitaires), et avec la biodiversité (qui suppose de ne rien cultiver du tout).
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L'article ne le dit pas explicitement, mais le suggère néanmoins, et d'autant plus qu'il parle de pouvoir d'achat : une partie sera remplacée par... rien. Cela s'appellera, selon la manière dont nous le gèrerons, de la sobriété ou de la pauvreté.
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date: '2022-01-23T10:40:09'
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title: CHANGE_ME 411
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Une partie significative des investisseurs - les fameux qui placent leur argent via les marchés financiers - sont des assureurs. Ces entreprises ont deux activités :
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- elles couvrent les assurés contre les risques "d'accidents de la vie" (ce qui s'appelle en français l'IARD : Incendies Accidents Risques Divers). C'est dans cette catégorie que l'on va trouver les assurances habitation, automobile, responsabilité civile des individus et des entreprises, risques liés à la pratique d'un sport, l'assurance décès, etc.
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- elles gèrent l'épargne des assurés (on utilise le même terme).
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L'argent placé par ces entreprises d'assurance correspond aux primes perçues dans le premier cas (argent qui sera pour partie reversé aux personnes ayant eu un sinistre), et à l'épargne dans le second (par exemple quand vous souscrivez une assurance vie, en pratique c'est la constitution d'une épargne et l'assureur gère cette dernière pour vous ; vous devenez donc un rouage des "marchés financiers" !).
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Dans les mesures qui ont été imaginées par le monde financier pour décourager les activités qui nuisent par trop au climat, il y a la question du désinvestissement (ne plus utiliser les sommes investies pour acheter des actions ou obligations de sociétés qui ont des activités par trop "nuisibles"). Cette action est parfois mise en avant par les assureurs pour justifier de la compatibilité de leurs placements avec la question climatique.
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Mais une deuxième action qui est à la main des mêmes entités est de refuser d'assurer des activités qui leurs semblent créer trop de risques pour la collectivité. L'assureur a en effet cette possibilité - même si elle est encadrée par la loi - de refuser d'assurer : on le voit par exemple pour l'assurance auto des très mauvais conducteurs.
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De même, il est possible de ne pas assurer en responsabilité civile une entreprise qui nuit par trop au climat, auquel cas cette entreprise pourra se retrouver en situation de ne plus pouvoir exercer. C'est donc potentiellement une arme puissante. Mais cette action n'est efficace que si les assureurs se mettent d'accord entre eux pour cela. Or, aux USA au moins, il semblerait que cela contrevienne aux lois antitrust de créer une alliance qui aille en ce sens. C'est de l'entente sur le dos de la libre concurrence !
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Ce ne serait malheureusement pas le seul cas de figure où le dispositif légal en vigueur empêche de lutter efficacement contre le changement climatique. De nombreuses dispositions de protection des investissements ou de la liberté de commercer ou de s'établir protègent de fait des activités qui ne sont pas compatibles avec la baisse rapide des pressions environnementales.
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Au fond ce n'est pas très étonnant : l'économie n'etant qu'un vaste système physique de transformation des ressources naturelles avec l'aide d'énergie (laquelle pose problème), tout cadre légal qui "favorise l'économie" rend difficile de limiter dans le même temps les nuisances liées à l'énergie...
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-shift-publie-son-nouveau-rapport-sur-la-activity-6890323258114138112-Etpb
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title: CHANGE_ME 412
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Dans un monde qui doit devenir neutre en carbone, aurons nous encore de l'acier, dont la production émet actuellement 2 tonnes de CO2 par tonne de métal (la production d'acier utilise environ 15% du charbon mondial) ?
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Aurons nous encore du ciment, dont la production émet actuellement environ 0,7 tonne de CO2 par tonne de ciment ? Aurons nous du plastique (de 1 à 2 tonnes de CO2 par tonne de plastique en ordre de grandeur) ? Des engrais ? (ils sont actuellement faits à partir d'hydrogène lui-même obtenu à partir de gaz ou d'autres combustibles fossiles, avec 10 tonnes de CO2 par tonne d'hydrogène au minimum). Aurons nous encore des robots ménagers, des chaussettes, des pots de yaourt ?
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C'est à ces questions que répond le rapport sur l'industrie que The Shift Project vient de publier dans le cadre de son "plan de transformation de l'économie française". Si on la fait courte mais bonne, et sans spoiler les 91 pages du rapport, la réponse est que nous pouvons faire beaucoup avec la technique, mais il faudra aussi user de la sobriété, dit autrement une baisse de la consommation. Mais si nous considérons que nous sommes devenus des "obèses matériels" ce n'est peut-être pas un drame si on s'organise bien.
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En particulier sur le plan de l'emploi on peut imaginer compenser les pertes dans la production initiale par des gains dans la réparation, le réemploi, et le recyclage, et un peu dans la relocalisation de certaines productions, ce qui conjugue un intérêt pour l'emploi avec un intérêt sur les émissions.
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date: '2022-01-20T16:05:16'
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li-id: 6889961018739494912
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title: CHANGE_ME 413
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L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (ARCEP) et l'Ademe viennent de publier une note sur l'impact environnemental du numérique. L'essentiel des éléments contenus dans cette note n'est pas inédit mais il est bon de les rappeler.
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Sur le plan des émissions de gaz à effet de serre, la note donne une valeur de 253 kg CO2 eq. par an et par Français pour l'empreinte carbone du numérique, soit 2,5% de l'empreinte du pays.
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La consommation électrique annuelle induite par les biens et services numériques en France est de 48,7 TWh, soit l’équivalent d’environ 10 % de la consommation électrique annuelle française (car toute cette consommation n'a pas lieu en France).
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L’empreinte carbone du numérique est majoritairement liée aux terminaux (79 % de l’empreinte), suivis par les centres de données (plus de 16 %) puis les réseaux (autour de 5 %). La phase de fabrication des équipements (terminaux, serveurs, box,...) représente 78 % du total alors que la phase d’utilisation représente 21 % (mais dans un pays à l'électricité plus carbonée ces proportions seraient différentes).
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Mais cette note présente aussi l'impact sur d'autres indicateurs. Les terminaux mobilisent par exemple plus de 90% des métaux et minéraux utilisés pour fabriquer et faire fonctionner le système numérique (et 62,5 millions de tonnes de ressources sont utilisées par an pour produire et utiliser les équipements numériques), et au sein de cet ensemble ce sont les écrans (les télés) qui représentent la plus grande part.
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L'idéal, ce serait que ce travail soit une première étape pour conditionner l'autorisation d'exercer des opérateurs de télécoms à une baisse de leur empreinte carbone tous les ans. Si nous étions cohérents, c'est ce que nous souhaiterions tou(te)s !
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date: '2022-01-19T09:32:44'
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li-id: 6889499849637584896
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-charbon-nouvel-eldorado-des-fonds-dinvestissement-activity-6889499849637584896-SWHE
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title: CHANGE_ME 414
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Depuis que le climat est devenu un sujet pour les acteurs financiers, une des manières qu'ils ont de répondre au problème est de désinvestir des secteurs vus comme les plus problématiques, au premier rang desquels le charbon.
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Admettons qu'un gestionnaire d'actif ou un investisseur détienne des actions ou des obligations d'une société qui est présente dans le secteur charbonnier (exploitant de mines, exploitant de centrales électriques, voire constructeur de ces centrales ou d'engins utilisés dans les mines...).
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La façon de résoudre le problème actuellement est de vendre ces actions ou obligations à des tiers. Les titres ne sont alors plus pris en compte dans l'empreinte carbone de l'acteur financier... qui peut considérer avoir contribué à la résolution du problème.
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Sauf qu'il n'en est rien : la "vraie" résolution du problème est la disparition "physique" de la mine ou de la centrale en activité, et la vente à un tiers ne garantit pas du tout cela. Pire : comme l'explique cet article, la cession de ces actifs crée des opportunités pour des investisseurs privés, qui prennent le relais des structures cotées qui sont mises sous pression parce qu'elles doivent publier des informations et donc donner des gages.
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La seule manière que es acteurs financiers pourraient avoir de résoudre le problème par eux-mêmes serait de garder la propriété de la mine ou de la centrale... et de créer des coalitions majoritaires en AG pour voter la cessation de l'activité charbonnière, en encaissant la moins value correspondante au passage, ce qu'ils ne feront jamais, parce que c'est contraire à leur devoir fiduciaire, qui les oblige à mettre la préservation des intérêts financiers de leur mandants avant toute autre considération.
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La taxonomie européenne laissera ce problème entier. En fait, il n'y a que la puissance publique qui puisse résoudre le problème, en interdisant progressivement l'activité charbonnière. Les investisseurs ne le pourront pas.
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Ils peuvent par contre avoir une approche "risque individuel", c'est à dire sortir le charbon de leurs portefeuilles pour ne pas encaisser de moins values quand et si la puissance publique décide(ra) de pénaliser cette activité (ou les épargnants, au détriment du rendement, mais c'est peu probable que ce soit massif), ou si elle se "pénalise toute seule" pour des raisons physiques (manque de ressources, impossibilité physique d'opérer pour des raisons diverses). Cela correspond à une vision "secteur", qui a sa pertinence, mais pas à une vision sociétale.
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date: '2022-01-18T18:26:20'
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li-id: 6889271744029356032
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title: CHANGE_ME 415
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Au 4è trimestre 2021, le PIB allemand s'est légèrement contracté. Pourquoi est-ce un fait intéressant ? Parce que ce tassement du PIB est du, selon cet article des Echos, à une impossibilité de produire assez à cause de la pénurie de composants et matières premières.
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Un PIB qui se tasse de 0,1%, ce n'est pas une pénurie massive. Le secteur automobile français s'en serait surement contenté, lui qui a vu ses ventes chuter de 25% par rapport à 2019 pour des raisons identiques.
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En Allemagne, la nouvelle coalition a clairement un programme de "croissance verte". Sur le plan énergétique, le déploiement de modes physiquement peu concentrés (solaire et éolien) et très gourmands en ressources physiques n'est paradoxalement facile à faire que dans un univers en croissance. Question : que va-t-il se passer quand la croissance deviendra l'exception et non la règle, ce qui a toutes les chances d'arriver bien avant 2050 ?
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La question vaut aussi pour nous...
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date: '2022-01-18T09:03:05'
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li-id: 6889129997471158272
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title: CHANGE_ME 416
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Le 7 février prochain, à partir de 18h, The Shift Project organise un événement pour la parution, chez Odile Jacob, d'un livre reprenant les propositions du plan de transformation de l'économie française (https://lnkd.in/exB5gsqS ).
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Cet événement sera l'occasion de parcourir - ou découvrir ! - les conclusions de nos travaux initiés il y a presque 2 ans maintenant, et qui ont conduit à formuler des propositions dans 15 secteurs d'activité, pour rendre notre avenir économie compatible avec la baisse au bon rythme des émissions de gaz à effet de serre planétaires.
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Nous aurons le plaisir d'accueillir à cet événement le nouveau directeur de Sciences Po, le secrétaire général de la CFDT, le président délégué du MEDEF, mais aussi - et surtout ! - de nombreux chef(fe)s de projet qui ont piloté les travaux conduisant aux propositions.
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Ce travail - le "plan de transformation de l'économie française" - est notre façon à nous de faire de la politique sans se présenter à une élection. Ce n'est pas un hasard que ce livre sorte au début de la campagne électorale, mais notre premier public est l'électorat plus que les candidat(e)s, pour une raison très simple : le plus souvent, les candidat(e)s se calent sur les souhaits de leurs électeurs potentiels avant de se caler sur les "constats scientifiques".
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Si nous voulons convaincre une fraction significative de la classe politique du bien fondé de notre approche, cela passe nécessairement par le fait d'en convaincre une bonne fraction de la société civile, à commencer par les organismes qui souhaitent les représenter ou les inspirer (syndicats de salariés et patronaux ; monde académique).
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Cet événement s'inscrit pleinement dans ce cadre puisque nous n'aurons pas d'intervenant issu du monde politique. Rappelons que The Shift Project est a-partisan et n'a pas vocation à soutenir un(e) candidat(e) particulier(e).
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L'inscription pour assister à la retransmission en ligne est gratuite ; tous les détails dans le lien ci-dessous !
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date: '2022-01-16T17:53:31'
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li-id: 6888538708820209664
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title: CHANGE_ME 417
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L'agriculture au sens large, c'est un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Dans cet ensemble, on va trouver les émissions directes des pratiques agricoles (méthane des ruminants et des rizières, protoxyde d'azote émis par les engrais après épandage dans les champs), les émissions des machines agricoles, et la déforestation amont. Pour obtenir les émissions associées à notre alimentation, il faut y rajouter les émissions de l'agroalimentaire (chaleur, électricité, et production d'emballages) et des transports associés (un camion sur trois en France transporte quelque chose qui se mange).
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Il était donc normal que la méthode Carbon Impact Analytics (qui est destinée à évaluer le "risque de transition" d'entreprises face à la contrainte climatique) développe un module sectoriel portant sur les industries du secteur "nourriture et boissons".
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Le premier rapport sur ce secteur vient d'être publié. Il décrit la méthode utilisée pour évaluer les entreprises, les limites bien sur (par exemple pour le moment nous ne différencions pas encore les qualités nutritionnelles dans les notes accordées, alors qu'il serait à l'évidence pertinent de le faire), et les résultats obtenus.
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Un des enseignements importants est que ce secteur étant peu sur l'écran radar pour le sujet climat (par contre il l'est pour la déforestation et des sujets biodiversité), il reporte peu sur ses émissions (et encore moins sur celles de sa chaine de valeur, le fameux "scope 3"). Mais il pèse plus lourd en émissions que le secteur électrique : il serait temps de le scruter d'un peu plus près !
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date: '2022-01-15T16:39:09'
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title: CHANGE_ME 418
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Peut-on, dans un marché concurrentiel, demander à un des "concurrents" de mettre la main à la poche pour renflouer les autres ?
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Pour soutenir le tarif de l'électricité pour les consommateurs finaux (une décision politique), l'Etat peut-il demander à un des "concurrents" de porter l'effort qui incombe normalement aux finances publiques ?
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A l'évidence la réponse est deux fois oui. Cela n'est pas du gout des administrateurs salariés d'EDF (on les comprend) qui ont écrit que "Nous refusons que ce soit le Groupe EDF qui assume, seul, encore et toujours, les risques de marché alors que c'est aussi lui seul qui assume tous les risques industriels".
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De fait, ce qui vient de se passer est une remarquable confusion des genres. Imagine-t-on l'Etat demander à Renault de perdre 8 milliards pour vendre à perte des voitures à ses concurrents pour que les voitures coutent moins cher au consommateur final ?
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Si au moins l'Etat en avait profité pour expliquer que le système actuel dysfonctionne (et va le faire de plus en plus), et qu'il est urgent de revenir à un monopole ou un oligipole encadré, on y aurait au moins gagné quelque chose. Mais il ne semble pas que ce soit le cas : les mêmes causes produiront les mêmes effets, et attendez vous donc à d'autres épisodes d'inflation énergétique tant que le système actuel restera en place...
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Petite observation en passant : c'est à Agnès Pannier-Runacher qu'a échu la désagréable tâche d'évoquer sur ce réseau social la ponction opérée par l'Etat sur les comptes d'EDF en la présentant comme un succès (https://lnkd.in/e6VSHiDt ). Les fils linkedin d'Emmanuel Macron, Jean Castex, Bruno Le Maire et Barbara Pompili (à savoir ceux qui ont vraiment pris la décision, et ceux qui ont la tutelle sur le secteur énergétique/économique) sont restés muets sur le sujet. Intéressant...
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date: '2022-01-14T15:34:12'
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title: CHANGE_ME 419
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S'il s'agissait de détruire un système qui fonctionnait bien, la "concurrence" dans le marché de l'électricité vient de remporter une nouvelle victoire. Rappelons que les "concurrents" d'EDF sont en fait plutôt des "dépendants" que des concurrents. La concurrence, c'est la faculté de s'établir à ses risques et périls. Un nouveau constructeur auto a le droit de se créer pour vendre des voitures comme concurrent des vendeurs existants. Et en pareil cas, si un vendeur historique fait défaut, ca ne gêne pas le nouvel entrant, au contraire.
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Dans le domaine de l'électricité, le système est plutôt celui d'une extorsion encadrée. EDF est obligé de vendre à perte (c'est l'ARENH) une partie de sa production à des entités tierces qui sont donc en situation de dépendance et non de concurrence : si les centrales d'EDF disparaissent, les "concurrents" font de même !
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Les "concurrents" n'ont pas construit de moyens de production. Pour l'essentiel ce sont des structures avec des fonds propres très faibles, bien incapables de porter les investissements nécessaires pour construire des unités de puissance. Ce sont en fait de purs distributeurs, vendant l'électricité produite par d'autres (en France essentiellement EDF).
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Arrive une situation ou les prix de gros s'envolent (parce que les prix de gros sont calés sur le moyen le plus cher du moment ; c'est un fait bien connu dans le domaine de l'électricité, même si le régulateur européen et le pouvoir politique français ne l'avaient pas compris). Les fournisseurs "dépendants" ont désormais plus de clients à fournir que d'électricité achetée à des prix bradés à EDF. Ils sont coincés.
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Le gouvernement a choisi de sauver les concurrents (il n'était pas obligé) et de "sauver le consommateur" avant l'élection (ben voyons). Mais il n'y a pas de repas gratuit : le contribuable devra passer à la caisse après l'élection.
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Rappelons que ce problème n'a rien à voir avec le nucléaire. Il est lié à l'existence d'une concurrence à l'aval dans l'électricité et au fait que la production électrique repose sur des moyens dont soit la quantité (éolien) soit le prix (gaz) est peu prévisible. Tant qu'une partie de la production électrique sera faite au gaz (dont le prix sera volatil) et que le système sera "concurrentiel" il y aura des embardées sur les prix. Sacrifier EDF n'y changera rien. Ce qu'il faut, c'est revenir au système régulé d'avant.
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date: '2022-01-14T08:56:27'
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title: CHANGE_ME 420
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La finance "verte" est censée fournir des moyens à des projets qui améliorent l'état de la planète. Mais il n'est pas rare qu'un projet soit qualifié de "vert" simplement s'il est "pas vert mais mieux que si c'était pire".
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C'est ainsi que vient d'être qualifiée "d'obligation verte" une obligation servant à financer une nouvelle piste à l'aéroport de Hong-Kong, au motif, selon Les Echos, que l'aéroport va "faire la promotion des transports bas carbone". Parce qu'ils encourageront les passagers à marcher plutôt que d'utiliser des taxis une fois dans Hong Kong :) ?
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L'article souligne le "point dur" dans cette histoire : l'absence de norme pertinente, ce qui conduit chaque émetteur à utiliser son propre cadre pour définir le "vert", avec à l'évidence le risque que de temps en temps on aboutisse à des absurdités, comme avec cet aéroport.
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Il n'y a qu'à faire une norme diront certain(e)s. Certes, mais deux écueils (au moins !) se présentent alors :
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- le premier est que la norme soit faite par ceux qui y seront soumis. La tentation sera alors très forte de la définir de façon suffisamment faible pour que l'essentiel des opérations habituelles "passe la rampe" : il est rare que des acteurs bénéficiant d'une rente construisent une norme qui les empêche de continuer à le faire.
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- le second est que cette norme soit faite par le régulateur (qui lui n'est pas censé être "capturé" par les régulés, encore que cela soit souvent le cas malheureusement) sans un recul, une expérience et une formation suffisants. A ce moment la norme "tape à côté" et demande de respecter des critères qui ne correspondent pas, en pratique, au problème physique à résoudre (par exemple une norme qui ne porte pas sur un périmètre suffisant des impacts pris en compte).
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Quand nous sommes dans une course contre la montre, la moins mauvaise manière d'éviter ces deux écueils est que le régulateur investisse massivement et rapidement dans la formation de ses propres effectifs, pour comprendre le problème à traiter, passer beaucoup de temps à soupeser les différentes approches qui existent pour y répondre, et édicte ensuite une norme qui corresponde bien à la question, avec pour conséquence évidente qu'une large partie de ce qui est fait "habituellement" ne passera plus la rampe (c'est normal : on ne peut pas "changer le monde" en conservant les mêmes référentiels !).
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Hélas, ce n'est que très rarement le cas.
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date: '2022-01-13T09:19:27'
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title: CHANGE_ME 421
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Comment va votre meilleur ennemi climatique ? Très bien merci ! Ainsi pourrait se résumer cette chronique que Jean-Marc Vittori consacre au charbon dans Les Echos. Il y constate - à regret - que ce combustible occupe la même part dans la production électrique mondiale en 2019 qu'en 1973.
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Par contre, ce n'est pas au même endroit que ca se passe. En 1973, la première zone de consommation au monde était... l'Europe, avec 30% du total mondial. En 2020 ce n'est plus que 4%, et la "résistance" transitoire de l'Allemagne sur le sujet est en fait l'arbre qui cache la forêt, même si on peut regretter (et je le regrette) que notre voisin du nord ait fait le mauvais arbitrage entre charbon et nucléaire.
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Incidemment, mais à plus petite échelle, la France connaît une situation proche : les plafonds réglementaires de fonctionnement des centrales à charbon vont être relevés.... à cause d'un nucléaire insuffisamment disponible, pour partie fortuitement (centrales arrêtées à la demande de l'ASN pour remplacement de pièces dans les dispositifs de secours ; maintenance décalée à cause de la baisse de production due au covid) et pour partie délibérément (fermeture de Fessenheim). Mon homonyme de prénom se permet incidemment de rappeler un tweet d'Emmanuel Macron qui en 2017 annonçait que le charbon dans l'électricité serait supprimé pendant son mandat :).
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Le climat n'est en fait pas du tout la cause première de cette diminution en Europe : elle est due à la baisse des ressources minières du Vieux Continent, qui a démarré l'exploitation de ce combustible solide il y a plus 2 siècles. Le pic de production, il s'est très bien matérialisé dans le charbon européen ! Et la raison première pour laquelle l'Hexagone a fait du nucléaire et non du charbon n'est pas par "vertu climatique", mais tout simplement parce que notre sous-sol ne contenait déjà plus beaucoup de houille (ou de lignite) au moment des chocs pétroliers.
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Cette baisse a aussi eu lieu ailleurs dans les "vieux pays industrialisés" : les USA étaient à 21% du total mondial en 1973 ; ils sont descendus à 6%. Là, c'est l'économie qui a chassé le charbon (et pas non plus la vertu climatique) : le gaz est devenu moins cher. L'URSS était à 22% ; les pays de l'ex-bloc soviétique sont collectivement descendus à 4% en 2020. A nouveau peu de vertu dans l'affaire, mais surtout l'arrivée d'un gaz domestique disponible en abondance (en valeur absolue le charbon n'a pas tant baissé que cela mais en part relative oui).
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Le charbon, aujourd'hui, c'est à notre Est lointain que cela se passe : la Chine utilise 50% du total mondial, puis arrive l'Inde avec 12%, l'Asie au total faisant 80%. La question qui n'est pas posée dans la chronique, mais qui est bien celle qui compte, est : que pouvons nous y faire ?
