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date: '2022-08-31T10:22:28'
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title: CHANGE_ME 165
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Si la sécheresse n'a pas eu d'effet négatif majeur sur la récolte de blé tendre en France ou dans l'Union européenne, qui se situe à un niveau proche de la moyenne (https://bit.ly/3ebVtdL ), il n'en va pas de même pour un certain nombre d'autres cultures :
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- le maïs fera 15% de moins que d'habitude
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- les pommes de terre feront 20% à 50% de moins (https://bit.ly/3pY4oSt ),
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- les pommes tout court feront aussi moins bien (https://bit.ly/3AC7KPY ),
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- et bien sur le foin et le fourrage pour les animaux, sur lesquels il y a aussi un déficit.
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A court terme, on peut dire que le problème n'est "que" économique. La planète produit encore assez pour nourrir tout le monde - éventuellement avec moins de viande - et, surtout, l'abondance des transports permet la répartition mondiale de ce qui pousse.
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Mais à plus long terme, d'une part la pression va augmenter sur les cultures parce que la dérive climatique va s'intensifier, et d'autre part et surtout la décrue pétrolière signifiera une décrue de la mondialisation (car cette dernière c'est des cargos et des camions), et donc des transferts potentiellement importants de nourriture entre zones éloignées.
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Comprendre que les deux sujets vont nous contraindre "en même temps" est un enjeu pour le pouvoir politique (et même pour tout décideur économique). C'est une excellente nouvelle que Valérie Masson Delmotte aille faire un "cours de climat" ce matin au gouvernement (https://bit.ly/3wErO2X ), mais il aurait été pertinent d'avoir au même moment un exposé sur les contraintes "amont" (d'énergie et de matériaux) pour comprendre deux choses :
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- la contrainte amont interdit à elle seule de rêver à une "sortie par la croissance verte" de la contrainte aval (le changement climatique et la pollution en général).
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- le prix d'hier ne garantit en rien la disponibilité de demain (ni pour les denrées agricoles - qui en France nous coutent 2% du PIB - ni pour l'énergie- le prix d'hier ne garantit en rien la disponibilité de demain (ni pour les denrées agricoles - qui en France nous coutent 2% du PIB - ni pour l'énergie, ni pour rien qui se mesure en tonnes ou en litres en fait).
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Rappelons que le GIEC considère qu'à partir de 2°C de réchauffement global il y a un risque sérieux d'insécurité alimentaire généralisée. Une division par deux des productions ne ferait pas juste baisser le PIB mondial de 1% au motif que l'agriculture n'en représente que 2%. Ca va être un peu différent de ca...
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date: '2022-08-30T10:16:24'
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li-id: 6970323330826444800
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_le-tournant-radio-france-activity-6970323330826444800-VJY9
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title: CHANGE_ME 166
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Radio France a publié hier une espèce de manifeste pour s'engager à un "tournant environnemental". Dans les engagements pris par l'entreprise - qui comporte 2 des 3 radios les plus écoutées de France : France Inter et France Info - figure celui-ci : "Radio France lance le plus grand plan de formation de son histoire à destination de ses journalistes, ses producteurs et équipes de production, et ses animateurs, sur les questions climatiques et scientifiques. Nous changeons de philosophie : l’environnement et la science ne seront pas l’affaire des seuls journalistes spécialisés, ils constitueront le socle de connaissances indispensables mobilisables par toutes nos équipes éditoriales."
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Cette idée que la compréhension physique du monde est aussi nécessaire au journaliste que de parler correctement français, parce que les media sont des facteurs majeurs d'orientation des débats sociétaux (voir les 5 premiers articles de https://bit.ly/3Tl9Dt7 ), est un vieux combat.
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Il y a 17 ans désormais, je m'étais lancé avec Hervé le Treut (un physicien "climatologue"), Jean Louis Caffier (alors rédacteur en chef sur LCI), et Laurent Ancenay (alors directeur de l'office du tourisme de Combloux) dans la mise sur pied des "Entretiens de Combloux" (https://bit.ly/3RpuZnn ).
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Il s'agissait à l'époque d'une initiative un peu Don quichottesque : créer une école d'hiver pour responsables de rédaction pour leur donner les bases scientifiques et techniques du dossier énergie climat, parce que ces sujets étant systémiques ils se retrouvent partout, au sport comme à l'économie, aux faits divers comme à la politique, à l'actualité internationale comme à l'aménagement du territoire.
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En bref, nous poursuivions exactement ce que Radio France a désormais comme objectif : faire comprendre à tout journaliste de quoi il retourne afin qu'il puisse faire le lien avec son sujet propre, et correctement gérer les interfaces (la fameuse "cohérence !") avec les sujets de ses collègues.
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Je me rappelle qu'à l'époque (nous avons arrêté en 2019) il fallait aller chercher les participant(e)s un par un à la force du poignet, que c'était dur de les faire venir, en particulier les "grands chefs" ("pas le temps", "pas mon sujet", "pas besoin", "nous n'acceptons pas de venir dans des manifestations gratuites parce que ca veut dire que vous êtes sous influence de vos financeurs", etc...).
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Il fallait aussi aller chercher quelques milliers d'euros à la force du poignet auprès des sponsors (et ca tenait beaucoup à quelques individus souhaitant nous donner un coup de pouce à hauteur de leurs possibilités budgétaires autonomes ; c'était aussi assez dur de convaincre sur l'enjeu de la formation des journalistes, même à l'Ademe...), lesquels sponsors ne pouvaient évidemment pas être des énergéticiens.
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Il aura donc fallu 17 ans pour que nous passions de cet artisanat des débuts à "quelque chose" qui commence à être à la hauteur des enjeux. Bravo, mais il était temps.
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date: '2022-08-29T20:35:54'
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li-id: 6970116846364598272
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_sobri%C3%A9t%C3%A9-%C3%A9nerg%C3%A9tique-%C3%A9lisabeth-borne-appelle-activity-6970116846364598272-XiD-
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title: CHANGE_ME 167
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Après avoir évoqué la possibilité que la Russie nous coupe totalement l'approvisionnement gazier, Elisabeth BORNE a appelé, dans le discours tenu à l'université d'été du MEDEF, à ce que le pays économise rapidement "de l'énergie", rappelant que c'était aussi nécessaire pour le climat.
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Dans ses propos elle a évoqué les points suivants :
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- chaque ministère doit finaliser en septembre un plan de sobriété pour réduire sa consommation de 10% au moins dans les deux prochaines années (notons que pour les combustibles fossiles cela rapproche la baisse de ce qu'il faut faire au titre du climat)
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- "chaque entreprise" (toutes ou celles de plus d'une certaine taille ? Le discours est muet là-dessus) "est appelée à établir, en septembre, son propre plan de sobriété" ("est appelée" = doit sous peine de sanctions ou bien ca serait juste bien qu'elle le fasse ? ce n'est pas précisé)
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- qu'il est possible qu'un rationnement soit organisé si les efforts volontaires ne sont pas suffisants (comprendre "si il n'y a de toute façon pas assez il faudra bien que l'on fasse avec")
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- qu'en pareil cas "les entreprises seraient les premières touchées" (ce qui signifie que le choix du gouvernement est de commencer par affaiblir la production plutôt que la consommation des ménages)
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- que la décroissance n'est pas la solution (pourtant c'est bien la décroissance de la consommation d'énergie, donc des machines au travail, que Borne demande !)
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- dans la foulée, que la planification écologique est une nouvelle croissance (ah les charmes secrets de la croissance verte...)
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- que le gouvernement va proposer un "plan global et complet" pour avancer sur la décarbonation (au passage il y a quelques centaines de personnes qui y ont déjà réfléchi... : https://lnkd.in/esiqHkbf )
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- que les 3 premiers volets concerneront la forêt, l'agriculture et les énergies décarbonées (normalement dans un livre complet on ne publie pas les 3 premiers chapitres avant les autres...).
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L'essentiel du discours relève cependant des déclarations d'intention. Il n'a pas été évoqué l'accélération de mesures de sobriété pure :
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- limitation de la température de consigne
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- limitation de vitesse à 110 sur les autoroutes, covoiturage, mobilités actives
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- baisse du trafic aérien...
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Dans son discours Borne parle "d’arrêter dès maintenant toutes les consommations d’énergie qui ne sont pas indispensables". Il se trouve que cela recouvre malheureusement l'essentiel de ce que nous avons. En effet, il n'est "pas indispensable" d'avoir 40 m2 habitables par personne (on peut vivre dans moins), un peu plus d'une voiture d'une tonne et quelques par ménage (il fut un temps où l'on faisait sans), un placard plein de vêtements, un abonnement Netflix, un grille pain, un aspirateur, des vacances en location ou des jouets à Noël. L'essentiel de ce qui fait tourner l'économie relève aujourd'hui du désir solvable. Une des grandes difficultés de l'époque à venir sera de nous accorder sur ce qui est "indispensable" ou pas.
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date: '2022-08-28T20:54:52'
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title: CHANGE_ME 168
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Décidément, vouloir être une banque "verte" n'est pas un métier de tout repos. En Europe, les banques se font malmener par les ONG qui les accusent de ne pas prendre leurs distances assez vite avec l'industrie des combustibles fossiles.
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Mais voilà-t-y pas que le Texas vient de décider de rendre la vie dure aux mêmes banques... pour la raison exactement inverse. Dans cet état qui héberge la première production de pétrole des USA, le grief est au contraire de ne pas aimer assez les pétroliers !
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Le Texas (par la voix de son contrôleur financier) a donc demandé aux fonds de pension gérés par l'Etat de ne plus souscrire à des produits proposés par les banques ou les gestionnaires d'actifs mis à l'index.