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date: '2022-01-12T11:58:19'
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_myco2-pr%C3%A9sente-un-nouveau-calcul-de-lempreinte-activity-6886999770863337473-ZxZy
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title: CHANGE_ME 422
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9,9 tonnes équivalent CO2 : c'est la valeur à laquelle aboutit l'équipe de MYCO2 (version revisitée du bilan carbone personnel dont votre serviteur avait tenté une version préhistorique il y a 15 ans :) ) pour l'empreinte carbone d'un(e) français(e) en 2019.
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L'empreinte carbone d'un individu, c'est la totalité des émissions qui ont eu lieu, en France et hors de France, pour que l'individu en question puisse disposer de l'ensemble des produits et services qu'il "consomme". Sont inclus à la fois les produits et services marchands (ceux que vous payez en direct) et les "non marchands" (en pratique payés par vos impôts : la défense, l'essentiel de la santé ou de l'éducation).
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C'est très différent des émissions territoriales, qui n'incluent pas les émissions n'ayant pas lieu sur le territoire mais permettant la fabrication des biens intermédiaires ou finaux qui sont importés, ni les émissions qui "n'appartiennent à aucun pays", à savoir celles du transport maritime et aérien internationaux (environ 4% des émissions planétaires à eux deux). Et, symétriquement, les émissions territoriales incluent ce qui est associé aux exportations, qui iront alimenter la consommation de personnes ou d'entreprises hors du pays.
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Il y a plusieurs manières de faire ce calcul. Dans une version datée de 2011, en utilisant une méthode basée sur des flux physiques reconstitués et des facteurs d'émission "physiques", Carbone 4 avait obtenu une valeur de 10,5 tonnes équivalent CO2 : https://lnkd.in/emVVEc-9
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La méthode utilisée par MyCO2 (qui fait partie de Carbone 4) se base sur des facteurs monétaires et des tableaux entrée-sortie, avec un complément ad hoc pour quelques postes spécifiques (voir https://lnkd.in/eKegc6pz ). Le total est proche (9,9 tonnes) mais la répartition un peu différente de ce qui avait été publié en 2010.
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Les scientifiques qui étudient le système climatique nous disent que pour stabiliser ce dernier il faut commencer par stabiliser la quantité de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, ce qui signifie que les émissions humaines doivent devenir quasi-nulles.
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Pour que les émissions planétaires deviennent nulles (ce qui finira par arriver un jour de toute façon !), ces 9,9 tonnes doivent donc devenir... pas loin de zéro, et c'est aussi ce résultat qu'il faut viser pour l'empreinte carbone de tout autre habitant de la planète, quelle que soit la valeur de départ. Avec des engagements de neutralité à 2050, cela doit se produire en l'espace de 30 ans.
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La bonne question est alors de regarder comment, poste par poste, nous allons/pouvons faire pour amener les émissions du poste à zéro en 30 ans. A chaque fois nous devrons arbitrer entre baisser la consommation du poste (sobriété) et produire le résiduel plus efficacement.
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date: '2022-01-12T07:35:59'
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title: CHANGE_ME 423
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Chaque année (au moins depuis quelques années !), le World Economic Forum (l'organisateur du forum de Davos entre autres choses) effectue une enquête auprès de "leaders globaux" des domaines économique, politique, et de la société civile, sur leur perception des principaux facteurs de risque dans le monde.
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Cela fait désormais plusieurs éditions que le changement climatique arrive en tête de liste, et il est suivi (de peu) cette année par l'atteinte à la biodiversité.
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Au vu de ce résultat, une personne "normale" se dira que si le changement climatique est identifié comme un élément susceptible de fortement porter atteinte à l'économie mondiale, alors la lutte contre le changement climatique devrait arriver en tête des actions des entreprises, ce qui signifie que les personnes en charge du climat ont à la fois beaucoup d'audience et beaucoup de moyens dans les activités économiques.
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Ca, c'est la théorie. En pratique, il semblerait bien que le premier risque contre lequel les dirigeants économiques souhaitent se couvrir est celui... de la baisse du cours de bourse. Les dividendes mondiaux vont peut-être établir un nouveau record en 2021 (ils ont plus que doublé depuis la "crise financière" de 2008 : https://lnkd.in/eRSKbH-Y ), tout comme les rachats d'actions (https://lnkd.in/eEp4-fyN ).
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Ces deux opérations conjuguées vont représenter en 2021 (dans le monde) plus que le PIB français... et 25 fois les montants qui devraient être allouées au climat au titre du "Fonds Vert" prévu dans le cadre de la Convention Climat.
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Cet actionnaire qui a tant besoin d'être rassuré, il s'appelle souvent un épargnant. Les "investisseurs", ce sont avant tout les particuliers de la terre entière qui ont de l'épargne financière, pour capitaliser en vue de leur retraite (les fameux "fonds de pension"), ou pour placer leurs économies (l'assurance vie par exemple).
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Toute personne qui est à la fois "citoyen(ne) engagé(e)" et épargnante a donc un dilemme à résoudre : que privilégier quand rendement et climat ne sont pas compatibles, ce qui sera très souvent le cas avec la convention économique ignorant la contribution des ressources naturelles ? Tant que l'épargnant dira "rendement" il ne faut pas s'attendre à ce que les dirigeants répondent "climat". Le difficile problème de la cohérence nous concerne tous...
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date: '2022-01-11T11:17:10'
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li-id: 6886627026086739968
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title: CHANGE_ME 424
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L'Autorité des Marchés Financiers a inscrit à son agenda de 2022 de "se mobiliser pour faire avancer la finance durable". Dans le document directement publié par l'AMF (https://lnkd.in/eyyYBCUk ) on peut lire qu'un des objectifs est "l'action de supervision de l’AMF s’intensifie, notamment pour prévenir le risque de greenwashing" et "portera une attention particulière aux enjeux climatiques".
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Il est heureux que l'AMF note dans son document que "La transition vers une finance durable dépend (...) de la montée en expertise de l’ensemble de l’écosystème financier et de l’appropriation par les épargnants des concepts clés. C’est pourquoi, l’AMF a mis en place, en concertation avec le Haut conseil certificateur de Place, un nouveau module de vérification des connaissances des professionnels portant sur la finance durable."
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Le Diable étant dans les détails, il faudrait bien évidemment aller regarder d'un peu près en quoi consistent les connaissances qui seront vérifiées, et notamment si elles incluent d'être capable de comprendre le fonctionnement "physique" de l'économie (détaillé là par exemple, malgré le titre : https://lnkd.in/gPsGK-F ), la différence entre responsabilité et dépendance (sachant que le risque de transition est porté par les émissions dont on dépend - le fameux scope 3 : https://lnkd.in/eVSer7fm - et non les seules émissions dont on est juridiquement responsable), ou encore ce que signifie un "alignement" d'une entreprise avec une baisse globale des émissions planétaires (problème qui n'est pas résolu par une exclusion des portefeuilles d'investissement).
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La question de savoir si la finance peut d'elle-même réorienter l'économie vers du décarboné est un long débat, avec de bons arguments du côté de ceux qui doutent que cela soit aussi simple que de le vouloir (https://lnkd.in/dRS9vNZ ). Mais il est par contre évident que la finance doit mieux comprendre ce qu'elle fait, et que, plus important encore, le régulateur doit comprendre quel est l'impact climatique des régulés pour agir en conséquence.
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Je rêve du jour où l'AMF suspendra la cotation d'une entreprise parce que ses documents de référence ne sont pas au bon niveau sur les obligations de reporting ou les actions pour se dérisquer en matière d'émissions de gaz à effet de serre, ou retirera son agrément pour un véhicule d'investissement pour les mêmes raisons. C'est probablement le prix à payer pour faire monter d'un cran le sérieux apporté au sujet climat parmi les "obligés".
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date: '2022-01-10T07:59:56'
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title: CHANGE_ME 425
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C'est un des sujets du moment, alors j'y suis aussi allé de mon petit couplet sur la fameuse "taxonomie européenne", dans cette interview publiée sur le site du JDD, que je me suis permis de reproduire sur mon site maintenant que nous ne sommes plus Dimanche.
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Et comme la question qui a agité tout le monde était de savoir si le nucléaire était vert ou pas vert, l'interview comporte aussi quelques questions qui portent sur cette énergie, puis par extension sur les "politiques électriques" qui peuvent aider à la décarbonation.
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La question n'a pas été posée, donc je me la pose à moi-même avant d'y répondre :) : la question de la décarbonation se résume-t-elle à la question du nucléaire ? A l'approche d'élections présidentielles, où il sera peut-être question des deux, la réponse est évidemment non. La décarbonation est un enjeu sociétal ; le nucléaire un sujet technique.
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La décarbonation suppose de changer notre logiciel économique, notre rapport à la limite (voir par exemple cette préface que j'avais rédigée pour la traduction en français de "The Thirty Year Update", qui actualisait "The Limits to Growth" : https://lnkd.in/dc4MX67T ), nos régimes alimentaires, l'aménagement de l'espace (avec le rapport ville/campagne mais aussi la taille des logements), l'équilibre entre individualisme et collectif, le rapport au temps et à la vitesse, la manière de faire de la géopolitique...
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Le nucléaire, c'est une partie facile dans l'affaire. C'est pour cela que de ne pas en faire est se compliquer inutilement la vie, mais en faire c'est résoudre 5% du problème.
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date: '2022-01-09T10:43:37'
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li-id: 6885893809478152192
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title: CHANGE_ME 426
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Encore un petit coup de "Don't Look Up", à destination des matinaux du Samedi qui écoutent RTL. Je remercie (quand même) la radio qui m'a laissé évoquer à l'antenne la "frivolité des media" (due au besoin de ne pas faire fuir l'audience, c'est-à-dire les recettes de la publicité), qui, dans le film, est identifiée comme une des causes de l'échec des scientifiques à faire passer leur message.
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En 3 minutes il n'était évidemment pas question de faire une analyse sociologique complète de la situation évoquée dans ce film (ni du monde réel confronté au changement climatique), mais juste de rappeler que, pour cette oeuvre, la fameuse maxime "Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite" ne s'applique pas vraiment.
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Il convient évidement de ne pas s'attarder sur le doigt du sage qui montre la Lune, ce qui signifierait écarter le fond du message parce que la qualité artistique du film ne semble pas au rendez-vous, ou parce que les acteurs principaux ont par ailleurs un mode de vie en total décalage avec ce qui est souhaitable pour limiter le réchauffement climatique (remarque valable pour à peu près toutes les "stars" de cinéma, et qui explique peut-être pourquoi elles sont si peu nombreuses à se mobiliser pour des causes environnementales).
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L'intérêt premier de ce film est bien de nous alerter sur notre "somnambulisme", et notre extraordinaire capacité collective à mobiliser une très large fraction de notre jus de cerveau à améliorer des gadgets anecdotiques alors que nous négligeons une partie de l'essentiel.
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date: '2022-01-08T11:01:35'
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title: CHANGE_ME 427
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Après avoir créé un "marché de l'électricité" qui n'avait aucune espèce de pertinence, les pouvoirs publics, mais aussi les consommateurs, se rendent compte que "pas de marché" est plus simple pour avoir des prix stables quand les facteurs de production font du yoyo (quelle découverte !).
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Dans un système intégré et régulé, si le gaz se met à valoir beaucoup plus cher, cela augmente le cout de production d'un peu moins de 5% de la production électrique française (celle qui est faite au gaz). 5% de la production qui passe de 40 à 400 euros le MWh, c'est 20 euros de plus en moyenne par MWh livré au consommateur, soit beaucoup moins que ce que le gouvernement a mis à la charge des mêmes consommateurs avec les augmentations de prix dues au déploiement du solaire et de l'éolien (la fameuse CSPE). Pas de quoi en faire un fromage.
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Mais dans un marché ouvert, le prix de l'ensemble de ce qui est vendu s'ajuste sur le cout de production le plus élevé du moment. Et là cela signifie que l'ensemble de ce qui est produit se vend beaucoup plus cher, la hausse allant dans la poche des producteurs et des intermédiaires.
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On en revient alors à cette demande éternelle des acteurs du privé : privatiser les profits (quand tout va bien) et socialiser les pertes (quand tout va mal). Le beurre et l'argent du beurre....
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Dans les demandes du privé (particuliers inclus) arrive l'idée d'augmenter la part de l'électricité que EDF produit et est obligé de vendre à perte (je dis bien à perte) à ses concurrents et aux gros consommateurs industriels, l'ARENH (accès régulé à l'électricité nucléaire historique). Ce tarif est une invention des adorateurs du marché qui a conduit, quand "tout allait bien", à transférer de la rente d'EDF à des acteurs privés (qui n'ont rien investi du tout avec cet argent qui leur est tombé du ciel) parce que ca allait censément être mieux pour tout le monde.
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Pour tenter de "réparer" les conséquences de cette erreur (avoir créé un système éclaté et complexe) on va en faire une deuxième : faire les poches du gestionnaire des centrales pour tenter de corriger à la volée des prix excessifs nés du système défaillant. Ca ne supprimera pas la volatilité mais appauvrira l'opérateur à qui on demande par ailleurs de garantir un système stable et fiable (et, en plus, il n'est pas du tout sur que les "concurrents" qui ont accès à plus d'arenh répercutent à leurs clients la totalité du gain pour eux !).
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Il y aurait beaucoup plus simple : constater que, dans un monde volatil parce que physiquement contraint (rappelons que la Mer du Nord a entamé sa descente terminale sur sa production de gaz, et que les russes ne nous en fourniront pas éternellement car leurs gisements s'épuiseront aussi), le marché à l'aval n'a pas d'utilité, et revenir au système intégré d'avant (ce qui suppose évidemment de faire accepter à la Commission que le marché n'est pas l'alpha et l'oméga en toutes circonstances). Une ambition pour la présidence française de l'Union ?
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date: '2022-01-07T16:00:14'
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title: CHANGE_ME 428
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Carbone 4 propose actuellement 12 offres d'emploi pour la branche conseil et 1 pour MyCO2. 4 sont détaillées ci-dessous et les autres sont disponibles sur https://lnkd.in/dxzysp75 (où se trouvent l'ensemble des descriptions détaillées)
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title: CHANGE_ME 429
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Un éditorial publié début janvier dans Le Monde invoque Le Monde sans Fin et la leçon inaugurale de Christian Gollier au Collège de France (que je confesse ne pas avoir regardée mais c'est là : https://lnkd.in/eaG73nHk ) pour souligner que notre avenir ne peut pas se concevoir comme une simple continuation du passé.
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Le propos n'a rien de révolutionnaire en soi. Ce qui est déjà plus intéressant, c'est que cet éditorial rappelle que l'économie mondiale s'est formidablement développée sur les deux derniers siècles grâce à une très forte augmentation du parc de machines en service, permise par l'essor des combustibles fossiles.
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L'auteur fait donc sienne une lecture avant tout physique de nos activités productives, et mentionne même au passage le nombre "d'équivalent esclave" dont dispose un français moyen (grâce aux machines), issu de la BD précitée. Il en tire logiquement la conclusion qu'un monde qui se décarbone - volontairement ou pas - est un monde plus sobre.
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Il conclut en écrivant : "Gérer ce basculement inévitable vers un monde plus cher, car plus économe, mais aussi plus instable, devrait figurer en tête des préoccupations des politiques en ce début 2022. Un plan à dix ans. En auront-ils le courage ?".
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Je ne sais pas si les politiques en auront le courage (je le souhaite, mais c'est une autre histoire !). Mais un plan, c'est très exactement ce que nous allons essayer de leur fournir au travers du "plan de transformation de l'économie française", qui marie sobriété et avancées techniques réalistes : https://lnkd.in/dNARPrU
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Car en démocratie le courage politique est rarement une affaire de génération spontanée. Il doit être porté par le "courage" des demandes de la société civile.
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date: '2022-01-06T08:25:44'
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title: CHANGE_ME 430
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A quelques nuances près, cette interview - parue dans Les Echos - de "quelqu'un" à l'IFPEN (il semble manquer le chapô, de telle sorte que l'on ne sait pas qui exactement est interrogé !) aurait pu émaner du Shift Project.
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Il y est question de la disponibilité des métaux pour assurer la transition vers un monde bas carbone dans un contexte d'opulence matérielle préservée (parce que sinon passer à un monde bas carbone sans aucune production industrielle est assez facile :) )., et surtout de ce qui pourrait venir contrarier nos jolis plans de croissance verte.
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La tension la plus importante ne viendra pas des terres rares, qui sont en fait des métaux "rarement utilisés", pour lesquels le problème à court ou moyen terme est plus géopolitique (la Chine concentre une très large partie des capacités de production actuelles, mais il y a des ressources ailleurs) que physique.
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Ce sont les métaux non ferreux "ordinaires" qui risquent d'être le plus limitants : cuivre, nickel, éventuellement aluminium... Ces éléments sont bien sur disponibles en abondance dans la croûte terrestre, mais pour pouvoir les exploiter il faut une concentration locale minimale (sinon l'énergie d'extraction est trop élevée, car au bout du bout c'est toujours une question d'énergie), et cela s'appelle alors... une mine.
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A titre d'exemple, les mines de cuivre actuellement en exploitation ont une teneur moyenne en métal de 0,5% en poids (sur le minerai), alors qu'il y a quelques siècles les filons les plus riches pouvaient contenir plus de 10% en poids (il y a même eu du cuivre natif exploité dans l'antiquité). Plus la teneur baisse, plus il faut d'énergie pour extraire le métal... qui doit justement servir au système énergétique.
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Aujourd'hui, le raisonnement sur la disponibilité future est avant tout basé sur les prix. Si les prix ont baissé dans le passé, ce qui est le cas, alors cela signifie que cette tendance va se poursuivre, ce que nous traduisons tous par "il n'y aura pas de problème de disponibilité". Malheureusement l'histoire récente montre qu'il y a de plus en plus de cas de figure où la baisse des prix d'hier n'a pas été prédictive de la disponibilité pour le lendemain. L'exemple le plus récent est celui des semi-conducteurs.
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Il est donc impératif de ne pas raisonner uniquement à partir de données économiques quand on s'interroge sur la faisabilité "physique" d'un plan "physique" (et l'énergie c'est physique !) pour l'avenir. Il faut à ce titre saluer l'exercice que RTE a effectué dans ses derniers scénarii, en consacrant 80 pages à l'analyse "environnementale" des avenirs possibles, et en regardant justement la question des métaux et matériaux nécessaires, de l'espace, etc.
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Dit autrement, les euros d'hier seront de moins en moins prédictifs de l'économie de demain. Il faudra systématiquement revenir aux flux physiques sous-jacents pour tenir un raisonnement opposable.
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date: '2022-01-05T09:36:30'
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title: CHANGE_ME 431
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Ce qu'il y a de bien avec les media, c'est le sens de la nuance dont ils font parfois preuve :). A l'occasion de la sortie du Monde sans Fin (réapprovisionné à partir de mi-janvier) Konbini a souhaité faire une vidéo dont le titre est, en toute simplicité, "sommes nous foutus ?".
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Si l'on veut éviter la réponse à la sauce Keynes (qui serait donc "ce n'est qu'une question de temps"), le but du jeu était d'essayer d'apporter, en 4 minutes et demie, un peu de nuance et de temporalité derrière le oui ou non.
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Rien de neuf sous le soleil pour celles et ceux qui ont lu la BD ou regardé une vidéo plus longue de votre serviteur. Mais ce clip peut servir de "teaser" pour envoyer à des gens pressés, qui, jusqu'à maintenant, n'ont pas été très réceptifs sur ces sujets, avec l'espoir que cela servira à quelque chose !
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date: '2022-01-04T17:50:02'
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title: CHANGE_ME 432
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Il y a quelques années, la Commission européenne a décidé de créer une nomenclature des "investissements verts". Cela s'appelle la "taxonomie" et est destiné à aider les financiers à orienter leurs investissements en faveur d'une économie plus durable.
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Depuis le début cette initiative souffre de quelques faiblesses, notamment en voulant un peu trop marier les contraires. D'un côté il est question de favoriser la révolution (car contribuer à une baisse de moitié des émissions de CO2 en 30 ans à "niveau de vie" constant, c'est en pratique participer à la révolution), et de l'autre de ne pas créer une contrainte trop forte - y compris en matière de reporting - pour le monde financier. Pas évident !
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Cette initiative a aussi choisi une approche normative des activités éligibles. On comprend ce que cela peut signifier d'être "vert" - ou pas - quand on parle d'un camion ou d'une installation de traitement des déchets organiques, mais c'est moins évident pour d'autres activités : comment définir un fabriquant de peintures, un distributeur de produits pour la maison, ou un importateur de meubles qui soit "vert" ?
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Quoi qu'il en soit, dans cette affaire, il a fallu statuer sur deux sujets qui importaient chacun à l'un des deux "gros" états de l'Union Européenne : le nucléaire et le gaz.
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Une bête logique "factuelle" aurait conduit à regarder ce que disent les faits. Le nucléaire est très bas carbone, peu dangereux par MWh produit, et générateur de peu de nuisances : il est donc éligible. Le gaz est émetteur de CO2, ce qui suffit à le disqualifier puisque le but du jeu est de se débarrasser des émissions. Une taxonomie "activité" aurait donc du dire oui au nucléaire et non au gaz.
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Mais cela ne correspond pas à la manière dont les réglementations se font, qui incorporent toujours les jeux de pouvoir et l'envie de conforter la situation existante. La France ne voulait pas d'une réglementation qui disqualifie sa principale source de production électrique, ce que voulait au contraire l'Allemagne, pour ne pas se mettre en porte-à-faux au regard de son choix historique d'abandonner le nucléaire pour conserver du charbon.
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La France ne voulait pas de gaz (dont nous n'avons en pratique pas besoin de manière significative aujourd'hui), alors que l'Allemagne oui, pour compléter ses modes intermittents à la place du charbon (qui émet plus).
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La paix des braves a conduit à mettre le nucléaire et le gaz dans les investissements éligibles "sous condition". Pour le nucléaire, l'enjeu était important, car cette énergie est très sensible aux conditions de financement de l'investissement initial (beaucoup plus que le gaz). Pour un réacteur coutant 10 milliards d'euros à construire et produisant 60 ans, le passage de 2% à 10% du rendement exigé par les actionnaires et prêteurs ajoute 90 milliards d'euros de frais financiers sur la durée de construction et de fonctionnement. Une paille !
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date: '2022-01-04T09:36:47'
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title: CHANGE_ME 433
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Il se vendait un peu plus de 2 millions de voitures particulières neuves par an en France jusqu'en 2019. En 2020 et 2021, ce même segment a connu 25% de ventes en moins, soit 1,65 million par an.