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Là où cela commence à devenir franchement cocasse, c'est que le patron de BlackRock, plus gros gestionnaire d'actif au monde, et qui il y a un peu plus d'un an se répandait partout en expliquant qu'il voulait devenir "compatible accord de Paris", explique désormais combien il aime le pétrole en donnant les montants des investissements réalisés par sa société dans les opérateurs texans.
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Cela confirme une chose : ce sont bien les états qui in fine décident des règles dans cette histoire, pas les entreprises ni les financiers. Les bonnes règles comme les mauvaises.
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date: '2022-08-27T17:22:52'
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title: CHANGE_ME 169
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L'inflation est dans tous les esprits. Elle concerne l'énergie, certes, mais aussi la nourriture (pour des causes qui ne sont pas uniquement énergétiques : sécheresse et grippe aviaire jouent aussi leur rôle).
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Toutefois, en série longue, les prix actuels de la nourriture sont, dans les pays occidentaux, ridiculement bas comparés à ce qu'ils étaient il y a un siècle. Le graphique en commentaire - effectué avec des données du département US de l'agriculture, mais l'évolution en France a été à peu près identique, parce que les déterminants sont les mêmes - donne la part du revenu disponible que les ménages américains consacrent à l'achat de nourriture, au domicile (en vert clair) et en dehors du domicile (restaurants, fast-food, etc ; en bleu).
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On voit que la nourriture au domicile, qui représentait un cinquième du revenu disponible des ménages américains en 1929, ne représentait en 2021 plus que 5%. Alors que la quantité de viande mangée par an a doublé environ, le budget alimentaire (hors restaurants) a été divisé par 4. Merci le pétrole, le charbon et le gaz :)
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Ce qui va faire mal, dans cette histoire, n'est pas de payer la nourriture un peu plus cher. En faisant un peu le ménage dans nos achats (Les Echos rappellent que les produits les plus achetés sont des boissons et du Nutella) on y arrivera. C'est la fin de l'illusion collective que nous avons développée (merci les économistes) que les prix alimentaires (et les autres) seraient éternellement de plus en plus bas, libérant ainsi une fraction de plus en plus importante de notre revenu pour "autre chose" (des téléphones, des loisirs, de la mobilité, des vêtements, etc).
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Malheureusement il faut se rappeler que la baisse des couts, ce sont essentiellement les machines - donc l'énergie - qui l'ont permise. L'avenir sera donc pour partie le passé. Dans un monde sobre en énergie, la productivité va baisser, ce qui sera une bonne nouvelle pour l'emploi et une mauvaise pour le pouvoir d'achat.
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Avec moins de machines, la nourriture, comme le reste des produits de consommation, va valoir en tendance plus cher (en particulier dans les villes, parce que le transport à l'ère de la sobriété énergétique sera plus rare donc plus cher), surtout si l'on rajoute la pression climatique. Les banquiers centraux qui veulent contenir l'inflation (https://bit.ly/3AvumBI ) n'ont pas fini de se gratter la tête !
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La réponse à cette inflation va donc s'appeler réorganiser nos achats vers plus de produits bruts et refaire la cuisine. Mais par ricochet cela va modifier beaucoup d'autres morceaux de l'économie : l'emploi dans l'agroalimentaire, la distribution, les transports, la fabrication d'emballage, mais aussi... dans les media. Car un secteur agroalimentaire plus petit aura moins de budgets pour la pub, ce qui fera moins de recette pour la presse audiovisuelle.
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date: '2022-08-27T09:37:06'
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li-id: 6969226278830809089
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title: CHANGE_ME 170
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Le problème du réchauffement climatique, depuis le début, est de croire à quelque chose qui n'est pas encore visible, et, pire encore, de tout faire pour que cette chose n'advienne jamais.
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Mais voilà : nous avons tous un petit côté Saint Thomas. Pour croire, il faut voir. Il semblerait, selon ce sondage rapporté par RTL, que l'été qui va s'achever dans 3 semaines ait "converti" quelques anciens non croyants à la réalité de la question climatique.
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La bonne nouvelle, selon ce sondage, est que pour un certain nombre de mesures la fraction de la population prête à l'action serait désormais plus élevée que celle qui est rétive.
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Ainsi ne plus utiliser sa voiture (20% de notre empreinte carbone en moyenne : https://lnkd.in/esz53Kbx) pour les trajets du quotidien (qui font environ 2/3 des kilomètres ; les loisirs représentant le dernier tiers) serait accepté par 49% de nos concitoyen(ne)s contre 32% qui ne le veulent pas.
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Arrêter les vidéos en streaming (le digital ≈ 4% de l'empreinte carbone mondiale, et la vidéo c'est plus de la moitié) serait acceptable pour 48% de la population, contre 30% qui le refuserait. Même ne plus consommer de viande (environ 10% de l'empreinte carbone) recueille une courte majorité relative (36% d’acceptation contre 32% de refus).
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On est un peu plus rétif quand on gagne peu ou que l'on est classé "à droite" sur l'échiquier politique, mais 41% des répondant(e)s déclarent vouloir augmenter leurs efforts après cet été.
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Pour celles et ceux que cela intéresse, il existe un outil (gratuit pour le grand public) pour découvrir "en groupe" (un peu en mode carboniques anonymes !) son empreinte carbone et voir comment agir pour la faire baisser : https://www.myco2.fr/
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Dans les éléments qui sont considérés comme importants pour passer à l'action par beaucoup de peuples, il y a le fait que les gens autour de soi s'engagent en même temps (item "one's community also changing behavior" dans l'image du post https://bit.ly/3CBtIW8 ). Cet élément est un peu moins fort dans les pays individualistes (les USA, l'Australie, et.... la France :) ), mais globalement il est important, tout comme l'équité quand on demande des efforts.
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Tout le principe de MyCO2 est justement de découvrir son empreinte carbone en groupe, donc en faisant déjà partie d'une petite communauté (certes de circonstance mais quand même), et de pouvoir ensuite discuter ouvertement de la facilité ou difficulté à passer à l'action.
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Cela n'exonère évidemment pas les pouvoirs publics de "faire leur part". Ces derniers ont le rôle indispensable de cadrer un plan d'ensemble, et de conduire l'action collective dans des domaines où les individus ne sont pas en contrôle (infrastructures, organisations juridiques et sociales, enseignement, etc). Espérons que, pour nos édiles aussi, le coup de gong de cet été ait été suffisamment fort pour les inciter à s'y mettre sérieusement.
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date: '2022-08-26T08:54:06'
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li-id: 6968853066267668480
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title: CHANGE_ME 171
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L'OCDE publie une étude intitulée "Fighting climate change: International attitudes toward climate policies" : https://bit.ly/3TgnOzB
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Il s'agit d'une analyse menée à partir d'une enquête d'opinion conduite auprès de 40.000 personnes de 20 pays représentant 72% des émissions mondiales, pour évaluer le soutien - ou pas - de la population à des politiques publiques "favorables au climat".
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Comme souvent avec les sondages et enquêtes, la réponse est dans la question, mais cette investigation fournit quand même nombre d'informations intéressantes. Pour commencer, la lecture du tableau ci-dessous (page 21 du document) fait regretter que la présidence de la Commission Européenne ne soit pas assurée par un(e) italien(ne) plutôt que par une allemande !
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On notera en effet le contraste saisissant entre le pourcentage d'adhésion des habitant(e)s de la péninsule à des mesures "décarbonantes", et la fraction de la population germanique qui adhère aux mêmes mesures (jusqu'à 30 points de différence).
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Le soutien à la taxe carbone, testé en fonction de l'utilisation du produit de la taxe (figure 7 page 21), fait aussi apparaître une opinion allemande dans le bas de l'échelle (parfois sous celle des USA, et les danois(es) sont encore plus hostiles que les allemand(e)s !).
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Cela prouve, incidemment, que la vigueur de l'économie n'est pas un préalable indispensable à l'adhésion aux politiques appropriées, au motif que ces dernières demanderaient plein d'argent. L'économie italienne est en récession quasi-permanente depuis le pic de production du pétrole conventionnel (maximum en 2007 ; voir graphique en commentaire) et nos voisins doivent donc faire avec de moins en moins depuis cette époque.
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Sur le degré de connaissance sur les faits, cette enquête nous apprend que seulement 33% des chinois(es) savent (ou acceptent !) que les émissions de la Chine sont les plus importantes dans l'ensemble des pays, et que seulement 15% des habitant(e)s de ce même pays (même pourcentage pour l'Inde) ont compris qu'il faudra diviser les émissions par plus de 2 (en fait les rendre nulles) pour que le réchauffement climatique s'arrête d'augmenter.
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Et notre pays ? Il n'est pas spécialement bien placé. Peut-être que le plus utile que nous pourrions faire serait de modifier la constitution pour pouvoir élire à l'Elysée un(e) italien(ne) :).
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A lire ce document on comprend que "nous n'avons pas le cul sorti des ronces". Mention spéciale, du coup, pour les media de tous les pays, qui ont encore du boulot pour que la population se mette les yeux en face des trous. Il ne serait pas inutile que les journalistes suivent eux aussi un module de 20 heures pour comprendre de quoi il retourne. Incidemment ca aiderait à conserver un monde stable dans lequel il y a des media libres...
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date: '2022-08-25T08:10:23'
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_emmanuel-macron-appelle-le-gouvernement-%C3%A0-activity-6968479679234072576-FHeZ
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title: CHANGE_ME 172
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J'ai attentivement écouté le discours de rentrée d'Emmanuel Macron (12 minutes) qui a été présenté hier dans certains commentaires comme une "révolution copernicienne", qui montrerait que notre président a bien pris la mesure des limites planétaires et que son action politique va désormais changer de nature.