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Dans le monde fini, la baisse des ventes de voitures n'est qu'une question de temps. Ces objets de 1 à 2 tonnes faits de métal - essentiellement de l'acier mais aussi du cuivre, du nickel, du plomb, de l'étain, de l'aluminium, de l'or même (pour les composants électroniques), du platine (dans les pots catalytiques), etc, de dérivés pétroliers (plastiques, lubrifiants, textiles, pneus), de verre, et j'en passe, ne peuvent être produits en quantités indéfiniment croissantes.
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Le covid est-il le "début de la fin" pour les ventes de ces grosses machines ? L'avenir le dira, mais le fait est que ce ralentissement est du à des limites physiques : sur les semi-conducteurs, mais aussi sur des commodités de base comme l'acier ou le plastique.
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Dans le plan de transformation de l'économie française du Shift Project, et plus précisément son volet "industrie automobile" (https://lnkd.in/eqhr44uN ), nous préconisons de baisser délibérément les volumes fabriqués, pour se concentrer sur les petits modèles et les véhicules électriques.
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Dit autrement, après avoir fortement cru, le secteur automobile devra un jour décroître. C'est juste "physique" pour une industrie qui est très dépendante de ressources physiques non renouvelables, et ne pas l'envisager est juste opter pour une succession de corrections non planifiées comme celle qui est en train de se produire.
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date: '2022-01-03T11:37:19'
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title: CHANGE_ME 434
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Une étude du ministère de la transition écologique conclut qu'il y aurait dans notre pays 4 millions d'emplois verts et verdissants. Un emploi vert y est défini comme un emploi "directement au service de l'environnement". Les salariés concernés (140.000, soit 0,6% de l'emploi total) sont dans la distribution d'eau ou son épuration, le traitement des déchets, et quelques spécialités dans le domaine de l'énergie.
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Paradoxe : ces emplois "directement au service de l'environnement" ne sont pas nécessairement appelés à croître dans un monde plus "vertueux". Par exemple, si nous jetons moins d'emballages, les personnes qui s'occupent du traitement des déchets sont moins nombreuses !
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Par ailleurs, ce n'est pas parce qu'ils "servent l'environnement" qu'ils échappent à toute logique économique.
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Pourquoi tous les autres métiers ne pourraient-ils pas conjuguer "au service de l'environnement" et logique économique ? Si nous voulons respecter les limites planétaires, il faudra bien que tout emploi se mette lui aussi "au service de l'environnement" d'une certaine manière ?
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Pour essayer d'aller un cran plus loin, le ministère a créé les métiers "verdissants", c’est-à-dire "dont les compétences évoluent pour intégrer les enjeux environnementaux". On y trouve 200.000 personnes du contrôle qualité dans l'industrie, 400.000 personnes travaillant dans le gros oeuvre du bâtiment, ou encore 500.000 conducteurs d'un engin de transport, au sein d'un ensemble (voir graphique en commentaire) dont les contours restent discutables.
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En effet, pourquoi un chauffeur routier serait-il plus "verdissant" qu'un enseignant (qui devra transmettre des connaissances et compétences essentielles pour changer l'économie), un restaurateur (qui peut proposer des menus avec moins de viande et plus de productions label avec le bon cahier des charges), ou un artiste (qui peut proposer des créations invitant à respecter l'environnement) ? Mystère...
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En fait la bonne question est probablement à se poser dans l'autre sens : si nous voulons mettre l'économie française en cohérence avec une baisse de 5% des émissions par an (dans le monde), qui doit faire quoi et de quelles compétences avons nous besoin ? Cela fera la part des choses entre les effectifs qui doivent augmenter tout en exerçant différemment (par exemple les agriculteurs), ceux qui doivent exercer différemment mais n'ont pas nécessairement besoin d'être plus nombreux (par exemple les enseignants), et enfin ceux qui doivent diminuer parce que la reconversion intrasectorielle semble difficile (par exemple le transport aérien ou la construction auto).
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C'est exactement l'angle qui a été retenu pour le chantier "emploi" du plan de transformation de l'économie française du Shift Project : https://lnkd.in/e54-j6X3 Pour ce sujet essentiel qu'est l'emploi, il faut, comme ailleurs, bien définir ce que l'on compte et pourquoi pour ne pas se rater.
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date: '2022-01-01T19:43:56'
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title: CHANGE_ME 435
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Les anglais appellent cela "crash the party". C'est le comportement qui consiste à venir gâcher une fête en y débarquant exprès pour cela. C'est peut-être ce qu'ont ressenti les auditeurs matinaux de RTL (les pauvres ! déjà ils étaient debout à l'heure où la France entière roupillait, et en plus ils ont du se farcir 3 minutes de mauvaises nouvelles) en écoutant cette première manifestation "travaillée" de l'année (enregistrée à l'avance, quand même :) ) en écoutant cette chronique leur expliquant que dans les bons voeux pour 2022 il y en a un qu'il vaut mieux ne pas faire : souhaiter que les "ennuis climatiques" s'en aillent comme par miracle. L'inertie du système productif et l'inertie climatique l'interdisent.
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Pour les amis du carbone (voire les ennemis, les seuls non concernés étant les neutres, puisque l'on ne peut pas être neutre tout seul avec le carbone comme chacun sait) cette année sera néanmoins à surveiller à deux occasions au moins :
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- la France prend la présidence de l'Union Européenne ce jour. 80% de la réglementation environnementale applicable aux entreprises (ou aux exploitants agricoles) est d'origine européenne. La présidence française est donc l'occasion de pousser des "bons" sujets... si tant est que l'on en ait.
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- nous allons changer de gouvernement au milieu de l'année. Pour le moment, aucun(e) des candidat(e)s sur les rangs ne semble vraiment taillé(e) pour le défi que nous avons à affronter, mais au bout du bout il faudra bien choisir, et d'ici là faire tout ce qui est possible pour que nos candidat(e)s soient un peu plus concernés par les limites planétaires que Meryl Streep dans "Don't Look Up".
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De fait, il n'est pas très rassurant que notre président démarre l'année par des voeux (https://lnkd.in/eHb7g_RP ) où le défi environnemental n'est pas mentionné mais l'accueil de youtubeurs à l'Elysée et l'exploration spatiale oui (deux points qui figurent dans le film Don't Look Up ; la coïncidence est vraiment troublante...), et ait terminée la précédente par une interview fleuve de 2 heures où il n'en était pas plus question.
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La seule chose de certaine pour cette année est que ce ne sera pas le calme plat. C'est déjà ca !
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date: '2022-02-28T07:51:42'
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title: CHANGE_ME 366
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Il n'y a pas que pour le gaz que l'Europe est un peu dépendante de la Russie. C'est également le cas pour le pétrole : 30% de l'or noir et des produits raffinés importés en Europe géographique (donc avec la Norvège et la Grande Bretagne, qui sont les deux seuls producteurs significatifs mais qui ne font plus partie de l'Union) vient de notre grand voisin de l'Est. Les importations européennes (au sens géographique) représentent environ les 3/4 de notre consommation d'hydrocarbures liquides (et 96% si nous nous limitons à la seule Union).
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Symétriquement, l'Europe représente la moitié des ventes de pétrole et de produits raffinés de la Russie (graphique en commentaire), soit environ 1 milliard de barils par an. A environ 100 dollars le baril, nous sommes donc clients de la Russie pour environ 100 milliards de dollars par an pour nos barils.
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A 80 euros le MWh, il faut y rajouter une somme à peu près équivalente pour le gaz, dont l'Allemagne est de loin le premier client européen (voir graphique ci-dessous).
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S'il ne s'agissait pas de combustibles fossiles, cette situation serait en fait plutôt une bonne nouvelle : cette dépendance mutuelle entre la Russie et l'Europe est normalement un élément qui incite chaque camp à rester "raisonnable", pour éviter de trop se mettre à dos un partenaire en affaires.
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Une difficulté de plus, quand nous sortirons des énergies fossiles, ce qui se passera de gré ou de force, sera de maintenir des liens basés sur "autre chose" avec nos ex-fournisseurs d'hydrocarbures, pour que chacun continue à avoir un peu besoin de l'autre. C'était le principe fondateur de l'Union européenne : rester un peu dépendant de ses partenaires, histoire de ne pas se sentir trop libre de leur envoyer des obus à la figure au premier coup de sang. Toute la question est, comme toujours, de savoir où mettre le curseur.
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date: '2022-02-27T11:44:13'
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title: CHANGE_ME 367
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Un malheur n'en chasse pas un autre, malheureusement. Pendant que les yeux sont rivés (à juste titre) sur ce qui passe à l'Est de l'Europe, les effets déjà enclenchés du changement climatique continuent leur petit bonhomme de chemin.
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La banquise antarctique vient d'enregistrer un record de faible étendue à la fin de l'été austral. En quoi cela nous concerne, vont se demander certain(e)s ?
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Sur notre planète, beaucoup de choses sont interconnectées. La diminution de la banquise change fortement le pouvoir réflexif de la surface au rayonnement solaire : avec de la glace, l'essentiel de ce dernier repart dans l'espace ; avec de l'eau, l'essentiel est absorbé et contribue donc à chauffer plus vite l'océan austral.
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Un océan plus chaud déstabilise plus vite les langues terminales des glaciers antarctiques, langues qui sont posées sur l'eau et donc "grignotées" par le dessous à vitesse accélérée.
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Cela contribue à diminuer la "résistance" des glaciers à l'amont qui servent parfois d'ac-boutant pour stabiliser des glaciers encore plus à l'amont ; une partie de la calotte antarctique étant en fait une espèce de château de cartes où les glaciers de consolident les uns les autres (et en plus une partie de la calotte est posée sur un socle rocheux sous-marin).
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L'accélération du réchauffement local pourrait donc avoir des répercussions planétaires, parce que ce qui est en jeu là-bas est que l'océan mondial s'élève ou pas de plus de 10 mètres en quelques siècles. Certes, quelques siècles c'est plus lointain que l'horizon de temps associé à la guerre en Ukraine, ou à tout autre processus qui serait susceptible de déstabiliser nos sociétés à plus brève échéance.
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Mais ce "rouleau compresseur" en marche viendra en rajouter - bien avant quelques siècles - à d'autres problèmes. Bienvenue dans le 21è siècle, où il faudra garder un oeil sur plus d'un risque, et du coup avoir des plans qui soient compatibles avec la partie déjà non évitable des conséquences de nos actes passés. Pour le moment, l'impression générale est plutôt celle d'être pris au dépourvu à chaque fois qu'il y a un écart à la "prévision" d'un monde maîtrisable et continu.
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date: '2022-02-26T10:19:42'
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title: CHANGE_ME 368
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L'invasion russe en Ukraine pourrait-elle propulser le prix des céréales vers des sommets ? La Russie, c'est environ 20% du blé faisant l'objet d'un commerce du commerce international. L'Ukraine, c'est un peu moins de 10% (https://lnkd.in/exKqJ5Hu ).
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De ce fait, l'ensemble combiné représente un gros quart des exportations mondiales de cette céréale majeure. Y a-t-il en conséquence un vrai risque de "contrôle des prix", voire des quantités, par l'agrégation politique des deux pays ?
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L'observation du prix du blé applicable aux échanges internationaux (graphique ci-dessous, tiré de https://lnkd.in/eFTtRp22 ), montre que depuis 2000 le premier déterminant du prix du blé est... le prix du pétrole. Le cours de cette céréale est monté vers des sommets lors du choc de 2008, puis celui de 2010 - 2014, et est reparti à la hausse depuis 2020 exactement comme celui du pétrole.
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Est-ce un effet inflationniste du au fait que le blé se cultive avec des engrais (fabriqués avec du gaz, dont le cours est indexé sur celui du pétrole) et des tracteurs fonctionnant au pétrole ?
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Un peu, mais cela n'explique pas une multiplication par 2 du prix. La première raison est probablement celle d'un arbitrage par les acteurs du marché financier (auquel je confesse ne pas avoir tout compris) qui conduit les cours de très nombreuses commodités à évoluer en parallèle.
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Toujours est-il que quand on regarde cette courbe sur longue période, la hausse des derniers jours n'est pas "anormale" : elle s'inscrit juste dans une tendance qui a démarré bien avant.
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Et comme il est possible que le pétrole n'ait pas terminé sa hausse (l'inverse aussi ! avec ce satané liquide les prévisions précises sont toujours un peu risquées :) ), cela signifie alors que le prix des céréales, Ukraine ou pas, continuera de monter.
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Cela pourrait déclencher d'autres foyers d'instabilité : les pays gros importateurs de nourriture dont l'économie domestique n'est pas au mieux. Cela concerne notamment les pays du sud de la Méditerranée largement dépendants du tourisme (Egypte et Tunisie), ce dernier étant actuellement en phase de difficile rémission post-covid.
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Nous retrouverions alors la même conjonction qu'au moment du déclenchement du printemps arabe : des sources de devises au plus bas avec un prix de la nourriture importée au plus haut. Et on connait la suite.
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Ce qui précède n'est évidemment pas une prévision. Mais dans notre monde interconnecté et faisant face à des pressions "physiques" croissantes, les effets domino sont ceux qui sont le plus à redouter.
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date: '2022-02-25T07:15:17'
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title: CHANGE_ME 369
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Je te tiens, tu me tiens par la barbichette : l'Europe voudrait réagir à l'offensive russe en Ukraine, mais qui tient qui dans cette histoire ? La Russie, c'est un pays richement doté en matières premières, très au-delà de ce qui est nécessaire à sa consommation propre.
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De ce fait, le pays exporte massivement pétrole et gaz, qui contribuent pour près d'un tiers à son PIB (symétriquement l'Union dépend de la Russie pour le tiers de ses approvisionnement pour ces deux sources d'énergie, qui ensemble représentent plus de la moitié des joules utilisés sur le Vieux Continent). Mais il exporte aussi de nombreux minerais et métaux, sans lesquels il n'y a pas d'industrie possible (et la France, où tous les candidats parlent de réindustrialiser - voire l'excellente tribune qui pique de Jean-Marc Vittori sur le sujet : https://lnkd.in/eXX5XskA - ferait bien de se souvenir qu'historiquement l'industrialisation est allée avec le contrôle de l'approvisionnement en matières premières).
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Entre l'Europe qui a la possibilité "physique" de priver les russes de transactions financières (qui se font via le réseau SWIFT qu'elle contrôle), et la Russie qui a la possibilité "physique" de mettre l'Union en pénurie de gaz et de pétrole (donc aussi d'électricité), qui tient qui ?
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Si demain matin les russes fermaient NordStream 1, le réseau électrique allemand aurait de bonnes chances de sauter, et... l'Europe aussi n'aurait plus de transactions financières, puisqu'il faut de l'électricité pour les réaliser !
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La stratégie énergétique allemande, qui a consisté depuis 20 ans - avec l'appui explicite des antinucléaires européens - à se mettre un peu plus à la remorque des russes, ne facilite donc pas la tâche pour essayer de tenir tête à Poutine dans les conditions actuelles. On pourrait remarquer que, l'Europe n'ayant ni chef de guerre ni réelle armée commune, être crédible en temps de crise militaire est de toute façon une gageure. En outre, en se concentrant sur le consommateur (libéralisation des marchés, concurrence partout) et en négligeant la stratégie de long terme (qui demande parfois de se passer du marché), notre attelage européen est de toute façon fragile face aux crises.
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Or, d'ici à 2050 il y aura de nombreuses crises, de nombreux imprévus partout sur la planète, qui vont secouer la géopolitique, notre économie, et donc notre pays. Tout plan de décarbonation doit en tenir compte. Pour l'heure, les scénarios de "transition" sont toujours des scénarios "calmes et sans crises". Malheureusement la situation actuelle en Ukraine nous rappelle une fois de plus que cela correspond à une évolution du monde qui n'aura pas lieu.
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Les "écologistes politiques" doivent donc aussi avoir des propositions réalistes en matière de géopolitique et de stratégie militaire.
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date: '2022-02-24T11:23:45'
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title: CHANGE_ME 370
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Les plus gros producteurs de shale oil aux USA ont annoncé à la presse que même à 200 dollars le baril ils ne décideront pas de produire beaucoup plus qu'aujourd'hui.
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Lors de la montée en puissance de ce type de pétrole, un fait avait marqué les observateurs : le secteur perdait continument du cash (fourni par des augmentation de capital et de la dette). A l'origine il y a un fait physique : un nouveau puits de shale oil voit sa production diminuer des 4/5è au bout d'un an, parce qu'une roche mère fracturée ne contient pas le même volume extractible qu'un gisement "conventionnel" une fois le puits de production en place.
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En phase de croissance de la production, il faut donc forer massivement : à la fois pour compenser le déclin des puits déjà forés, et pour assurer la croissance.
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Mais forer des nouveaux puits coute cher. Augmenter la production garantit un cash flow négatif, la laisser décliner (ce qui supprime les nouveaux forages) permet de gagner de l'argent. L'intérêt économique des acteurs du secteur est donc de ne pas augmenter (ou très peu) la production. Mais cela signifie que le shale oil ne peut pas compenser le déclin des autres productions, déclin enclenché depuis 2008 dans le monde, et donc que la production pétrolière mondiale devrait significativement décliner d'ici à 2050, climat ou pas.
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Le pétrole restant un facteur limitant de l'activité économique mondiale (car il permet l'essentiel des transports), il est donc probable que les flux physiques vont se retrouver de plus en plus contraints à l'avenir. Macroéconomiquement, cela signifie que le plus probable pour les décennies à venir est un PIB contracté en tendance (du moins tant qu'on le compte pareil), et, physiquement, des ressources matérielles (nourriture, métaux, objets...) de plus en plus difficiles à produire et mettre à disposition en quantités identiques et au même endroit.
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Il sera intéressant de voir si le lien est fait entre cette annonce américaine et les perspectives "de facilité" (en pratique un PIB croissant) mises en avant par les exécutifs européens, à commencer par ceux qui briguent cette place en France. Cela fera partie des choses que The Shift Project regardera quand il passera à la loupe les programmes des candidat(e)s.
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date: '2022-02-24T08:42:25'
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_une-interview-dans-le-monde-en-f%C3%A9vrier-2022-activity-6902533148299579392-43M1
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title: CHANGE_ME 371
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Dimanche dernier, le Plan de Transformation de l'Economie Française était dans Le Monde (le journal, en attendant que ca soit sur la planète :) ).
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J'ai reproduit le contenu de l'interview sur mon site, pour celles et ceux qui n'auraient pas eu accès au texte intégral de l'interview en question.
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date: '2022-02-23T11:00:29'
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_green-investing-the-risk-of-a-new-mis-selling-activity-6902205507491151872-AAuw
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title: CHANGE_ME 372
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Le Financial Times publie un article (qui occupe une pleine page dans l'édition papier) sur le fait que les produits financiers dits "verts" pourraient faire de plus en plus l'objet de procédures pour fraude (ou quelque chose d'équivalent), parce que leur caractéristique "verte" n'est pas comprise de la même manière par le vendeur et l'acheteur, le premier en ayant une compréhension plus "accommodante" que le second.
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Et, du coup, lorsque le second se rend compte qu'il n'a pas acheté ce qu'il croyait acheter, il pourrait demander réparation, quand bien même il n'a subi aucune perte financière. Ca serait au fond une espèce de réparation d'un préjudice moral.
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Il se pourrait donc que les juges confèrent un caractère plus contraignant à cette affirmation de verdeur que ce que les concepteur de ces produits ont en tête, ces derniers considérant un peu trop souvent que l'important est de dire que l'on est vert et moins la réalité de ce qui est fait.
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De fait, dans le monde financier, le côté "vert" est aujourd'hui l'objet de définitions où chacun voit facilement midi à sa porte. Si le droit devient le juge de paix (c'est le cas de le dire), quelle pourrait être l'interprétation de ce qui est "durable" ? La Palisse nous dit que cela signifie une activité capable de durer (!), et au niveau du climat, dit un avocat, cela signifiera "aligné avec l'accord de Paris".
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En pratique, il faudra donc une méthode opposable et partagée qui permette de comprendre si un produit financier est effectivement capable de résister à une baisse de 5% des émissions planétaires tous les ans (car c'est cela "aligné avec l'accord de Paris"). Il sera intéressant de voir si des tribunaux sont capables d'aller à ce niveau de technicité, et ce qu'il en sort.
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Mais ce qui est sur, c'est que le risque existe pour des acteurs du monde financier de se faire prendre la main dans le pot de peinture verte, car la pratique actuelle est trop souvent basée sur des fondements théoriques plus que discutables. Ce qui est suggéré dans cet article, c'est que la seule affirmation qui soit valable est de dire que "tel produit est mieux placé que tel autre en ce qui concerne le climat" (ce qui, soit dit en passant, est exactement la philosophie des méthodes utilisées au sein de Carbon 4 Finance). Mais cela n'autorise pas à dire que le produit en question est vert.
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date: '2022-02-22T14:56:08'
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title: CHANGE_ME 373
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Solution miracle pour les uns, fausse bonne idée pour les autres, la voiture électrique se retrouve désormais souvent au centre de débats passionnés sur la place qu'elle doit occuper pour remplacer ces satanées voitures à pétrole qui puent et qui polluent.
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A travers une première série de questions-réponses, Carbone 4 vous propose de faire un état des lieux sur l'aspect "carbone" de l'affaire, pour vous aider à situer la voiture électrique par rapport à ses alternatives (dont la voiture hybride), et vous aider aussi à comprendre que même au sein de l'électrique il y a plus ou moins vertueux en matière de carbone selon que l'on a une petite voiture ou un e-tank.
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Bonne lecture !
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date: '2022-02-22T07:43:23'
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title: CHANGE_ME 374
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Dans sa dernière livraison concernant l'avenir possible du système électrique, RTE annonce la mise à l'étude d'une variante "mondialisation contrariée" du cadrage macroéconomique de référence (qui sert pour les analyses économiques). Décrit à partir de la page 194 du document https://lnkd.in/eAp4RVwn, cette variante est moins optimiste que la version de base sur la croissance économique (de 1,4% par an sur les 30 ans à venir) et sur la disponibilité des matières premières (dans la version de base on suppose une "absence de tensions particulières sur les approvisionnements en matières et composants nécessaires au développement de nouvelles infrastructures énergétiques").
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Or, RTE considère sagement que "Il est cependant nécessaire de s’interroger quant à la robustesse des scénarios vis-à-vis d’un contexte global plus adverse, qui ne peut pas être exclu vu
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d’aujourd’hui". RTE note par exemple que le prix des matières premières est fortement remonté récemment (ce qui est aussi vrai pour les composants du PV), que la mondialisation (qui est basée sur le pétrole) est aujourd'hui indispensable à la fourniture de composants indispensables à bas cout, et donc que sa poursuite n'est pas assurée, etc.
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Dans la version "mondialisation contrariée", RTE Ecrit que :
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De manière caricaturale, deux types d’issues peuvent donc être envisagées dans l’analyse des implications de cette variante sur le contexte macroéconomique :
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° Dans un premier cas, la transition énergétique resterait possible, au prix de répercussions négatives sur le pouvoir d’achat des ménages
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(avec une baisse des consommations d’énergie sous la contrainte) et possiblement de sécurité d’approvisionnement électrique ;
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* Dans l’autre, l’atteinte même des objectifs climatiques est à interroger.
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Il faut saluer le fait qu'une entité publique ose écrire que l'avenir sera peut-être moins facile à piloter que le présent, et que nos paris doivent pouvoir résister à un contexte économique chaotique et un approvisionnement en matériaux et composants plus difficile à assurer.
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C'est bien dans ce contexte que nous devrions désormais faire de la prospective. Si nous avons d'heureuses surprises, on arrivera probablement à s'en accommoder sans trop de difficultés. Mais, à l'inverse, prendre pour acquis que le contexte sera facile nous laisse sans boussole si ce n'est pas le cas, alors même que tous les signaux se conjuguent - hélas - pour nous dire que c'est un monde plus volatil et moins généreux sur le plan des ressources qui s'annonce.
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date: '2022-02-21T07:46:45'
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title: CHANGE_ME 375
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Il était à un peu moins de 60 dollars il y a un an, et même transitoirement à -37 dollars en avril 2020, au moment du premier confinement planétaire du au covid : le baril de pétrole approche désormais les 100.
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Cette hausse n'est pas complètement une surprise : au moment du covid, le prix s'étant effondré, les investissements dans la production ont fait de même, et du coup au moment où le monde voudrait en consommer plus, l'offre ne suit pas.
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Les pays de l'OPEP+, par exemple (l'OPEP + rassemble les pays de l'OPEP et une dizaine d'autres dont la Russie, le Kazakhstan et le Mexique) produisent actuellement en dessous du quota qu'ils se sont fixé. Dans les diverses causes auxquelles on peut penser, il y a tout simplement le fait qu'il ne leur est techniquement pas possible de sortir plus de barils actuellement, par manque de capacités de production... ou de pétrole à extraire.
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Certains de ces pays ont en effet passé leur pic de production de manière certaine (le Mexique, l'Algérie, le Nigéria ou encore le Venezuela, et la Russie - 30% du pétrole utilisé en Europe - n'en est pas loin si ce n'est déjà fait) et la question se pose pour d'autres.
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Rappelons que, pour le pétrole dit "conventionnel" (tout ce qui n'est pas shale oil et sables bitumineux), le pic mondial a été passé en 2008, aux dires de l'Agence Internationale de l'Energie.
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Du coup, et c'est exactement ce que suggère cet article, en cas d'insuffisance de production, il n'y a pas d'autre manière d'équilibrer la situation que de détruire de la demande. Cela passe notamment par des prix qui montent.
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Il est assez facile de théoriser que lorsque l'économie manque d'un facteur de production qui lui est essentiel (ce qui est le cas pour le pétrole, sans lequel il n'y a pas de monde "moderne"), le prix de ce dernier devient volatil. Au début, le prix monte, mais comme par ailleurs la substance est physiquement indispensable, son défaut détruit du PIB. Cette destruction fait baisser la demande, et du coup le prix baisse.
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A ce moment les producteurs ne sont pas incités à faire sortir de terre le baril marginal (qui est le plus cher), alors que les gisements en cours d'exploitation voient globalement leur production baisser, et l'offre se tasse. Même avec une demande diminuée, le prix se met alors à remonter, et c'est reparti pour un cycle. La "longueur d'onde" de cette volatilité est notamment fonction du temps de mise en oeuvre des investissements pour faire remonter (autant que faire se peut) la production.
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Ne pas décarboner nos économies (et en particulier ne pas les "dépétroliser") de manière organisée nous exposera de manière structurelle à cette volatilité des prix du pétrole, et, par effet de ricochet, à une volatilité de beaucoup d'autres prix (comme ceux du gaz. Et du coup, cela légitime cette plaisanterie des personnes du secteur : en matière de pétrole, vous pouvez donner un prix ou vous pouvez donner une date, mais jamais les deux en même temps !
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date: '2022-02-20T18:37:50'
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title: CHANGE_ME 376
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Je ne sais pas si c'est en entendant parler de sobriété que Thomas Hugues lève les yeux au ciel :), mais c'est entre autres de ce sujet dont il a été question lors de mon passage sur B Smart pour évoquer à la fois Le Monde sans Fin (désormais réapprovisionné de manière significative) et le Plan de Transformation de l'Economie Française (qui récupère plus doucement de sa rupture de stock - décidément une manie :) - mais la rémission, à savoir une réimpression conséquente, est en vue).
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Un petit apéro de 20 minutes avant le film du soir !
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date: '2022-02-20T15:58:09'
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title: CHANGE_ME 377
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Si vous travaillez dans le domaine de la finance, que le climat n'a pas de secret pour vous, que vous aimez à la fois "rentrer dans la technique" et manager des équipes, que vous avez déjà quelques années d'expérience au compteur, et que c'est justement ce week-end que vous aviez décidé de réfléchir à un changement d'employeur, vous serez peut-être intéressé d'apprendre que Carbon 4 Finance se cherche son/sa nouveau/nouvelle DG.
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Carbon 4 Finance est la branche "data" de Carbone 4, qui fournit au monde financier des données pour que ce dernier comprenne "ce qu'il fait", quels risques il court en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, la décarbonation, les risques physiques du changement climatique, et enfin qu'il puisse mesurer l'impact sur la biodiversité de ses activités.
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Notre promesse n'est pas de permettre à nos clients de se verdir sans rien changer à leurs pratiques, mais de leur fournir une meilleure appréhension de la "distance au problème" de leurs activités, pour - idéalement - les rendre plus matures et donc pertinents sur le sujet.
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Nous avons développé, en interne pour le climat (risques de transition et risques physiques), et en partenariat avec CDC Biodiversité pour la biodiversité, des méthodes permettant ensuite de noter plus de 10.000 émetteurs de titres (actions ou obligations), cette information étant disponible sur abonnement auprès de nos clients.
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Nous sommes (à notre connaissance) le seul fournisseur de telles données 100% indépendant en France (aucun actionnaire extérieur à la société), et si l'on regarde les 3 offres que nous fournissons nous avons même peu d'équivalents ailleurs pour le moment. Cela nous confère une forte liberté intellectuelle, laquelle nous rend en retour un peu exigeants sur la rigueur méthodologique ; on n'a rien sans rien !
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Les détails et la manière de postuler sont détaillées dans l'annonce ci-dessous. Bonne chance pour celles et ceux qui se laisseront tenter !
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date: '2022-02-19T10:17:58'
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title: CHANGE_ME 378
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Aurons nous assez de cuivre, de nickel, de lithium, de cobalt, d'indium, d'étain ou même d'or (il y en a dans tous les appareils électroniques) pour assurer la "transition" ? C'était l'objet de ma petite chronique diffusée ce matin (comme tous les Samedi) sur RTL.
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Pourquoi cette question ? Parce que de se débarrasser des combustibles fossiles demande d'utiliser plus de métal, dans un monde qui demande de faire plus de place à l'électricité. Cette dernière doit être produite et il faut du métal dans les alternateurs et câblages des dispositifs de production.
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Plus l'énergie disponible dans l'environnement est diffuse (vent et soleil) plutôt que concentrée (combustibles fossiles et accessoirement uranium), et plus il faut de métal par unité d'énergie mise à disposition des machines que nous utilisons... et qui seront aussi électriques, et donc demanderont aussi du cuivre et d'autres métaux.
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Il faut par exemple près de 100 kg de cuivre par voiture électrique contre plutôt 25 par voiture à essence (j'ai dit 5 fois plus dans la chronique ; mea culpa !) ; 10 fois plus de cuivre par kWh produit au solaire que produit par une centrale électrique "conventionnelle" ; 5 à 6 kg de lithium et environ 7 kg de cobalt par voiture (50 kWh de batterie) ; etc.
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Rares sont les analyses prospectives qui se penchent sur la disponibilité effective des métaux pour assurer les décarbonations basées sur le passage à l'électricité à usages identiques (avec donc peu ou pas de sobriété). Pour le moment, les scénarios de place (dont la SNBC) assument cette disponibilité, et les économistes considèrent que toute l'information sur la disponibilité physique future est contenue dans le prix du moment.
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Avant de se jeter à corps perdu dans une trajectoire donnée, sachant que nous n'aurons pas de 2è essai, il est urgent de passer un peu de temps à savoir quels paris nous pouvons prendre et quels paris il vaut mieux éviter de prendre quand on revient à la physique. Gouverner, c'est prévoir !
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date: '2022-02-18T08:51:13'
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title: CHANGE_ME 379
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Le deuxième temps de la valse n'aura pas tardé à se produire, et n'aura même pas attendu après l'élection : après avoir mis à la charge d'EDF (dont ce n'est évidemment pas le rôle) de soulager ses "concurrents" et les électeurs français de 8 milliards d'euros environ (ca dépendra des prix de marché de l'électricité), l'Etat met déjà la main à la poche de 2 milliards pour recapitaliser ladite EDF.
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Il y a une blague classique qui consiste à demander à un ouvrier de creuser un trou pour disposer de la terre pour pouvoir boucher un trou existant. Comment boucher le nouveau trou demande l'ouvrier ? Mais en creusant un nouveau trou pardi !
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Cette histoire de shadoks était prévisible. Et comme 8 -2 = 6 et pas 0, et que par ailleurs 6 EPR à construire couteront 60 milliards plus ou moins 30 (et ce n'est qu'un début puisque le parc représente actuellement plutôt l'équivalent de 50 EPR), ce n'est évidemment pas en commençant par demander à EDF de payer 6 milliards pour assurer la réélection de l'équipe en place que cela va renforcer la solidité financière de l'opérateur qui va devoir s'atteler à ce plan industriel. Surtout que EDF va devoir continuer à verser des dividendes à son actionnaire !
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L'article des Echos parle de "restaurer la confiance des investisseurs". Les "investisseurs" détiennent 15% du capital d'EDF et demandent 10% de retour sur capitaux investis. Leur donner satisfaction est-il vraiment l'objectif N°1 quand on parle d'un actif qui est crucial pour l'avenir du pays pour le siècle qui vient ?
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Et les investisseurs n'auraient-ils pas été moins échaudés si l'Etat ne s'était pas servi dans les poches d'EDF au service de la campagne électorale du locataire actuel de l'Elysée ?
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date: '2022-02-17T08:56:22'
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title: CHANGE_ME 380
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Dans notre monde numérisé, même les personnes qui se penchent sur l'empreinte carbone du numérique... ont besoin de numérique !
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Carbone 4 se cherche donc une personne à même de renforcer l'équipe IT (aussi sobre que possible, cela va sans dire) pour "administrer" le parc informatique (un peu moins conséquent que celui d'une banque, mais utilisé par des personnes si sympathiques :) ) et les réseaux.
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date: '2022-02-17T07:51:38'
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title: CHANGE_ME 381
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La revue Nature Climate Change a célébré la Saint Valentin à sa manière : en publiant une étude qui montre que l'épisode de sécheresse qui sévit actuellement dans le sud-ouest américain (voir carte qui montre qu'en pleine "saison des précipitations" c'est encore très très sec : https://lnkd.in/dQVN83A ) est le plus intense des 1200 dernières années.
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Comment reconstitue-t-on les précipitations passées à une époque où il n'y avait pas de pluviomètres ? En analysant les cernes d'arbres (suffisamment vieux, mais il faut savoir que l'on trouve aux USA, précisément dans des régions un peu hostiles où la croissance des arbres est très lente, des végétaux vieux de plusieurs milliers d'années) qui permettent de reconstituer l'humidité du sol.
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Cette dernière conditionne en effet la croissance de l'arbre pour l'année considérée. L'étalonnage est permis par le fait que la croissance (et la dureté du bois pour l'année de croissance) peut être mesurée pour des années récentes pour lesquelles les relevés de précipitations sont disponibles.
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Cette sécheresse aurait été beaucoup moins probable sans changement climatique, indiquent les chercheurs. cela est cohérent avec le fait que les modèles climatiques concluent à un assèchement d'une large partie des sols des moyennes latitudes dans un climat qui se réchauffe. Outre une baisse de précipitations par endroits, d'autres éléments contribuent à cette évolution :
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- des précipitations plus irrégulières, or ce sont les précipitations régulières qui rechargent bien les sols (les épisodes pluvieux intenses conduisent à un ruissellement intense et l'eau s'évacue pour l'essentiel sans pénétrer le sol)
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- une évaporation plus intense, à cause des températures plus élevées.
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Cette évolution n'est évidemment pas bonne pour la végétation. Ni pour les écosystèmes naturels, ni pour l'agriculture. Et malheureusement elle ne vas pas s'arrêter le jour où nous commençons à baisser les émissions. En éviter les effets les plus dramatiques, si nous le pouvons, doit aussi faire partie de nos priorités dès à présent.
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Cela demande du jus de cerveau pour comprendre au mieux ce que cela signifie en termes de risques, et des moyens humains et physiques pour éviter ce qui est évitable ensuite. Plus nous tardons, plus nous le regretterons.
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date: '2022-02-16T09:16:52'
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title: CHANGE_ME 382
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Le réchauffement climatique ne s'élève "que" à 1,2 °C pour la planète, et cependant cela est déjà suffisant pour conduire le patron de l'Office National des Forêts à affirmer dans Les Echos que "La forêt française est en train de sécher". Et le même d'ajouter que sur 10 % du territoire national nous verrons d'ici dix à vingt ans les effets très concrets du réchauffement (traduire une mortalité sévère).
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Une des choses que nous devons nous mettre en tête en ce qui concerne le réchauffement est que les effets suivent l'élévation de température avec une inertie plus ou moins grande, mais de manière irréversible. Pour la forêt, quand bien même les émissions planétaires tomberaient à zéro demain matin, les conséquences du réchauffement ayant déjà eu lieu vont s'amplifier à l'avenir, puisque le temps de retour des canicules et sécheresses a déjà diminué (ces dernières sont déjà plus fréquentes), et donc que les conditions sont déjà plus "dures" pour les arbres existants (épicéas, hêtres, chênes...) qui, petit à petit, succombent au stress hydrique.
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Dans l'Est, explique le directeur général de l'ONF, ce sont les sécheresses à répétition qui ont affaibli les arbres et rendu les conditions favorables à la prolifération d'un insecte (le scolyte) qui finit de les achever. Et il s'agit d'épicéas présents depuis un siècle... La France n'est pas un cas isolé : au Canada et en Sibérie des phénomènes identiques se produisent, auxquels il faut rajouter des incendies qui augmentent, et qui peuvent transformer en peu de temps la forêt existante en un sol quasi-nu.
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Adapter la forêt au changement climatique n'est donc pas simple : un arbre planté aujourd'hui doit à la fois s'accommoder du climat actuel... mais être toujours vivant dans le climat encore plus modifié - et notamment plus sec - que nous aurons dans 50 à 100 ans - la durée nécessaire pour qu'il devienne adulte.
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En plus le remplacement des arbres existants est imposé par la mortalité : "par endroits, le taux d'arbres qui meurent est tel qu'il faut d'abord récolter les arbres secs avant d'exploiter les vivants. Nous passons en situation de crise" explique Bertrand Munch.
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Replanter 30% du territoire avec des essences adaptées, diversifiées, indispensables à la fourniture de matériaux, d'énergie, de biodiversité, d'espaces récréatifs, et au cycle de l'eau : voilà un projet qui devrait faire l'objet d'un grand programme national mobilisant les finances publiques (un peu plus que la réalité virtuelle, le soutien aux cryptomonnaies ou les taxis volants) et justifier le renforcement de certaines filières professionnelles, non ? Et qui mériterait un peu plus de place dans les discours politiques...
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date: '2022-02-15T08:05:54'
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title: CHANGE_ME 383
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Le 7 février dernier, les think tanks Carbon Market Watch (Belgique) et New Climate Institute (Allemagne) ont publié un "Corporate Climate Responsibility Monitor" qui a pour but "d'évaluer la transparence et l'intégrité des engagements des entreprises en matière de climat" ((https://lnkd.in/edwRCrCs ).
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Comme l'expose l'introduction de ce rapport, la plupart des grandes entreprises ont désormais des stratégies et des objectifs publics en matière de climat, avec le plus souvent des engagements qui "à première vue, semblent réduire considérablement, voire éliminer, leurs contributions au réchauffement planétaire".
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En pratique, ces entreprises revendiquent souvent une neutralité individuelle, comme par exemple Colissimo qui affiche fièrement que la livraison qui vous sera faite sera "neutre en carbone", ou Google qui affiche désormais sur sa page d'accueil qu'il est "neutre en carbone depuis 2007", excusez du peu.
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Les auteurs du rapport se sont demandé ce que valaient ces engagements de neutralité, maintenant ou pour plus tard. Comme le rapport fait 128 pages, Carbone 4 vous en propose un résumé un peu plus rapide à lire, qui peut malheureusement lui-même se résumer en une phrase : "les entreprises neutres en carbone, c’est (souvent) n’importe quoi".
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Il est en particulier facile de constater que les entreprises qui se déclarent neutres dès à présent, ou qui "se sont mises en capacité de l'être plus tard", vendent en pratique le même produit ou service, aux mêmes clients, et avec la même organisation et gouvernance qu'avant à quelques détails près.
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Du coup, on peut légitimement se demander, même sans être spécialiste, ce que valent ces engagements. A l'occasion d'une tribune parue dans l'Express il y a un an et demi (https://lnkd.in/dGTt6Zs ), j'avais proposé aux lecteurs de répondre à la question "à votre avis, une entreprise peut-elle devenir "neutre en carbone" ?". Le choix était entre "oui tout de suite", "oui plus tard", "non jamais", et "je ne sais pas". Certes ce genre de sondage en ligne n'est pas représentatif, mais il est intéressant de noter que les deux dernières possibilités ont recueilli plus de la moitié des votes.
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Dit autrement, tant qu'il n'y a pas de sanction légale à affirmer des choses qui n'ont pas de fondement théorique solide (https://lnkd.in/db7JzB2q ), le seul risque pour une entreprise est d'apparaître comme non crédible auprès de ceux qui ont regardé la question d'un peu près (dont les étudiants de Pour un réveil écologique qui chassent régulièrement le greenwashing avec un certain succès).
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Mais si un jour la société devient sérieuse sur ces questions, il s'avèrera peut-être que les entités qui ont choisi cette voie n'auront pas pris de l'avance, mais, en choisissant de noyer le poisson plutôt que de prendre le taureau par les cornes, plutôt du retard.
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date: '2022-02-14T17:50:36'
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li-id: 6899047224358051840
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title: CHANGE_ME 384
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Quand on livre un produit, il est bon de prévoir un service après-vente. C'est plus ou moins l'esprit de ce "facebook live" qui porte sur le plan de transformation de l'économie française (https://lnkd.in/esiqHkbf), ou plus exactement qui comporte un certain nombre de réponses à des questions qui ont été posées par des internautes à propos de ce plan.
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Comme d'habitude, la procédure est la suivante : la session est annoncée quelques jours à l'avance sur "ma" page FB, et les personnes qui le souhaitent peuvent à la fois poser des questions et "soutenir" les questions déjà posées.
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Le jour J je prends les questions dans l'ordre descendant des "soutiens" pour répondre en premier aux questions les plus "soutenues" (et donc qui intéressent le plus de monde, du moins dans les personnes qui sont allées faire un tour sur la page). Et à l'arrivée vous avez un superbe plan presque fixe avec de la voix (donc vous pouvez supprimer l'image ou presque !).
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Le minutage des questions n'est pas encore disponible mais ca ne devrait pas tarder (désolé). J'espère que l'on s'y retrouve quand même !
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date: '2022-02-14T07:16:58'
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li-id: 6898887763693752320
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_sixi%C3%A8me-extinction-de-masse-alerte-sur-activity-6898887763693752320-TIvw
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title: CHANGE_ME 385
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Les Echos consacrent un long article à l'extinction des espèces en cours, à l'occasion de la publication d'un article scientifique qui vient de sortir (https://lnkd.in/eZnpfjtk ; en libre accès). Cette publication explique en quoi le système de "liste rouge" de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) conduit à sous-estimer le rythme de disparition, car elle ne concerne quasiment pas les insectes, qui représentent environ 90% des espèces animales décrites, ni les mollusques, qui en représentent presque 10%.
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Les auteurs de la publication scientifique ont regardé de près le groupe des mollusques, et ont ensuite extrapolé à l'ensemble des espèces, pour en déduire que, en ordre de grandeur, de 7,5 à 13% des 2 millions d'espèces décrites avaient déjà disparu depuis 1500.
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Cela fait donc de 150.000 à 260.000 espèces qui ont disparu sur environ 2 millions d'espèces décrites. Les 5 extinctions de masse qui ont eu lieu depuis 450 millions d'années avaient pour origine une perturbation de grande ampleur du système climatique (glaciation, impact d'un météorite, volcanisme...). Celle ci a pour origine la domination d'une espèce : nous.
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Comment agir ? Comme pour le climat, cela sera plus vite dit que fait. La première cause de perte de biodiversité est la perte d'habitats, et la première cause de cette perte est due à l'activité agricole. Cette dernière consiste en effet à remplacer des écosystèmes naturels par des écosystèmes dirigés comportant beaucoup moins d'espèces, à la fois végétales (on se limite aux plantes ou arbres cultivés) et animales (on supprime autant que possible l'accès aux "ravageurs").
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La taille de la population est donc un premier déterminant : plus nous sommes nombreux, plus nous avons de production végétale et plus la "nature" dispose de peu d'espace.
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Mais à cela sont venus se rajouter les "agressions chimiques" de toute nature (délibérée comme celle des phytosanitaires ou involontaire) ainsi que le changement climatique (incendies, sécheresses). Et, comme pour le climat, les urbains en bout de chaine, physiquement déconnectés des écosystèmes qui nous permettent de vivre, ont du mal à faire le lien entre leurs comportements et ce qui crée des pressions "ailleurs" sur la biodiversité.
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Il reste peu de temps pour à la fois déployer les systèmes comptables émergents qui permettent de faire un état de la pression sur la biodiversité d'une activité donnée, et tenter de corriger le tir. Comme pour le climat pourrait-on dire...
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date: '2022-02-13T11:15:39'
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li-id: 6898585443433029632
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title: CHANGE_ME 386
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L'annonce récente d'Emmanuel Macron sur le nucléaire (se doter d'une stratégie ambitieuse dans le domaine) est assurément pertinente au regard du contexte et du défi climatique. Elle pose cependant quelques questions :
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- y aura-t-il la stabilité politique à suivre ?
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- y aura-t-il les compétences ?
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- y aura-t-il le financement ?
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- y aura-t-il la stabilité réglementaire à un niveau qui soit le bon ?
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- et, surtout, pourquoi avoir changé d'avis depuis la fermeture de Fessenheim ?
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Ces questions sont interconnectées. Par exemple, la volonté politique dans la durée est indispensable pour susciter des vocations chez les jeunes ou les personnes en mobilité professionnelle, ce qui permettra d'avoir des compétences. Au moment de la construction du parc existant, qui a pris 20 ans, les compétences nécessaires sont pour partie apparues en cours de route et c'est normal.