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Je n'en serais pas si sûr :) (tout en n'étant pas plus sur de l'inverse). Ce discours aborde énormément de sujets : sociaux, diplomatiques, militaires, financiers, commerciaux, sanitaire, enseignement, justice.... Certes il mentionne le changement climatique et rapidement les ressources (eau, métaux), mais pas du tout les limites géologiques sur l'énergie ou l'érosion à venir des ressources agricoles.
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Et surtout notre président ne met pas tous ces ingrédients dans un récit global cohérent sur la marche du monde (alors que la lecture physique de l'économie lui permettrait de le faire ; on peut donc légitimement se demander s'il a identifié ce point là). Il n'y a nulle approche "système" dans le discours du président, juste une énumération de choses qui évoluent de manière adverse, mais sans explication proposée sur "pourquoi ce n'est pas si étonnant" (alors que cela serait logique pour justifier que l'on change d'époque).
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Comme souvent avec notre premier magistrat, chacun(e) pourra donc voir dans les propos tenus essentiellement ce qui l'arrange (c'est probablement fait pour !), les amoureux de la sobriété comme les autres. Par exemple le passage sur la démagogie (ou la collégialité) est-il une exhortation à ses propres troupes, en leur demandant d'être sérieux et de piocher leurs dossiers, ou un reproche à peine voilé aux députés LR pour qu'ils arrêtent de faire de la surenchère sur la dépense publique (prix de l'énergie par exemple) en échange de leur soutien ?
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En matière de sobriété, il y avait bien plus intéressant hier que le discours de Macron : l'entrée en vigueur d'une disposition sur les passoires thermiques, qui, dans un premier temps, interdit d'augmenter les loyers quand ces biens sont proposés à la location, et, en 2025, il deviendra même interdit de proposer un logement classé G à la location : https://bit.ly/3KhJHui
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Le simple fait que cette mesure n'ait pas été évoquée hier montre bien que le fil conducteur de ce discours de rentrée n'était pas le sujet énergie-climat. Et, alors que le gouvernement prévoit des dizaines de milliards pour subventionner l'électricité, le pétrole et le gaz (https://bit.ly/3wpmH6T ), il n'était probablement pas très facile (ni crédible) de lourdement insister sur le fait que nous entrons dans une ère nouvelle qui demande courage et lucidité.
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L'avenir dira si ce discours était beaucoup de bruit pour rien ou pas. Macron a parlé à la fin de son discours d'un séminaire gouvernemental pour préparer les décisions à venir : il n'a pas dit que ce séminaire inclurait une formation du gouvernement sur la lecture physique du monde. La première étape d'une vraie révolution aurait été là !
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date: '2022-08-24T07:22:02'
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title: CHANGE_ME 173
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Le ministre des transports envisage de mettre quelques contraintes à l'utilisation des jets privés. Faut-il effectivement "faire des misères" à ce segment de l'aviation, qui, selon le Figaro (citant Eurocontrol), représente désormais "12% du transport aérien" ?
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NB : Le Figaro ne précise pas "12% de quoi". Il peut s'agir en effet de 12% des mouvements d'avion, de 12% des kilomètres en avion, ou, en théorie (mais là c'est sur que ce n'est pas le cas !), de 12% des passagers.km. Et les vols considérés peuvent être ceux qui sont intra-européens ou ceux qui atterrissent ou décollent d'un aéroport européen (donc incluant par exemple les transatlantiques)...
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Même en admettant qu'il s'agisse de 12% des mouvements d'avion, les émissions correspondantes vont représenter quelques % de celles du trafic aérien. Pas un sujet prioritaire pour le climat, pourrait-on penser, surtout que les mesures envisagées par notre ministre des transports ne vont pas changer grand-chose : les vols qui peuvent être remplacés par du train en moins de 2h30 sont probablement anecdotiques dans l'ensemble du kilométrage effectué en avion, et taxer le CO2 à hauteur de 60 euros la tonne changera marginalement le cout de détention d'un tel engin (qui à l'achat vaut des millions ou des dizaines de millions de dollars et à l'usage des milliers de dollars par vol voire plus).
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Mais il y a un argument fort dans ce cas de figure : l'exemplarité. Renoncer à un jet privé pour un déplacement qui relève l'essentiel du temps des loisirs peut légitimement être considéré comme un effort moins important que de renoncer à sa voiture pour la mobilité contrainte. Dit autrement si la puissance publique demande aux "modestes" de moins utiliser leur voiture, il n'est pas illégitime qu'elle demande en même temps aux "riches" de ne plus utiliser de jets privés.
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C'est ce que l'on appelle une mesure à effet de levier : elle porte sur des usages qui sont très émissifs à l'unité, peu au total (parce qu'il y a quand même peu de gens qui se déplacent en jet !), mais qui conditionnent l'acceptabilité de mesures qui vont elles porter sur des émissions beaucoup plus importantes en volume, mais beaucoup moins par usage.
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L'article du Figaro n'en parle pas, mais il se trouve que la France, avec Dassault et Airbus, héberge une fraction importante de la construction de jets privés (https://lnkd.in/ebiH5dNe ). Entre les utilisateurs, qui sont par construction des personnes haut placées dans le monde économique, et les constructeurs, qui contribuent à l'export dans un pays à la balance commerciale peu en forme, il y a fort à parier que ce n'est pas demain matin que cette forme de déplacement va se voir purement et simplement interdite.
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Mais le débat est lancé, et c'est une bonne chose. Pour assurer la pérennité d'un mouvement d'ensemble, l'exemplarité est une composante indispensable, et il est légitime que la puissance publique légifère en ce sens.
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date: '2022-08-22T17:42:28'
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title: CHANGE_ME 174
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The Shift Project est à l'honneur dans Les Echos. Dans son édition datée d'aujourd'hui, le quotidien publie une interview de Matthieu Auzanneau, qui fait écho (l'interview, pas Matthieu !) à un article publié par le même quotidien sur les défis du gouvernement en matière de décarbonation (https://lnkd.in/eD2AM3vG ).
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Il faut espérer qu'à quelque chose malheur soit bon : après un été record en termes d'incendies, des sols au plus sec et des cours d'eau au plus bas, et, de l'autre côté, un contexte énergétique de plus en plus tendu, avec des prix hauts ou très hauts pour le gaz (https://lnkd.in/eXNrG5wT ), le charbon, le pétrole, et par voie de conséquence l'électricité, on peut imaginer que le signal d'alarme commence à être audible.
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Dans cette interview, Matthieu rappelle une chose importante : décarboner, c'est reconstruire. C'est accepter que le fruit de notre travail serve moins à consommer et plus à investir. Investir dans des infrastructures qu'il faut modifier (certaines avant le terme normal de leur vie), investir dans la modification du système agricole, investir dans la modification des logements et des bâtiments, investir dans des systèmes - dont des villes - capables de résister à moins d'énergie, moins d'eau, et des extrêmes de température plus prononcés, investir dans l'adaptation forestière, investir dans des formations pour fonctionner différemment....
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Alors oui, fatalement, cela fera moins de moyens - humains et matériels - pour fabriquer des chemises, des jouets, des casseroles, et de l'eau en bouteille. Et le discours actuel du gouvernement sur le "pouvoir d'achat" est pour partie le signe inquiétant d'une absence de projet de long terme.
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Aider ceux qui ont peu de moyens à passer un coup dur est une excellente idée. Promettre un avenir sans efforts face au défi énergie climat est juste un mensonge.
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date: '2022-08-21T20:54:28'
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title: CHANGE_ME 175
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La Norvège est connue pour ses exportations de pétrole et de gaz : elle fournit environ un quart du gaz européen et 20% de son pétrole. Mais elle exporte aussi de l'électricité, essentiellement hydraulique, car c'est un pays vaste au regard de sa population (5,4 millions d'habitants pour 385.000 km2), disposant de reliefs, et d'eau... en temps ordinaire (une large partie du pays reçoit plus d'un mètre de pluie/neige par an, et près des côtes cela peut monter à plusieurs mètres).
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Selon Le Monde, en 2021 ce pays a exporté environ 26 TWh, soit un peu moins de 17% d'une production totale s'élevant à 157 TWh (source BP Statistical Review). 26 TWh, ca ne change pas la face d'une Europe qui globalement produit près de 3000 TWh (dont 19% au gaz). Mais localement ca peut ne pas être négligeable, par exemple pour un Danemark qui produit 33 TWh seulement, et a besoin des barrages norvégiens pour "balancer" son éolien par nature non pilotable.
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Mais voilà : même au nord de l'Europe la baisse des précipitations se fait sentir. Du coup la Norvège pourrait ne plus avoir autant d'électricité à offrir à ses voisins (surtout au sud) à l'avenir.
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On pourrait aussi imaginer que les norvégiens fassent quelques économies : avec près de 30.000 kWh électriques par personne et par an, ce sont les seconds plus gros consommateurs d'électricité au monde (après l'Islande, qui est à plus de 50.000 kWh électriques par personne et par an ; la France est à 8.100). Mais il est peu probable que la solidarité européenne ira jusque là !
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Quand on regarde la production hydroélectrique européenne sur série longue, pour le moment on ne voit pas (encore ?) de baisse marquée de la production (qui est globalement stable, voir graphique en commentaire). Cependant, avec des précipitations plutôt orientées à la baisse dans le cadre du réchauffement climatique, il n'est pas sur que ca dure. Pendant un temps la fonte des glaciers peut alimenter les réservoirs, ce qui peut compenser un peu, mais un temps seulement (et pas dans les massifs où il y a déjà peu de glaciers).