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Le cout de l'argent pour financer la construction ou les opérations de maintenance lourde (le "grand carénage") est fonction du risque perçu par les prêteurs et investisseurs, et ce risque est bien évidemment considéré comme plus élevé quand on a peur que le pouvoir politique revire sur le sujet et ferme prématurément une installation, ou lui complique inutilement la vie en poussant des réglementations qui sont excessivement prudentes.
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La stabilité réglementaire au bon niveau est aussi nécessairement fonction du degré de volontarisme du moment. Même si l'ASN est indépendante, elle prend fatalement appui sur l'ambiance du moment en ce qui concerne le soutien politique et de la population au nucléaire. Plus on veut un résultat, plus on est prêt à prendre de risques assumés pour y arriver ! (et inversement)
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La question de fond est donc celle de la stabilité politique. Et, en démocratie, cela renvoie au consensus qui s'est forgé (ou pas) à "l'étage en dessous", c'est à dire à la volonté populaire (ou pas) de disposer d'une filière nucléaire offensive. Si c'est le cas, comme nous avons dans ce pays un consensus sur le fait d'avoir une sécurité sociale par exemple, alors la stabilité politique suivra.
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Et cela donne peut-être la clé de lecture sur "pourquoi ce revirement". L'opinion a changé sur le sujet du nucléaire ces deux dernières années, avec un soutien qui est devenu nettement plus marqué. Difficile de savoir pourquoi sans disposer d'études approfondies. On peut penser au climat (dont le fait que le nucléaire soit une énergie bas carbone devient compris par une part croissante de la population), au prix de l'électricité qui a fortement augmenté pour le consommateur final, aux ENR qui ne semblent pas si faciles que cela à déployer à large échelle, à la question de l'emploi (il y a quand même un peu de monde dans la filière)...
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Dans tous les cas de figure, ce mouvement gagne du terrain, y compris dans les rangs des Verts. Et c'est probablement ce dernier élément qui a contribué à décider Macron de franchir le pas à la veille d'une élection. Il faudra voir ce qu'il en reste après !
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date: '2022-02-12T10:08:13'
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title: CHANGE_ME 387
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Rien à voir avec la déclaration de Macron sur le nucléaire (!) : ma chronique de ce matin sur RTL parle du permafrost et sa disparition partielle sous l'effet du réchauffement climatique.
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Pourquoi évoquer cette fonte dont nous pouvons penser, nous français(es), qu'elle ne nous concerne pas, puisque notre territoire ne se situe pas aux hautes latitudes nord ?
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Pour deux raisons, évoquées dans cette chronique :
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- d'une part nous avons du permafrost en France, là où la température est négative une large partie de l'année : au sommet des montages (en gros au-dessus de la limite des glaciers et neiges éternelles), et sa fonte aura des effets visibles
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- d'autre part parce que sa fonte aux hautes latitudes va amplifier le réchauffement climatique en accélérant le relâchement de méthane.
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On appelle dans les media les sujets qui ne dépendent pas de l'actualité du jour (ou de la semaine) des sujets "froids". Pour le coup c'est de circonstance !
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date: '2022-02-11T07:55:45'
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title: CHANGE_ME 388
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Etre invité sur Fun Radio, c'est bien la dernière chose à laquelle je m'attendais lorsque The Shift Project s'est mis à la planche à dessin pour accoucher du Plan de Transformation de l'Economie Française.
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Un media évoque rarement des sujets qui vont complètement le couper de son audience. J'ai donc envie de penser (j'espère pas à tort !) que si j'ai été convié à causer sur cette antenne, c'est parce que de l'autre côté du poste de radio (ou de l'ordinateur ou du téléphone) à cette heure là (âge moyen 18 à 35 ans m'a-t-on dit) il y a de l'intérêt.
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On ne va pas s'en plaindre, tout le rebours. Pour effectuer dans la durée (des décennies) la transformation de notre économie, il est essentiel d'y intéresser dès à présent la jeune génération, qui devra idéalement avoir envie de se former sur les emplois dont la société devra disposer, et avoir envie d'adopter un "mode de vie" qui soit en adéquation avec les possibilités physiques du monde.
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Il semblerait que l'envie de voir des propositions (sérieuses de préférence) sur l'environnement ne soit pas limité aux auditeurs de cette radio (tant mieux !) si l'on en croit cet article du Monde : https://lnkd.in/eSCUx55x
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The Shift Project a prévu un dispositif "d'interpellation" des candidat(e)s sur les thèmes qui nous sont chers, pour savoir ce qu'ils proposent et donner notre avis. Nous espérons ainsi contribuer à un choix plus éclairé, tout en sachant que ces sujets demandent du temps pour être travaillés correctement, et que des responsables politiques qui se réveilleraient maintenant en se disant qu'il faut qu'ils s'en occupent ne pourront rien faire d'autre que de récupérer des propositions "sur étagères".
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Nous espérons évidemment qu'à ce moment ils auront envie de s'inspirer de notre plan !
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date: '2022-02-10T11:33:31'
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li-id: 6897502776142700544
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title: CHANGE_ME 389
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Le Plan de Transformation de l'Economie Française était l'objet de l'intérêt de Thinkerview hier soir. Pendant un peu moins de 3 heures nous - Laurent Morel et ma pomme - avons évoqué des sujets en lien direct ou indirect (et à quelques rares occasions très indirects mais c'est le charme de l'émission) avec ce plan.
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Nous n'avons pas tant egrené les mesures opérationnelles proposées dans chacun des 15 secteurs couverts dans le livre, mais nous avons plutôt parlé de la philosophie générale de l'affaire, des questions d'emploi et d'équité, du contexte international, de l'existence ou pas de "candidat(e)s" à sa mise en oeuvre, etc.
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Comme d'habitude sur cette chaine les questions sont parfois délibérément déstabilisantes ou provocatrices, mais ca fait partie du jeu, et par ailleurs ce n'est pas pareil d'avoir 10 secondes ou 10 minutes pour répondre à une question taquine.
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Ce qui est sur, c'est que l'une des questions d'ouverture ("que se passe-t-il si on ne fait rien") est très en lien avec le cygne noir qui sert de logo à la chaine !
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date: '2022-02-10T07:48:20'
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title: CHANGE_ME 390
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Tou(te)s celles et ceux qui ont acheté ou vendu un logement y ont eu affaire : le Diagnostic de Performance Energétique, ou DPE, qui classe le logement en fonction... de sa performance énergétique. A c'est pour un logement très économe, et G pour ce que l'on appelle une "passoire thermique" (F aussi du reste).
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Ce DPE ne tenait compte, jusqu'à maintenant, que de la consommation d'énergie, mais ne se préoccupait pas du type d'énergie en question. Il était donc possible d'avoir une meilleure note avec un logement chauffé au fioul qu'avec un logement chauffé à l'électricité, alors même que le second aurait conduit à beaucoup moins d'émissions que le premier à usage identique.
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Du coup il y avait aussi une "étiquette gaz à effet de serre" qui concernait elle uniquement les émissions de CO2, mais c'était néanmoins celle sur l'énergie qui était systématiquement citée et prise en compte dans les actions, beaucoup moins celle sur les émissions. Mettre les deux informations dans une même note est bien plus pertinent, même si les seuils choisis peuvent toujours se discuter.
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D'autres imperfections existaient dans le mode de calcul du DPE : par exemple, le bâtiment pouvait être mieux noté simplement parce qu'il était moins utilisé (alors que la note doit refléter ses performances intrinsèques et non sa température de consigne ou sa vacance).
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Les modifications et novations (par exemple la création d'un DPE collectif pour les immeubles) sont détaillées et commentées dans cet article qui vous est proposé par la pratique bâtiment de Carbone 4. Le nombre de "passoires énergétiques" et leur composition, ainsi que l'adéquation entre ce DPE réformé et les politiques nationales sont ainsi passés au crible, avec pour conclusion "c'est beaucoup mieux, mais il reste encore quelques marges de progrès".
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Rappelons que le bâtiment c'est 40% de l'énergie finale et environ 20% des émissions de gaz à effet de serre du pays. C'est donc un secteur incontournable (et majeur sur l'énergie) de tout plan visant à rendre notre "mode de vie" compatible avec les limites climatiques et de ressources.
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date: '2022-02-08T16:37:35'
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title: CHANGE_ME 391
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Bruno Le Maire a fait quelques affirmations sur l'énergie sur France Inter qui m'ont semblé mériter quelques précisions.
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Il a dit "L'Europe doit être indépendante du point de vue énergétique". L'Union importe actuellement 96% de son pétrole (dont 35% de Russie), 80% de son gaz (un tiers russe aussi) et 35% de son charbon. Elle importe 100% de son uranium, quasiment 100% de ses panneaux solaires, une fraction de ses éoliennes, 100% de son cuivre (nécessaire aux réseaux et appareils électriques), 100% des métaux pour batteries, et j'en passe. Ne pas dépendre de pays tiers pour des denrées indispensables à notre système énergétique sera hélas impossible. De quelle indépendance parle-t-on ?
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Bruno Le Maire impute la hausse des prix de l'énergie à la "demande plus forte que prévue" en pétrole et en gaz à cause de la reprise. Il ne faudrait pas oublier ce qui a joué encore plus (sans jugement de valeur sur la pertinence de la hausse des taxes) : la mise de l'électricité dans le marché (qui cale les prix spot pour tous sur le mode de production le plus onéreux), le prix des quotas qui atteint pas loin de 100 euros la tonne de CO2 et qui renchérit le MWh au gaz, la hausse des taxes sur les carburants (notamment le diesel) et enfin la fiscalité (d'abord affectée aux ENR, puis non affectée) qui a augmenté sur l'électricité.
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Il espère que d'ici la fin 2022 les prix vont baisser. Que disent "les marchés" ? Le prix du gaz pour livraison dans un an et dans deux ans est à peu près le même que le prix pour demain. Un peu plus loin il a parlé de "sortie de crise". Mais si le gaz reste proche de 100 euros le MWh (et donc l'élec pas loin de 250 avec le rendement des centrales et le prix du CO2) pendant 2 ans, ca n'est plus vraiment "une crise", c'est plutôt un nouvel état de fait....
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Bruno Le Maire explique que l'Etat a imposé une charge de 8 milliards à EDF (dont une partie financera une filiale de Total !) "parce que c'est une entreprise publique" et "sous le contrôle de l'Etat". Cela veut-il dire que l'on ne peut pas, au nom de l'intérêt général, imposer une charge à une entreprise privée ? Que l'Etat n'a aucun contrôle sur le secteur privé ?
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Le ministre qualifie EDF de "service public". Objection votre honneur : si on a voulu un marché concurrentiel il n'y a plus de service public. Il y a des concurrents, et si on fait les poches de l'un d'eux on doit faire les poches de tous. Cela n'empêche pas l'invité de dire un peu plus loin que pour les pétroliers "c'est à eux de faire des propositions" (aucune obligation !). Amusant...
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Enfin notre ministre déclare que "nous avons des besoins en électricité décarbonés infiniment supérieurs à ce à quoi nous nous attendions". Pour ce que j'en ai vu depuis 20 ans, la question de la disponibilité physique future de l'électricité décarbonée n'a jamais fait l'objet d'une "attente" quantifiée du monde politique : elle a fait l'objet de certitudes d'une absence de difficultés fondées sur... rien.
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date: '2022-02-08T10:16:07'
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title: CHANGE_ME 392
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Ma casserole contre ta voiture : la diminution de l'usage des combustibles fossiles sur une planète peuplée de 8 milliards d'individus va conduire de plus en plus fréquemment à des conflits sur l'utilisation des sols, dont le produit (la biomasse) est "réclamée" pour des usages multiples :
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- se nourrir
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- se déplacer en mode motorisé (carburants)
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- produire des matériaux (bois, coton ou lin, chanvre...)
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- profiter à la biodiversité (auquel cas on prélève un minimum car on "laisse la nature tranquille").
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A ce la on peut rajouter un usage hors biomasse qui est d'implanter des bâtiments et infrastructures (voies de communication), qui peut inclure de la biomasse "récréative" (espaces verts, par exemple).
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Aux USA la concurrence entre voitures et assiettes est déjà très significative sur le maïs. 40% des cultures de cette céréale servent à produire de l'éthanol pour mettre dans les réservoirs et non à nourrir des gens (peu !) ou des animaux (beaucoup). Et comme les détenteurs de voiture ont souvent plus de pouvoir d'achat que ceux qui n'en ont pas, il se passe alors le processus suivant, que l'on voit aussi arriver en Indonésie : l'achat de la denrée pour des usages énergétiques est plus rentable pour les producteurs que pour nourrir des gens.
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Il est malheureusement probable que cette concurrence va s'amplifier à l'avenir, et que la tentative de basculer sur le flux solaire courant des usages qui se sont développés avec du déstockage de flux solaire ancien (les combustibles solides) va créer de plus en plus de tensions sur l'alimentation.
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date: '2022-02-07T10:51:45'
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title: CHANGE_ME 393
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Quelques heures avant l'événement organisé par The Shift Project pour présenter de façon un peu panoramique le plan de transformation de l'économie française (inscription libre pour assister en ligne : https://lnkd.in/e8m9JS_S ), RTL m'a laissé une petite place pour parler de ce travail (avec une mention en passant au Monde sans Fin, normalement disponible à nouveau en librairie - et réapprovisionné à intervalles réguliers de toute façon d'ici à avril).
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On ne refait pas les media : on a plus parlé de nucléaire à l'antenne que dans le PTEF (où il en est un peu question au chapitre énergie - un chapitre sur 15 !), et j'invite évidemment tout(e) un(e) chacun(e) à en juger par lui ou elle-même, en lisant le livre publié chez Odile Jacob, en assistant à la présentation de cet après-midi, ou en regardant les documents publiés directement par The Shift Project sur le site https://lnkd.in/esiqHkbf
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Bien évidemment notre travail (au Shift Project) ne va pas s'arrêter ce soir : nous sommes plus au début d'un processus qu'à la fin, puisque dans la vraie vie la décarbonation à la bonne vitesse n'a pas vraiment commencé !
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date: '2022-02-07T06:02:39'
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title: CHANGE_ME 394
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Dans une publication récente de "Flash Economics", Patrick Artus, chef économiste de Natixis, se demande si le découplage entre PIB et CO2 est en route : https://lnkd.in/ekFjfb4J
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Rappelons que le découplage est un autre nom pour la croissance verte (qui est affirmée comme possible par notre pouvoir politique, puisque nous avons en France une loi "pour la croissance verte", votée en 2015). Cette évolution correspond à une situation où le PIB croit en permanence pendant que les émissions de gaz à effet de serre et autres nuisances environnementales décroissent en permanence.
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La conclusion d'Artus est :
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- le découplage s'observe depuis 1990 pour l'Europe ou les USA
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- il s'observe un peu pour la Chine et l'Inde
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- mais il ne s'observe pas pour le monde dans son ensemble.
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Dit autrement, pour le monde dans son ensemble, les émissions de CO2 par unité de PIB ne diminuent quasiment pas depuis 1990. Or, c'est bien à ce niveau global qu'il faut regarder les choses, parce qu'aucun pays n'est autosuffisant pour l'ensemble de sa consommation. C'est pour l'ensemble de l'activité productive qu'il faut voir si la croissance verte est en vue ou pas (voir par exemple https://lnkd.in/dDCe4YAm ).
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Que signifie ce résultat ? Tout simplement que l'on voit mal, aujourd'hui, comment il serait possible de ramener les émissions planétaires à zéro avec un PIB en croissance... voire même un PIB constant. Cela est assez cohérent avec le fait que, avant les combustibles fossiles, le PIB mondial était très inférieur à ce qu'il est aujourd'hui, et surtout croissait très très lentement.
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date: '2022-02-06T09:45:34'
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title: CHANGE_ME 395
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L'environnement peut éventuellement se voir comme un ensemble de limites physiques et biologiques incontournables sur une planète finie, et qui contraignent donc les degrés de liberté pour notre avenir, que cela nous enchante ou nous enchante un peu moins.
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Dans le cadre de la surenchère électorale qui a démarré de fait dans les media (même si la campagne officielle n'est pas encore ouverte), il ne serait donc pas complètement idiot de regarder de façon un peu systématique si les promesses flottent au regard des limites en question. Ce serait d'autant plus logique que la question environnementale préoccupe une fraction croissante de l'électorat.
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Mais... on ne peut pas dire que nos amis journalistes passent souvent les personnages politiques à la question sur ces sujets. Même Jadot a plus fait parler de lui récemment avec sa cravate qu'avec son programme ! Je suis donc allé ronchonner... sur un média :), en l'espèce dans le cadre de la chronique qui vient d'être diffusée ce Samedi sur RTL.
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Comme elle fait 3 minutes, je ne vous en propose pas un résumé !
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date: '2022-02-05T10:19:43'
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title: CHANGE_ME 396
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Petit rappel : Lundi 7 février, à 18h, The Shift Project organise un événement en ligne pour présenter l'ensemble de son plan de transformation de l'économie française.
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Cet événement a en fait lieu en "phygital", c'est à dire que tou(te)s les intervenant(e)s seront rassemblés au même endroit, en l'espèce à Sciences Po, qui nous a paru être le lieu où se mettre pour parler de l'avenir du pays à l'occasion du débat présidentiel (qui pour le moment ne comporte pas beaucoup de séquences sur l'environnement, c'est le moins que l'on puisse dire).
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Cet événement ne sera pas juste l'occasion de résumer le résumé (le le livre paru chez Odile Jacob - https://lnkd.in/ekk7DZZH - quasi-épuisé une semaine après sa sortie, ce qui nous a étonné nous-mêmes, mais les réimpressions arrivent) : il sera aussi l'occasion de donner la parole à une partie des chef(fe)s de projet qui, avec le concours de centaines de contributeurs et de milliers de relecteurs, ont rendu ce travail possible.
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Il sera aussi l'occasion de donner la parole à des intervenant(e)s externes, dont le secrétaire général de la CFDT, le président délégué du MEDEF, la co-présidente du mouvement Impact France, la nouvelle DG de Veolia et le (presque) nouveau patron de Sciences Po.
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Pour assister en ligne (sur place nous avons réservé l'amphi aux contributeurs du PTEF et aux invités, ainsi qu'à des étudiant(e)s de Sciences Po) c'est gratuit ; il faut juste s'inscrire pour recevoir le lien permettant de se connecter. Le programme figure sur la page en lien ci-dessous.
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Nous espérons vous "voir" nombreux !
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date: '2022-02-04T07:22:43'
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title: CHANGE_ME 397
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A l'occasion de la sortie chez Odile Jacob du livre résumant le Plan de Transformation de l'Economie Française (https://lnkd.in/esiqHkbf), Les Echos me font l'honneur de leur interview longue du Vendredi dans le journal "papier" (qui est de plus en plus digital !), et encore plus longue sur le site web.
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Le fait même que le site des Echos puisse mettre le lien vers cette interview en page d'accueil, et avec le titre "Avec les bons indicateurs, l'économie mondiale serait en faillite !", montre bien que les sujets évoqués sont désormais considérés comme légitimes par la rédaction, qui n'était pas du tout le cas il y a 10 ans.
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Au demeurant, pendant l'échange qui a donné lieu au texte publié, les points de vue développés ont évidemment donné lieu à discussion, mais pas du tout à un dialogue de sourds. Le même jour, le même journal publie un éditorial d'un des deux interviewers (David Barroux, Rédacteur en chef Micro), où l'auteur écrit : "Croire que, sans aucune contrainte, les modes de production ou les habitudes de consommation évolueront assez rapidement et radicalement pour changer la donne est illusoire. De même, parier uniquement sur une multitude de ruptures technologiques pour espérer résoudre les problèmes climatiques est sans doute excessivement optimiste." (https://lnkd.in/eMFUEbFq )
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Bien sur, il faut se garder de crier victoire trop tôt, et penser qu'une interview est une révolution. Une interview est... une interview :). Mais elle marque un petit point dans l'adhésion indispensable d'une partie des acteurs économiques à l'idée d'une planification de la décarbonation, sans laquelle, dans notre système remontant qu'est la démocratie, il n'y a pas d'avancée significative possible dans la sphère politique prise dans son ensemble.
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date: '2022-02-03T14:00:26'
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title: CHANGE_ME 398
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Le 10 février à 11h Carbone 4 organise un webinaire pour présenter les résultats d'une étude sur les infrastructures et la question climatique.
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On met dans cette catégorie les réseaux de transport (route, rail, air, mer), les réseaux de télécom, les réseaux énergétiques (gaz, électricité) et souvent les unités de production, les réseaux d'eau, et parfois certains bâtiments (stades, gares...).
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Leur construction et leur usage représentent la moitié de notre empreinte carbone. Il n'est donc pas complètement inintéressant de savoir comment les modifier et piloter !
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date: '2022-02-03T07:55:42'
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title: CHANGE_ME 399
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Quand j'étais étudiant, j'ai appris quelques rudiments de programmation informatique. A cette époque, le changement climatique n'était pas vraiment un sujet (je ne pense pas en avoir entendu parler ne serait-ce qu'une fois pendant mes études), et la question de l'empreinte carbone du numérique encore moins (alors que j'ai fait une partie de mes études à Telecom ParisTech).
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Ce n'est désormais plus le cas, et des chercheurs portugais ont regardé quelle était l'efficacité comparée, en termes d'énergie utilisée, de vitesse d'exécution, et de mémoire utilisée, de différents langages de programmation informatique : https://lnkd.in/dyqfb9Qn
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Pour concevoir un programme qui "fait la même chose", on peut donc utiliser des langages de programmation différents. Un programme est une série d'instructions fournies à l'ordinateur pour partir de données d'entrée et avoir des données (différentes) en sortie, et ces instructions peuvent donc être écrites en divers "langages".
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Le lien avec le climat est le suivant :
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- plus un langage demande d'énergie, plus cela signifie qu'il va conduire à ce que l'ordinateur effectue un grand nombre d'instructions élémentaires pour arriver au même résultat
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- plus il est lent, plus il va demander un ordinateur puissant (donc nécessitant plus de matière et d'énergie pour être fabriqué) pour arriver au même résultat dans les mêmes temps
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- plus il est gourmand en mémoire, plus il va demander un stockage capacitaire (donc nécessitant aussi plus de matière et d'énergie pour être fabriqué) pour arriver au même résultat.
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Le résultat est que les langages que j'ai appris quand j'étais petit (C et Pascal) sont ceux qui demandent le moins de capacité matérielle pour arriver au résultat dans un temps donné. En contrepartie ils demandent plus de capacité humaine, car ils faut des programmeurs capables de décomposer pas à pas ce qu'ils veulent demander à la machine, et derrière les instructions devront être "compilées", c'est à dire traduites en langage machine (des instructions encore plus élémentaires) en une seule passe.