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date: '2022-08-20T21:00:46'
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title: CHANGE_ME 176
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Le plan Repower EU (https://bit.ly/3KcXodN ), le plan de la Commission européenne en réponse à l'invasion de l'Ukraine, "prévoit" notamment que l'Union produise 10 millions de tonnes d'hydrogène renouvelable par an en 2027.
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Un rapide calcul d'ordre de grandeur montre que cela demanderait 200 GW de puissance éolienne rien que pour cet usage, soit...en gros un doublement de la puissance installée fin 2021.
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Ca ne va donc pas être si facile que cela d'avoir des grandes quantités d'hydrogène décarboné. Question : à quels usages le réserver en premier pour celui qu'il y aura ? Pour le moment, c'est le secteur aérien qui remporte la bataille de la communication, qui présente comme acquis que des avions voleront à l'hydrogène "vert".
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Mais ce même hydrogène "vert" peut servir :
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- à fabriquer de l'acier (que l'on trouve partout) sans émettre de CO2 (l'hydrogène remplace le coke - autrement dit le charbon - pour séparer le fer et l'oxygène dans le minera de fer)
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- à fabriquer des engrais sans émettre de CO2 (et sans engrais les rendements des cultures diminuent très fortement).
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Question : est-ce vraiment le tourisme aéroporté qui est l'application prioritaire du premier hydrogène décarboné qui sera disponible ? Est-ce "le marché" (c'est à dire le secteur qui paiera le plus cher) qui doit décider du destin de cet hydrogène ?
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Ou est-ce la puissance publique qui doit désigner les secteurs prioritaires, et décider, par exemple, que les aliments et les objets métalliques du quotidien sont prioritaires par rapport aux loisirs ?
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Il n'y aura pas que des sujets de technologie dans la décarbonation de nos sociétés. Il y aura, plus encore peut-être, des sujets de "gouvernance".
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date: '2022-08-19T16:59:19'
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title: CHANGE_ME 177
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Malheureusement pour nous, les canicules de cet été ne sont qu'une étape vers "encore moins sympathique" à l'avenir : tant que l'humanité continuera d'émettre une seule tonne de CO2 sur terre, la température moyenne continuera d'augmenter.
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Il est donc plus que pertinent de se projeter dans un monde où les extrêmes de chaleur seront encore plus prononcés qu'aujourd'hui, pour savoir comment s'en prémunir au mieux (sachant que l'on ne pourra pas se prémunir contre tout, et qu'il y aura malheureusement des deuils à faire).
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C'est donc une excellente initiative que celle de Paris, qui lance une mission d'information (présidée par Alexandre Florentin) pour savoir ce que signifie devoir affronter de tels extrêmes, à peu près certains dans un futur pas si lointain. En effet, en matière d'extrêmes, la situation évolue négativement plus vite que ce que les modèles indiquaient il y a peu (https://bit.ly/3dL29is ).
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Cette initiative rejoint les préconisations des travaux du Shift Project sur la "résilience des territoires" (https://bit.ly/3QDXjSR ), qui portent sur la manière de s'adapter au mieux à des perturbations environnementales qui vont aller croissant alors même que nous aurons moins de moyens. En effet, nos moyens ce sont des ressources, et les ressources s'épuisent....
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Espérons que cet exemple sera suivi de nombreux autres. Et surtout que derrière les conclusions de ce travail, même dérangeantes, ne resteront pas lettre morte.
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date: '2022-08-18T16:51:08'
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title: CHANGE_ME 178
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Il a occupé des fonctions de dirigeant dans le conseil en stratégie, la finance, la bourse, et préside le "Belgian Finance Center", qui a pour objet de promouvoir la place financière belge.
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"Il", c'est Bruno Colmant, dont on peut donc dire, sans que cela ne comporte le moindre jugement de valeur, qu'il a baigné pendant l'essentiel de sa vie professionnelle dans la mondialisation et le "capitalisme néolibéral".
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En effet, les clients des "grands cabinets de conseil en stratégie" sont essentiellement des multinationales, en général ravies de l'existence du capitalisme libéral mondialisé, puisque qu'elles tiennent le haut du pavé dans ce système.
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De même, sans "capitalisme néolibéral", les institutions financières feraient de moins bonnes affaires, car il n'y aurait pas de marchés financiers aussi développés !
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Il est donc pour le moins inattendu que ce soit ce genre de profil qui signe une tribune dans "La Libre Belgique", où elle condamne on ne peut plus clairement la logique de ce système, allant même jusqu'à comparer notre situation (face aux périls environnementaux) à celle de 1937, où les signaux d'alarme se multipliaient sans que personne n'agisse à la mesure de la menace qui devait mettre l'Europe à feu et à sang peu après.
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Invoquant - positivement - Meadows (c'est rare pour un acteur des marchés financiers, je peux en témoigner !), René Dumont et Pie XI, et soulignant - très négativement cette fois - les risques "d'hystérie mondiale" et de perte de contrôle qui nous menacent à un horizon pas si lointain si nous ne savons pas relever le défi environnemental, l'auteur appelle à oublier d'urgence Adam Smith et la religion des marchés. Pour en rajouter une couche sur ce sujet, on peut lire ou relire le pamphlet croustillant de Stephane Foucart "Des Marchés et des Dieux" : https://bit.ly/3Cg3OHl
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Bien évidemment, d'aucun(e)s pourront dire que c'est facile de dissuader les autres de s'attabler une fois que l'on a bien profité du repas. Il n'en reste pas moins que c'est souvent de l'intérieur que les charges les plus efficaces sont menées : si cette tribune parvient jusqu'aux yeux de quelques dirigeants européens, comme elle vient de "l'un des leurs", elle sera peut-être beaucoup plus utile pour les ébranler que si elle venait d'Attac ou de la CGT.
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Car l'essentiel est bien de changer le logiciel européen d'urgence. Notre projet, historiquement fondé sur le libre échange et "les marchés", va droit dans le mur à l'heure de la contraction physique des ressources. Que cette conclusion soit portée par un nombre croissant de personnes "de l'intérieur" augmente la probabilité d'une nécessaire modification des règles. Espérons à temps.
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date: '2022-08-17T17:21:47'
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title: CHANGE_ME 179
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Un grand nombre de pays de l'hémisphère Nord sont actuellement en train de souffrir d'une sécheresse aigüe. C'est le cas de la France, avec des sols exceptionnellement secs (https://bit.ly/3w77gju ), et des animaux et végétaux qui meurent (https://bit.ly/3JZo4P2 ), mais le phénomène touche aussi d'autres pays d'Europe, avec des fleuves quasiment à sec du nord au sud (https://bit.ly/3pmLZP8 ), dont un Rhin au plus bas qui entrave les échanges commerciaux (https://bloom.bg/3QRUVHO), ou encore les digues des Pays-Bas qui n'aiment pas cette situation parce qu'elles ont besoin d'être humidifiées pour rester solides (https://bit.ly/3AvDckl ).
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Au-delà de l'Europe, la Chine doit limiter la consommation d'électricité dans le Sichuan à cause du déficit hydrique (https://bit.ly/3c2d3QA ), des états américains vont être rationnés en eau à cause de la faiblesse du Colorado (https://bit.ly/3pqn1yj ), le Maroc se bat avec des réserves d'eau très basses (https://bit.ly/3AqIHAK ) - et des récoltes céréalières qui seront faibles, etc etc...
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Dans ce contexte, Nature publie un article sur l'écart constaté - pas dans le bon sens - entre projections et réalités pour les vagues de chaleur. Il y a quelques années, les modèles disaient bien qu'il y aurait une augmentation des vagues de chaleur. Mais ces outils numériques ne les voyaient pas arriver aussi rapidement.
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Jusqu'à récemment, battre un record de température c'était le dépasser d'un degré ou d'une fraction de degré. Au Canada l'année dernière, comme à Morlaix cette année, c'est plutôt de 5°C que les précédents records ont été dépassés...
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Les chercheurs n'ont pour le moment pas d'explication "physique" à proposer pour expliquer pourquoi ces phénomènes extrêmes sont aussi rapidement "plus extrêmes". Les modèles sont avant tout destinés à fournir l'évolution des valeurs moyennes. Les phénomènes extrêmes relèvent de la variabilité, et faire des prévisions en la matière est beaucoup plus difficile.
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Par exemple, dépasser de 5°C une valeur "attendue" sur 2 jours augmente la moyenne de 0,027 °C à la fin de l'année. C'est dans la barre d'incertitude.
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Ce que confirme hélas l'épisode en cours, c'est que la hausse de la moyenne de 2°C ne nous "protège" pas contre une limitation à 3 ou 4°C d'élévation lors des épisodes les plus intenses : la preuve vient de nous être administrée que le haut de la fourchette est difficile à donner. La moyenne des précipitations nous protège encore moins contre un déficit hydrique majeur sur quelques mois, ce qui peut être largement suffisant pour infliger des dommages irréversibles aux écosystèmes.
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Comme il sera impossible de remettre le climat en l'état le jour où nous estimerons que la plaisanterie a assez duré, il n'y a qu'une seule chose à faire pour éviter les dégâts : baisser les émissions aussi vite que possible. Cela n'est pas dit par Nature, mais cela pose la question des activités que nous devons contracter, car elles ont moins d'importance que assez d'eau ou d'agriculture.
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date: '2022-08-16T21:12:03'
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title: CHANGE_ME 180
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Il y avait de l'eau. Et puis il en a de moins en moins. L'Espagne s'assèche au fil des années, 2022 constituant un épisode un peu intense sur une tendance qui est malheureusement à l'augmentation de l'aridité à cause du changement climatique (comme pour le sud de notre pays).
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En pareil cas, "on" voudrait que "on" se restreigne sur l'eau disponible, en particulier lors des épisodes intenses. Seulement voilà : en Espagne comme en France, quand "on" a bâti son activité sur l'existence de l'eau, se restreindre c'est parfois accepter une baisse de ses revenus, voire pas de revenus tout court.
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Tout comme en France des agriculteurs continuent d'irriguer dans des département en crise (et il y en a un gros paquet, de départements en crise : https://bit.ly/3SVvk2r ), les agriculteurs espagnols continuent à utiliser de l'eau - souvent prélevée dans les nappes l'été - alors même qu'il faudrait limiter les prélèvements.
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Là comme ailleurs, l'interdiction est évidemment plus facile à faire appliquer quand il y a une porte de sortie. Faute d'un plan (tiens tiens) pour diminuer les activités qui ont besoin d'eau de manière organisée, en cas de pénurie les utilisateurs de l'eau essaieront de préserver leur consommation, et cette réponse au problème... contribuera à aggraver le problème.
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De fait, à très court terme la limitation des prélèvements signifie une baisse d'activité, voire une perte de récolte. On peut certes envisager une indemnisation, mais l'argent ne se mange pas, et en outre cela fait une charge de plus pour un Etat qui a du mal à boucher les trous. Face à un problème récurrent, la seule solution pérenne est malheureusement de diminuer les activités qui dépendent de l'eau.
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Adapter les cultures à moins d'eau ne va pas être qu'un slogan : cela va demander une modification des emplois, des formations, des habitudes alimentaires, de l'agroalimentaire à l'aval, des infrastructures de stockage ou de réemploi de l'eau... et faute de le planifier (éventuellement en mettant un peu moins de "marché", c'est-à-dire de concurrente qui rend court termiste) une partie des interdictions quand il y a "crise" restera lettre morte.
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En gros, il s'agit de rien moins que de revisiter les priorités et les modalités de la politique agricole commune à l'aune du dessèchement climatique.
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date: '2022-08-15T21:27:27'
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title: CHANGE_ME 181
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Que faire quand on est jeune et que l'évolution climatique en cours vous prend particulièrement aux tripes, avec "l'envie de faire quelque chose" à bref délai ?
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On peut bien sur avoir un comportement personnel sobre. Ca permet de se "regarder dans une glace" et de se dire que l'on contribue le moins possible à aggraver un problème qui vous stresse.
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On peut démarrer un projet. Mais ce dernier, au début, est nécessairement local et/ou à portée limitée. Donc il ne permettra pas d'avoir une influence déterminante sur la marche du monde.
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On peut oublier "entrer dans une grande entreprise pour la faire se transformer de l'intérieur" : quand on est débutant, on n'a pas de pouvoir de faire changer une entreprise de manière fondamentale (et même après ce n'est facile !).
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Alors certains jeunes se tournent vers l'activisme associatif ou judiciaire. Là il y a l'espoir qu'une action ait un effet de levier non négligeable sur la marche des choses.
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C'est ainsi que quelques jeunes portugais se sont retrouvés à assigner en justice les exécutifs de 32 pays européens pour "action insuffisante" devant la Cour européenne des droits de l'homme. Laquelle Cour vient de décider qu'il y aura une audition devant la formation dite de la "grande chambre", ce qui signifie que les magistrats considèrent qu'il y a matière à débats.
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Ces dernières années, ces procès se sont multipliés. Il y a fort à parier que cela sera de plus en plus le cas à mesure que l'écart entre les conséquences déjà observables et la "mollesse" des réactions ira croissant.
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Si même les procès ne donnent pas de résultats satisfaisants aux yeux des jeunes, les paris sont ouverts pour l'étape d'après, mais le désespoir conduit rarement à des comportements très conciliants avec les personnes "qui ont les manettes".
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Alors que les conséquences semblent survenir bien plus vite que l'idée que l'on s'en faisait il y a quelques années (cet été allant dans ce sens), pensons y !
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date: '2022-08-14T17:27:37'
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title: CHANGE_ME 182
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Il est bien connu qu'il est toujours plus facile de ne pas commencer à fumer que d'arrêter ensuite. La vidéo en ligne est responsable des 2/3 du trafic sur internet et un facteur majeur d'inflation de l'empreinte carbone des réseaux. Est-ce que nous serions beaucoup plus malheureux si cette novation n'avait pas diffusé, et que nous allions toujours au cinéma, achetions des dvd, et regardions la télé analogique ?
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Maintenant que c'est devenu trendy d'aller passer ses vacances à l'autre bout de la planète quand on a les moyens, ceux qui s'y sont mis ont souvent du mal à arrêter. Mais ceux qui sont toujours allés en Bretagne ou dans les Vosges ont-ils au fond l'impression d'avoir passé de beaucoup plus mauvaises vacances ?
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Dès lors qu'une novation va augmenter les émissions de gaz à effet de serre pour un bénéfice pas du tout majeur, la prudence voudrait donc que l'on fasse l'effort de commencer par ne pas y aller, avant de se demander ensuite comment on va faire pour faire baisser les usages une fois que ces derniers sont "entrés dans les moeurs".
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Selon cet article des Echos, les banques se tâtent pour savoir si elles doivent fricoter avec les cryptomonnaies. Quand on voit l'empreinte carbone du minage de bitcoins (et de leurs petits copains), lesquels bitcoins et autres ethereum ne sont par contre pas en mesure de reconstituer les stocks de poissons, de supprimer les vagues de chaleur et de faire venir la pluie, d'accélérer l'isolation des bâtiments, la construction de pistes cyclables, la "relocalisation" de l'agriculture, et plus généralement aucune des mesures évoquées dans https://lnkd.in/esiqHkbf, la réponse est assez simple : il ne faut pas y aller.
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La modernité n'est pas un argument d'autorité. La seule bonne question est de savoir si c'est pertinent au regard de la balance avantages-inconvénients. Si la réponse est non, rien ne nous force à y aller quand même.
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date: '2022-08-13T19:30:08'
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title: CHANGE_ME 183
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De l'eau en bouteille, c'est du plastique (pour faire la bouteille), du camion (parfois du train mais c'est plus rare) pour transporter la bouteille depuis le lieu d'embouteillage jusqu'au magasin, souvent de la voiture pour transporter l'eau en bouteilles du magasin jusque chez le consommateur (parce que c'est lourd), et accessoirement de l'eau dans la bouteille, eau que le consommateur va payer des centaines de fois plus cher au litre que l'eau du robinet : une fraction de centime dans le cas de l'eau courante (https://lnkd.in/embCrZwg ) contre quelques dizaines de centimes (parfois plus) pour de l'eau en bouteille.
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Les produits agricoles et alimentaires sont à l'origine d'un tiers du fret routier dans notre pays (https://bit.ly/3PnLm2r ). Au vu de l'espace que les boissons occupent dans une grande surface, il n'est pas très dur de deviner que leur part dans le fret routier de produits agroalimentaires ne doit pas être complètement négligeable (difficile de trouver des statistiques).
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Après la ruée sur les climatiseurs (qui conduisent à une hausse de la consommation électrique et donc des émissions de CO2 associées s'il faut rajouter du gaz ou du charbon pour satisfaire la demande), voici un autre cas de figure où la réponse au réchauffement climatique contribue à augmenter les émissions, même si ce n'est pas dans les mêmes ordres de grandeur.
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Il n'empêche : alors que le pays est préoccupé par l'inflation, pourquoi payer son mètre cube d'eau potable 500 à 2000 euros tout en émettant plus de CO2 alors que l'eau courante est à quelques euros ?
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Si ce qui est pratique est d'avoir la bouteille comme gourde, il suffit d'en acheter une une fois pour toute, puis de la remplir ensuite au robinet !
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date: '2022-08-12T16:27:12'
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title: CHANGE_ME 184
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C'était il n'y a pas tout à fait 20 ans, puisqu'il s'agit de septembre 2002. C'était à la tribune des Nations Unies, un endroit où l'on fait parfois preuve de grandes envolées lyriques, en espérant qu'une formule fera ensuite le tour de la planète (ce qui a bien fonctionné avec le discours en question).
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Quand on lit le texte complet du discours prononcé à Johannesbourg par Chirac - disponible sur https://bit.ly/3C2xffV - on se dit que tout chef d'état pourrait l'avoir prononcé à toute COP depuis qu'il y a des COP.
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Et si nous regardons dans le rétroviseur, qu'avons nous fait ?
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Depuis 2002, la consommation mondiale de charbon a augmenté (à fin 2021) de plus de 50%, celle de pétrole de 17% et celle de gaz de 61%. Certes les ENR ont aussi augmenté, mais macroscopiquement elles n'ont pas remplacé du fossile : elles sont venues en plus.
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Les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté d'environ 30%. La biodiversité a continué à s'éroder. Les prises de poisson ont continué à diminuer (le maximum mondial était 1995 et depuis ca baisse). Etc etc.
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Quelle leçon en retenir ? Que les discours dans ce genre d'enceinte n'ont malheureusement aucune espèce d'importance. Ce qui compte ce sont les actes, et il n'y a pas de lien entre les deux (dans le même esprit "make the planet great again n'a débouché sur à peu près rien de concret).
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Mais c'est bien plus difficile à analyser : il faut quelques minutes pour lire le discours de Chirac à Johannesbourg. C'est l'oeuvre d'une vie de décortiquer l'adéquation avec les limites planétaires de toutes les décisions prises ou qui pourraient l'être en matière d'agriculture, de gestion de l'urbanisme ou de performance des logements et des bâtiments tertiaires, de véhicules, d'infrastructures, d'énergie, de fiscalité, d'encadrement de la publicité ou du trafic aérien, et j'en passe.