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Les langages appris aujourd'hui dans les écoles d'ingénieur (notamment Python) se classent beaucoup plus mal au niveau de ces performances. Ils sont dits interprétés : le même code peut être utilisé sur plusieurs ordinateurs différents par un "interpréteur" qui rajoute un étage par rapport au compilateur. C'est plus souple pour l'utilisateur mais plus exigeant pour la machine.
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Dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, nous avons donc augmenté la performance à mesure que les moyens matériels (des ordinateurs plus puissants mais donc plus gourmands en ressources et en énergie) augmentaient. Aller vers la sobriété demandera aussi de revenir à des langages de programmation plus économes... qu'ils faudra donc enseigner en priorité.
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date: '2022-02-02T20:51:41'
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title: CHANGE_ME 400
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Il y a quelques semaines, il a fallu qu'un citoyen suisse - Guillermo Fernandez - se mette en grève de la faim pour que le conseil fédéral (l'équivalent de notre conseil des ministres, sauf qu'ils ne sont que 7) accepte de recevoir une formation sur les enjeux climatiques : https://lnkd.in/ehBc6e_5
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En France, nous arriverons peut-être au même résultat grâce à l'initiative d'un sénateur, qui vient de déposer un projet de loi comportant un article unique, proposant que les élus prennent obligatoirement connaissance des résultats du GIEC dans le cadre de leur mandat : https://lnkd.in/ejznc62n
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Fait à noter, ce projet de loi ne vient pas du gouvernement, mais pas non plus des écologistes (ou même de la gauche). Il est par contre totalement en accord avec les propositions du Shift Project !
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J'espère que l'intérêt supérieur de notre avenir primera sur le jeu partisan, ce qui n'est jamais gagné (j'espère que le sénateur n'aura pas besoin de faire une grève de la faim pour faire voter son projet de loi !).
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date: '2022-02-01T13:00:08'
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title: CHANGE_ME 401
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Dans les inconvénients souvent mis en avant en ce qui concerne la production électrique à base de fission nucléaire, il y a la question des déchets, très fréquemment (sinon exclusivement !) présentée comme un problème sans solution.
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Ce terme un peu générique de "déchets" englobe en pratique des objets ou faits qui peuvent être très divers.
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L'origine des "déchets" se trouve dans les assemblages qui sont retirés du coeur du réacteur après qu'ils y aient séjourné une année ou plus. Les assemblages neufs contiennent l'uranium enrichi qui a servi à la réaction en chaîne, et qui est présent sous forme de pastilles d'oxyde d'uranium, logées dans des tubes en alliage de zirconium (voir photo en commentaire).
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Dans certains pays (dont la Suède qui fait l'objet de l'article ci-dessous) les assemblages déchargés sont "juste stockés" après un traitement purement mécanique (transport, découpage en morceaux, "enrobage" dans des conteneurs). C'est ces assemblages que l'on appelle "déchets".
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Dans d'autres pays (dont la France) ces assemblages sont "retraités". Leur contenu est trié : d'un côté les produits de fission (les noyaux qui apparaissent lorsque le noyau d'uranium se casse en deux lors de la fission) et les actinides mineurs (des éléments de numéro atomique supérieur ou égal à 89 et qui apparaissent dans le coeur par absorption de neutrons par l'uranium puis désintégrations radioactives). Ils constitueront les déchets dits HALV (Haute Activité Vie Longue) qui concentrent l'essentiel de la radioactivité des déchets mais représentent seulement quelques % de la masse de ce qui est retiré du coeur.
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D'un autre côté on va récupérer le plutonium et l'uranium, qui, en France, ne sont pas considérés comme des déchets : ils sont réutilisés dans des assemblages neufs.
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Nos voisins du Nord, qui ne "retraitent" pas, donc (ce qui, du point de vue de l'économie de ressources, est dommage, puisque l'uranium extrait d'un coeur contient plus d'isotope 235 - environ 1% - que l'uranium naturel, et le plutonium peut aussi fournir de l'énergie), viennent de décider d'enfouir les assemblages usagés dans un site de stockage géologique.
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La durée de stabilité qu'un stockage doit garantir effraie souvent. Pensez vous, 100.000 ans ! En fait il faut relativiser :
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- les volumes occupés sont faibles. L'énergie nucléaire étant très dense, elle met en jeu de (très) petites quantités de matière (rapportées à l'énergie produite) et engendre donc de petites quantités de "déchets" (toujours rapportées à l'énergie produite) : https://lnkd.in/dBSxJZi
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- la géologie est une chose globalement stable sur des échelles de temps bien plus longues. Par exemple le gaz naturel a pu rester des dizaines de millions d'années confiné dans des formations géologiques. Si la géologie peut empêcher un gaz - qui diffuse quand même assez facilement - de se promener partout, elle peut a fortiori le faire pour de petits objets solides !
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date: '2022-03-30T17:59:53'
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_en-2021-lhiver-avait-%C3%A9t%C3%A9-doux-la-v%C3%A9g%C3%A9tation-activity-6914994625862631424-bgaB
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title: CHANGE_ME 330
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En 2021, l'hiver avait été doux. La végétation avait donc débourré tôt, et puis est arrivée une "goutte froide" qui a conduit les températures à devenir négatives quelques jours. Résultat : des pertes de récoltes dans de nombreuses cultures fruitières.
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Bis repetita : après un débourrage favorisé par des températures douces (dignes de mai ces derniers jours), un épisode froid est prévu pour la fin de la semaine, et la seule question est hélas de savoir quelle fraction des fruitiers (vigne comprise) va y perdre sa récolte de l'année : https://lnkd.in/eeCSwKFy
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Année après année, le réchauffement climatique fait partir la végétation de plus en plus tôt. Qu'arrive un épisode de gel qui liu n'a pas changé de date et voilà une partie de la récolte fruitière qui s'envole.
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Parions que l'essentiel du débat sur les conséquences portera sur l'indemnisation des arboriculteurs. Malheureusement les polices d'assurance ca ne se mange pas...
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date: '2022-03-29T15:24:05'
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li-id: 6914593029706129410
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title: CHANGE_ME 331
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Après l'analyse des programmes présidentiels par Les Shifters, c'est au tour de The Shift Project de vous proposer un exercice voisin mais convergeant : nous avons demandé à tou(te)s les candidat(e)s aux présidentielles de nous envoyer une lettre pour décrire comment ils comptent concrètement gérer la sortie des énergies fossiles au cours du prochain quinquennat.
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Tou(te)s les candidat(e)s nous ont répondu sauf Emmanuel Macron et Jean Lassalle
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Ces lettres ont été analysées - sur la base de leur seul contenu, et donc sans se référer ni au programme ni à des déclarations faites dans d'autres enceintes - par une équipe du Shift Project, et les résultats sont mis en ligne depuis ce matin sur le site internet de l'association. Nous avons publié un commentaire général sur les contributions ainsi qu'un avis détaillé par lettre.
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Les deux analyses convergent largement mais réservent quand même quelques surprises. En particulier, certaines lettres sont plus détaillées que les programmes, alors que d'autres ne mettent pas en avant les propositions contenues dans les programmes.
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Mais l'avis général qui se dégage est que nous restons encore assez loin :
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- d'une bonne compréhension du problème à traiter : globalement nous allons devoir gérer plus de conséquences adverses avec moins de moyens matériels, or nombre de candidats proposent en pratique des solutions du monde infini pour régler des problèmes du monde fini,
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- d'une intégration d'un monde très changeant dans les plans pour l'avenir ; en particulier "l'adaptation" est très peu présente dans les réponses
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- d'une stratégie de réponse quantifiée et échéancée intégrant des aléas qui ne manqueront pas de survenir.
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Il ne reste qu'une grosse semaine jusqu'au premier tour. La probabilité que les copies s'améliorent significativement d'ici là est donc très faible. Une des questions posées est alors de savoir qui, parmi les candidat(e)s, sera à même de se poser les bonnes questions une fois élu(e), si ces questions n'ont pas été posées avant.
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date: '2022-03-29T06:28:47'
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li-id: 6914458316593098752
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_exclusif-crise-climatique-on-a-%C3%A9pluch%C3%A9-activity-6914458316593098752-XAcs
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title: CHANGE_ME 332
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Plus de 200 pages d'analyses : c'est ce qu'ont réalisé Les Shifters, l'association des personnes "cousine" du Shift Project, pour évaluer l'angle climat des programmes des candidat(e)s aux présidentielles.
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Pour cela, les programmes publiés ont été confrontés à la stratégie nationale bas carbone, et, pour un certain nombre de secteurs (transports, agriculture, bâtiment, forêt, industrie, énergie, déchets) ou d'axes transverses (notamment formation/reconversion), les Shifters ont regardé les mesures proposées.
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On peut ainsi voir qui affiche une intention sans mesure précise, qui propose une mesure mais sans quantification, qui propose une mesure quantifiée et calendée (là ca devient une exception plus que la règle), qui compte dans quelles proportions sur la technologie et la sobriété, qui propose de procéder par obligation et qui par incitation, etc.
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A ce stade, ce qui n'a pas été fait de manière systématique a été de jauger de la compatibilité des mesures proposées avec le reste des promesses du même ou de la même candidat(e). Parfois, une contradiction "évidente" a néanmoins été relevée. Par exemple le RN affiche à la fois l'intention de décarboner les transports et une proposition de baisse de la fiscalité des carburants. En pareil cas il est fait remarquer que ces deux mesures sont antagonistes.
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Globalement, aucun des programmes n'est totalement compatible avec le problème posé. Aucun ne prend complètement acte du fait que nous allons devoir gérer plus de problèmes avec moins de moyens. Aucun ne part du principe que nous allons devoir gérer un monde de plus en plus volatil (l'enchainement baisse de l'énergie -> baisse de la production -> baisse de nos moyens matériels d'action est très peu pris en compte par exemple).
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Souvent les orientations restent au stade des déclarations mais il n'y a pas de plan précis. Par exemple "réindustrialiser la France", avancé par de nombreux candidats, ne précise pas souvent s'il s'agit des engrais ou des machines à laver, des vêtements ou des meubles, de la métallurgie ou des scanners. Etc.
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Bref, si la nécessité d'une décarbonation commence à être largement partagée, les implications économiques de la décrue fossile sont beaucoup moins bien comprises, et la vision d'ensemble - et surtout l'aspect opérationnel - reste globalement en deçà de qui serait pertinent pour avancer à la bonne vitesse.
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Il n'en reste pas moins possible de classer les candidat(e)s au regard de ce critère, en regardant combien de cases coche chacun(e), ce qui est quand même une indication de la quantité de travail qui a pris place au sein de chaque formation. Comme cet exercice ne pondère pas les cases cochées (chacun(e) décidera si c'est plus important de cocher la case énergie ou transports que agriculture ou logement), nous n'en tirons évidemment pas de consignes de vote. Mais nous espérons que cet exercice sera utile pour éclairer les choix et ce qu'il reste de débat d'ici au premier tour.
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date: '2022-03-28T14:28:23'
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li-id: 6914216625474838528
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_en-cumul-les-pr%C3%A9cipitations-dautomne-et-activity-6914216625474838528-ERQD
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title: CHANGE_ME 333
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En cumul, les précipitations d'automne et d'hiver ont été proches de la normale sur une large partie du pays. Voici donc qui devrait nous rassurer. Sauf que... ces précipitations n'ont pas nécessairement été "efficaces" : quand ce sont des pluies torrentielles, elles contribuent de manière importante aux cumuls mais ne contribuent pas plus à la recharge du sol que des pluies qui auraient été plus modestes.
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De ce fait, ces précipitations "efficaces" sont elles en déficit sur l'essentiel du pays par rapport à une saison automne-hiver normale (carte ci-dessous). Ceci allant avec cela, d'une part les nappes sont basses dans une large partie du pays (https://lnkd.in/eEyMdtMx ), et d'autre part les sols sont partout en France plus secs que la normale (https://lnkd.in/e5tNK-sR ).
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Du coup on commence à se faire quelques cheveux blancs pour l'agriculture : https://lnkd.in/exiYGSzS , alors même que les événements en Ukraine sont déjà à la manoeuvre pour pousser les prix vers le haut et les quantités vers le bas.
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Mais ce n'est pas grave : manger c'est juste 2% du PIB et les écosystèmes c'est gratuit !
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date: '2022-03-28T07:11:02'
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li-id: 6914106564895248384
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_invitation-voyager-bas-carbone-le-nouveau-activity-6914106564895248384-sAgS
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title: CHANGE_ME 334
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Ca sera juste avant le premier tour, et juste après le diesel à 2 euros le litre : Jeudi 7 avril à 18h, The Shift Project effectuera la dernière présentation détaillée du dernier chapitre du Plan de transformation de l'économie française : "Voyager bas carbone".
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Les voyages à plus de 80 km du domicile, qui sont par ailleurs essentiellement des déplacements de loisirs, représentent en gros un tiers de la mobilité en voiture, voiture qui inversement est utilisée pour 85% des distances parcourues par les français(es) pour ces déplacements longs.
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Avant la voiture (et l'avion), la mobilité longue distance des habitants de ce pays était bien plus réduite. Comment continuer à s'éloigner de son domicile dans un monde sans pétrole ? C'est autour de cette question que nous vous convions dans un peu plus d'une semaine.
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Il est clair que dans ce domaine la sobriété signifiera pour partie l'inversion de ce que le pétrole nous a donné : plus loin, plus vite, moins cher. Exprimé en minutes de temps de travail, le prix d'un billet d'avion a par exemple été divisé par un facteur 5 à 10 (selon les destinations) en quelques décennies.
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Comment aborder ce défi, psychologique bien avant d'être technique ? On en parle la semaine prochaine !
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date: '2022-03-27T16:55:10'
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li-id: 6913891175347191808
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_p%C3%A9trole-pourquoi-il-faudrait-accepter-les-activity-6913891175347191808-7z2K
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title: CHANGE_ME 335
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La taxe carbone a mis une partie de nos concitoyens dans la rue, alors que la récente hausse du prix des carburants, qui nous a pourtant emmenés à des prix au litre bien supérieurs, est acceptée avec fatalisme.
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Ce n'est pas le moindre des paradoxes que d'accepter plus facilement, comme je le rappelle dans cette chronique du Samedi matin sur RTL, une hausse qui envoie l'argent hors de France qu'une hausse qui laisse l'argent en France.
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Et, quand bien même nous ne le voudrions pas - c'est le deuxième volet de mes 3 minutes réglementaires :) - il va de toute façon falloir apprendre à faire avec moins de pétrole : comme l'a expliqué The Shift Project au terme d'une analyse assez fouillée confiée à des hommes de l'art sur base d'un inventaire de l'ensemble des gisements - exploités ou non - dans le monde (https://lnkd.in/dwPcgve ), la quantité de pétrole dont l'Europe va disposer va baisser à l'avenir, parce que l'essentiel des pays producteurs dans le monde sont en déclin ou y seront bientôt.
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Comme ces pays réserveront globalement une fraction croissante de leur production à leur propre population, il est même vraisemblable que les importations européennes (couvrant 95% de notre consommation) baissent plus vite que la production des producteurs.
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Cette approche reste totalement absente des programmes de campagne. Quand un souhait de baisse des hydrocarbures il y a, c'est uniquement au nom du climat qu'elle est proposée. Peut-être que nos concitoyens écouteraient d'une oreille encore plus attentive si on leur expliquait aussi ce qui se passe du côté de la géologie ?
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date: '2022-03-27T09:56:30'
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title: CHANGE_ME 336
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Dans les infrastructures qui structurent le fonctionnement des pays en ce début de 21è siècle, il y a notamment les systèmes énergétiques. Les événements survenant actuellement à l'est de l'Europe montrent bien l'inertie associée à leur évolution : quand on s'est créé un réseau de gaz pour alimenter des appareils de chauffage au gaz, de la production industrielle au gaz et de la production électrique au gaz, on ne change pas cela en une semaine.
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Il en va de même avec les transports : quand on a structuré les déplacements de personnes et de marchandises avec des routes (construites et entretenues avec du pétrole, puisque ce dernier fait à la fois fonctionner les engins de chantier et fournit le revêtement - le bitume) pour y faire circuler des véhicules à peu près tous dotés d'un moteur à combustion interne, on ne se passe pas du pétrole en une semaine non plus.
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Le débat qui a eu lieu au dernier forum des travaux publics entre Xavier Neuschwander et votre serviteur portait justement sur la possibilité de réorienter le secteur des infrastructures en faveur d'une économie décarbonée. En effet, l'utilisation des infrastructures de toute nature situées en France est à l'origine de la moitié de l'empreinte carbone de notre pays. Décarboner cet usage est donc indispensable, tout comme il est indispensable de le planifier puisque, à l'évidence, supprimer les émissions associées à court terme ne peut se faire qu'en se privant du service associé, perspective que peu de gens acceptent.
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Dans le débat, il a été question à la fois du plan de transformation de l'économie française (qui n'a pas de chapitre explicitement dédié aux infrastructures, mais ces dernières sont présentes en filigrane un peu partout), et d'une analyse que Carbone 4 a publiée il y a quelques mois sur le sujet (https://lnkd.in/eYXaufiz ).
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La crise ukrainienne ne sera pas la seule que nous allons avoir sur les 30 ans qui viennent, malheureusement. A quelque chose malheur est bon : il faudrait au moins qu'elle serve de déclencheur puissant à une nouvelle trajectoire pour le pays et pour l'Europe (trajectoire dont la "sécurisation des approvisionnements en hydrocarbures auprès d'autres fournisseurs" ne peut constituer qu'un palliatif de très court terme).
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date: '2022-03-26T09:42:43'
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_climat-soutenez-lappel-des-agents-activity-6913419959779901440-a7yx
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title: CHANGE_ME 337
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Jean-Guillaume Bretenoux et Angel Prieto, auteurs du rapport "Décarboner l'Administration publique" du Shift Project (https://lnkd.in/ehrNbRfy), ont pris l'initiative de lancer un "Appel des agents publics pour décarboner les services publics", ouvert à tou(te)s les fonctionnaires (nationaux, territoriaux, et des établissements publics), demandant "une accélération urgente de la décarbonation du fonctionnement de l’Etat, des collectivités territoriales et de tous les établissements publics".
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Représentant 20% de l'emploi en France, l'Administration publique au sens large est en effet un important acheteur (véhicules, bâtiments, nourriture, objets de toute nature), et, par ailleurs, et par nature, le prescripteur essentiel des règles de la vie en commun.
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Pour mieux exercer la deuxième fonction, les initiateurs de l'appel considèrent qu'il est indispensable que le premier volet soit fait en accord avec ce qui sera demandé aux autres. Acheter bas-carbone, se déplacer bas carbone, soigner ou enseigner bas carbone, tout cela est indispensable si l'on veut par ailleurs être crédible pour que le reste de la société prenne le même chemin.
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Les signataires de l'appel demandant donc au prochain gouvernement (pour l'existant c'est un peu râpé !) de mettre l'Administration publique "en règle" avec la décarbonation du pays sans tarder, dès les élections présidentielle et législatives passées. Ils écrivent notamment "Comment [la puissance publique] serait-elle légitime, crédible et pertinente pour impulser, via les politiques publiques cohérentes, [la transition bas-carbone de l’économie et de la société française] si elle n’a pas engagé un processus de décarbonation volontariste et ambitieux pour elle-même ?". La demande renvoie évidemment aux nombreuses propositions contenues dans le rapport "Décarboner l'Administration publique" qui est lui-même un des volets du plan de transformation de l'économie française (https://lnkd.in/esiqHkbf ).
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Si vous êtes agent public et que vous estimez qu'il est indispensable que la lutte contre le changement climatique soit partie intégrante de votre quotidien professionnel ; si vous voulez que cela devienne une vraie priorité, avec les décisions, les objectifs, l’accompagnement (dont la formation) et les moyens que cela implique, cet appel est pour vous, à la fois pour le signer bien sûr :), et pour le relayer également.
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date: '2022-03-25T07:25:13'
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title: CHANGE_ME 338
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C'est peu dire que le pétrole est au centre de notre actualité. A cause des russes, voilà qu'il faudrait s'en passer rapidement. En fait, russes ou pas, et même climat ou pas, il va falloir progressivement s'en passer.
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La raison de base est simple : il faut de quelques dizaines à quelques centaines de millions d'années pour que le pétrole et le gaz se forment à partir de résidus de vie marine (https://lnkd.in/djAcDUP ). De ce fait, en première approximation ces ressources sont non renouvelables à l'échelle des temps historiques.
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Pour extraire du pétrole et du gaz du sous-sol, il faut commencer par savoir où ils se trouvent. Difficile de faire sortir un pétrole sans savoir où il est !
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Or, depuis le début des années 1980, les découvertes annuelles sont devenues inférieures, puis très inférieures à la production. En agrégeant pétrole et gaz, nous extrayons de terre un peu moins de 60 milliards de barils (ou d'équivalent baril pour le gaz) par an. En face de cela, les découvertes de ces dernières années se promènent entre 5 et 15 milliards de barils ou équivalent baril par an (graphique ci-dessous ; source Rystad Energy).
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Quand le prix du baril augmente fortement, il devient plus rentable pour les pétroliers de faire sortir de terre des hydrocarbures "compliqués" (petits gisements, et/ou très profonds, et/ou gaz très éloigné des infrastructures de transport, pétrole de "mauvaise qualité", etc). Du coup ils relancent l'exploration dans l'espoir de trouver "n'importe quoi", et les découvertes, même insuffisantes pour contrebalancer l'extraction, augmentent un peu dans les années qui suivent.
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A l'inverse, quand le prix du baril baisse, ces efforts diminuent aussi, et en conséquence logique les découvertes baissent par rapport à la tendance de fond.
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Mais dans tous les cas de figure, on voit bien que le stock extractible identifié diminue nécessairement dès lors que les découvertes sont très inférieures à l'extraction. C'est ce qui a conduit The Shift Project, sur la base d'une analyse effectuée sur une base de données portant sur l'ensemble des gisements (exploités ou pas) dans le monde, et confiée notamment à deux anciens dirigeants de l'exploration-production de Total, à conclure que le "sevrage pétrolier" attendait l'Europe - et en fait l'humanité - pour les décennies à venir, Ukraine ou pas : https://lnkd.in/dwPcgve
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Or le pétrole, c'est l'économie. Sans pétrole pas de transports abondants, donc pas de système productif opérationnel et fin des chaines de valeur mondialisées. C'est pour cela que depuis des décennies la variation du PIB mondial suit très exactement la variation de la production mondiale de pétrole. La conclusion logique de tout cela est que le prochain mandat présidentiel - et les suivants - doit pouvoir "flotter dans une Europe en décroissance".
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date: '2022-03-24T19:20:31'
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title: CHANGE_ME 339
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La Belgique vient de repousser de 10 ans la fermeture de 2 réacteurs nucléaires, fermeture qui était prévue pour 2025, en conséquence directe de la "crise du gaz russe".
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Il faut évidemment se réjouir de cette décision, qui conduira à des économies directes d'émissions de CO2 alors même que le monde vient de connaître en 2021 un effacement total du "creux" de 2020 en ce qui concerne les émissions de CO2 (voir article de Sylvestre Huet à ce sujet : https://lnkd.in/ddwqQFsG ).