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Et à chaque fois il faut décortiquer des chiffres. L'environnement, c'est comme l'économie, en beaucoup plus compliqué : il faut toujours compter pour parvenir à une conclusion, mais il ne faut pas compter qu'avec une seule unité. Les mètres cubes d'eau (qui font défaut actuellement) ne s'ajoutent pas aux tonnes de coccinelles ou aux émissions de CO2.
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Il n'y a pas 36 manières de devenir sérieux : il faut y passer du temps (beaucoup de temps) et acquérir des compétences (beaucoup de compétences). Et il faut le faire en plus des sujets que l'on doit déjà gérer. C'est vrai pour les politiques ; c'est vrai pour les décideurs économiques ; c'est vrai pour chaque citoyen.
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Aujourd'hui, nous regardons hélas toujours ailleurs. Nous regardons surtout des euros et nous regardons à des horizons de temps bien trop courts. "Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas" disait Chirac. Nous ne le disons peut-être pas, mais nous agissons tout comme...
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Si les leçons de cet été sont retenues ou pas se verra notamment dans l'accélération - ou pas - de l'acquisition de connaissances par "tout le monde" à partir de la rentrée.
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date: '2022-08-11T05:58:25'
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_plus-de-la-moiti%C3%A9-des-maladies-infectieuses-activity-6963373037400301568-8yKo
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title: CHANGE_ME 185
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Le propre des expériences que l'on fait pour la première fois, c'est que le résultat n'est pas toujours prédictible de manière exacte. C'est le cas pour la dérive climatique que nous avons mise en route : les grandes tendances peuvent être comprises, certaines quantifiées assez précisément (par exemple la hausse du contenu énergétique de l'ensemble atmosphère-océan en réponse à nos émissions), d'autres plus difficilement (par exemple le nombre précis de sécheresses ou d'épisodes pluvieux intenses que nous aurons une année donné sur terre ; ironiquement pendant que nous vivons une sécheresse historique d'autres régions du monde vivent des inondations historiques : https://bit.ly/3JT2bkv )
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Pour d'autres encore, la quantification à l'avance est quasi-impossible, parce qu'il s'agit d'un phénomène multifactoriel et/ou qui porte sur un trop grand nombre de processus. Il en va ainsi de la propagation des maladies. La tendance est connue depuis longtemps : le réchauffement climatique devrait plutôt favoriser leurs occurrences. Le réchauffement augmente les zones de présence de "vecteurs" (moustiques, tiques, mouches, etc) par exemple.
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Mais quoi quand comment, voilà qui est plus difficile. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne se passera rien. Un article récemment paru dans Nature (https://lnkd.in/eWQy_SCX ) et relayé par Le Monde conclut, sur la base d'une large analyse bibliographique, que le changement climatique a déjà contribué à aggraver les conséquences de manière décelable pour la moitié des 375 maladies infectieuses concernant les êtres humains.
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Evidemment cette tendance est aussi favorisée par l'urbanisation (qui nous concentre dans des endroits où la propagation est plus facile) et les échanges rapides entre zones (à commencer par l'avion). Lorsque l'on consulte les tables de mortalité publiées par Malthus pour le 18è siècle, on réalise que l'espérance de vie à la naissance était alors supérieure à la campagne qu'en ville pour les pays européens ! Les villes n'offraient pas d'infrastructures de soins particulières, mais offraient tout à fait une meilleure propagation des miasmes...
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Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, The Lancet publie au même moment une étude montrant que la hausse des températures nocturnes, en dégradant possiblement de manière importante la qualité du sommeil, pourrait aussi conduire à une hausse d'un certain nombre de pathologies par affaiblissement du système immunitaire, ainsi qu'à plus de maladies cardiovasculaires (https://lnkd.in/e5Se2NT3 ).
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Face à un risque diffus, multifacettes, engendrant des conséquences non ou peu réversibles, la prévention est évidemment la meilleure des politiques. Espérons que cet été sera au moins utile à ca...
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date: '2022-08-10T06:51:21'
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title: CHANGE_ME 186
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Quand il y a débat sur la "transition énergétique", les protagonistes qui sont le plus fréquemment de la partie partent soit de la "technique" (quand il est question des performances des véhicules, logements ou usines, et sont alors souvent des ingénieurs ou techniciens), soit du comportement, pour disserter sur nos désirs ou nos organisations sociales.
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Il est plus rare de prendre l'histoire comme angle d'approche. Pourtant, il est évident que mieux on connaît le passé, et moins on a de chances de se tromper en prenant des paris. Cette interview de Jean-Baptiste Fressoz, un historien des sciences et de l'environnement, propose une très intéressante analyse de notre rapport historique à l'énergie et à l'extraction de ressources.
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Analyse intéressante, donc, mais pas très rassurante, puisque Fressoz explique que :
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- il n'y a jamais eu de "transition" énergétique dans le passé, au sens où une énergie aurait été remplacée par une autre. Toutes les énergies actuellement utilisées se sont empilées les unes sur les autres sans substitution à large échelle, parce que notre comportement a toujours été d'accumuler et non de remplacer.
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- dans le même esprit, il n'y a pas eu de "transition" sur les matériaux ou les métaux. Les 60 matériaux les plus utilisés dans le monde l'ont été chacun en quantité croissante depuis le début de leur utilisation : là aussi il y a empilement et non remplacement.
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- les "scénarios de décarbonation" qui figurent dans le rapport du groupe 3 du GIEC (rappelons que c'est le groupe où se trouvent les économistes) relèvent du conte de fées (ce n'est pas dit comme cela, mais c'est bien le sens des propos). Les scénarios qui permettent de respecter la limitation du réchauffement à 1,5 ou 2°C reposent sur des diffusions de technologies à des vitesses qui sont totalement improbables,
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- les énergies sont imbriquées les unes aux autres. Par exemple le pétrole a besoin de charbon (parce qu'il a besoin d'acier) et le charbon a besoin de pétrole (parce qu'il a besoin d'engins de mine). Fressoz ne croit pas à un système "désimbriqué" comportant uniquement des renouvelables pour maintenir un monde ressemblant à l'actuel.
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- le savoir ne suffit pas. Depuis que "nous savons" pour le climat par exemple, aucune modification sociétale à large échelle n'est intervenue pour ce motif. Il est parfois arrivé que l'on rhabille de "motivation climatique" une évolution qui a pris place pour d'autres raisons.
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Jean-Baptiste Fressoz ne le dit pas explicitement, mais on sent qu'il le pense très fort : à cause de cette inertie qui caractérise les organisations et techniques humaines, et de notre addiction à l'accumulation, il ne croit pas à une "sortie par le haut" dans la situation actuelle. Nous allons continuer à accumuler "tant que ca passe" et c'est le fait qu'à un moment "ca ne passera plus" qui va changer la donne.
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A ce moment là, nous aurons bien une transition. Mais peut-être pas celle évoquée à longueur de discours politiques et techniques.
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date: '2022-08-09T07:49:20'
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title: CHANGE_ME 187
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Alors qu'une 3è vague de chaleur s'apprête à frapper l'Europe en un peu plus d'un mois, Les Echos publient un article récapitulant un certain nombre de "mauvaises surprises" qui frappent en particulier les pays du Nord de l'Europe, qui n'avaient pas anticipé que les températures pourraient grimper aussi haut aussi vite.
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De fait, après le Canada qui avait vu des records de température battus de plusieurs degrés en une seule fois l'été dernier, c'est au tour de notre continent de connaître le même phénomène (heureusement sur une durée un peu moins longue). Les 40°C enregistrés il y a 15 jours en Bretagne Nord ont par exemple dépassé d'environ 5°C le précédent record.
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Au menu des conséquences des températures très élevées et de la sécheresse très prononcée, on va ainsi trouver :
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- des incendies dans des pays jusqu'alors épargnés,
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- des systèmes informatiques non dimensionnés pour de telles chaleurs qui défaillent
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- des pistes d'aéroport impraticables (ca c'est plutôt bon pour le climat !)
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- un pont basculant dont le métal se dilate trop pour qu'il puisse fonctionner sans arrosage
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- un Rhin trop bas pour pouvoir permettre la navigation des barges avec un chargement normal (ce même phénomène avait eu lieu en 2018 et avait pénalisé la logistique des sites industriels allemands situés le long du fleuve, qui avaient du diminuer leur production de manière significative)
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- une baisse de la production de centrales nucléaires et de la production éolienne
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- et évidemment des conséquences agricoles en cascade (non détaillées cette fois ci mais abordées dans un autre article des Echos : https://lnkd.in/egZY6JFK ). A ce propos il serait souhaitable qu'en pareil cas on mette l'accent sur les volumes concernés avant de parler argent : ce dernier ne se mange pas !
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Rappelons le une fois de plus : tout cela n'est que le début. Comme pour les tensions sur l'approvisionnement énergétique...
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date: '2022-08-08T16:57:17'
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title: CHANGE_ME 188
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Le système informatique d'un des plus grands établissements hospitaliers de Grande-Bretagne n'a pas résisté à la vague de chaleur qui s'est abattue sur ce pays il y a quinze jours.
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Le numérique devrait faire l'objet d'une attention spéciale dans le contexte énergético-climatique à venir :
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- il est gourmand en ressources (40 métaux différents dans un ordinateur)
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- il correspond à 4% de l'empreinte carbone planétaire environ, et des choses aussi indispensables que la vidéo netflix sur le portable ou le métavers pour vendre du Mr Propre (sans parler de la réalité virtuelle ou des jeux en ligne) poussent fortement dans la mauvaise direction
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- et il ne tolère pas nécessairement les très fortes chaleurs.
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Il se trouve que, dans les années et décennies qui viennent :
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- la fabrication des composants (dalles d'écrans, microprocesseurs, mémoires flash, microcontrôleurs, etc) est très concentrée (pour certains composants il n'y a que un ou deux fournisseurs majeurs ou zones de production majeures), et il y a donc besoin d'une mondialisation importante derrière pour que tout le monde en profite. Or, les chaines mondialisées vont être soumises à des pressions croissantes avec la décrue pétrolière et les soubresauts économiques et politiques qui vont en résulter. La conséquence, pour les pays qui n'ont ni mines ni usines, est potentiellement un système digital (dont nous nous rendons dépendant, pour payer nos impôts, communiquer, gérer des usines, gérer la production électrique, ou... nous soigner) qui sera plus difficile à maintenir et donc soumis à des défaillances accrues.
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- enfin la pression climatique va aussi occasionner des défaillances en quantité croissante. Soit des centres névralgiques seront inondés (la réédition de la crue de 1910 à Paris, par exemple, noierait des infrastructures de réseau importantes), soit des composants pas assez résistants à la chaleur (pas prévus pour) seront défaillants.
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Pour la sécheresse, il nous a fallu attendre d'avoir le nez dessus pour comprendre que nous aurions du nous préparer depuis un moment déjà (ce que nous n'avons pas - ou pas assez - fait, alors que c'était parfaitement prévisible).
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Pour le digital, faudra-t-il attendre des pannes majeures (par défaut de fourniture de composants de remplacement, ou par défaillance due au climat) pour réaliser là aussi qu'il aurait fallu agir avant ?
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"Agir" c'est assez simple : ca sera revenir à l'analogique pour des systèmes qui ne doivent vraiment pas défaillir (par exemple je suis très réservé sur la numérisation du contrôle commande des centrales nucléaires), aller sur la sobriété numérique pour les autres usages (limitation des débits et du renouvellement des terminaux pour faire simple), et "durcir" les composants pour résister à des fortes chaleurs.
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Ne pas agir signifie que nous aurons, "un jour", de grosses paralysies subites, dont l'épisode sanitaire londonien donne une petite idée. Autant ne pas attendre !
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date: '2022-08-07T09:37:55'
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title: CHANGE_ME 189
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Dans le premier rapport d'évaluation du GIEC (https://lnkd.in/eDKR_VPF ), publié il y a 32 ans, en 1990, il figurait dans le résumé aux décideurs la phrase suivante : "Soil moisture (...) decreases over northern mid-latitude continents in summer". Le risque de sécheresses estivales en Europe et aux USA (et accessoirement en Chine) en réponse à un climat qui se réchauffe était donc déjà identifié il y a quelques décennies (images en commentaires).
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Depuis, ce risque n'a cessé de se préciser. Dans le 5è rapport d'évaluation du GIEC (2013), les simulations montrent que les sols s'assèchent sur une large partie des terres émergées dès l'existence d'un réchauffement même "modeste" (image en commentaire). Ce rapport confirme également que c'est déjà la tendance observée.
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Et dans le dernier rapport du GIEC (https://lnkd.in/eHfjjKEz ) tout cela est à nouveau réaffirmé (voir image en commentaire).
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Ce qui est en crise, dans cette affaire, avant même la gestion de la pénurie de cet été, c'est notre aptitude à correctement anticiper une situation qui n'était pas du ressort du "peut-être", mais que l'on (enfin ca dépend qui est "on"...) savait inéluctable.
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Au lieu de nous préoccuper de garantir que nous aurions encore des écosystèmes et de quoi manger (et nos voisins pareil, sans quoi l'histoire nous apprend que ca risque de chauffer un peu chez nous aussi), nous nous sommes occupés ces derniers temps de faire plus de (grosses) voitures, de routes, de réseaux de télécom pour regarder Netflix, de cosmétiques, d'avions, d'immeubles, de centres commerciaux, de sacs à main et de marchés financiers, sans oublier le pétrole et le gaz pour alimenter tout ca (c'est essentiellement avec ces "marchés finaux" que les profits - très élevés - des sociétés du CAC 40 ont été réalisés : https://lnkd.in/eWuc9B_9 ).
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La vieille fable de la cigale et de la fourmi reste donc d'une actualité déconcertante. Et chanter - ou danser - fait malheureusement rarement venir la pluie, contrairement à la légende...
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Comme pour l'évolution actuelle sur l'énergie qui semble nous "prendre au dépourvu" alors qu'il était possible de la voir arriver de loin, il n'y a pas juste besoin d'une "cellule de crise" dans cette histoire. Il y a besoin d'un plan massif pour réorienter l'économie, en gardant en tête que, malheureusement, à cause de l'inertie du système climatique et des sociétés humaines qui émettent, l'avenir risque de nous réserver bien pire que la situation actuelle. Lorsque ce "pire" sera là (sur l'énergie ou l'environnement) alors que nous avons eu les yeux tournés ailleurs, nous ne pourrons pas y faire grand chose, cellule de crise ou pas.
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date: '2022-08-05T09:31:21'
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title: CHANGE_ME 190
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Bien que cela ne soit pas valide scientifiquement, nombre d'entreprises revendiquent une "neutralité carbone" en recourant à ce qui s'appelle la "compensation". L'idée est la suivante : l'entreprise prétend "annuler" ses émissions en achetant des crédits émis par des projets qui sont censés séquestrer du CO2 à l'avenir.
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En fait l'argument - apparemment simple et de bon gout - ne tient pas à la base (https://lnkd.in/db7JzB2q ), mais le propos ne sera pas là pour ce post. Il concerne la réalité du carbone séquestré par les projets forestiers, qui constituent l'essentiel des crédits émis.
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En effet, dès lors que l'absorption est future, il peut y avoir plein d'événements qui viennent contrarier la croissance des arbres : retour de la déforestation, maladies, sécheresse, ou... incendies. Bref tous les processus qui font que les arbres ne poussent pas normalement, ou pas du tout.
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Pour parer à cette éventualité, dans la comptabilité des projets de reforestation, on met un petit "matelas de sécurité", consistant à ne pas compter une petite partie de la croissance future. Mais c'est une petite partie.
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Or, les incendies actuels en Californie (où ca brûle sévèrement aussi) conduisent à des émissions qui suppriment le matelas de sécurité prévu pour un siècle pour les projets dans la région, explique cet article du FT.
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Question : en pareil cas, est-ce que la "non validité des crédits" remonte jusqu'à l'entreprise qui les a achetés et l'oblige à communiquer comme quoi "elle n'est plus neutre" ? La réponse est non : aucune entreprise ayant clamé urbi et orbi qu'elle était neutre ne corrige le tir en expliquant que ce n'est plus le cas.
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Mais ce n'est pas très grave au fond, puisque de toute façon la revendication initiale n'était pas valide (et heureusement ce point de vue se généralise). Plus que jamais il est essentiel de bien séparer les deux natures d'obligations qu'il faut mettre à la charge des entreprises : d'une part les obliger à réduire leurs émissions, et à adapter leurs produits à un monde où les émissions décroissent, ET en parallèle les obliger à contribuer à la restauration et au développement des puits, mais sans fongibilité entre les deux.
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date: '2022-08-04T10:13:27'
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li-id: 6960900505757704193
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title: CHANGE_ME 191
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Il y est question de mortalité de masse, d'effondrement économique, de conflits, et de "catastrophes en série".
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Est-ce dans un roman de science fiction, comme par exemple "Symphonie Atomique" (https://bit.ly/3BBDR4B ), une dystopie décrivant un "monde d'après" qui ne semble pas spécialement appétissant ?
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Est-ce dans la bouche d'un militant écologiste, comme par exemple celui qui dégonfle des pneus de SUV la nuit dans Paris ? (https://bit.ly/3Qksrq4 )
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Est-ce dans la bouche des météorologues quand ils évoquent les canicules, ce qui expliquerait qu'ils soient ensuite l'objet de messages violents et injurieux de la part d'une partie des gens qui les écoutent ? (https://bit.ly/3BCy0fr )
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Pas du tout, pas du tout, comme le chantait Dutronc : c'est dans la très sérieuse revue scientifique américaine "Proceedings of the National Academy of Sciences", qui publie un article expliquant que nous faisons une erreur en basant de fait notre gestion des risques uniquement sur ce qui est certain à court terme dans les conséquences à venir du changement climatique.
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Les auteurs relèvent à bon droit deux points essentiels.
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Le premier est que, à force de nous répéter en boucle que le changement climatique va être limité sous la barre dangereuse par le fruit de nos politiques publiques de croissance verte, nous ne préparons rien pour l'éventualité - hélas plus que probable - où ce ne sera pas le cas. De fait, voir l'Europe "relancer le charbon" en pleine canicule (https://bit.ly/3JvHZFd ) ou le parlement français détaxer les carburants et le fioul dans le même contexte montre bien que pour le moment nous nous payons trop souvent de mots.
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Le second est que le climat ne va pas changer "toutes choses égales par ailleurs". Dans le même temps, il y aura aussi des troubles locaux croissants par pénurie de ressources (alimentaires, environnementales, énergétiques, métalliques, etc), et les scénarios avec des contraintes multiples sont absentes de la littérature scientifique. Ce n'est pas dans l'article, mais l'exemple typique est d'imaginer faire face à la dérive climatique avec une économie qui continue à "bien se porter" alors même que les ressources environnementales et énergétiques, et la stabilité politique baissent. C'est exactement ce qui se trouve dans tous les "plans" 1,5 ou 2°C...