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Dans le même esprit, on note que, dans le programme présidentiel des Verts français, il n'est désormais plus question de fermeture anticipée des réacteurs en service (alors qu'initialement il était question d'une sortie complète du nucléaire le plus vite possible).
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Pourquoi certains politiques deviennent-ils moins hostiles à l'atome désormais ? Pour une raison assez simple : parce que l'avis de la population évolue. Ce n'est pas "les faits" qui les conduisent à changer d'avis (sinon ce serait fait depuis longtemps !) : c'est l'opinion.
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Et c'est probablement pour cette même raison que l'Allemagne, elle, reste sur sa position historique en ce qui concerne cette source d'électricité. La population y évolue probablement moins vite en faveur de cette modalité de production qu'ailleurs.
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Comme le soulignait un post récent de Maxence Cordiez, cela place les Verts allemands, à la fois contre le nucléaire civil mais aussi pour la paix, dans une situation désormais schizophrénique : le refus du nucléaire pour le choix du gaz (la puissance électrique installée au gaz a augmenté de 50% en 20 ans : https://lnkd.in/dshZdp7X ) conduit aujourd'hui à plus financer l'effort de guerre de Poutine que si le choix inverse avait été fait.
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A plus long terme, cette position conduira à une autre schizophrénie : on se rendra compte que le refus du nucléaire a contribué à conserver plus de combustibles fossiles dans la production électrique, ce qui crée plus de changement climatique et détruit plus de biodiversité.
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Mais ce changement, quand il survient, ne permet pour autant pas de se débarrasser de l'existant fossile à bref délai : redevenir favorable à la construction de centrales nucléaires ne fait sentir ses effets que 15 à 30 ans plus tard... à condition d'être ensuite déterminé et constant sur cette durée.
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date: '2022-03-23T19:00:00'
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li-id: 6912473041310494720
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_new-sec-climate-disclosure-rules-a-primer-activity-6912473041310494720-fvR4
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title: CHANGE_ME 340
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510 pages : c'est ce qu'il a fallu à la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain, pour préciser les obligations auxquelles les entreprises cotées aux USA vont devoir satisfaire en matière de transparence sur leurs risques climat, de transition et physiques.
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"Risque" : le mot est prononcé. Jusqu'à maintenant, la publication d'informations sur les émissions était généralement vue comme relevant de la "responsabilité sociale et environnementale" des entreprises.
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En pratique cela veut donc dire que cela relève du supplément d'âme, de la bonne volonté, et du reste pour le moment ces publications sont régies par des recommandations (comme la TCFD ou même l'article 173 - qui permet assez facilement de donner le change - et non par des obligations dures.
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Mais, aux USA, parler de risque pour l'actionnaire, c'est regarder la possible dépréciation de son patrimoine, et par ailleurs l'actionnaire est souvent un (futur) retraité. C'est donc un sujet avec lequel on ne plaisante pas.
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A supposer que le périmètre des obligations soit bon (ne pas se limiter aux émissions directes, ne pas autoriser la compensation avant publication, etc), ce que je confesse ne pas avoir encore regardé, le fait de voir les émissions comme un facteur de risque sur la valeur patrimoniale serait un levier plus puissant que la RSE pour faire remonter le sujet du climat d'un cran ou deux dans la hiérarchie des entreprises.
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Si on parle de risque pour l'actionnaire, on parle en effet possiblement de procès, de désinvestissement et d'abaissement de la note de crédit, et d'autres bricoles de ce genre qui permettront d'avoir l'oreille du dirigeant.
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Cette publication de la SEC illustre aussi une chose essentielle : l'Europe ne doit pas avoir peur d'innover. Il arrive que cela conduise d'autres pays à suivre.
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date: '2022-03-22T07:47:28'
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li-id: 6911941403988127744
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_plains-drought-to-curb-us-wheat-harvest-activity-6911941403988127744-7qQ4
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title: CHANGE_ME 341
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Alors que le conflit à l'Est de l'Europe va limiter la production et/ou les exportations de céréales (blé, maïs) ou oléagineux (tournesol), un autre gros producteur mondial fait face à des conditions de sécheresse qui ne cessent de s'intensifier (voir la carte sur https://lnkd.in/dQVN83A). En conséquence de quoi la production de blé d'hiver est incertaine, ce qui contribue aussi à faire monter les prix.
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Paradoxe : en Chine ce sont des excès d'eau au moment de la plantation qui menacent la récolte de blé d'hiver (https://lnkd.in/eNcqc6xx). Pour le coup, ce ne sont pas les exportations chinoises qui sont menacées, car ce pays est un importateur, mais cela va inévitablement aussi exercer une pression sur les prix.
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A un moment ou à un autre, il va falloir se poser la question de l'adaptation à une production qui ne va plus augmenter, voire baisser. C'est d'autant plus vrai que les auxiliaires de la production agricole "moderne" sont le pétrole et le gaz, pour la mécanisation et les engrais (les engrais azotés sont faits avec de l'ammoniac, lui-même fait avec de l'hydrogène... largement produit à partir de gaz).
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Une large partie des céréales sert à nourrir du bétail en élevage intensif. Une autre partie sert à nourrir... nos voitures (c'est le cas de 40% du maïs américain), ce qui est aussi la destination d'une large partie des betteraves à sucre (le sucre sert à faire de l'éthanol substituant l'essence) ou du colza (qui sert à fabriquer un substitut au gazole).
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Dans le Plan de Transformation de l'Economie Française (https://lnkd.in/esiqHkbf), la réponse à tous ces problèmes combine :
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- une baisse de la production de viande (ce qui permet d'avoir moins de céréales à cultiver)
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- moins de voitures (il faut baisser le nombre d'objets de 1 tonne ou plus de masse unitaire en circulation ; c'est physique !) ce qui permet d'avoir moins de végétaux à cultiver pour les substituts au pétrole
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- un recours très modéré aux produits d'origine agricole pour l'approvisionnement énergétique d'une manière générale, pour libérer de la pression sur les sols.
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Rien de tout cela ne se met en place en une semaine évidemment. Ce qui signifie que, à court terme, les pressions à la baisse sur les productions agricoles vont créer des troubles - et une forte volatilité des prix - là où l'ajustement se fera de manière forcée. Si c'est un ajustement forcé à la baisse dans les estomacs des gens qui n'ont déjà pas beaucoup à manger, il y aura hélas des problèmes de disette ou de famine.
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date: '2022-03-21T18:26:13'
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li-id: 6911739763653791744
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title: CHANGE_ME 342
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Ce n'est pas une association militante qui le dit, mais la banque centrale européenne : une évaluation sur 109 grandes banques commerciales de la zone euro montre que ces dernières ne sont pas au bon niveau en ce qui concerne la gestion de leurs risques climatiques, et, d'après Les Echos, "ne répondent pas pleinement aux attentes de la supervision".
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De quels risques parle-t-on ? Il y en a deux principalement en matière de climat. Le premier est dit "de transition". Il correspond à la situation ou un prêt ou une action vont perdre de la valeur, parce que l'emprunteur se retrouve en défaut partiel ou total à cause d'un contexte réglementaire qui l'empêche d'exercer son activité comme avant. Par exemple si une banque détient des actions d'un opérateur de réseau de gaz et que la collectivité décide que le gaz ne doit plus être utilisé, ces actions perdent en valeur.
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Or les actifs d'une banque sont essentiellement constitués d'obligations - qui sont des "morceaux de prêt" - et de prêts "ordinaires" (le prêt est au passif de l'emprunteur mais à l'actif de la banque !), avec quelques actions et autres titres (immobilier par exemple). Si une fraction trop importante de ces actifs sont impactés à la baisse par les contraintes de la transition, la banque est en risque.
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Une variante du risque de transition est que ce ne soit pas la réglementation qui empêche d'émettre du CO2, mais un défaut d'approvisionnement en combustibles fossiles (suivez mon regard du côté de la situation actuelle), qui finira par arriver de toute façon puisque ces combustibles sont épuisables.
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Le deuxième risque est dit "physique". Il correspond au risque de défaut lié au fait que l'entreprise ou le pays dont on détient une obligation, un prêt ou une action pourrait voir ses opérations impactées à cause des conséquences du changement climatique.
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Apprécier ces risques est compliqué. Il faut bien comprendre l'ensemble de la chaine de valeur dans laquelle s'insère l'entité que l'on regarde, puisque sa vulnérabilité est aussi celle de ses clients ou fournisseurs. Cela demande des compétences, des données, du temps, et pire encore d'envisager des éventualités désagréables, chose que peu de gens aiment faire. Et apprécier si les banques sont au bon niveau suppose des compétences encore plus importantes du côté du régulateur, soit dit en passant.
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Du coup, il n'est pas très étonnant que le système financier dans son ensemble n'y soit pas encore. Par contre, ne pas mettre les moyens pour y être rapidement serait encore plus étonnant, maintenant que nous savons ce que nous savons.
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date: '2022-03-21T09:40:05'
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title: CHANGE_ME 343
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Pour une fois, j'espère bien me tromper. J'ai indiqué lors de ma dernière chronique sur RTL - Samedi dernier - que la conjonction qui est en train de se mettre en place pour les pays du Maghreb ressemble étrangement à ce qui s'est observé au moment du déclenchement du "Printemps Arabe", il y a une dizaine d'années.
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A l'époque, les troubles s'étaient déclenchés à cause d'un prix de l'alimentation devenu très difficile à supporter pour une partie de la population, en réponse à une production domestique insuffisante encore affaiblie par une sécheresse croissante (cohérente avec ce qui est attendu dans le cadre du réchauffement climatique), des importations dont les prix avaient fortement augmenté, et des recettes à l'exportation - notamment le tourisme - pas au mieux à cause de la "crise financière" de 2008 : https://lnkd.in/gaY7nrE
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Qu'observe-t-on aujourd'hui ? Une sécheresse qui continue à être présente voire qui s'intensifie (voir par exemple https://lnkd.in/efJaRyx9 ou https://lnkd.in/eyqiqNta ) ; un prix des céréales qui s'approchait déjà de son niveau de 2010 avant la guerre en Ukraine (https://lnkd.in/evf6a5ye ) et qui pourrait encore monter, et un tourisme un peu déprimé par le covid.
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Si l'on s'intéresse aux flux physiques, dans les gros acheteurs de blé russe/ukrainien, il y a notamment l'Egypte.
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Bref cette chronique était essentiellement là pour rappeler que, dans notre monde interconnecté et mondialisé, tout problème "local" peut toujours s'étendre ailleurs, et ces effets domino seront d'autant plus amples que la situation de départ comporte peu de marges.
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date: '2022-03-20T17:54:22'
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li-id: 6911369362150977536
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title: CHANGE_ME 344
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Il y a 15 jours The Shift Project publiait sous forme de livre le résultat de ses travaux sur la "résilience des territoires" (https://lnkd.in/eJ2mn-xt ). Ce projet tente de donner quelques clés de lecture et conseils pratiques aux élus locaux pour commencer à répondre à la question suivante : comment organiser la vie locale pour être plus aptes à résister à des perturbations croissantes tout en ayant moins de moyens ?
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Ce projet a été lancé avant la guerre en Ukraine, qui, après le covid, illustre combien notre pays - et donc toutes ses collectivités - est dépendant de chaines d'approvisionnement longues qui sont autant de points de vulnérabilité dans un monde chahuté. et du chahut il va aussi y en avoir à cause du changement climatique, dont les premières manifestations sont déjà un peu désagréables,et qui vont nécessairement s'amplifier.
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La Gazette des communes a souhaité organiser une "discussion" avec des élus locaux sur ce projet, ainsi que sur le plan de transformation de l'économie française (https://lnkd.in/esiqHkbf ) . En pratique j'ai été invité à présenter les grandes lignes du PTEF, puis il y a eu un tour de table des élu(e)s présent(e)s, puis j'ai planché sur le projet "stratégie de résilience des territoires", puis il y a de nouveau eu un (en fait plusieurs) tour de table pour avoir des réactions.
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Pour celles et ceux qui ont l'habitude des débats sur des chaines de télévision avec des élus "nationaux", il sera facile de remarquer que le ton et le contenu des échanges est ici fort différent. D'abord personne ne se revendique d'une couleur politique pour "cadrer" son action locale (couleur qui n'est pas plus annoncée par l'animateur, à tel point que je suis bien incapable de dire qui était de quel bord).
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Ceci allant peut-être avec cela, les panélistes ne se sont pas opposés pendant ce débat, où il a surtout été question de problèmes assez concrets auxquels ils étaient confrontés.
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Depuis que je m'intéresse à la question de la décarbonation de la société, il y a un sujet récurrent de "plus forte légitimité" au sein du monde politique pour mener l'action, à savoir si c'est plutôt à l'Etat ou plutôt aux élus locaux de mener la barque.
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La réponse est évidemment que nous avons besoin des deux. Laisser l'Etat en dehors de la planification de la décarbonation n'aurait pas de sens, mais laisser les élus locaux en dehors de la déclinaison locale de la mise en oeuvre n'en aurait pas plus. Mieux : plus il y aura d'élus locaux ayant bien compris le défi qui se présente, et plus il y en aura qui agiront de façon pertinente à leur niveau, et plus cela augmentera la probabilité que l'Etat soit sérieux sur la question.
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date: '2022-03-19T18:06:55'
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li-id: 6911010132529176577
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-retour-en-force-du-charbon-en-europe-activity-6911010132529176577--dpZ
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title: CHANGE_ME 345
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C'est le monde à l'envers : permettant de diminuer les émissions de la production électrique de 60% environ par rapport au charbon, le gaz devait aider à supprimer ce dernier de notre mix électrique (et donc pour l'essentiel de notre mix énergétique, car l'essentiel du charbon sert à produire de l'électricité). C'était bien là une des directions prises par les pays européens, surtout ceux qui n'avaient pas très envie d'entendre parler de nucléaire.
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Mais le plan n'avait pas prévu l'éventualité qu'il puisse y avoir un défaut d'approvisionnement en gaz, et des prix qui grimpent au plafond. Que faire en pareil cas ?
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Impossible d'avoir beaucoup plus d'ENR à bref délai : ces modes sont soit déjà injectés pour la totalité de leur production (éolien, solaire et biogaz) et des capacités additionnelles sont lentes à arriver, soit ne peuvent augmenter leur production (hydraulique ; tout le contenu des barrages est déjà utilisé).
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Impossible d'avoir beaucoup plus de nucléaire (hors problème de capacité disponible comme en France que l'on peut espérer résoudre à l'horizon de l'année) : à part en France, où les réacteurs font du suivi de charge (parce que nous avons beaucoup de nucléaire), le nucléaire produit en base, c'est à dire en permanence. En outre on ne rajoute pas un réacteur en quelques mois !
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Il reste une possibilité : augmenter la production au charbon. Il s'agit bien du charbon (ou de la houille) et non du lignite, ce dernier combustible étant le charbon de "mauvaise qualité" (teneur en carbone pas très élevée beaucoup d'eau) qui s'exploite avec des excavatrices géantes dans des mines à ciel ouvert, et qui lui aussi produit en général à puissance maximale en permanence (du moins en Allemagne).
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Les centrales à charbon de type "houille" ont généralement un facteur de charge inférieur à 100%. Si on trouve du charbon (car une bonne partie est importée en Europe) on peut donc augmenter la production au charbon en cas de défaut de gaz, ou de prix trop élevé.
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Et c'est exactement ce qui s'est passé en Europe en 2021, avec une hausse de près de 20% de la production électrique au charbon.
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date: '2022-03-18T08:28:03'
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li-id: 6910502064171188224
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_consommer-moins-d%C3%A9nergie-la-meilleure-activity-6910502064171188224-s77G
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title: CHANGE_ME 346
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S'il faut se passer du pétrole et du gaz russes, en ne comptant pas trop sur la possibilité de se retourner vers d'autres producteurs (notamment sur le pétrole dont la production future, sur terre, risque de ne pas beaucoup augmenter avant un déclin marqué : https://lnkd.in/dwPcgve), il va falloir faire... des économies.
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La question devient alors : que pouvons nous économiser, comment, et à quel horizon de temps ? Parlons chiffres : cet article publié sur le site de Carbone 4 détaille l'utilisation du pétrole et du gaz en France, et fournit également l'ordre de grandeur des économies possibles (pour le pétrole et pour le gaz) associées à un certain nombre de gestes de sobriété.
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Pour le pétrole, ralentir sur la route (dont limitation à 110 sur autoroute), avoir une conduite "sobre" (pas d'accélérations furieuses, par exemple), et éviter de prendre la voiture pour les déplacements courts, permettrait de se passer du pétrole russe (environ 10% de notre consommation) à l'horizon de l'année.
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Evidemment, ce calcul est fait à la maille française. A la maille européenne (un tiers du pétrole provient de ce pays) cela n'est plus suffisant, or il y aurait probablement un goulet d'étranglement sur nos autres fournisseurs si les autres pays européens décident aussi de se tourner vers d'autres producteurs.
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Pour le gaz, qui sert avant tout au chauffage, aucune marge n'est rapide à part baisser le thermostat (rappelons que la réglementation est que la température intérieure ne doit pas dépasser 19 °C !). Isoler ou passer à la pompe à chaleur demandent des années pour que le résultat soit là. Et, comme pour le pétrole, si les autres pays ne veulent plus de la Russie, cela créera un goulet d'étranglement sur les autres producteurs (pour le moment la France importe de Norvège une part majeure de son gaz, mais la Norvège devra fournir d'autres pays - dont l'Allemagne - si toute l'Europe cherche à se détourner de la Russie).
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Ce que rappelle cet épisode russe, c'est que l'absence de décarbonation n'est pas une option. A partir du moment où pétrole et gaz sont épuisables, il arrive un moment où nous devons faire avec moins, climat ou pas.
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Evidemment personne n'a de boule de cristal pour prédire quand exactement et avec quelles modalités exactement ce "moins" arrive. Par contre, tabler sur le fait que nous n'aurons jamais de mauvaise surprise côté fourniture dans un monde qui reste dépendant aux hydrocarbures est un pari que nous sommes sûrs de perdre.
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Pas de mauvaise surprise, c'est pourtant ce qu'ont supposé les candidat(e)s en 2017, et je ne suis pas sur que les programmes actuellement présentés soient tous compatibles avec une nouvelle récession significative qui arriverait pendant le prochain mandat à cause d'une nouvelle "mauvaise surprise".
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date: '2022-03-17T17:06:19'
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li-id: 6910270104580583424
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title: CHANGE_ME 347
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Après l'annonce (https://lnkd.in/eR4RTjuR ) que l'Eurosystème - et les banques centrales qui le composent - allait utiliser les données de Carbon 4 Finance pour l'analyse des "portefeuilles de politique non monétaires" (cela recouvre notamment les titres - actions et obligations - que les banques commerciales apportent en garantie quand les banques centrales leur offrent des liquidités), le magazine Forbes a interviewée Laurent Morel sur le métier de notre branche data.
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Comme la situation actuelle le rappelle, décarboner l'économie n'est pas juste arrêter d'investir dans les opérateurs pétroliers. Pas de pétrole, pas d'économie ! Il ne faut pas chercher ailleurs la raison pour laquelle l'Europe ne peut pas boycotter le pétrole et la gaz russes....
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Pour comprendre en quoi toute entreprise dépend aujourd'hui directement ou indirectement des combustibles fossiles, il faut regarder ce que l'on appelle sa chaine de valeur (de la mine à la fin de l'utilisation du produit ou service par le client final), et voir quels maillons dépendent - et combien - des combustibles fossiles.
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Trop longtemps le secteur financier a refusé de prendre les émissions dites indirectes en considération alors qu'elles sont indispensables pour mener une analyse de risque (https://lnkd.in/eVSer7fm ). De fait, si le fournisseur n'a plus d'énergie pour produire, ou si le client ne peut plus se déplacer faute de pétrole, cela changera le destin de l'entreprise même si les émissions ne sont pas "chez elle" !
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D'autres éléments sont fournis par Carbon 4 Finance : ce que l'on appelle les émissions évitées (caractérisant, le cas échéant, le fait que le produit de l'entreprise en remplace un "moins bien"), ou encore l'adéquation des ambitions de l'entreprise avec le problème à traiter.
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La promesse que nous faisons à nos clients n'est pas de leur permettre de rendre leurs investissements "compatibles accord de Paris" sans changer grand chose à leur manière de travailler. Notre promesse est essentiellement de leur permettre de comprendre où en sont leurs investissements (ou prêts) au regard du climat.
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date: '2022-03-17T08:03:26'
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title: CHANGE_ME 348
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Le gouvernement a présenté hier son "plan de résilience économique et sociale" qui constitue la réponse de l'Etat à la situation tendue sur l'énergie créée dans notre pays par la guerre en Ukraine : https://lnkd.in/ehA2dXf5
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La "gros du plan" vise à soulager les trésoreries : subvention des carburants (particuliers et professionnels), garantie par l'Etat de diverses catégories de prêts, ou décalage des paiements de la TVA (ou des charges sociales).
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Mais ces mesures ne diminuent en rien notre dépendance aux importations de combustibles fossiles (au contraire la subvention aux consommateurs la pérennise). Nous ne serons pas en meilleure posture "physique" après ces mesures qu'avant.
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Ce qui contribuerait à résoudre "physiquement" le problème à l'horizon de la semaine ou du mois serait la baisse immédiate de la consommation à ces mêmes échelles de temps. On peut songer (exemples illustratifs) :
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- à la limitation de la vitesse sur autoroute
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- à la mise en place à très bref délai d'un plan de covoiturage entreprises (domicile - travail = 1/3 de la mobilité en voiture)
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- à l'optimisation du taux de remplissage des transporteurs routiers (obligation de remplissage minimum pour pouvoir rouler)
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- à la baisse de la température de consigne dans tous les bâtiments chauffés au fioul ou au gaz (et même pour l'électricité dans la mesure où une partie de cette dernière est produite au gaz)
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- à la baisse immédiate et réglementée du nombre de vols autorisés à décoller (avant covid 10% du carburant utilisé en France concernait l'aviation).
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Le plan propose aussi une accélération des investissements "décarbonants" (bâtiments, mobilité, ENR). Outre que certains sont plus décarbonants que d'autres, ces mesures sont à moyen et long terme. Leur appliquer le terme de "résilience" à court terme est donc à nuancer.
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En matière d'agriculture, le plan consiste à subventionner les éleveurs exposés à la hausse du prix des céréales, et à s'assurer que toute hausse sera bien passée au consommateur final via la distribution. A nouveau pas d'incitation à procéder autrement.
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Enfin le plan évoque la diversification des débouchés pour les exportateurs (en 2021, la France a exporté 6,5 Mds € de biens vers la Russie) et la sécurisation des importations. Mais à court terme ces mesures sont partielles. Trouver de nouveaux clients est parfois rapide (forte demande et chaines logistiques faciles à modifier), mais pas toujours.