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En conséquence les auteurs appellent à ce que nous apprenions à imaginer des futurs avec des "catastrophes en série". Cela rejoint un propos que j'ai souvent tenu sur la "transition" : il faut que celle-ci soit compatible avec une économie en contraction, sans exiger d'économie en croissance, et qu'elle soit "résiliente aux aleas" qui malheureusement ne relèvent même pas de l'improbable (baisse des chaines d'approvisionnement mondiales, dépérissement partiel de la biomasse, crises financières, etc).
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Mais pour le moment l'essentiel du monde académique continue à garder des oeillères rassurantes sur les évolutions "hors climat". Cet appel à les enlever doit être entendu.
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date: '2022-08-03T09:24:02'
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La forêt brûle. Pas qu'en France, mais un peu partout en Europe. Combien plus grave que d'habitude est la situation ? Le Joint Research Centre de la Commission Européenne maintient un site où il est possible de consulter des statistiques, agrégées sur l'Europe ou détaillées par pays, qui donnent les surfaces déjà brûlées : https://lnkd.in/eDws4Uye
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Le graphique récapitulatif nous apprend que 600.000 hectares ont déjà brûlé au sein de l'Union, soit quasiment 5 fois plus que la moyenne des 15 dernières années à la même époque, et surtout quasiment le double du record précédent sur la même période (NB : 2003 n'est pas incluse dans la série de référence, or cela avait été une année avec beaucoup de feux aussi).
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Sans surprise, ce sont plutôt des pays du Sud ou de l'Est du continent (Espagne, Portugal, Roumanie, Italie, et les pays des Balkans) qui sont les plus touchés. La France bat aussi son record sur la même période (2006 - 2015, mais à nouveau sans 2003).
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Les pays européens hors EU y ajoutent plus de 500.000 hectares brûlés, dont 380.000 en Ukraine, où il est probable que le conflit désorganise les secours quand un foyer se déclare (et les charges explosives doivent déclencher des incendies au moins aussi facilement qu'un promeneur négligent...).
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Il n'y a évidemment pas que la sécheresse qui est nécessaire pour déclencher un incendie. Il faut un événement externe : coup de foudre, négligence, ou... intention de nuire. Et le facteur humain est largement prépondérant dans le déclenchement de feux.
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Certains comportements appelés "négligence" sont du reste assez proches de l'intention de nuire, comme par exemple jeter un mégot de sa voiture en ce moment. Or, un fumeur sur quatre déclare le faire de temps à autres : https://lnkd.in/eebJ3VWD
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Le Code Civil, dans son article 1240, stipule que “Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer”. Question : quand on a mis le feu à une forêt qui, au mieux, met 50 ans à se reconstituer, et au pire ne reviendra jamais à cause du changement climatique ou d'autres pressions (on en profite pour "aménager"), que signifie la réparation ?
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date: '2022-08-02T09:58:48'
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li-url: https://www.linkedin.com/posts/jean-marc-jancovici_sylvestre-huet-vient-de-publier-une-analyse-activity-6960172040767029248-cQai
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Sylvestre Huet vient de publier une analyse d'un récent rapport de l'Agence Internationale de l'Energie sur l'avenir du nucléaire : https://bit.ly/3zMUj0y
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On y trouve quelques graphiques très intéressants.
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Tout d'abord un premier, reproduit en commentaire, situe la vision de l'AIE (sur le nucléaire) dans l'ensemble des scénarios recensés par le GIEC (rappelons que ce dernier ne produit aucun scénario, mais recense ceux qui ont été publiés). On voit que l'AIE, par ailleurs très optimiste sur les modes de production diffus et non pilotables (vent et soleil), beaucoup plus demandeurs de métaux que les modes concentrés (cette "intensité en métaux" est en train de faire remonter leurs couts un peu partout), est plutôt conservatrice sur l'atome, postulant en quelque sorte qu'il sera plus difficile de s'affranchir des limites pour ce qui concerne notre volonté et nos compétences que pour ce qui concerne des ressources physiques. On verra ce qu'il en sera !
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Le second est celui en illustration et donne, pour tous les pays qui ont construit des réacteurs, et sur la période 1967-2021, les temps de construction moyen (je suppose pour l'ensemble des réacteurs construits, qu'ils soient encore en service ou pas), ainsi que les durées maximales et minimales.
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On y constate :
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- qu'il y a quasiment un facteur 10 entre le temps de construction le plus long (plus de 20 ans en Argentine et aux USA) et le plus court (environ 3 ans aux USA et en Russie)
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- que la Chine, qui dispose actuellement du programme le plus important, est à 5 ans en moyenne, avec un max à 11
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- que, sur une grande série (cas par exemple de la France, de la Russie, de la Chine) il est raisonnable de compter sur une durée moyenne inférieure à 10 ans, et même proche de 6 ou 7 si on ne cherche pas à se surprotéger contre des risques faibles.
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Le rapport lui-même (https://bit.ly/3oNlPVj ) donne d'autres indications intéressantes :
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- sur les 5 dernières années les nouveaux chantiers ont été quasi-exclusivement le fait de la Chine et de la Russie
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- en fonction du "cout de l'argent" (le taux d'intérêt qu'il faut verser chaque année aux pourvoyeurs de fonds - actionnaires et banquiers - qui amènent l'argent nécessaire à la construction) le nucléaire peut être la moins chère ou la plus chère des technologies décarbonées pilotables (la conclusion logique est donc qu'il faut que ce cout de l'argent soit bas, et donc que le nucléaire soit mis en oeuvre par des sociétés d'état)
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- au sein des nouveaux chantiers, Flamanville bat des records de dépassement de durée et de budget par rapport à l'estimation initiale : le problème est donc français avant tout
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Incidemment on apprend aussi (page 46 du rapport ; graphique en commentaire) que dans le scénario Net Zero de l'AIE il y aurait 5000 GW de puissance électrique de stockage dans le monde en 2050. Cette dernière est d'environ 150 GW actuellement et est constitué à 99% de barrages réversibles. C'est pas gagné...
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date: '2022-08-01T16:45:03'
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Après que l'Etat français a fait du stop and go pendant 20 ans sur le nucléaire, après qu'il ait confirmé avant les élections que les poches d'EDF étaient à disposition pour distribuer du revenu aux ménages (de telle sorte que l'entreprise n'est jamais assurée de garder pour elle l'argent qui provient de ses ventes ; autant pour sa crédibilité financière !), après que l'Europe ait imposé à l'électricien national de vendre à perte un quart puis un tiers de sa production, soit disant pour améliorer la situation du consommateur (ce qui ne va pas empêcher ce dernier de payer partout en Europe son électricité les yeux de la tête, parce que les économistes libéraux ne savent pas ce qu'est un réseau électrique : https://lnkd.in/dfDBiw6J ), l'actionnaire découvre qu'il n'y a pas pléthore de candidat(e)s pour aller délibérément se mettre la rate au court-bouillon dans le bazar qui a été créé par la puissance publique. Mais c'est le contraire qui eut été étonnant...
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Les problèmes industriels d'EDF trouveront une solution avec le temps si le cadre est stable et pertinent (adjectifs que l'on peut mettre dans l'autre ordre). Mais cela suppose de ne plus prendre le nucléaire en otage de décisions qui changent tous les 5 ans, et de ne pas considérer l'électricité comme un bien marchand ordinaire, contrairement aux vues actuelles de la Commission.
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Si l'actionnaire veut un(e) candidat(e) de valeur, il doit d'abord balayer devant sa porte (et celle de la Commission, dont les décisions ne sont pas totalement déconnectées des lignes rouges fixées par notre pays). Et, du reste, sans changement de cadre, la personnalité retenue ne sera qu'un élément de deuxième ordre dans l'avenir de l'entreprise.
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date: '2022-08-01T07:46:28'
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title: CHANGE_ME 195
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Tout le monde a en tête que, avec le temps, l'économie devient "plus efficace". Cela signifie que, pour créer un dollar (en général la monnaie utilisée quand on parle de l'économie mondiale) de production finale, on utilise de moins en moins de "tout", et notamment d'énergie ou de ressources.
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En pareil cas, avec le temps, pour produire un dollar de fourchettes, d'enveloppes, de plantes en pot, de logement, de volets ou de sandales, l'appareil productif a demandé moins d'énergie, et/ou moins de fer, de cuivre, de plastique, ou d'azote.
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Mais il y a un domaine dans lequel cette croyance s'avère inexacte : l'électricité. La courbe suivante (de votre serviteur, sur données BP Statistical Review et Banque Mondiale) indique quelle quantité d'électricité est nécessaire pour produire un dollar (constant, donc déflaté) de biens et services en moyenne mondiale.
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La réponse saute aux yeux : c'était 0,3 kWh en 1985... et 0,3 kWh en 2021. Aucune différence entre les deux dates ; aucun gain sur la période. Dit autrement, il y a eu zéro gain d'efficacité électrique de l'économie.
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Il serait intéressant de creuser la raison de cette stabilité (ce que je n'ai pas fait). S'il s'avère qu'il y a derrière une limite "dure" (ce qui est probable), cela signifie alors que, plus encore pour l'électricité que pour les autres flux physiques, la "croissance verte" est impossible.
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Une baisse de la production électrique (inexorable avec la baisse massive des combustibles fossiles, et pour le coup surtout du charbon et du gaz) signifiera nécessairement une baisse du PIB. On peut résumer par : moins d'électricité = moins de machines électriques = moins de transformation = moins d'économie.
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Face à ce constat, 2 options : comprendre, avoir des outils prospectifs qui intègrent ce fait, et planifier en conséquence. Ou continuer à rêver avec des modèles économiques déconnectés de la réalité physique. Tout personne "de bon sens" dira que c'est la première option qu'il faut suivre. Malheureusement cela fait un certain temps que nous suivons la seconde...
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