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Et surtout pour les importations de métaux critiques (tungstène, palladium, platine...) la diversification des approvisionnements est un problème de moyen et long terme.
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Après le covid, la guerre en Ukraine est une nouvelle forme de "démondialisation accidentelle" : rupture des approvisionnements ou des débouchés. Ce que révèle ce plan, c'est que nous n'avons toujours pas pensé le 21è siècle très différemment du 20è.
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date: '2022-03-16T07:14:12'
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title: CHANGE_ME 349
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Exploiter au mieux la connaissance scientifique du moment pour le bénéfice de la collectivité : ainsi pourrait-on tenter de définir l’ingénieur, d’hier, d’aujourd’hui ou de demain.
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Quand cette corporation s’est mise au service de la révolution industrielle, la science se composait pour l'essentiel des explications sur l’agencement de la matière, les interactions du monde physique, d'où les ingénieurs ont déduit la façon de s’en servir pour construire machines et objets.
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Mais la science ne se limite désormais plus à cette dimension "techniciste". Elle s'enrichit désormais chaque jour un peu plus d’une deuxième composante : celle de l’observation de l’environnement, et de la caractérisation de ce qu’il est désormais convenu d’appeler les limites planétaires. Nous savons chaque jour un peu plus que, avec 8 milliards de cosmonautes, notre vaisseau spatial est limité, fragile, épuisable.
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Pour que le métier de l'ingénieur reste d’apporter "le progrès" à la population alors que le cadre a fortement changé (et donc la manière de définir le progrès aussi), les établissements qui forment des ingénieurs doivent aussi changer. Comment ? Suffit-il de rajouter quelques cours de sciences sur l'état de l'environnement ?
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C'est à cette question que s'est attaqué The Shift Project, en prenant pour cobaye le groupe des INSA. Et, de fait, le sujet ne se limite pas à rajouter quelques cours. Il faut traiter les antagonismes entre cours (par exemple comment réconcilier la vision physique, intégrant des limites, et la vision économique, basée sur une convention tenant ces limites pour nulles ?), la formation du corps enseignant, les désirs des employeurs (qui veulent favoriser leurs propres activités et non la collectivité), les classements (qui aujourd'hui donnent une part importante aux rémunérations alors que les métiers "qui sont utiles pour notre avenir" sont parfois moins payés que ceux qui le sont moins), etc. Bref "se mettre en ordre de marche" demande de nombreux changements, et donc une volonté (très) forte de la direction.
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Le but du travail effectué n'était pas de faire des préconisations uniquement destinées aux INSA (même si il est numériquement important dans le paysage !), mais bien d'en tirer un "discours de la méthode" qui soit public et utilisable par tout établissement d'enseignement supérieur formant des ingénieurs (rappelons que The Shift Project est une association d'intérêt général).
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Le résultat de ce travail vient d'être mis en ligne. Nous espérons qu'il aidera tous les établissements français concernés (en attendant les autres !) à fournir une formation en phase avec les enjeux, ce qui pour le moment est encore très loin d'être le cas.
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NB : Bien évidemment, nous ne pensons pas une minute, au Shift Project, que seules les formations d'ingénieur sont concernées. Nous avons "juste" commencé par le projet qui était le plus à notre portée, mais tout le monde doit s'y coller !
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date: '2022-03-15T07:32:16'
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title: CHANGE_ME 350
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Nous ne serons pas les premiers, mais en l'espèce abondance ne nuit pas : Carbone 4 vous propose un résumé (en français) du résumé pour décideurs (en anglais) du dernier rapport du GIEC, qui portait sur les impacts du changement climatique, impacts passés et impacts à venir.
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La liste est désormais longue - et résumée dans la figure 2 - des évolutions négatives qui sont dues - ou dues pour partie - au changement climatique qui a été engendré par le surplus d'effet de serre du aux activités humaines.
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En fait, pour bien faire il faudrait faire un post par colonne de ce graphique, tant il contient d'informations. C'est une des difficultés de lecture des graphiques très riches produits par le GIEC : ils pourraient parfois justifier 15 ou 20 minutes d'explications à l'oral !
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Il y a un petit - et même un gros - manque dans ledit résumé : il ne contient pas de graphiques sur les impacts futurs - graphiques par contre disponibles dans le résumé technique - qui permettent de comprendre que "chaque demi-degré compte, et même chaque dixième de degré compte".
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De fait, les conséquences seront fortement croissantes avec l'élévation de la température. Les dégâts de 2°C de réchauffement ne seront pas "juste" le double de ceux causés par 1°C. A titre d'exemple, avec 1,1 °C 15% des coraux tropicaux mondiaux sont morts, et à 2°C ce sera 99%.
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Il y a une autre faiblesse dans ce résumé : il ne souligne pas que la "résilience" pour les sociétés humaines dépend essentiellement de l'énergie disponible. La convention économique n'intégrant pas la physique, les publications académiques relient la capacité à faire face au "niveau de développement". Mais, au premier ordre, ce dernier est essentiellement la taille du parc de machines par personne. A perturbation égale, moins d'énergie signifiera plus de problèmes.
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date: '2022-03-14T08:18:36'
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title: CHANGE_ME 351
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En période de temps calme, il n'était pas question de monter le prix des carburants, "pas tolérable pour la population". Arrive une montée des prix qui vient d'un phénomène indépendant de notre volonté, et alors... on les subventionne. Rappelons que cela signifie explicitement subventionner les producteurs (étrangers) de pétrole et de gaz (alors qu'on ne veut pas payer la guerre de Poutine !).
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Evidemment que cette hausse fait du mal à certains portefeuilles. Mais le signal envoyé par cette subvention est le plus mauvais qui soit. Il dit que ce qui se passe n'est qu'un accident et que derrière il n'y aura plus de problème. Mais il se trouve que le problème ne fait que commencer, climat ou pas. Rystad Energy vient de réviser à la baisse ses perspectives de production de pétrole russe (embargo ou pas) qui aurait alors passé son pic en 2019.
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La Mer du Nord décline, comme l'ensemble du continent africain. Les producteurs américains de shale oil ne semblent pas vouloir (pouvoir ?) en faire beaucoup plus. Bref nous entrons de manière accélérée dans la tendance baissière sur le pétrole, et s'organiser correctement ne passe pas avant tout par des subventions décidées "dans la panique".
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Cette incompréhension de la contrainte n'est pas le propre du camp en place. A l'instant Anne Hidalgo se faisait cuisiner (pour une fois de manière assez pertinente !) sur France Info sur ce sujet du prix de l'énergie. Propositions de la candidate :
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- proposition d'un embargo sur gaz et pétrole russes immédiats (rappel : 30% du pétrole et 40% du gaz consommés en Europe) tout en expliquant que le gouvernement subventionnerait les prix autant que nécessaire.
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- baisser la TVA sur l'essence
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- se fournir en gaz de roche mère auprès des USA
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Bref la représentante du PS (allié historiquement aux Verts) prône l'exact inverse de ce qu'il faut faire en pareil cas (surtout ne pas baisser le prix de l'énergie mais éventuellement aider autrement), mais qui "ne contredit en rien ce qu'il faut faire pour sortir des énergies fossiles" (sic).
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Au passage elle tacle Macron qui "n'a pas fait ce qu'il fallait pour développer les énergies renouvelables" (comme si les éoliennes et panneaux solaires auraient remplacé des chaudières à gaz et des voitures à pétrole). Elle oublie un peu vite que Hollande - donc son propre camp - a fait ce qu'il pouvait pour favoriser le gaz :) (étiquette énergie "pro-gaz" dans le logement ; objectif de baisse du nucléaire).
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Loin de moi l'idée qu'il s'agisse d'une préférence exprimée pour un camp plutôt qu'un autre. Il s'agit plutôt de souligner que l'impréparation à une situation qui n'était pourtant qu'une question de temps (un problème d'approvisionnement en combustibles fossiles qui allait potentiellement faire grimper les prix au plafond) est généralisée parmi les candidat(e)s. Peut-être qu'il est enfin temps que le personnel politique comprenne ce qu'est une limite physique, et tienne à la population un discours adulte en conséquence ?
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date: '2022-03-13T11:12:59'
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title: CHANGE_ME 352
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Finalement les européens ne boycotteront pas le pétrole et le gaz russe à bref délai. Quand on sait l'importance de ce fournisseur dans ces deux approvisionnements, et quand on sait l'importance de l'énergie - donc du parc de machines - pour faire fonctionner le monde actuel, c'est l'inverse qui aurait été étonnant.
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MyCO2 par Carbone 4 vous propose un petit panorama sur le gaz en France : d'où vient-il (sachant que par effet ricochet, si la Russie cessait de nous fournir la compétition sur le gaz norvégien n'en laisserait plus autant pour nous), à quoi sert-il, et comment s'en passer (ce qui est aussi l'objectif du PTEF) à quelles échéances.
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Le "coup de semonce" actuel devrait utilement servir à mettre en route les grandes manoeuvres accélérées dans la décarbonation du chauffage. C'est un des usages où c'est essentiellement une affaire de volonté à confort presque constant. Il y a d'autres usages où ce sera moins simple.
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date: '2022-03-12T15:27:35'
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li-id: 6908433318703210496
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title: CHANGE_ME 353
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Cela ne compensera pas le silence assourdissant que les media ont eu sur le rapport du groupe 2 du GIEC, mais c'est toujours bon à prendre : les auditrices et auditeurs de RTL ont eu droit à 3 minutes sur la question dans la matinale d'aujourd'hui.
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En 3 minutes il a fallu essayer de résumer au moins mal le message scientifique, ce qu'il faut en déduire sur l'urgence de l'action pour ce que l'on peut encore gérer, et le rôle des media dans la faiblesse de l'information sur la question.
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Jusqu'au 31 décembre 2099 il y aura toujours plus urgent que 2100. Mais attendre que nous soyons sortis du "problème du moment" pour s'attaquer à la question du climat est garantir que ce sont les crises qui règleront le problème à notre place : à cause des diverses limites planétaires qui sont désormais partout autour d'une humanité à 8 milliards, consommant comme elle le fait maintenant, nous allons avoir de plus en plus de "surprises" pas sympathiques à l'avenir.
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Il faut le dire encore et encore : les "plans de transition" doivent aussi pouvoir résister à des contextes très adverses (crises économiques, crises sociales, crises géopolitiques, crises environnementales...). Il ne faut pas compter sur la croissance verte pour s'attaquer aux problèmes... engendrés par la croissance pas verte.
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date: '2022-03-11T07:11:23'
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title: CHANGE_ME 354
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Après le Plan de Transformation de l'Economie Française (qui s'est offert le luxe d'être le livre le plus vendu par la FNAC la semaine du 18 au 25 février, au coude à coude avec... Le monde sans fin), The Shift Project propose aux personnes intéressées par la "résilience des territoires" (élus locaux - avec 36000 communes en France ca en fait quand même quelques centaines de milliers -, exécutifs locaux, ou toute personne voulant se plonger dans le sujet) sa nouvelle production : "Vers la Résilience des Territoires" (https://lnkd.in/e5G6DHAS. ).
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Résilience, quesseça ? Il s'agit de conserver, ou de retrouver après un choc, ou une perturbation adverse forte, une organisation locale qui fonctionne.
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Nous devons désormais faire face à un changement climatique dont certaines conséquences vont aller croissant à l'échelle du siècle ou plus quoi que nous fassions, à cause de l'inertie du système socioéconomique mondial, et à cause des effets de seuil dans le monde qui nous entoure.
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Nous devons aussi faire face à la déplétion des combustibles fossiles qui ont fait la société industrielle et mondialisée, l'émergence des classes moyennes et l'aménagement du territoire (tout le monde en ville ou presque), la structure des emplois etc (voir https://lnkd.in/dtHn5pbD pour la description du processus en images). L'actualité nous offre l'occasion de rappeler que rien n'est prêt pour faire face à cette déplétion, qui est non seulement possible mais certaine en tendance.
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Dans ce contexte, comment réorganiser la vie locale ? Comment organiser l'approvisionnement alimentaire si moins de choses poussent ici et que moins de pétrole est disponible pour les faire venir de là ? Comment organiser les transports si moins de voitures sont disponibles pour des gens habitant en zone "distendue" où les transports en commun fortement maillés sont inenvisageables ?
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Comment assurer l'emploi si la mondialisation diminue et que les entreprises ne peuvent plus compter sur les mêmes chaines de valeur, qui ont aujourd'hui toutes des racines à l'autre bout de la planète, ne serait-ce que pour les métaux ou le pétrole ? Comment faire évoluer l'habitat ?
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Et surtout comment, pour des exécutifs locaux très démunis face à cette nécessité de voir les choses totalement différemment, où l'économie d'aujourd'hui est le plus mauvais guide qui soit pour préparer demain, intégrer les connaissances et compétences permettant de s'attaquer à ce défi ?
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Fortement illustré, et comprenant de nombreux exemples et témoignages, ce guide est destiné aux élus que les acteurs territoriaux désireux d’œuvrer dès aujourd’hui à la résilience de leur territoire.
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date: '2022-03-10T06:56:20'
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li-id: 6907579881631424512
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_p%C3%A9nuries-agricoles-inflation-ins%C3%A9curit%C3%A9-activity-6907579881631424512-XQvI
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title: CHANGE_ME 355
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Il n'y a pas que dans le domaine des énergies fossiles que la guerre en Ukraine va avoir des répercussions planétaires : cela pourrait également se voir en ce qui concerne le commerce mondial de certaines denrées agricoles, notamment le blé (Ukraine et Russie combinent un tiers des exportations et quasiment tout transite par les ports de la Mer Noire ou de la Mer d'Azov), le maïs (Ukraine et Russie fournissent 20% du marché mondial, et c'est surtout l'Ukraine), et enfin le tournesol (l'Ukraine est le premier exportateur mondial avec la moitié à elle seule, et avec la Russie c'est 70% des exportations).
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Ce risque sur les exportations de ces denrées agricoles survient dans un contexte de sécheresse frappant le pourtour de la Méditerranée (très cohérente avec les effets attendus du réchauffement climatique). Les pays du Sud de l'Europe sont en situation anormalement sèche pour une fin d'hiver (https://lnkd.in/dXseY92w ) et le Maroc est même en train de faire face à une sécheresse exceptionnelle (https://lnkd.in/daamQ82P). Dans les deux cas de figure les réservoirs pour l'irrigation sont en plus sous leur niveau normal de remplissage à cette époque.
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Cet article de The Conversation explique que cela va engendrer une inflation significative des prix agricoles, qui sont déjà remontés à leur record atteint en 1974, au moment du premier choc pétrolier.
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Cela va à l'évidence provoquer du remue ménage au sein des pays fortement importateurs de denrées agricoles et qui n'ont pas de recettes à l'exportation pouvant contrebalancer. Certains sont ceux qui ont fait l'objet d'émeutes au moment du Printemps Arabe (https://lnkd.in/gaY7nrE ).
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Problème sur la disponibilité en énergie en même temps que conséquences du changement climatique : voici un cocktail que nous aurons hélas de plus en plus souvent au 21è siècle. Il faut un plan !
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date: '2022-03-09T07:23:39'
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title: CHANGE_ME 356
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Un plein à la pompe neutre en carbone ? Un vol en avion neutre en carbone ? Une centrale électrique au charbon neutre en carbone ? Tout cela est désormais possible en France, avec la bénédiction du législateur.
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Quelques jours à peine après la sortie du dernier rapport du GIEC, et alors que l'actualité nous rappelle avec force que la dépendance aux énergies fossiles est porteuse de risques indépendamment du climat, le gouvernement français vient de préciser, dans un décret, les modalités d'application, en matière d'allégations de neutralité, de l'article de la loi climat et résilience de juillet dernier.
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Dans la version initiale du projet de loi, il était juste interdit de parler de "neutralité" d'un produit ou d'une entreprise, ce qui était la conséquence logique d'une observation des faits : alléguer qu'un produit ou service a été élaboré sans émissions, ou en utilisant un "balai spécial" qui aurait fait disparaître ces émissions comme si elles n'avaient pas eu lieu, est en fait une affirmation invalide (https://lnkd.in/dGTt6Zs ).
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Mais, par le jeu des amendements déposés par les parlementaires (qui sont eux-mêmes sollicités par des porteurs d'intérêt, ce qui est le jeu normal de la démocratie), il est devenu possibledans l'article final de revendiquer la neutralité d'un produit "sous certaines conditions", précisées par décret.
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Ce qu'explique cet article de Carbone 4, c'est que le décret tout juste pris rend les conditions en question très faciles à satisfaire, et vont donc permettre à qui le veut - y compris un exploitant de centrales à charbon ou un vendeur de carburants - de revendiquer la neutralité de son produit ou service.
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Comme le dit cet article en conclusion, nous venons en pratique de permettre "l’émergence d’un monde à +4°C peuplé de produits et services neutres”. L'étape suivante sera-t-elle l'ouverture en France d'une ESG - "école supérieure du greenwashing" - pour apprendre à bien mettre ces dispositions en oeuvre ?
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date: '2022-03-08T15:57:09'
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title: CHANGE_ME 357
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Un article paru dans The Guardian synthétise un article scientifique lui-même paru (hier) dans Nature Climate Change (https://lnkd.in/eK9avcK7 ) et qui porte sur l'évolution récente de la forêt amazonienne.
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Les résultats ne sont guère rassurants (what else...) : la remise en état de la forêt après des sécheresses ou des incendies - eux-mêmes de plus en plus fréquents - est de plus en plus difficile.
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Les chercheurs se demandent si la forêt n'est pas en train d'approcher d'un point de bascule, qui la verrait alors irrémédiablement se transformer pour une large part en forêt sèche ou en savane. Il en résulterait alors une perte massive de biodiversité, mais aussi de carbone, avec en retour une accélération du réchauffement - et de ses conséquences - partout ailleurs sur la planète.
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Comme augmenter le thermostat planétaire un grand coup en très peu de temps (un siècle c'est très très court à l'échelle des temps géologiques) est une expérience inédite, sans précédent auquel se référer, la seule chose de certaine en pareil cas est qu'il y aura une partie de "grand saut dans l'inconnu".
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En pratique, cela signifie que pour certains processus la compréhension de ce qui va se passer de manière fine arrivera beaucoup trop tard pour que l'on puisse alors y changer quoi que ce soit. Et il est illusoire d'attendre que tous nos problèmes de court terme soient réglés pour commencer à nous attaquer en grand au changement climatique : cette situation n'arrivera hélas jamais.
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date: '2022-03-08T07:20:00'
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title: CHANGE_ME 358
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Le prix de l'électricité atteindra 850 euros le MWh à 19h ce soir en Grande Bretagne (données issues de https://lnkd.in/dfxe6pfH ). A cette heure là, ce pays ne sera pas une exception : toute l'Europe sera à plus de 700 euros du MWh (70 centimes le kWh alors que le prix moyen pour "la fourniture" sur la facture d'un particulier est plutôt de 5 ou 6 centimes le kWh actuellement).
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Ce prix très élevé de l'électricité sur le marché dit spot (quand on achète tout de suite un MWh dont on a besoin tout de suite) est "tiré" par le prix très élevé du gaz (qui approche les 300 euros par MWh en Europe).
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Aucune simulation économique effectuée sur l'avenir de notre système n'a testé de prix s'aventurant dans ces eaux là. Dans un système qui serait resté encadré, les prix du gaz et de l'électricité ne se seraient du reste jamais aventurés dans ces eaux là, puisque le prix pour le consommateur serait la moyenne des couts (qui augmente beaucoup moins vite), et non le cout marginal.
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Cet épisode démontre une chose : les prix passés ne sont pas prédictifs des prix futurs, ni même, parfois, de l'ordre de grandeur des prix futurs (alors que de très nombreuses "prévisions" économiques raisonnent avec ce présupposé). Dans un monde incertain et volatil (et le monde va devenir, hélas, de plus en plus incertain et volatil), les "prix de marché" vont devenir de moins en moins prévisibles.
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Nous allons donc de plus en plus souvent être confrontés à l'arbitrage suivant : moins de "marché" (et donc moins de liberté individuelle) et plus de sécurité collective (amenée par un peu plus de prévisibilité), ou l'inverse.
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date: '2022-03-07T08:17:32'
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Dans une interview aux Echos, la directrice générale d'Engie explique que, dès l'hiver prochain, sans gaz russe il faudrait :
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- rationner le gaz
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- réglementer les prix (donc transitoirement "supprimer le marché").
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On ne saurait mieux le dire : la "libéralisation" appliquée à l'énergie en Europe n'a pas fonctionné pour s'organiser en fonction du gros temps à venir, qui était absolument certain.
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La guerre en Ukraine n'était pas prévisible dira-t-on. La guerre, certes non. Mais "un événement" qui allait rendre l'approvisionnement en gaz et/ou en pétrole compliqué, ça oui. Dès lors que les gisements de pétrole et de gaz sont épuisables, vient nécessairement un moment où... il y en a moins. La baisse subie des combustibles fossiles était déjà un fait en Europe avant cette guerre, alors que nous n'avons toujours pas pris le taureau par les cornes.
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En 1973, ce n'est pas la guerre du Kippour qui a fait chuter la production de pétrole (voir cette analyse de Michel Lepetit parue dans Le Monde : https://lnkd.in/eZa7SfKu ), ou plus exactement qui a fait passer le monde d'une production de pétrole augmentant de 8% par an à une production augmentant d'un petit % par an. C'est la physique : la production ne pouvait juste pas continuer à augmenter au même rythme.
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De même, la guerre en Ukraine ne fait qu'amplifier une fragilité sous-jacente de l'Europe : celle de l'absence de plan cohérent pour réellement sortir des combustibles fossiles.
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La directrice générale d'Engie affirme que "Mon espoir est que, dans ce nouveau monde, la société regardera les énergies renouvelables différemment. Elles représentent une source, certes intermittente, mais quasi infinie, implantée chez nous, compétitive, et qui nous permet de ne dépendre de personne".
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Bien sur que nous allons devoir développer certaines ENR. Pour autant :
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- éolien et solaire sont "infinis" mais les métaux pour la collecter, non (et il en faut beaucoup plus qu'avec les fossiles)
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- "dépendre de personne" est inexact : l'Europe n'a pas de mine significative sur son sol,
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- "une source certes intermittente" signifie que, sans stockage massif (pas du tout évident qu'on y arrive), l'électricité n'est plus disponible à la demande (ce matin, sans fossiles, il y en aurait peu : https://lnkd.in/eKmfFCM6 )
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- "compétitive" si on se limite au cout de production, mais... RTE a rappelé récemment que ce n'est pas légitime et qu'il faut regarder le cout de l'ensemble du système.
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Engie pousse aussi le "gaz vert". C'est une bonne idée... mais pour en faire du carburant pour la mécanisation agricole (et progressivement supprimer le gaz dans le chauffage).
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Engie écarte enfin la prolongation des centrales nucléaires belges. A court terme, avec la baisse de la demande partout où c'est possible (transports, chauffage) c'est pourtant la chose la plus utile à faire.
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